‹ Relation de ce qui s'est passé à la convocation et pendant le voyage de lChapitre 7 sur 22 · TOME XX. JANVIER · texte numérisé non relu

TOME XX. JANVIER

66 CONVOCATION ST YOTAGS

comme ils virent qu'on nç leur faisait pas rabon , quelques-uns d'eux, pour s'en venger, vinrent noiu dbe que le commissaire feignait de nous obligera leurs dépens , en nous donnant l'avoine qui leur était due ; mais qu'au lieu de nous faire grâoe , il profitait injustement sur nous , en nous y^idant cent sols le vezal qui n'était tayë qu'à qui^tre francs ; ceb fut dit k des personnes q«t ne manquèrent pas de crier ; mais ce fut bien pis quand on vint a savoir qu'on ne s'était pas contenté de la ven* dre cent sols, mais qu'on avait oUigé quelques-uns d'en payer jusqu'à sept francs* Il easaya de se justifier, en disant que les commissaires -généraux avaient augmenté le prix de Tavoine des magasins de l'armée , de quiitre francs k cent sols , et que celle qu'il avait délivrée à sept francs , n'avait pas été prise dans les m^gasins^ mais dans les greniers particuliers où. elle coûtait autant qu'il l'avait fait payer ; il eut beau dire tout ce qu'il put, personite n'en voulut rien oroirç, et malgré toutes ses excuses , on songea comme on pourrait le priver de son c^mploi. Quelques personnes en parlèrent! à Soly, et proposèrent de l'élire à Ja place de M. de la Rockette; mais il refusa le plus iMmnètenieiit qu'il pujt ces propositions, et ^ssaya de faire comprenais à ceux qui lui en parlé*rent, que ce mouvement pourrait psisa^r pour «me sédition, qui n'offenserait pas seulement le eon^pmssaioe , m^is qui choquerait et M. de Çv'^S^y ^< Tavait netnmé, et M. de Créqui qm lui en avait <ki|né le pouvoir. Ce discours rietint celiix qui pavaiseaient les plus anî* mes, mais ils n'abandonnèrent oette affaire que dans le dessein de se vqnger pkis sàremett, lorsqu^on nous aurait congédiés , et que nos 0Miiaaii4ans n^uraient plus d'auloritéi Cette affiuve de soi n^est i|n'une bagatelle , je n'aji pu cependant me dfspeoaer

DS l/A.RIiIJ»B-BAM Klf 1674* %

«le récrire , pance qm'elle a donné lie» mn noweiAeiM qttî se ûtent à Toul , et qu'elle «oMiqiia d'en cmmct un autre fins- Acfaeux , entre les MftcoDaaîs et iHmà. M. de Châssekr Toyant que l«a Dijonoais, qai s'étaient âa ooDunencement trémoassés si Ibrt pour. ilL de Br»^ gny , n'aTaiciit phis le aaème zèle qn'ils avaîewC fait pasaitare pour aes intérêts , enit qu'il pourrait impcmément lui faive iujuve et se mmettre à la tète de son bailliage. Je 61s avevti de ce dessein par M* de Ckasellei qni sfpréi^ieadait que cette afikire' ne coûtât la vie à M* de &:«ig]i-y ou k M* de Chasselar, et qu'elle n'eèt des suites enoera plus fêcheufses ; fem parlai à M« de Chasselar , «( je letwpuwai prévenu de conaeib Tioleos qui hiî avaient été donnés pav qoelques^-uns de MAL les baiUia et psr desoflScîers de l'armée, qui l'aucaient perdu sanare^ soctfées s'il s'était opiniâtre à les simpe. On lui ava&t mi» en tète^ qn'ik fallait qn'il agît dorénavant ccmmie lef antres baiUis^ ^ns se souder des arrêts auxqnek on l'avait mis ; qne ces prétendus anrèta n'^étai^t de ndtte coHséqnpnee^ q[u'oii :nele» lubavatt pas. signifié par éerti, et qu^on Iifi avait laissé son épée, que M. de Beagny qui l'y avait mis n èn^ anaîA^pas en le pouvoir paroe^ps'il amnt été^ma^ élnr •commandant d«. l'eseadnoti an préju^ diee^des ovdcAnances dont jfai perlé atlleura, et qnWn ne detait point reconnaSidre pour cosHuandaAt on ;faoni|n0 nOBvmé par ML de Crëqui , jusqu'à œ qn'il . eût fslit paraî<|re «pu onlre. du roi pour ooinmaifdcv la neUesse, et jusifue-là qu^il ne vecmipftîtrait pour ehefrnillli, en pariant de M« le maftéehal de Oéqui, ni ceiiic qu^il avai« élus -, il s^épancha enauite en< desdiaconr» qui m^ fiinsnt eonnatttw qu'il pourrait aienga^ à qnelque'^kçs^dëpis^qwejce qu'il avait foit près de Sainte-Menehould. Je lui dis qu il y avait long-te

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que nous le voyions avec peine à la queue de l'escadron , qu'il n'y avait pas un de nous qui ne voulut bien: contribuer, à son rétablissement , et que M. de Bragny luimême en avait parlé plusieurs fois à M. de Gréqui , et 'lui en avait^encore écrit depuis peu par M. de Saint- Privé ; que j'espérais qu'on ne tarderait pas à lever son arrêt, mais que je le priais de ne le point enfreindre d'autorité privée, qu'encore qu'on ne le lui eût pas fait signifier par écrit, et qu'osa lui eût fait la grâce de lui laisser sonépée, il n'en était pas moins interdit^ et surtout que je le conjurais de ne point parler en cette rencontre ni de l'institution de M. de Bragny, ni du pouvoir de M, de Gréqui, crainte qu'il ne s'attirât un plus mauvais traitement que celui qu'il avait reçu. Il me repartit qu'il n avait pas sujet d'épargner M. de Gréqui , ni M. de Bragny qui ne l'avait pas ménagé , que M. de Bragny qui était son parent Tavait tnaité comme s'il ne l'eût pas connu , et que M. de Gréqui , pour se venger * du refus qpi'il lui avait fait d'un de ses trompettes, agissait avec lui comme avec un criminel , mais qu'il saurait bien se faire justice , et reprendre sa place et^son emploi malgré ceux qui avaient voulu l'en priver. Je lui dis encore plusieurs fois de ne rien entreprendre sans conseil , et le priai si fortement de consulter là-dessus les plus habiles de ses amis qu'il me crut , et on lui conseilla de reprendre la queue de l'escadron quand nous partirions ^ à quoi il ne manqua pas , et il fit en cela très sagement; car M» de Bragny qui. avait été i>ien averti de tout ce qui se tramait , s'était misen état de se faire obéir , et il en aurait peut-être coûté cher , et à ceux qui auraient voulu donner quelque atteinte à son autorité , et à ceux qui auraient essayé de la maintenir.

DB l'abriere-bâr bh i674- 69

Nous partîmes aussi le 9 novembre fort satisfaits de n'avoir plus aucune occasion de querelle , et nous ne songions qu*à retourner gaîment en France pour nous remettre de toute la fatigue que nous avions eue, quand il nous arriva inopinément une affaire pire que toutes celles que nous avions eues jusque-là. On a parlé de cette affaire par tout le royaume de tant de manières différentes, et la plupart si éloignées de la vérité, qu'il est important de raconter exactement comme la chose s'est passée. Je vais la prendre dès sa source , et tacherai de n'en omettre aucune circonstance*

Lorsque M. de Turenne -eut re^u les ordres du roi pour renvoyer la noblesse en France, on la partagea d'une autre manière qu'on avait fait auparavant : on joignit par brigades tous les escadrons qui devaient tenir une même route pour retourner chez eui , et au lieu que nous avions été jusque-là mis avec ceux de l'Ile-de*>France , sous la conduite de M* de Senay qui avait ordre de s'en retourner par la Petite^Piorre et par Metz , on nous incorpora dans la brigade de M. de Chalmazel qui devait nous ramener par Saint- Jean-des- Ghoux et par Toul avec les escadrons de Lyonnais , de Bresse, de Bourbonnais, de Nivernais, de Limousin, et de la Haute et Basse- Marche. Ceux de l'Ile-de-France partirent le 8 novembre , et nous ne restâmes dans Almach que deux escadrons de Bourgogne , en attendant M. de Chalmazel qui devait y passer, à ce qu'on disait , le lendemain* Si MM. les gentilshommes étaient un peu moins volontaires qu'ils ne sont, on aurait fait de nouveaux logemens le jour que MM. de TUe-de* France nous quittèrent, et nous nous serions cantonnés en quelque endroit du village où nous aurions pu attendre M. de Chalmazel sans appréhender d'être en-

