CANDI DA EIDICI S IN PAGE
Cette sépulture chrétienne était placée dans lui édicule ou chapelle semhlahle à celle de nos jours, car on voit encore les murs de la construction ; les caveaux sont audessous de dalles d'environ 2'°50 de long sur un peu plus d'un mètre de large , leur profondeur pouvait être de deux mètres, les parois en étaient maçonnées et construites en belles pierres de taille.
A la suite des dix persécutions générales ordonnées par les empereurs romains, de l'édit de Milan par lequel, en 3l3, Constantin proclamait le christianisme religion de l'empire romain, et du premier Concile œcuménique de Nicée qui, en 325, formula le symbole de la religion nouvelle, le gouvernement de l'Église se trouva définitivement constitué, et le christianisme dut s'asseoir solidement à U tique, ce qui explique la beauté des tombes chrétiennes de cette ville.
Marcelli, dans son Af'rica Christiana (1816, in-4°), donne une foule de détails sur l'histoire du christianisme en Afrique.
Mais toutes ces splendeurs allaient s'évanouir avec la vigueur éphémère du monde romain, hors d'état de protéger ses cités si florissantes contre les invasions barbares. L'an 429, trente mille Vandales et Alains, conduits par Genseric, franchirent le détroit de Cadix et débarquèrent en Mauritanie ; dix ans plus tard, ils étaient maîtres de Carthage, Tunis, Utique et Bizerte, qu'ils démantelèrent de fond en comble. Genseric en personne présida à ce démantèlement qui, im siècle plus tard, devait laisser ses descendants sans défense contre les généraux byzantins; Utique vit alors tomber ses magnifiques remparts phénico-romains, qui pendant si longtemps avaient été son orgueil et sa sécurité. Mais le vandalisme de ces barbares ne s'en tint pas là ; au dire de Victor
de Vite , ils s'attaquèrent également aux théâtres et aux temples et détruisirent jusqu'aux rues , méritant ainsi de léguer leur nom à tous les destructeurs farouches et stupides. Après avoir tout saccagé et tout ravagé, Genseric s'établit à Carthage et y mourut en 477. [Historia persecutionis vandalicœ, lib. 1, cap.IIÏ, Ruinart, 1694. Paris.)
En 533 , Bélisaire fut envoyé par l'empereur Justinien pour chasser les Vandales ; vainqueur du roi Geiiimer, maître de Carthage, d'Utique et de leurs richesses, il anéantit complètement l'empire des Vandales. Il avait duré un siècle ; la domination byzantine devait être non moins éphémère. Cependant il faut lui rendre cette justice qu'elle opposa aux invasions musulmanes une résistance autrement sérieuse et autrement longue que celle des Vandales , et l'Afrique n'appartint aux Arabes qu'après cinq expéditions successives dont la première avait eu lieu l'an 23 de l'hégire (644). Ce ne fut, toutefois, que sous le règne du khalife Abdel-Melkben-Mesouan (689 ou 698) qu'Hassan-ben-Noumân s'empara de Tunis, de Carthage et d'Utique. Les Grecs qui s'y étaient établis durent chercher un refuge en Sicile et en Espagne ; quelques-uns essayèrent de résister dans Bizerte où ils ne tardèrent pas à être poursuivis et écrasés. Carthage et Utique furent saccagées et détruites de fond en comble par les hordes de Hassan-ben-Noumân. Naturellement, elles s'acharnèrent après les églises chrétiennes qui avaient remplacé les temples païens. Les palais furent dévastés, tout ce qui ne put pas être emporté fut détruit, et de tant de splendeurs il ne resta qu'un monceau de cendres.
Depuis cette époque, l'aspect d'Utique n'est plus qu'un lamentable spectacle; les ronces ont envahi ces monceaux de débris informes que le temps a achevé de niveler, et les
oiseaux de rapine nichent dans les rares pans de murailles restés debout. Le reste, depuis douze siècles, sert de carrière à l'Arabe ignorant qui fait de la chaux avec des chapiteaux et des fûts de marbre précieux pour badigeonner sa hutte de pisé ou construire un vulgau^e marabout, de sorte qu'on se demande comment il peut rester encore quelque chose de cette ville qui est une des plus anciennes stations de l'humanité.
Heureusement nous assistons à la revanche trop tardive de la civilisation sur la barbarie, et de nouveaux envahisseurs viennent rendre la vie à ces belles contrées que l'Islamisme a transformées , partout où il s'est établi , en funèbres nécropoles.
Description de l'état actuel de la ville dUtique.
Utique était, en Afrique, la place forte que préféraient les Romains ; c'était de là que le peuple-roi surveillait les populations lybiennes. Grâce à cette importance, Utique fut dotée d'une foule de privilèges et enrichie de nombreux monuments qui, au dire des anciens, ne le cédaient point en magnificence à ceux de Rome elle-même.
Utique se divisait en deux quartiers bien distincts : la ville haute et la ville basse.
La ville haute couvrait une série de hauteurs séparées les unes des autres par des ravins plus ou moins profonds. -
Elle possédait un port de guerre monumental, avec un palais amiral, un port marchand, une acropole ou citadelle, un palais du Sénat, un prétoire, de nombreux temples, un bel aqueduc, six vastes citernes publiques, un cirque, un hippodrome, un théâtre, etc., etc. Vue delà mer à l'époque romaine, cette ville devait offrir un coup d'œil magnifique.
Ses rues étaient étroites, et la moyenne de leur largeur ne dépassait point de 2 à 4 mètres. L'une se nommait la Via Sacra^ei conduisait à l'hippodrome; une autre, mentionnée sur une épigraphe, se nommait Via Reni. Au dire de Servius, ce furent les Carthaginois qui inventèrent le dallage. Les rues d' Utique étaient dallées et moins sinueuses que celles de Carthage. Les contemporains disaient que, sur