I . Achagha bach^ tête en bas ; Yokharou bach, tête en haut
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laissant la direction de la Mekke derrière nous. Sur la route, le cheval de mon fils Aly Qouly ' mit le pied dans un trou creusé par un rat et s'abattit. Mon fils resta sous sa monture et reçut de violentes contusions aux reins, à la figure et aux pieds. Quand il revint de son évanouissement, il ne put remonter à cheval. Je fis, en conséquence, avancer le chameau qui portait la litière restée inoccupée , et je ïy fis installer après lui avoir fait prendre de la moumia dont je m'étais muni par précaution ^. Le soir nous campâmes et nous pûmes goûter le repos.
Les Turkomans Yomout.
Les Turkomans forment une population innombrable. C'est chose difficile que d'en faire le dénombrement. Ils ne possèdent, en effet, aucune ville et ils ne restent pas dans un lieu fixe où Ton puisse déterminer leur nombre. Ils sent dispersés
1. Aly Qouly Khan, Moukhbir oud Daoulèh, est aujourd'hui directeur général des lignes télégraphiques de Perse.
2. Le moumia ou moumiay est une substance bitumineuse à laquelle les Persans attribuent les propriétés les plus efficaces pour la guérison des plaies et des blessures.
tt Le véritable fameux moumiay persan, celui qu*on pourrait d'après les indigènes, o appeler miraculeux, ne se trouve qu'en quantités très-minimes, exsudant d'étroites a crevasses de montagnes près de Behbehan, de Nasgoun, de Tengui Toghâb, de Darab a et de Djaroun, localités de la province de Fars. Celui de Tengui Toghâb est le plus a estimé, i» — Schlimmer : Terminologie [médico-pharmaceutique et anthropologique française-persane. Téhéran, 1874, page 60.
Kœmpfer (Amœnitatum exoticarum , fasciculi K, Lemgoviœ, 17 12, pp. 5 1 6-522) a donné une longue description du moumia. « Il y en a deux mines ou sources (de mumie) en Perse, dit Chardin. L'une dans la Caramanie déserte, au pays de Sar, et c'est la meilleure ; car on assure que quelque moulu, brisé ou fracassé, qu'un corps humain puisse être, une demi dragme de cette mumie le rétablit en vingt-quatre heures, de quoi personne ne doute en Perse, sur l'expérience des cures merveilleuses qu'ils font tous les
jours avec cette précieuse drogue Les Persans disent que le prophète Daniel leur
a enseigné la préparation et l'usage de la mumie. n — Voyages du chevalier Chardin en Perse, etc., tome III, p. 3ii, édition de 181 1.
dans la vaste étendue du désert de la province du Gourgan et du Kharezm.
Les uns pensent que leur nombre s'élève à trente mille ; Testimation d'autres personnes est plus forte ou moindre.
On les trouve partout dans le désert, depuis Esterâbad jusqu'à Khiva. Les-Turkomans parcourent en vingt jours la distance qui sépare ces deux villes, en faisant chaque jour deux étapes. Il faut donc compter quarante journées de marche. Audelà d'Esterâbad se trouvent les Gouklan. Les Gouklan et les Yomout sont divisés par une profonde inimitié. Si je voulais donner les noms des subdivisions et des différentes branches de ces deux tribus, ces détails m'entraîneraient trop loin \
I, Je crois devoir suppléer ici au silence de Riza Qouly Khan et donner, d*après M. Melgunof, le nom des subdivisions des grandes tribus des Yomout et des Gouklan.
Outre les fractions des Yomout Djafer Bay et Ogourtch Aly, il faut signaler la branche des Yomout Yelqay qui comprend les Saqâr, 65 tentes; les Vekyly, igS tentes; les Qyr, 40 tentes; les Mirza Aly, 65 tentes; les Ourazly, 25 tentes, et les Ounlouk, 140 tentes.
Les Yomout Doudjy se subdivisent en Oudek,.i4o tentes; Sarydjèh Meyout, 70 tentes; Khivaqy, io5 tentes; Kurèh 100 tentes; Abdal Idjmek, 120 tentes; Baqat, 20 tentes; Qaradjèh Daghy^ 55o tentes.
Les Doudjy mènent la vie nomade dans les environs du bulouk de Katoul, sur les bords du Gourgan, dans la province d*Esterâbad.
On rencontre, en outre, des Yomout de la tribu de Daz dans les environs d*Aq Mesd • jed et dans le bulouk de Fakhr Imadouddin. Le nombre de leurs tentes s*élève à 65o. Les Yomout Badraq, sur les frontières du bulouk de Katoul, 3oo tentes; les Yomout Qan Jaqmaz à Bibi Chirvan, 200 tentes; les Yomout Eymcr, sur les frontières du bulouk de Fenderisk, 375 tentes; les Yomout Koutchek qui se subdivisent en Oustadjiq, 190 tentes; Khourthèh^ i85 tentes. Les Koutchek sont nomades et vivent entre Fenderisk et Qaratiken.
Les Yomout Salakh, 2 55 tentes; les Qaravièhprès de l'Etrek, au pied du Balkhan, 260 tentes; les Yomout Qoudjouq Tatar près de Bibi Chirvan, 489 tentes; les Yomout Ata, 90 tentes; les Yomout Makhdoum, 120 tentes.
Les tribus des Gouklan comptent aujourd'hui 255o tentes. Elles comprenaient autrefois douze mille familles, mais leur nombre a considérablement diminué à la suite des guerres qu'elles ont eu à soutenir contre Khiva et les Yomout, et surtout après l'expédition entreprise contre eux par Mohammed Chah en i836.