COUVOCATIOH ET VOYAGE

levée *f maM MM. aoa «cknmiandans sacluuit ipie oeux qui éuient établis commodlëmeot n'agrëeraietit pas œ reaiMief mënage , crurent qu'il était inutile de le pro{M>ser; nous passâmes cependant la nuit du 8 au g no* vembie dans Almacb, réduits k deux cents gentils* hommes au lieu de douce cents ^e nous étions astpara* vaut 9 et nous la passâmes épacs dans tous les endroits de ce grand village à la merci des ennemis et des paysans qui pouvaient tréa facilement nous surprendre à lafaTeur des bois qui dounaieut jusque sur les .haies des vergers. Un peu avant le jour, on fit sonner bouteselle , dans Topinion dont on était prévenu que M. de Chalmazel marcherait ce jour-là , et que noua rece* vrions à la pointe du jour un ordre pour partir, qu*on atteudait depuis deux ou trois jours. Mais quand le gen«tilhomme qui était chargé de cet ordre arriva , on fut surpris de voir que notre départ était fixé au lo : celte nouvelle Ait reçue avec chagrin , il n'y avait pas une tente qui ne fût ployée^ nos chevaux étaient éellés, nos guides prêts ^ on avait mâme déjà chargé une partie des bagages , et toutes choses éunt disposées à partir dans uià quart d'heure , plusieurs se mirent à dire qu'il ne fallait paa tarder davantage , d autres furent d'avis de suivre exactement Tordre, et d'attendre M* de Ghalma^ zel ; mais il y en eut qui furent d'un sentiment contraire, parce qu'ils ne jugeaient pas à propos de passer une ae* oaode nuit écartés les uns des autres comme nous avions passé la précédente , et qu'il était tris dangareux de de* meurer en cet état si près des enneniisqui avaient eu le loisir d'être informés* du petit nombre auquel nous étiotis réduits . et dé la manière dont nous étiona logés y on avait vu plusieurs gueux les uns après les autres qui avaient rôdé dans toutes les rues du vîlLifc, et qui

DB LAAftlBAB-BAll BN 1674- ?!

aTiûent bien la nsine de nous venir observer sous prétexte de deinander Taumène) enfin ils considéraient avec tout cela que presque personne n'avait fait provision de fourrage , et que la plupart des chevaux demeu* reraienit sans manger jusqu'au lendemain. Durant qu'on délibérait ainsi , on vit venir la plupart de MM. du se* cond escadron, et M» de Toulongeon à leur suite , qui était monté k cheval quand il les avaient vus partir ; ils vinrent à la porte de M. de Bragny, où toutes les raisons que j ai apportées ayant été examinées , on ajouta qu'il n'était pas^brt à propos d'attendre M. de Chalmazel, de crainte qu'il ne nous mît en ooncurrence avec les Lyonnais qu'il commandait , et ne donnât atteinte à fios privilèges que nous avions fort bien maintenus durant toute la catapagne; que si nous attendions que sept escadrons se vinssent joindre à nous, nous serions partout mal logés y et manquerions partout de vivres et de fourrages ^ au lieu que noiu en trouverions en abondance si nous n'étions que deux escadrons ; que nous étions assez^ forts pour pousser tous les partis des ennemis qui pourraient s'opposer à notre passage, etqu^une plus grande tiY)ttpe ne servirait qu'à nous incommoder. Quand toutes ces raisons furent déduites, M. de Balot , qui avait écouté fOrt attentivement , prit la parole et dit qu'il y avait une raison plus forte que toutes celles qu'on avuit apportées, à laquelle personne ne songeait, qui était que si nous ne partions pas, on pourrait changer Tordre avant la 6n du jour, et nqus retenir plus long-temps que nous ne voudrions , et que pour lui il était résolu à partir^ Geux de Qiitillon lui applaudirent, et M< de Bragny les voyant prêts k marcher aussi bien que ceux du second escadron , sachant d'ailleurs que le bailli de Mâcon ne manquerait pas de les suivre pour n'avoir plus

7 a CONVOCATION BT VOYAGE

le chagrin de Uiî obéir, et qu'il courait rbque de demeurer presque seiil à Âlmacb avec les Dijonnais , il se résolut enfin de faire sonner à cheval et de partir un jour plus tôt que son ordre ne portait. Non-seulement nous ne suivîmes pas l'ordre pour le jour du départ , mais nous ne le suivîmes pas encore poui* la routé ^ car au lieu de passer les montagnes près de Saint-Jean^des- Choux comme on nous l'avait ordonné , on nous fit passer par le .col de Saverne, ou nous ne fumes pas plus tôt arrivés que la plupart de nous croyant être en Keu de sûreté , commencèr<*nt à marcher en voyageurs et non plus en gens de guerre , les coureurs se mêlèrent parmi les premiers rangs, let le reste alla comme bon luî sembla. Je me trouvai pour lors avec M. de Tenissey , qui , voyant cette confusion , me dit qu'il avait eu , durant toute la campagne , des pressentimens de tout ce qui lui était arrivé , et qu'il serait fort trompé si , devant que nous nous séparassions , il ne nous arrivait quelque malheur ^ à peine avait-il achevé ces paroles, que nous en,tendîmes tirer plusieurs coups ^ la manière dont ce bruit résonnait de loin dans les forêts et dans les rochers par où nous passions, en menant assez de bruit nous-mêmes, fit croire à quelques-uns que c'était du canon et des boites. qu'on tirait à I%alsbourg. Nous marchâmes quelque temps sans rien soupçonner de la vérité , jusqu'à ce que nous entendîmes crier à la tête qu'on venait de piller le bagage^ de M. de Créqui. Nous eûmes peine à le croire •, parce qu'il y avait deux ou trois jours qu'on nous avait dit qu'il repassait les montagnes, mais^nous en fumes bientôt assurés, car étant accourus en diligence au bruit que faisaient quelques personnes qui criaient vn fuyant, nous trouvâmes un cheval mort qui avc^il la lôtç tournée du côté de Saverne,

DB LAARlÙJB-BAlf KN 1674* ji

ce queje remarque ici, parce que c'était le cheval de l'officier qui comniandait l'escorte d'infanterie qui devait être trouvé en une autre posture , si son maître eut fait tête aux ennemis. A quelques pas de là , nous entendîmes les plaintes de quelques personnes qui expiraient dans le bois, et nous trouvâmes un muletier de M. de Bilesbat qu'on avait tué dans le chemin , et de tout le bagage de M. de Créqui, nous ne trouvâmes qu'un mulet qui était renversé sur sa charge et le carrosse qu'on avait commencé de piller; mais les ennemis l'abandonnèrent quand leurs vedettes les avertirent que nous allions à eux. Ceux des nôtres qui étaient les plus avancés virent ces pillards qui ^'enfuyaient ; ils les suivirent, mais en désordre, parce que le dbemin était embarrassé. Les plus vigoureux et les mieux montés passèrent plus vite que les autres, et poussèrent jusqu'à ce qu'ils virent dans un lieu où le chemin s'élai^it, un escadron d'environ 3o maîtres, derrière lequel ceux qui fuyaient s'allaient rallier. M. de Bragny fit faire halte à l'issue du défilé afin que les en^ uemis ne connussent pas le peu de gens dont ïl était accompagné , et pour donner loisir à ceux qui suivaient de le joindre; cela fut un peu long parce qu'il ne passait que deux hommes de front par le cl;|émin ; il fallait même quelquefois défiler un à un , et à l'endroit où le carrosse était arrêté , on avait peine à passer. Lorsque M. de Bragny se vit accompagné d'environ 3o hommes, il s'avança dans le chemin large , forma son escadron et commanda de marcher aux ennemis pour les charger^ Ils s'ébranlèrent pour fuir et on commençait de les suivre, quand quelques-uns des nôtres découvrirent 7 ou 8 des ennemis qui paraissaient dans les bois dont le che- • niin est bordé ; ils crièrent qu'on prit garde à l'embus^-

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aide et la HMmtrèrcnt à M. de Bragny. Il fit faire halte et enToya reconnaître, mais pendant qn'on s'arrêta, les ennemis qui avaient ccnnniencë à se mettre en derente, se rassurèrent; ik tirèrent huit ou neuf eoups de mousqueton sur nos gens et s'enfoncèrent dans le bois ; ces coups furent tirés de fort loin , cependant il y en eut trcMS qui portèrent. M. le comte de Ragny eut la cuisse percée de part en part , et les chevaux de M* de Bragny et de M. de Chintray, fiirent blessés au pied. Qoand les ennemis se furent retirés dans le bois, M. de la Grange et M* de Ifarpont prièrent M. de Bragny de les pousser, il ne le jugea pas à propos, et en effet il n'y avait pas lieu de le faire. Cependant M. de la Grange cria tant et exclama tant , qne ^M . de Bragny se laissa persuader aux criailleries d'un homme qui ne paraissait pas assex sensé pour déférera ses sentimens; ce M. de la Grange était un Parisien qui avait été notre major de iHrigade durant que M. de Senas nous avait commandés ; il avait été interdit de cette fonction ensuite d'une querelle qu'il avait eue avec un gentilhomme appelé M. d'Eràgny, dont il porUit encore des marques sur un œil; il avait été mis aux arrêts , et pour les faire lever, il briquait la faveur de M. de Gréqui, et avait pris le noble emploi de conduire son bagage; mais le voyant pillé et cherchant des excuses, il crut qu'il ne pouvait mieux faire que de nous en imputer la perte; il nous reprocha si aigrement que nous demeurions inutiles dans le chemin durant que les ennemis emmenaient le bagage de M. de Gréqui dans les bois, que nous aimâmes mieux faire une folie que d'essuyer ses reproches. La troupe de M, de Bragny se trouva alors grossie dVnviron ao gentilshommes; nous entrâmes ainsi environ 60 dans le bois avec la ou i3 fantassins que nous avions ralliés, sans sa voit*

