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«lors, i|ueMM« l>e6 gentilshommes demeurassent & la ville pour la défendre , que le roi avait intérêt qu'ils ne s'éloignassent fias de cette province , afin de la conserver jdana son obéissance ; et pour ne point apporter d obstacles à ses desseins , il offrit deux cavaliers pour diaque genlilliODiine que l'on voudrait obliger d'aller à 4*MTière-ban ; onordonna que le sjndic aurait acte de «es remontraaces et de la représentation de ses titres; mais on ms iaissa pus de faire un rMe dans lequel on ^eririt les noms «t les qualités des gentilahommes qui se •pfféaeBÉèrent^ et >le iMHBt>Fe des valets et des chevaux avec Icaqueli il» voulaient marcher. Le sjndîc ne se rebuta point pour cela , il €i:?chorta tous les gentilshommes deu^onserver leurs privilèges , et ne laissa passer aucun deo^mL «pi se présentèrent pour se faire inscrire , au«qnel il ne demandât s'il venait pour s'excu^r ; mais eela n^empècha pas quUl n'y en eût p^s de cinquante qui s'offinvent de servir en personne , et de tous ceux qui s'excdisèrent^ je ne crois pas qu'il y en ait un seul «[tti ait aUégué l'exemption accordée aux habitans de la Tille àést Dijon* Cela me fait souvenir de deux choses aissoz aîngMilières et qui méritent d'être remarquées : la première «at que MM. les mailres des requêtes, et l«i^ .Mitres officLen dsa^ompagiiie» supérieures de Paris , qui 4K>nt exempta «ke l'arriAi^e4>an par un privilège afft)cléà leurs><3ha«gea5 ne s'en sont pas excusés en qualité -d'officiers^ mftis<en> qualité de bourgeois -de Paris ^ IVutfO^esAquelea Lje^iinais qui sont evem'pte de l^arrièreban oomine fies jRariaieBS préférèrent, pour la plupart^ Jetervioedu voi à leur privilège ^ etee portèrent en cette Ayeû9ei<m a«fx>>tant de génévostté que plusieurs d'entre «aucfuEent à la campagne oberoher des pauvres gentits^ IhomniBS qui nfavciient paa ie moyen de faii?e leurs équi-
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pages, et les amenèrent à la sënéchaussée comme s'ilseussent voulu tirer au sort avec eux , et prirent de bonne grâce le billet, pour aller à Tarmëe 9 afin d'épargner à leurs amis la fatigue de la campagne et la dépense qu'ils auraient peut -être été obligés de faire.
Quand notre rôle fut acbevé, il fut porté par le greffier au logis du roi où nous allâmes tous en sortant du bailliage. M. le comte d'Âmanzé et M. l'intendant s'y trouvèrent, et nous demandèrent de quelle manière nous voulions nous partager. On proposa d'abord de faire autant de billets qu'il y avait de gentilshommes, d'en faire marquer la moitié de noir, et de laisser les autres en blanc 'y mais comme il était déjà tard, et que M. l'inten» dant avait d'autres affaires , on crut qu'il serait plus k propos de ne faire que deux billets et de nous séparer en deux troupes égales , dont chacune députerait un gentilhomme pour tirer le billet , et que celle dont le député tirerait le billet noir se tiendrait prête pour marcher. Cet expédient fut agréé , mais on ne put jamais l'exécuter : tout le monde voulait être de la troupe oji se trouvait M. de Bragny; on voulut nous disposer en sorte qu'une moitié seulement restât avec M. de Bragny , et l'autre fût avec M. de Rouvray *, mais à peine resta-t-il trois ou quatre gentilshommes auprès de M. de Rouvray, tout le reste passa en foule de l'autre côté ^ et après avoir inutilement essayé trois ou quatre fois de faire un partage plus juste , on fut contraint de se servir du premier expédient qui avait été proposé, et de faire par sort ce que nous ne voulions pas faire nous-mêmes. On fit autant de billets qu'il y avait de gentilshommes , on en laissa la moitié en blanc , et sur chacun des autres on écrivit ce mot : marche^ on les ploya tous de la même manière , et on les mit dans un chapeau que M. d'A-