DB LARBlÈmS-BAtf KV l6y4' 7^

ni le paj8 ni le nombre des ennemis que nous poursoK vions* Noos fîmes environ quatre cents pas dans la forêt sans rien voir* et les fantassins éuni descendus dans un. précipice où nos chevaux ne pouvaient les suivre, ils firent une décbai^e et nous dirent à leur retour qu*ik avaient tué quatre hommes. Durant que nous marchions dans le bois , la plupart de ceux qui avaient servi, murmuraient de ce qu'on nous faisait faire une chose qui ne s'était jamais pratiquée, et quelques*uns, voyant que. M. de Bragny se disposait à pousser encore plus avant, feignirent que les ennemis paraissaient du côté du chemin que nous avions quitté , ils tournèrent tète de ce c6té-là et s'étant joints i5 ou ao ensemble, marchèrent en disant que ceux qui voudraient faire les fous le pourrai^it faire, mais que pour eux, ils savaient leur métier et qu'ils allaient se mettre en bataille dans le chemin. M. de Ghazelles qui portait son étendard déployé, marcha après eux avec quinze ou vingt autres, et M' de Bragny, voyant que nous ne restions phis que quinse ou vingt auprès de lui , prit le parti de nous ramener dans le chemin, M. de la Grange vint nous y joindre avec des exclamations étranges , et demanda du monde avec tant d'empressement à M, de Bragny, qu'il prit une seconde fois dessein d'entrer dans le bois; dès qu'il fit, la première démarche pour cela, tous ceux qui avaient servi, s'écrièrent que la cavalerie n'entrait jamais dans le bois ; les uns se mirent à dire qu'ils n'étaient pas de qualité à escorter du bagage , d'autres qu'il était inutile de poursuivre des ennemis qui étaient déjà en lieu de sûreté, d'autres que nous jouions à nous faire égorger, sans raispn et sans honneur, et tous ensepable criaient si fort qu'ils ne s'entendaient pas les uns les autres. Dans, ce tumulte, IVL de Bragny ne pouvant se faire obéir, çt

^96 CONVOCATION XT YOYAGE

ne voyant pas même six ou sept personnes qui écoutassent le commandement, se mit à crier qu'on fit silence et qu'il voulait prendre nos avis ; il nous demanda si nous entrerions une seconde fois dans la forêt ou non. M. de Gbazelles opina le premier et fut d'avis d'y entrer; incontinent plusieurs crièrent qu'il n'y fallait pas aller; on fit ce qu'on put pour les faire taire et on con* tinua de faire prendre les avis ; on le demanda à trois ou quatre qui furent du sentiment de M. de Ghazelles; il me fil ensuite l'honneur de me demander le mien , et je fus du parti de ceux qui voulaient entrer dans le boisi J'avoue que ce parti n'ëtait pas le meilleur, mais en ces sortes d'affaires, on aime mieux en faire trop que de souffrir les reproches d'un homme qui dit qu'on n en fait pas assez. Nous nous jetâmes donc une seconde fois dans le bois avec M. de Bragny qui , voyant qu'il n'était suivi que de dix-huit ou vingt, nous ramena dans le chemin où il trouva la plupart de nos gentilshommes pes-tant contre lui ; il y en eut qui s'emportèrent si avant , que j'en entendis un, que je ne nommerai pas , qui, se tournant devers nous , se mit à nous dire que si M. de Bragny parlait encore d'entrer dans le bois, il était d'avis qu'on élût un autre commandant à la tête de l'es* cadron pour nous emmener. M. de Bragny dissimula cette insuite, et plusieurs autres parce qu'il fallait songer à des choses plus pressantes; il fit ce qu'il put pour former son escadron et nous mettre en état de combattre au cas qu'on nous vînt attaquer, et voyant M. de Toulongeon et ceux de sa troupe qui s'étaient avancés jusques auprès de nous , et avaient laissé sans escorte le carrosse de M. de Gréqui et notre bagage derrière lequel on dtait convenu qu'ils marcheraient; il les envoya prier de retourner à leur poste , mais ils n'en voulurent rien

on i/arbibrbban Bif 1674- 77

faire. Ils commandèrent seulement âquinse ou vingt des leurs , qui avaient été détaches pour l'arrière-garde, de retourner à la queue du bagage et de le faire avancer, mais ils le refusèrent encore y et M. de Bragny qui ne ne voulait pas^ perdre son équipage et qui aurait été fi« chë que le carrosse de M. de Gréqui , que nous avions conservé , vint à être pillé , prit la pensée de retourner lui-même pour le faire avancer, et quelques personnes ayant dit en ce moment, et à lui et à M. de Chazelles, que si nous venions a être chargés, dans le désordre où nous étions, nous serions infailliblement rompus, que leurs tètes répondraient de la perte de leurs gens , et qu'om leur ferait leur procès pour avoir amené contre les ordres du roi leur escadron par une autre route que celle qu'on, leur avait donnée, et pour avoir prévenu le temps qu'on leur avait marqué , sans en rien faire savoir à M. de Ti^renue ni à M. de Chalmazel qu'ils avaient laissé derrière ; ils crurent qu'il fallait réparer ces fautes, et marchèrent du côté de Saveme pour y aller attendre M. de Chalmazel. Jusque-là on ne pouvait nous accuser que de trop de bravoure d'avoir poursuivi des ennemis plus forts, que nous, et d'être entrés deux fois dans le bois au hasard d'être tous tués ou pris si les ennemis avaient su profiter de notre témérité ; mais ce retour du côté de Saveme fut interprété comme une fuite. M« de la Salle et quelques autres du second escadron qui n'approuvaient pas notre contremarche, voyant que nous avions tous défilé du côté de Saveme, et que M. di^.Toulongeon marchait pour nous suivre, se mi* rent h crier oi/o? ennemis^ et commandèrent à un trorn* pette, qu'ils trouvèrent auprès d'eux, de sonaer la charge pour nous obliger à retourner; à ce signal quelques-uns firent fermes , et pour ne point dégiiiser la

yS CONVOCATION KT VOTAG«

Térité , je suis obligé de dire qu'il y en eat d'antres qui doublèrent le pas pour fuir, et que Iffur lâcheté n^as mit dans un si grand désordre, q«6 si les ennemis étaient revenus k nous , ils n'auraient pas ett> besoin de vingt bommes pour nous tailler en pièces^ Quand on m'a demandé le détail de cette affaire , je me suis oontenté de dire jusques à présent que je n'avais songe qu^à faire mon devoir et que je n avais pas pris garde à ce -qu'avaient fait les autres. Puîscpe je sms engagé d'écrire les choses comme elles se sont passées , je le» raconle avec la sincérité que je dois. Le second escadron eommençak à se mêler avec le premier, qaand an Dijonnsiia, qui avait inutilement essayé d'arrêter quelques personnes qui fuyaient , et qui ne pouvait faire savoir à M. de Bragny qui était à la tète, le désordre qu'il voyait à la queue du premier escadron , alla jmndré M« de To^kmgeon (i) qui marcbaii du côté de Saveme , il le pria de tourner tête et de faire l'honnenr, et k lui et à deux ou trois «es amis qu'il lui montra, de leseommander, qu'ils étaient venus là pour lut obéir. M% de Touloogeoii' ne se fit pas prier, il fit halte sans s'émouvoir. Le» EKjonnais se mirent à sa gauche et, apnès avoir pris un peu do terrain, on forma l'escadron le moins mal qu'il f«t possible* On remarqua que des einq gentiishomme» du premier escadron qui filment ferme avec le seo^md^ il y en* eut trois dont les pères avaient eu des emplois dMis la iTobe. On demeura quetqne temps en bataille jusqu'à ce que nos commandons, ayant fait avancer le earros|e de M. de Créqui, et faat charger sur ^es chevaux de bat ce qu'ils avaient de plus priéoieux sur leurs oharettes,

(i) Ce fut Joly qui porta cettç parole à ^. de Toulongeou; quelques-uns ont dit qu'il ne devait pas quitter sa troupe; d'autres ont cru qu'il avait bien fait d'en user ainsi.

DB i.*iVBiUBRB-BAll BN l6y4' 79

nous firent marcher enfin vers Phalsboui^g , après avoir passe trois ou quatre heures à consulter et k contester sur ce qu'on ferait ou ne ferait pas. Nous arrivâmes à Phald^urg à minnit.

Le lendemain xjiatin y lo, nous parlâmes à des marchands qui avaient été pris la veille par les ennemis, un peu avant que. nous les rencontrassions , et qui s'étaient sauvés durant la nuit. Us nous dirent que les ennemis ëUiient au nombre de deux cents ou deux cent cinquante maîtres à cheval et quatre-vingts à pied y gui* dés par des chasseurs du pays ; <|a^ils n'étaient pas à deux cents pas denpus, lorsque no^s poussâmes la première fois dans la forêt 9 et 9 qu'ayant appris qi^^lques heures après , que nous n'étions que soixante qui les poursuivions, ils témoignèrent un dépit extrême de nous avoir laissé échapper; qii'îls n'eurent guère moins de dépit lorsqu'il? apprirent vers le soir , le désordre où nons npufi étions mis nous-mêmes , et que les chefs pestaient contre leuis gens qui avaient pris l'épouvante et qui ne leur avaient pas permis de nous charger. Après qu^ nous eûmes parié à ces marchands, npus fûmes au château voir M. le comte de Ragny que je trouvai plus dangereusement l^lessé qu'il ne le paraissait la .veille ; «près a.Yoir reçu le coup, il s'était retiré en. dessein d'aller à Saverne; mais M. de Nogent qui l'iiccompagnait, ayaqt trouvé le carrosse de M. de Gréqui dans I^ chemin, le fit entrer, dedans, et nous l'amenâm^ confher à Phalsbourg , où l'on trouva que ppur avoir trop tarc]|é à lui mettre, le premier appareil, les chairs s'étaient jointes au fond ae la plaie , et qu'elle serait plus difficile à guérir qu'on avait cru; nous eûmes tous un extrême regret d'être obligés de laisser un homme en, qui nous avions tous une grande confiance et qui

8o COlITOCATIOir ST TOTAGB

passait pour l'un des meilletirs officiers derarrière-ban, et des conseils duquel nous pouvions encore avoir besoin. Nous bësitâmes long-temps si nous partirions ou si nous attendrions M. de Cbalmazel; mais enfin, M. de Barbilon, qui commandait dans Phalsboni^, nous ayant pressé de partir pour faire place à des troupes qui devaient arriver Me soir, nous marchâmes du côté de Sarbourg, où M. de Gréqui arriva un peu devant nous. M. de Bragny le fut saluer, et trouva que M. de la Grange l'avait prévenu à notre désavantage; il entra dans le temps que lui et M. de Marpont faisaient leur cour à nos dépens; et, entendant qu'ils parlaient autrement qu'ils ne devaient , il dit à M. le maréchal quMllui rendrait compte, s'il lui plaisait, de la manière dont la chose s'était passée , et qu'il s'estimait heureux que M. de la Grange et M* de Marpont se trouvassent là pour le contredire s'il avançait quelque chose contre la vérité. Comme ils crurent que M. de Bragny voulait entrer dans le détail qui ne leur serait pas avantageux , ils voulurent le tirer d'affaire afin deVempècher de parler; ils lui dirent qu'ils demeuraient d'accord qu'il avait fait son devoir, mais qu'ils se plaignaient seulement de ceux qu'il commandait ; il leur repartit que^ non-seulement lui, mais tous ceux qu'il commandait avaient fait leur devoir en cette rencontre , et qu'il pouvait même dire qu'ils avaient ùAt pour l'intérêt de M. le maréchal, ce que tous autres que nous n*auraient pas voulu entreprendre; en effet, messieurs, leur ditil , n'est-il pas vrai que , quand nous accourûmes et que nous eûmes joint vos gens qui s'enfuyaient , l'aumônier et l'un des gentilshommes de M. le maréchal nous dirent de ne pas pousser plus avant, et que les ennemis étaient plus forts que nous : cela ne nous arrêta

DB l'areibeb^b^h bb iSj^. 8l

poivtant pas; nous 6aiyimes ]e$ ennemia jusqu'à œ que nous ajoos trouyé un escadron dont nous es*: snjtmes ]a décharge. N<»i contens de cela, nous ayonii fait ce qu'on ne voit jamais faire à des gens de cheval , n<Nis avons poussé plus de quatre cents pas dans lebois^ et nous y sommes rentrés une seconde fois pour suivre deç ennemi spius forts que nous. Durant tout ce tempsli^ Bftessieurs, où était votre infanterie dont nous n'a* vous pu rallier que douze oi| treize fantassins, où ^ient vos archers dont nous n'avons vu que deux <|u'(m n'a jamais pu faire avancer y et où étaient vos dragons dont nous n'avons vu que huit ou neuf qui s'en étaient allés du côté de Phalsbourg ^ et qui ne revinrent qu'après que les ennemis furent retirés j mais , messieurs ^ ajouta-t-il , ce n'est pas assez que des paroles, il faut se justifier par des effets^ nous avons eu M. le comte de Ragny bl<9S^é , M. de Chaintré, qui est ici pré* sent) et moi, avons eu nos chevaux blessés sous nous^ voiU des marques comme nous avons vu les ennemis de près : donnez-en quelqu'une de votre part. Ces messieurs demeurèrent muets , et M* de Créqui prit Ja parole et dit à M. de Bragny qu'il était bien aise d'avoir été informé de la vérité de cette affaire; qu'il lui avait obligation de la conservation du reste de son bagage et loi offrit 'plusieurs fpis sfiB services et pour tous les genT tikhommes qu'il commandait. M. de Bragny , voyant que M* de Créqui .s'offrait avec beaucoup de bonté pour faire ce qu'il pourrait pour nous obliger, le pria de nous laire loger dans la ville durant la nuit qui dcr vait, selon toutes les apparences, être fort froide. Il envoya inccmtinent quérir le maire et lui commanda de nous loger; mais «ibtes les maisons étaient pleines et de la garnison qui .^it nombreuse, et de sept à huit

TOMB XX, JAUVIBR l836. 6

8a GOR VOCATION fet voVaûe

Mnts ^i^Viiux 'êfii ëtai«ii( aivivéâ demnl lions. 14 <<iit an ntdire, puisqa'il 'M pouvait nous iager ^elMuda Tille, qu'il falUit au moins nows loger diins qiveique vitk^ Tûiâin'/mais les plus proches ëUieut oecopés par quelques bataillons des gardeset par des autres troupes qui escortaient uu convoi peur l-airinée de M. de Tuiieniiev et le inoins éloigné ée tcfvts ceui où vous pçnirioHsdoger était Enieling, oà nous avions ordre tl'alierlelettdefnain ; il fit venir un guide 'de sa UÉaiisOn pour fions y conduire, au cas que nous voulussions y aller'; lAiiia le maire et quelques antres personnes du pays tn'ajantpas jugé à propos qUe nous malrehérssiotts ée ^mk à tt*ê?f^vs des bois où il y ^vait souvent ^es partis i)ea^»ooiii(» plus fdrts que nous , i4 nous eonselllacle iKHiA^^»''^Hm de la ville «et fil tcmir toute la nuit \es port^fs ptti^«|iteî' «fin que nous y allassions piwdre des vivres >èi <Jes ttm*ragbs qu^îl fit taxer à tm ^A% fèct modique, à^ès œb marques obligeantes >âe la' recOnnaissâiice de M. de Gtfé^ qui dont plusieurs personnes de qudlilé «oot tsétnains^ nous nous croyons fort à eouvei^t éeia etflomniesdoiit on a ■voulu 'noircir la noblesse <le JfeUrgOgfté^ <i)ependiini on nous dit le l^ndemaif» que M«^Gréq^i avait paiflé avec aièreur'de son bagage , et avait dit qu'il avait pè#du âen'x tniite pistoles-, liiafs qif ii'éfieit moins-ftolié 4e cette pèf te que de cîe qu^V^les im avaient ëlé<^iileiréeBià la vXi:e de. trois ^rnts géntit^^bOMtMS. Jîe «^ sai« ^ eèla est vrai*, Ai^s il n^ a iiulle afqmi«t|eeiquefael»|»ui«ie être; car son argentlni sfVaH étél*itpporté k-^H;^ f>aifwpi de ses vaitits de cbattibrequi^'^tait 2tat|h^é;il snvnittistp ii^en le nombre de no9c«tadrons,pour Aitë que wotot étfons 'troië-den^ , et 'noas avons enicoi-eveçu^èpmdawÂBqpMS ^de sa <bO|ité q«H »foot jngtt qu'il -n*-ëtaiCtpas ofubtiiMil ^tffkfait'de notis ija^mt a essayé de le faillie croii^e.