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manzë prit en main , et ensuite nous fûmes tous appelés selon Pordre du rôle, et tirâmes chacun le nôtre. Ceux qui eurent les billets blancs sortirent de la chambre, et les autres restèrent pour ëlire des officiers. On commença par le capitaine, et M. d'Amanzë m'ayant fait l'honneur de me demander le premier qui je choisissais pour commandant, je donnai mon suffrage à M. de Bragny, et j'eus la satisfaction de n^ètre contredit de personne ; nous élûmes ensuite pour cornette M. de la Rochettesur-Vingenne qui n'était connu de la plupart de nous que par ta recommandation que M. de Bragny en avait faite, et nous choisîmes pour maréchal-des- logis M. de Yéronne qui nous avait témoigné qu'il souhaitait cet emploi. Nous délibérâmes ensuite sur le jour de notre départ , et il fut résolu que nous viendrions tous k Dijon, le ao du mois, avec nos équipages pour partir le lendemain; on ne jugea pas à propos de différer davantage , parce que M. d'Âmanzé témoigna que l'affaire pour laquelle on avait convoqué la noblesse était pressante. Nous fîmes ce que nous pûmes pour nous mettre en état de partir le jour dont nous étions convenu , et nous nous trouvâmes tous à Dijon le 30 de septembre, à la réservé de quelques-uns qui n'étaient pas en état de marcher, dont une partie envoya pour servir à sa place des cavaliers auxquels on donna le nom de frères servans ; les autres se tirèrent d'affaire en donnant 5o ou 6opistoles à un exempt des gardes- du-corps qui avait pouvoir du roi d'exempter de l'arrière-ban tous ceux qui voudraient fournir de quoi équiper un garde ; ceux qui devaient servir en personne s'assemblèrent au bailliage où l'on fit un nouveau rôle , et ensuite on fit élection d'un receveur pour toucher le« deniers provenant des taxes qui seraient faites sur tes invalides et sur les
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autres contribuaUes; on liomma M. de Nouilly pire, dont on loua fort le ««rite et l'intégrité ^ révënement a fait voir qu'il est le receveur du royaume qui a les mains les plus nettes, car il na pa* encore touche un sou.
Le lendenvain, a^ septembre , on partit poui* aller rejoindre l'armée , après ayoir fait revue devant M. d'Amanzé et M. l'intendant; quanta moi, je fus dispensé de cette cérémonie , et fus joindre k compagnie à Y»sur-Tille» où j'appris qu'on avait été obligé de saluer CCS messieurs l'épée à k main , et qu'on en avait un pem grondé.
D'Ys -sur-Tille » nous fûmes le aa couoher à Langrès^ où notre petite compagnie, levée depub deux joura^ entra en si bon ordre , que tout le monde demeura d'ac-^ cord qu'on n'en avait point encore vue qui observât si bien ses rangs et ses distances.
Le lendemain , ad , nos gentilshommes fiireat voir chez M. le chanoine Tabourol^ ses beaux tableaux, ses livres , ses instrumens dont les anciens se servaieilt pour les sacrifices , des oiseaux et des plantes apportées des Indes, et plusieurs autres raretés qui méritmt d'être vues;, ils se firent aussi ouvrir le trésor de l'élise cathédrale,: et n'oublièrent pas de voir le gant de Roland , l'un des patFons^des pieux chevaliers tds qu'ils avaient dessein d'ôtre;
Le 1^4 i iious partîmes pour aller à Chaumont, où nous trouvâmes à là porte une compagnie de bourgecrâ sous les armes , dont le capitaine était à la tôte avec le hausse-col et la pique à la main , qui nous reçut tambour battant , de la meilleure grâce du monde *, ceux qui n'avaient point encore vu cette ville eurent loisir d'aller voir le beau sépulcre qui est dans l'église de St.-Jean et
les églises dfis Jésuites et des Carmélites , dont rarofat*^ lecture est très agréable , quoique elle ne soit pas fort régulière.