OB x'ARElàEB-^BAN BM l^J^. 83

Not» pMrtiAes kl ntnt du <i nèvembre %ur le foft^ «deSftrrebottrg'à k gelëe ^i troas incommoda un peu, -etMkmàemàiB^^pit^taAt lé jour de St.^Maitih, nous fAfoes tvitettirë fai Bi.e6se^tfx CapttHils, où tioos trouvft- -mes le eovps ép Bcmt^is de Ortissol que Hes gens remportkiieiit ed Pratioe. M. le inftvquis de Brâtidebouvg fairait ffeirrQjë'tff-ëcieiiAeAieiit cmbammé dam un cercueil 4c plemb, atee «ne robe de satin blanc rattiicbée de •nibaâis noti^yun riche bonnet en tète avec une coiflfe à dentelle 9 et trots coussins de senteur dont l'un était posfë derrière ëa tête et les deux antres à côtrf. Un peu après, M. de Cbâimazet rint passer pfès de Sarrebouf^ <ëiTec il» reste de sa brigade; nous montâmes incontinent à dieral et nèns le Joignîmes; ilnousdonnaTavant-^arde, et 11M6 allâmes cottcbèrià Emeling où nous eûmes utife arlârme âtttai>it la nuit , à cause de quelques coups qu'oti avait Ouï tirer de loSn , mais on ne vit paraître per- •seuue.

' Nous en .pai<fîmes le t-a et nous eûmes encore Favanl:- - garde t^e jcmt-'là', je ne sais pas bien quelle en fïit la <!âpliW7 pë<it'èti«èqueM. de Chalma%el^ aVec lequel nous 4i^ài4ofiê encolle fait qu^n^e fieue ,'crut que nous n'avions paa pteinemenl joui de notre droit; peut-être aussi que flIM intentioé était de faire rouler les escaidrons ^ et qu^fl deètmait ab sè^eond "escadron de Bourgogne le poste que -TMuè eûMes i6e jour-Jà t quoi qu'il "en soit , notre escadi*^n ma^éha deux jours de «tiite le premier. Nous nous itfiniës ibrt serrés duramt \<^ùtile jour pfii^ci* qu'il y avait j^ltiéieurs partis en campagne ; il y en eut un qui vinft étil^er une vacherie à une demi-lieue de nous; nofs <courettts en vinrent idbnner avis à M. de Cbalnïazel qtfi -vépondit qu'iln'étaJt pasli pour courir après des vaches, "nvàiii qu'il ferak si'biett que nous ne perdridns -pas un

^ 4:«>NTOCATlOlf IT VUTA.CB

<:heTal; il j a réussi , car il nous faisait marolier anree beaucoup de lenteur; afin que l'on marcbat avec plus d'ordre, il faisait toujours passer les troupes autre les bagages et les ennemis, ^ aous faisait si bien serrer, que jecrois^ comme il l'avait promis, que nousn^avons pas perdu un cheval dans le retour. Il fut secondé en cette rencontre par M. de Mandelot , qui ,. ayant été opmmandé pour faire faire hahe au bagage de notre escadron, reniarqua qu'il y avait plus de cent valets ijuî -avaient des mousquetons; il lui prit fantaisie d'en choisir soixante des mieux faits^ et d'en former un escadron à la tète de nos équipages ; il établit trois brigadiers avoc chacun un grand bâton en main pour toucher sur ceux qui quitteraient leurs rangs , et se mit à leur tète «vec un hautbois devant lui , auquel il oommanda de toucher la marche des dragons. Cette nouvelle compagnie était derrière un petit bois qui nous empêchait de la voir-, et on ne pouvait deviner quelles troupes ce pouvait être , quand on vit tout-à-coup paraître dans une|>etite plaine M, de Mandelot avec un grand fusil , suivi de ^e^ dragons qui marchaient d*un air à faire honte aux troupes les mieux aguerries, ^ous ne pouvions nous empêcher de rire de voir nos valets si promptement métamorpho* ses en soldats, et la contenance de leur chef qui marchait avec autant de gravité que s'il eût été à la tète d'un corps considérable. M. de Chalmazel voulut savoir son nom et lui envoya incontinent offrir de l'em* ploi , et dit qu'il y avait peu de charges dont ne fût capable un homme qui avait su , en si peu de temps, met^ tre en ordre des gens aussi peu capables de discipKue que le sont des valets ; il continua les jours suivans à les faire ainsi marcher, et on les a depuis appelés les dra^ gons de Mandelot, Le soir, nous arrivâmes i Blamont

DB I;*ÂAR1SRB-B4N B!f 1674* ^^

OÙ les ennemis avaient été quelqaes jours auparavant; cette ville est asses grande , mats elle est à moitié ruinée.

De là y nous fumes le. t3 coucher à Lunëvillci et nous i^mes sur la gauche le quartier où la nohlèsse d*Ânjott avait été enlevée*, c*est un assez grand village proche d^une forêt, de laquelle on peut Tenir à couvert jusque auprès des premières maisons. Cette forêt servait sou^ vent de retraite aux ennemis , et M: de Bissy fut averti , lorsque ces messieurs y furent logés, qu'il y avait un parti considérable ; il leur en donna incontinent avis , et ils furent avertis d^ailleurs que les ennemis s'assemblaient fort près d'eux ; ils firent bonne garde pour un soir, BAaia le lendemain , ils crurent que le péril était passée ibse contentèrent de faire la garde par bien-séance, se divertirent à tirer leur poudre au blanc , et vécurent comme s'ils eussent été au miKeu du royaume. Les ennemis , ce|:)endant , les obserraient , et ne se trouvant pas en» assez» grand nombre pour les attaquer, se tinrent durant trois jours 'cachés dans le bois en atten-^ dstnt du rôtifért qu^ils firent venir jusqu'à deux fois , et leurs gens étant enfin arrivés , ils vinrent , le matin , de beau sokil , 'donner dans le village avec tant de vigueur, q«e œs pauvres- gentilshommes n'eurent pas le loisir de s'assembler y ih agirent en véritables ' gens d'arrièr e* b^ je yeux dire , sans ordre et sans discipline en général , mais bravée à outrance eii particulier ; ils firent toute la résfstan^e possible ; il y en eut même qtti aimèrent mieux périr qhe de se rendre, et se laissèrent brûler dans une maison où ils s'étaient enfermés. Les ennemi» firent tou^ les autres prisonniers , à la réserve d'un petit nombre qui se. sauva > mais ils perdirent leur commandant qui était- un Lorrain nommé Dupuy^ ]e<|uel ayant éH

86 COHVOCATiaïf MT VOTAIS

daugercu^^meut blessé, fut, avec ses gieiis':^i l'empor*» taient.dansun maule^u, pris. par quelques troltpes d«s nôtres qui étaient accourues au secours des Angcrvîns^ Ceu^ qui se sauvèrent furent reçus à N^pcy &rt bonnettme^t par M. de Bîssy, et le jour qu4 nous ^ pussâm^t^ il nous fit voir un ordre qu'il avait reçu de letflr fiuure donner à cUaçun cinqus^ite écns , et unte roul^ p#ur «o^ tc^imer dans leur pajs.

On crojait partir df Lunëyille le i4>9 pi«oe<pienoti» ordre ne npifs y donnauft poiat d^ Mé^Wf mais les oom<nmi^dans des escadxons ayant prié M*.dbe Gkaloiazel d« permettre qu on sëjofirnât ^ nous y restâmes mal^é Jesk nvigiatDi^ts, I our faire raccommoder ce.qn^ manquait à nos équipages. On a remarqué qfie ce seul jour ih nrw pç^ a sauvé plus de six cents de nof cbeyaii3( , qoi seraitskt infailliblement demeurés en chemin » si nous avions ité obligés de marcher-

Le i5 , nous en partîmes et marchaq^ss tons ensfemble jusqfi^ à St,-Nicola$ , w presque tous ceuf <^t ayaioQt laissé leurs bagages à KM^y $é détacheront pMic aller le3 reprendre^ j'étais de ce nomhi^? «t j'y alltfi awae m^ de Bragny :^i n9u$ donna rendf»*TOna pow noiiai as§^:mbler et partir après le dîner; maia Mj dr Biasj f^mpècha de sortir î e'v tous les àiltlies cpt deTiaiebt aé jcândceàluft satrouyèfetntfibien dafiseadebeQ^TiHer qtiede que^ran^e ou eilÉi[iswte qui donnons partir^ à pefa»,. uQus tr^^vame^-PQiu'lMU prètsà marcher ç nous héA* tâmça si nous iriom an quartier qui n'émit élfûgné* que d'^ne lieue, maïs nos amis noQS>ayant prié de àpmcop^ Fer, noms fîmes remettre nos oheyaux, et j'employai le reste d« jour à considérer les beautés da Naacf oà je n'avais etioore rien vu^ ipioique j'y fusse entré phisteum fois, parce que. les commisâîons qu'on im^avait doDoéea

DCr ^n'iiivsU^i^ la^a<^ V^ lo^fir de satiâfaire à jfp/a^ curiosiic. Qsife xUl^ e$i Mt^ée sur w»^ ifivî^^ f^pelë^U Mei4rtbe« qui ?içi^ 4« $t*-N^as,i.ijra¥«n une des pii^ l>ellç5 c^mp^fp^^ da monde^ Elle ç«t 4ixÎ9^« en deux xilles dont U: vieille f?iri;nç Ç^mi^^ la i^of^veD^f^çel^e-ci a quelque (c|]^OAf.4'%i|gW^ diiu,» la lougifi^u^, 1^ Uri^UE et Taligoeii9«$nt, 4e ^^ nief:, et dan^ k^ qwA>r« édifices qjui'cm j » b4tîs , çpimue Thàti^l de vUje , le» ^Ks^ di^s révëreuda pif^cifi J[ési|iti^« ^t a«UrÇ«f mai» PaiMftrc ^ quelç^uiç c^^o^ de pl^ ç9mH4<^«^«U^> qVîWlW: elle 30^1; bâties Wfijmf: ^ëg^- U^H^Bt^ fr'fst d^pi cfl)e-ci qu eft le ppUia du, 4t^» <)Hi 1^ ^f^ gF^ JogÂBi l)4ti à Fi^il^que, $i|r Iq; q«^* (re Cj^^cs ifun^ .gff<'^n4€ co^r,, où ou e^tre par un c^> Ce^e|)[^^QP pojuvait ^i^tre^isi passer p|vur be^\e, maî{i «i^PWfr qii'oj^ a^ raffiné ^ur l'^ç^h^^Ç^ure , w a trouve qu^e les ç^ie^am 4i^ dnc v^ie^l v^ieu^ Joftâ^ que Iç^r j^ltrç; \fé éf^nea ^p.t batte$^ tout le long d'une ^^ade pilai:e , ^iV^H^^ fo»^ !^njÇ face»i v^ste et si si|per\)\e , q\^e Cf^Wt fï# l^ci «fyept pas à^ qHoi qe l^âtiment est 4^^î>^ Iç Qivçi^çnlinur 1^ {M^i^is.4^ PfiiH^* M pjwpi^rt 4e^ 9çi-

hJHd^fWt biei^ Ig^iij^ e( fort çoinw>*lç^ ^ Çtil y, î^ piéioaie ffl^sji^mris prinq^ elr^ui^frf qfii y ont 4è fort belles n^is^^ quj ^^vçfient 4^ 4^»eHr^s «^ leurs ^^^^^as^4eur^ , .^imfi W» Iç 4uq pf t éï^ ^W 4f fe« pW?- V^ f?F^*T ^^îflns 4ç cette yilH p\^^l W^V^ «?»»i*W™^ï»îi r^^' bli^A lowqnp îiOHS y. p?s^flap^ , et }\ q^ »fS^U > fWP qi^/^vrfqi*^ rf iRp^Tts ft le^ chemin* <?pu¥W4s qip

*arwtfqrt fWn4f pt^rt.avaiicpsà ^ fi^pnpagqp; tq^^

.t«j|. hs .imiri^ilWfi «ont 4f/t>Tiq^i pi? i^* » rçiç^m »^r

)^/Qil4e,n)C9^ 4ea ^nçieniites fqftiQcatioi^Sj, ft H ||'y p

P0ii%t 4e 4iiBr^»fle» sj»w , qu^ 4ç^ flo^ye^p^ wnt.wwT

.p|cro^nVi»eyêjrtie4.4'M'»?''*Wï »*ojiigr*S niv lieu (i«M^ 1^

86 COKTOCATlOir «T VOTiL^B

anciennes étaient embellies de compartimens de caiv reaux plombés. On voit encore des restes de ces anciennes fortifications anx portes qu'on n'a point démolies et qui marquent bien la magnificence des princes de Lorraine, et le soin qu'ils ont eu d'embellir cette Ttlle. Le debors de ces portes est orné de statues ou d'armoiries d^une grandeur extraordinaire et d'une sculpture exquise I et en dedans , on a bâti des voûtes qui reçoivent le jour par de grandes arcades soutenues par des piliers de pierre blancbe , qui forment comme une espèce de haHe à toutes les entrées de la ville. Les sol-dats qui sont en garde se tiennent à couvert sons^ ces voûtes , et elles sontsi spacieuses que , quandil y a eu trop de troupes à Nancy pour pouvoir être commodément logées cbez les bourgeoiis, on a mis à couvert, sous ces portes y jusques à quatre ou cinq mille ebevaux. J'observai deux ou trois choses singulières dans ces fortifications : au lieu que dans les corridors ordinaires , on se con* tente d'une seule banquette, on en a fait faire deux, dont l'une sert de degré pour monter à l'autre; cela fait que le parapet est plus élevé et couvre mieux ceux qui sont sur la contrescarpe. Chï a aussi accoutumé de^planter les palissades sur le parapet du cbemin couvert, mab afin que le canon ne puisse fies emporter par le pied, on les a (ait, ici, plantcrsur la banquette la plus élevée au pied du parapet , afin que si le cakion vient à les rompre , il reste toujours quelques éclats qui embarrassent les assaiHans. J'ai remarqué auss^quele rempïirt est creux en quelques endroits, et qu'au lieu de canonnières, il y a , dans les flancs bas , de grandes portes qui donnent dans le fbssé. Là place est commandée , du côté de France , par une éminence depuis laquelle on peut battre en ruine le palais du duc et la plus grande partie de la viHe *, on l'a

çepetidwt presque toujours vantée pour une des plus fortes pkoes de l'Europe; de moi , je crois que ces fortifications peuvent bien passer pour les plus beUes , nuiis non pas pour les meilleures. La nouvelle ville n'est encore fermée que de palissades qu'on a plantées sur les mines des anciennes murailles , mais après les échecs ^e M. de Turenne a donnés durant cette campagne , aux Allemands y on croit qu'elle sera en état de défense avant qu'ils reviennent en Lorraine. Voilà ee que j'ai pu remarquer durant une heure ou deux que j'ai été hbw» àHKancy, pendant lesquelles je ne songeai junais ni apx tombeaux des ducs de Lorraine ^ qui sont en des égKses ptè» du palais , ni à la chapelle des Bo ur g u ignons qu'on a bâtie hors de la vSle , après la défaite de notre dernier duc. Un homme qui aurait eu plus de loisir pourrait y avoir trouvé des choses plus remarquables. Ce que je chercAiai avec le -^us d'empressement fut le pauvre M. Petit que nous y avions laissé malade: j'appris avec douleur qu'il était mort durant que nous étions en Allemagne ; c'était un homme que sa vigueur et son expérience rendaient digne d'une meilleure forlune quela sienne, çt ^qui a été regretté àes jdus honnêtes gens de l'escadron , qui le consultaient souvent sur ks a£&îres de la guerre, qu'il entendait parfaitement, et qui le considéraient comme un modèle d'un très bon sc^dat. J'appris aussi la ipôrt du jeune comte de Bosiâti, qui était venu avec nous faire sa première campagée*, il nravait au plus que quatproe ou quinae mis, et s'appliquait cependant si sérieusement à apprendre son devoir, ^e, s'il avait vécu davantage, il se serait trouvé fort habile devant l'&ge auquel les autres ont coutume de commenceré

Le^ 16,. nous partîmes de Nancy par la porte de St-

Jeiupi gi|,oudit q^'il axrisik (Uvaul les proiuiièras gocnfSy mx prodii^ qi^ tout le monde q^iia^difra ooiuum} un ppcé«igç de h ruine du, 4hg Cb#rkft( un ««rbcau vwt

cette pQcto^ ei ain^^^cUa (W 9»n bec ^t d^ ses gt iffet la PMirovine'dii^e qui «était $VivVicmm» i la; vutf de loos- WaoldaU qui étai^ul i^M gf»r4?.> qui iifent o^ qu'ilé pn^ regt (HNor 1\b' Qwpdcbe«\ Noii^ tix>i|.^£UBM boMi dey la vUle «8 09 ao ^ntawm 9 qwi M^ 4e Bisa^ airaU iak Unir pr^ta pour nçn^ eaço^tei?, maîa-oonsi 1m rewrojé^ HQu^^ p^rce qne nous étiola a^Be^ i^l^ poofipaaseraans ^U>fU* Noa^tronvânita à 3 Uvmfts dis ià noUeinriDads q^ (laasaM h Mosi^Ue 4a«l Mi^ l>a«V le. paaN^oint a» liva^i ^e la; ak^it «^owmei^a devant qu'il y etil> un V^mme p^aiK; dc^a a^eacadrom d^ fik]^iifg9^<^>qtti avateut l'«ifiièji?e^ga(de i qutdqiA^u^ia d^ se«Q^ eaoadrooi fur i(#pt clpyarqbair nu jgvkiy wu^ pçiur n^ua avlres^noûa ailâmea coucher k Gwdre^frilW QU te tmilHnHliS'Deçtti s^y^Ki tOHte r^QUA^Mé po^ble ^ cri 1« lendemain, nouf paafâ^a au t>a«^