Le 25, nous arrivâmes à Joinville, qui est une prin«« cipauté de iio^coo livres de rentes la ville est bâtie à la gauche de la Marne $ sur la pente d'une montagne f au-dessus de laquelle est un grand château terrassé par le dehors et fortifié de bastions , le donjon est bâti sur une ligne courbe ; on dit que les appartemmis en soni beaux et qu'il y a des salles pleines de cuirassesr^ de mousquets et. d'autres armes ). mais comme il était fort tard lorsque j'y fus, je me contentai de voir la chapelle qui est dédiée à saint Laurent ^ elle eU desservie par un petit collège composé d'un doyen et de huit cbanoin^fS dont l«)s béaéfif:es valent $00 libres de rentes on Toil dans.c^tte ehap»lle les tombeaux des anciens sires de Joinville et de plusieurs princes de la maison A^Axqaa et de Lorraine ) celui de Jean^ sire de Joinville, qui a écrit la vid de Sili^t LotHS» est près de l'autel dn c^ de l'évan^le ^ son. effigie est de pierre , eoucbée sur une tombe de même ina.tièi^ ^ dans, une arcade (p'on a pratiquéesous le trésor de l'église ou Ton garde, avec plu-^ sicîui^s reliques, la cointtfre de saint Joseph^ que ce seigneur de Joinville , a.vsit apportée de la Terre^Sainte* Cette ceinture est de lin ^is , tissue comme une sangle^ garnie aux deux bouts d'une pièce d'or dont l'une est percée pour servir de boucleielle est large d*envicondBUX poi»* ces, et longue d'une aune^ elle réiait davantage mais un évêqtie de Châlons en a retrafi(>bc près de la moitié* Un peu plus avant que le Lombt^audi; Jtsan , stre de Joiavilk ^ est uu tableau où ou a écrit en abrt'gtj rbi^toirede cette maison, celle de la fondation de la chapelle, ei la gé-* iiéalogie .d<^s sLi^ês de Joinville. Au milieu dvcbûeur
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sont enterrés Ferry de Lorraine et Yoland d'Anjou , père et mère du roi René, dont les statues sont eti bronze, couchées sur un tombeau, élevé d'environ trois pieds. L'aile de l'église qui est du côté de Tépitre est appelée la Sainte- Chapelle, parce qu'on j garde plusieurs reliques qui ont été tirées de la Sainte-Chapelle de Paris. Ferry de Lorraine , aïeul de celui dont je viens de parler, est enterré dans cette chapelle du côté de l'évangile , et de l'autre côté est le magnifique mausolée de Claude de Lorraine , duc de Guise , prés duquel on a enterré tous les princes de sa maison , ex- ' cepté ceux qui ont été tués à Blois ; le tombeau est haut d'environ quatre pieds , et on voit dessus sa représentation et celle de sa femme , sans aucun ornement qu'un suaire dont la draperie est fort belle; la fermeture de ce tombeau est de trois arcades formées par quatre grands pilastres , où quatre statues plus grandes que nature représentent les quatre vertus servant de termes ; dessus leurs tètes règne unecomiche sur laquelle on voit les effigies du même Claude de Lorraine et de sa femme représentées à genoux avec leurs habits ducaux. Il y a encore près de la porte de l'église un monument de cuivre avec une statue de même métal, orne d'un grand dôme de pierre taillé fort délicatement sous lequel est enterré Henri de Lorraine , évèque de Metz , bienfiiiteur de cette église* A l'entrée de la ville , du côté de Chaumont, il y a un bel hôpital, appelé Thôpital de Ste.-Croix , et du côté de St.-Dizier, en sortant , on trouve le grand jardin du prince, où il y a un fort beau pavillon couvert d'ardoise , bâti près d'un grand bois de haute futaie ; le jardin est assez beau , mais il est
De Jotnville , nous fûmes le 26, coucher à St.-Dizier^
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ainsi appelé à cause que les comtes de Champagne y faisaient leur retraite potir leurs dévotions et tâchaient d'y amasser plusieurs religieux ; cela fit qu'on donna à ce lieu le nom de St.-Dezir^ qu'on a depuis changé en celui de St.-Dizier; la ville porte titre de châtellenie , elle est située entre deux grands faubourgs , dont celui de \f\ Noue , qui est du côté de Viti^, est plus grand que la ville et que l'autre faubourg ensemble ; il y a environ huit cents hommes portans armes, et dans la ville et le faubourg deGigny, environ neuf cents; je ne sais si le terroir de St.-Dizier est mouvant y ou si les fortifications ont été mal bâties , mais il n'y a presque point de bastion qui ne soit entr'ouvert , et il y en a même dont les murailles sont k demi ruinées ; le fossé est traversé en plusieurs endroits de fortes digues de maçonnerie , avec des écluses par le moyen desquelles on peut retenir les eaux et inonder la campagne ; la principale église de 5t«-Dizier est dédiée à Notre-Dame ^ on y voit dans l'aile droite le tombeau et la statue à genoux de M. de Besme , tué devant Yassy, en iSgo ; il ne reste plus de qette famille qu'un jeune homme qui ne jouit que d'une partie des grands biens dont MM. de Guise avaient enrichi sa famille. H y a devant le château une bombarde qu'on ne tire jamais sans faire aigrir le vin des caves voisines; elle a 9 pieds de long et i pied 7 de diamètre à l'embouchure. Le plus grand trafic de St.-Dizier est de pierres tendres dont on fait des bassins , et des bois dont on bâtit grande quantité de bateaux que Ton conduit à Paris chargés de blé , et qui ne remontent jamais parce que la Marne y est trop rapide.
Nous séjournâmes à St.-Dizier le 97, et le a8 nous fûmes coucher à Gheminon où il y a une fort belle