. 47 t ^S ^ Âj) novembpe^ La: même :li4ix]U0<> qui mwa>|K)|M»itviJb fôlé de Toid^ rappœlaiv dn o^^Jà (^ndr^iUe d^ intnpiita4|ili«f0arlanmt «u c^ivcn 4'ai^ gIMPkt qu^ Y(m QQmAmfiii .à ^iancjr ^ qea gêna eMihûtnl dana^ i<} Uaiaan; en* badinaAt^^ et^Fiin' d?euK>ajant ^faât qMlqatea^t^.U (ut makmlé par uaak<aea>i^iiiaradii% 49At>.4llN> piM M Wageripiiree'iifttWsrf^ Hti^^^il p^5 ht i <w ? d » laoît' par fwm^eniÎBMiit , il tuidit g«^'il^'wa»tpftatleinet^Hl><wvait<bk»iéA iFeogé^ caêiB |iiilK>le/£M.eft :nioina d'une ^imniA «nivitir d'un ceupt^^ fbail vAîvfi ^na^dea»? ÎA pad ito* ivielad)»^t quà partait mA arme bandée soua son bras y celui qu'on ayait mwamté le^ut le f^up, e^/t0i|jbajn^l aux pi#da do^itselui qniavait

DK iTAlillIME-BAN SX »iSj4* 91

pr^4it «W malhrur. LoriW[ue nous fàmes arrives à Toyl, cun j^i^ ppine «n bow log^r, parce. iiu'iL.y avait Uot d^ U59iipe$ (|^'pa,ayAit ét4 CQDtravit de mettre de* cheiraia juftqw (la^ b;^' dotlr^f» J'eus «n billet p«iii: «aettre le*mi^fi^ au. doîtj^ de Sain^eogoi» , et je erua de bonne foi q^e ce eU^re ^taji,i comme à ParU, |ine me ou un quartier habftépa^r que^l|e« chancMoea» cb^ l'u» dea^ i|¥i()U o» jtv0Uïr4»iait me éoiwie ouiau woii» «ue b41e on qiie}qu^.eouyest- J'y envograi mes gêna qui trouvireiH U pprte/ef^e» €t uix bf>mme.<im leur dit qu'on ne la I«vr ouvrii^Hp^viU furent faire .dœ plaintes aux écber yinji., qiv^leui: diç^îjpt dV^nfpQcçr.la porte et d'y mettes me^fibey^uXf Je ne vomIua paa qu'iU û^^em cette vio^ biiiQe d^vjfx^ que j'eusse essayé d'y entrer par une v^ plui d^uçe^ jy fus mo»*mâme et parlai au doy^n^qui $$^n4,#e dpfiMr le Icâswdem'eotendre^ «e mit à faine unUe iiupréc^aîtioiM içouAre cen^^ui vouWeitt prof^er upji^u MC^ré ii:;t luettr^ deA cbevaui^ pris del ant#ia|ri} iq^^mputrajiu. billet pareil au. mieUf. et me àil qi|.'il p^rtiraii le le^cj^iuiiin p^Hir^p^cter sos plaiutes autroî « 49!l'iu««lkm^ Gt^Q Vmf¥i^^QSr4€hey'm&'f j^ lui laissai jefiftr son fe«$ttuuji|ï<Mai»ttapréifnous de«i«tticasi bom aiui^rq»i'iln»pffttt aauilogîA el m'a fait depuis mille hoti-^ nfiietés pendatrt lei^jd^iM^nfr U0u«f ayonsifwtk Toul. Il niQfitii¥^4^nsi>KjQbaptl#*e4e:«9i| église. uoe. côte qiiV é«ii|<il y a ^m\^^9i tonéeh wr k toi»bi»au deJeur. fondit

qmVir u«i;«hitun^eu pfuluc resdininer y et ^apvàs awir? QOPsiddrQ isa Ibrtne je^JsA subtManee.spougieuaei pftr 1^ b<»ats9il>iaQditjqu'Asi»«emei^Wdtaîtiu)e câte bumaiu^^ eUe estiun fw rao|éQr(auikeittréiuitâi9 i«epf udant eUn^^ pifds3 pobe^aideiefiefÀ pfondne 'Sauloagueuti sut bqoi G^i» oottvoxié , eu la^dialanou d'une eatrémi té à Tautr»»

93 CONVOGATtOU Vt VOtAGB

en ligne droite , a 5 pieds 7 ponces ; j*en ai donné les dimensions à un homme qui Sftit paffftitement les proportions des parties du eorps humain , qui m'a assuré que si cette eôte est Téritablement d^uh homme j il aytiit 35 pieds de haut. Il me fit encore voir une autre chose qui a passé jusques à présent pour merreiHeuse et qui ne ^'est pourtant pas ; il y a près de la porte de l'église , I gauche en entrant , une tour carrée aases haute qu'on croit être fondée sur un seul pilier, qui est 3o ou 4o fois moins gros que la tour; mais lorsque M. le' doyen me conduisit dans la cave d'une maison voisine où est ce pilier, je lui fis voir qu'il n'y a aucune partie de la tour qui porte dessus, et je le détrompai d'une erreur qui lui avait jusque-là été commune av^c tout'k& reste de la province. Après avoir vu ce qui est considérable à Saint-Gengoux , je vis l'église cathédrale dont le portail a de l'air de celui de Notre-Dame de Paris ; il est orné comme celui-lè de figures antiques grandes comme nature , mais il est beaucoup plus petit ; on nous fit voir, i gauche en entrant ^ comme une chose très rare , une vis de degré sans noyau « dont toutes les marches sont tellement ajustées que les extrémités font une ligne spirale par le centre' de laqueHe On peut librement voir depuis le bas jusque du haut du degré ;' ces sort^ d'ouyt^ges'sont rares en France, ihais ib sont si communs^ en Allemagne, que jVn ai Vttdans plusieurs mandons de paysans^ Ainsi ce ne fbt ptttf un- fott grand régal pit^r * nous, que ce degré qu'on admixe k Tovl : nous eûmes plus de plaisir de considérer prés de la porte qui est à droite un tableau qui est fort estimé y de là nous traversftm^é la nef qui n'est paA bien< proportionnée au resté du bAtiment et nous allltoesi en une superbe chapeHe oà on enterre les ëvéques^ 1« voûte est enrichie de sculp-

4ttre8 et on y voit plusieurs tombeaux qui méritent d'être ^x>nsidérés. Vis-à-vis de cette chapelle, il y en ii une autre au côté droit de la tribune qu'un chanoine a fait autrefois bâtir, et qui peut passer pour belle qupiqu'eUe n égale pas celle dont je yiens de parler, le chœur est assez spacieux , il est orné derrière Tautel de plusieurs tableaux auxquels des, pilastres de marbre servent de <»dres9 mais la beauté de cet ouvrage n'en égale pas la dépense; on nous fit voir au côté gauche du chœur, le lieu où^st enterré M. le premier président de Bretagne , auquel on n'a point encore fait d'épitaphe, et de l'autre côté est le tombeau magnifique du colonel Ébron , qui fut tué devant Saverne , il est de marbre incrusté contre la muraille de l'aile droite de l'église , de laquelle il couvre plus d'une moitié ; on ne s'est pas contenté d'y mettre la stalue de ce seigneur, on y a ajouté le» écus* sons de toutes ses alliances autour d'une grande inscription qui a été . composée , à ce qu'on dit ^ par un ecclésiastique qui avait beaucoup d'esprit, j'en ai lu quelques lignes, mais je n'eus pas le loisir de la lire tout entière. Vis-à-vis de ce tombeau OA garde dans une petite chapelle plusieurs reliques^ la plus considérable desquelles est une pointe d'un des dous dont notre Seigneur fut attaché en croix; on y garde aussi du lacet et des cheveux de Notre- Dam[e, une partie de la ceinture de saint Joseph , qui a été retranchée de celle de Joinville , et un chef qu'on assure être de saint Jean-Baptiste, quoique M. Ducange prétende que le véritable chef de St- Jean est celui qu'on garde à Amiens*

Après qu'on nous eut laissé reposer durant quelques joun à Toul , 5n nous fit monter à cheval le %o novemr bre ppur faire revue devant M. de Ghalmaxel ; la noblesse i^'ut assez de peine à s'y résoudre,, cependant j^

p4 • COWVOCATiax «TtOTAlBir

ffivtp^tt de* çfetttHAomm*s, qu! étaient l TcWl, ««'y

trourèfetit; lorsque îcs escadrons forent ranges, M. t^e

'Chahnaïèl vhn à la tête' an nôtre et se mit à parlera

'M: fleBragny et à qtielqtiesîc^mitnâttaains-qm se trouvé--

rent îà,' et leur' fit etitiendi*e que te tbî avait encoffe

1>es^ôiti'de srf nohtesse dtiratit nn mois , teais qu'il ne voti-

lait fàâ qtie le seWice qti'îl leur demandiiït ie fit à lettrs

dépens, qu'on avait tnts t>rdre à notre subsistance, el

qu'cm donn^raft à chaque gentilhomme quîYize lii/^reii dfe

•foin, cinq de paille , un pain de quatre sob pj^r jour,

et qu'âfitt dé s&voirau juste te nombre de'céux qu'tl

fondrait payer, il nous avait ftit sortir de la viJte pour

faire revue, Pai souffert avec patience toutes les avatrite

Won nous a faîtes du temps de l'arrièrc-baii^'ikiafts

Vîfvoue que je fus indigné de cette pro^^îtîôtn •, elle'fttt

réçue avec un- murmure qui fit contiaîtrùà M. de Ghaf-

rMze\ le peu de satlrfâction que nous en recevions. 11

5*avïinçâ pour nous dire quelque chtfsfe et pdtir ndtfs

'dîaposôr à accej](t«rleS;ôflVes. quMl nous aVaitfeites, Mais

•M.d'Avat l'interrompu H Ifri'dit fièrétneulî Monsteiir,

y^'i eu llïontieur d'être*c^>ttAine ètte^sefai encbfrêMfeh-

^1^, )e ne prétends pas ê«re traité tUfi isiUïpte cavalier et

ëti wquîtiy M. d^ Chôlftfâfcel, rentendant parler ^irefc

beaucoup i3è résolutîwi , craignit , iMl cénttnuait eetjti'H

A^aît t^mmteiicé de nouk dire ,^iiSl'ire s'aWi At d'autres

discours qui ne luiphiraient pa^, il èè mit à ^tuander 1rs

rttei de ttottfeescadrôtt t-l à cortttnetti^er sàrévUie; on toi

donna la tete èe «Olre b^iilliage, rt ftme» revue esattfc^

ment; mais quand elle Ait achevée, ètînitde<3hli»ô*is,

qui nc«s ^uimieut, dirent qu^ilé' avaient ouWiéteu^* rô-

les , et Sàïis ftttendte davattt»^ , <**t d^MâCtfn se dl*fa-

èhér^nl de Pewiaflrou, prlrttlt te ^bettiin de la ville au

Keu dr foire revue , et aUir^ent âpr^s eu* les autres es-

cMlrong, >n sèflc que de fottte !a' bfi^de ide M. àc

GhalmmwA > il n*y MC que l« èevA bailltdge de Dijon qtii

9e mili^^iiélat «t^^loi' olrétir. feo rentrant dans la T.illf , je

troiivai le^gent>th<Mm« ()e Hotiree^fcaèron qui ëta)tt*ftf-

nué iepiu»Mige,^ ffe$%M. le baron de Dareey qtrî «ètf-

meifaa le d<^pit qu^l aTti^it de l'injuiie cju'oh Tendît ^(^

fiiîne à la noblesse; tioua ikhi^ entretînmes qu^qae'teth[W

t&^esBQflr et nous cioncflûmes qu'il fallait ^^assémUe^ pont'

n^Mmdre ce qwe nous flexions fa îireWi oeftereneottthîv

hO«s en>paidâme« à M. de Bragny qni lelrtmva bon; et

mie cUfini-bevre apn^ on se rendit tibei Ini , etù-ll Tn(

9és^ <q<i*on servirait durant le tenrps \jue fc toi ile^

anandait^ ponrvn qu'il 4ui plÂt doM»er une paie* pr6''

povtiamiiie à notre qualifie et à nos équipage»; \ût8cftt^

j'arrivai'À l'aasen^l^ée, je trotfvafî'qnVne se séparait san»

aroir ^ongë A ce «pie pourraient -^ire les atfln*s esca-

droqs; je pris la liberté de dire q«e nous W¥tioàiS pas

lea aeuls qui «▼Joiis ^invhèî é cette affaire , ^u^etle nous

ëuiit 'COMnmiDe ^e« 'tons > les auftresescadvons , et f{tfrl

semi4 befi de ne irien décider satos i;onférer 'au -moins

aràç icnrft <<«n«naildtfns , que là ébo^'^tèit éé con8ë<>-

qu«»oev'<'t qMe^âi HOttfS^pretiîons^acmi nos rësolfrtiotts

en^pavik^Uer^ %• de Qliàlitiaeet «Heftiàtiquerait pas,

Icmi^qu'on lui ferait des offres , ^^atscepter celles qui ap*

prof^eraieot le plus des propositions qu^il nous avait

f lÂtes ,^ et fevait infaiiliblement , ou 'par mitorité , ou 'par

^omtfur, passer WUiesfebrîgaée au sentttnent des pltw

imS^ ou ides'pilus fnM^ê ; *s^ lieu que^^î nous'tK>us't(mèi>

MOUS, tious prendrîote» des mesurés plus justes, que

nos rwï^nti'anc^s 9>urapietit'p)us éê poMs ,• H tjnTtth'^h^

ifMdrdlt plus fiis^tticVit les conditions tile la plrieMipié

mév» kyii)m de$Èt\lÊt^ demander. On 'trouvai ixiSL pm'-

posivion raisonnable^, ^t on députa itrcatifitiétit % lotis

g6 COUTOCÀTIOJI «T VOTAIS

les commandaiu des escadron» qui étaient à Toul pour leur faire agréer une assemblée; on me fit l'honneur de m'envoyer avec M* d'Avot à MM. les commandans des escadrons de Bourbonnais qiû me dirent d'abord que leurs gentilshommes étaient résolus de partir inconti'* nent après que les deux mois de service qu'on leur avait demandés seraient expirés ^ et que leur terme arriverait dans deux ou trois jours. Je fis ce que je pus pour leur inspirer les sentimens que MM. de notre escadron avaient pris, etje les y trouvai assez disposés en leur particulier, principalement M. de Brugne qui est un homme forlt honnête et fort raisonnable ; mais il me témoigna que les gentikhommes qu'il commandait, étaient si fort offensés de l'injure qu'on venait de leur faire, qu'il serait impossible de les retenir. Cependant, nous* convînmes qu'ils se trouveraient le lendemain à Saint* Etienne sous prétexte d'entendre la mes^, et qu'ils conféreraient avec les autres commandais de ce qu'ils auraient à faire. Lorsque je fus rendre compte de ma cpmmissioo , l'oa vint dire que les autves députés n'avaient pu trouver ceux auxquels ou les «xait envoyés; on me chargea de voir encore ceux que je pourrais et d'agir comme j'avais fait auprès de MM. de Bourbon-» nais : quoiqu'il ne fît pas sûr de se produire en tant d'endroits , je ne voulus point refuser cette commission. Je trouvai M. de Toulongeon qui me promit de se rendre le lendemain à Saint-Etienne, mais il ne m'assura pas que MM. de son escadron voulussent prendre le m&me parti que nous. Je fus ensuite ches M. du Tremblay qui commandait l'escadron de Nivernais, auprès duquel je trouvai plusieurs gentilshommes de différentes provinces qui s'entretenaient de l'affiiirç pour laquelle j'allais lui parier; je pris la parole et lui dis : puisque le roi voulait

Ds l'ar&i£rs*ji4h bw 1674* 97

nous faire Thonneiir de nous employer encore diiniitim mois, que nous nous disposionsàfairelesenriceqa^onnoas demandait 9 mais que nous voudrions que ce ne fût pat à des conditions indignes, et que nous n'avions touIh faire porter aucune parole à M. de Ghalmazel sans savoir » k résolution de MM. de son escadron ; il me dit que la plupart étaient résolus de partir et de ne pas servir davantage, qu'il y en avait d'autres qui resteraient,* qu'il servirait k leur tète , résolu d employer au service du. roi le reste d'une vie qu'O avait tant de fois hasardée* Ceux des autres escadrons , qui étaient présens , me témoignèrent peu d'envie de servir, et je peux dire ici, à l'avantage de notre escadron , qu il a fait en cette rencontre les propositions les plus honnêtes et les plus généreuses de toutes , et je peux y ajouter, sans flatterie , que le bailliage de Dijon s'est signalé entre tous les autres par l'attachement qu'il a toujours eu à son devoir durant toute la campagne. Lorsque je sortis de la chambre , je dis tout bas à M. du Tremblay que je le priais de se trouver le lendemain à Saint-Etienne, entre huit et neuf heures du matin , que j^ ne prenais pas qualité de député, mais que je l'en priais pourtant de la part de no«- Ire escadron ^ j'en avais use de la même manière à l'égard des autres commandans, et je crus qu'il n'était pas à propos de faire paraître ouvertement que l'on m'eût député , crainte de donner prise â ceux qui voudraient nous faire pièce , et qu'on ne nous accusât de sédition en une affaire où nous n'avions purement dessein que de conserver l'intérêt de la noblesse sans nous éloigner du respect et de Tobéissance que nous devions aux ordres du roi,'

MM. les commandans se rendirent le di à Saint-fltienne où ils résolurent qu'on ferait partir un gentîl-

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