Les Gouklan nomades vivent dans le bulouk de Kouhsar dépendant de la province d'Esterâbad et sur les bords du Gourgan et du Guerm Roud.
Les Gouklan se divisent en deux grandes tribus : les Doudourqah et les Halqah Daghly.
Les Doudourqah comprennent les Qiriq qui se subdivisent en Koundlik, 100 tentes; Soufyan, 100 tentes; Koukdjèh, 100 tentes; Dehanèh, 100 tentes; Ichèkèh, 76 lentes.
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Chacune de ces tribus est indépendante sur son propre territoire. Elles ne se prêtent aucune aide entre elles : leur esprit d'indépendance est poussé si loin, que le plus infime chamelier n'obéit point aux ordres du Khan de sa tribu. Les Turkomans ont la plus grande ressemblance avec les Arabes du désert si ce n'est que la langue de ceux-ci est Tarabe, tandis que ceux-là ne parlent que le turk. Des auteurs prétendent que les Turkomans ne sont point d'origine turque ; qu'ils ont seulement avec les Turcs une certaine ressemblance, ainsi que l'indique leur nom \
Les Turkomans ne vivent que du fruit de leurs courses et de leurs rapines, de l'élève du chameau, du métier de chamelier de caravane ou du produit de leurs chameaux. Ils se nourrissent de la chair et du lait de ces animaux. Quelques-uns d'entre eux possèdent des moutons. Les femmes tissent des châles, des tapis, de la toile à ballots et des sacs. Ils sont Hanéfites, mais ils ne connaissent qu'imparfaitement les prescriptions de ce rite.
Le 12 de Redjeb (i3 mai). Nous partîmes de nuit de la
Ces tribus résident à Touest du Gourgan, dans les environs de Michk ou Anber. Les Gouklan Bayendir comprennent les Aq Qilidj Khany, i23 tentes^ et les Nefes Khany, 107 tentes. Ils campent dans les vallées du Gourgan.
Les Gouklan Yangaq comprennent les Kouty Medjmen, 1 16 tentes, et les Utth Qounly, qui vivent à l'ouest du Goumbedi Qabous et à Test de Keboud Djamèh. Ils possèdent 100 tentes.
Les Gouklan Kerkez sont fixés sur les bords du Gourgan. Le nombre de leurs tentes s*élèveà i3o.
Les Qouchtchy et Qarachour, iSq tentes; les Kharouchour, i56 tentes.
IL Les Gouklan Halqah dagly comprennent : les a Saqar Beikdily n sur les bords du Gourgan, de TEtrek et de Hayder âbad, 33o tentes; les a Arab », 3oo tentes; les Ay Dervich dans les vallées du Gourgan et les environs de Qara Cheikh^ 66 tentes. Les « Qarabalkhan » se subdivisent en Yokhary Bollou et vivent dans les vallées du Gourgan et aux environs de Qarenâbad : ils ont i63 tentes. Les Erkekly, à deux fersengs du Gourgan et dans les environs d' Aly Tchechmèh, possèdent 1 1 2 tentes.
Les Ghay se subdivisent en Tcmek, avec 56 tentes; en Dary, avec le même nombre de tentes, en Qarnas avec 47 tentes, et en Bouqidjèh qui possèdent 40 tentes, et sont axés dans les environs de Michk ou Anber et de Mourghzar.
I. Turkmen ou plutôt turkman, corruption de turkmanend signifie « qui ressemble aux Turks ».
Station appelée par les Turkomans In Tchekèh, et nous arrivâmes à midi à la rivière d'Etrek '. L'eau de cette grosse rivière est saumâtre et salée. Nous la traversâmes et nous prîmes notre repas sur l'autre rive. Les chefe turkomans qui nous avaient accompagnés et qui étaient au nombre de cinquante cavaliers, sollicitèrent une gratification. Nous distribuâmes aux notables des tribus de l'argent et des vêtements; puis, pour nous conformer à cette sentence : t Sépare-toi des Turks, quand bien même ton père serait Turk >, nous nous quittâmes des Turks de TEtrek ^ Nous leur dîmes adieu et nous les renvoyâmes à leurs résidences, à leurs tribus et à leurs campements
J'écrivis et j'expédiai une lettre au Beylerbey d'Esterâbad pour lui faire connaître notre arrivée sans accident sur les bords de TEtrek et pour le rassurer sur notre compte.
Nous remontâmes ensuite à cheval et, vers le coucher du soleil, nous atteignîmes une plaine unie où il n'y avait t ni Div, ni ange, ni bête sauvage, ni péri > . Les Turkomans donnent à cette plaine le nom de Kouh Ky. On ne voit, dans cet immense désert, ni végétation, ni arbres, ni pierres, ni aucun signe qui puisse servir de point de repère. Rien n'indique les distances. Nous voyagions le jour et la nuit.
Chaque localité est désignée sous un nom particulier. On trouve des puits d'eau douce connus des Turkomans. Si on voulait noter toutes les stations par lesquelles on passe, ce serait, en vérité, un travail difficile à faire.
Nous franchissions trois étapes toutes les vingt-quatre heures et nous mîmes vingt-deux jours pour atteindre Khiva. Nous eûmes à supporter, pendant ce voyage, les fatigues les plus pénibles.
f . L'Etrck prend sa source dans le Khorassan, dans les montagnes qui s'élèvent sur les confins de Nessa et de Baverd. Il traverse Khabouchan et le Dehistan et se jette dans la mer Caspienne. Son cours a une étendue de cent vingt fersengs. Ce fleuve est extrêmement profond et on ne peut jamais le traverser à gué. Ses rives sont presque toujours infestées par les brigands. Nou^het oui Qpuloub^ f» 455, v.
2. L*auteur joue ici sur le's mots Turk, Etrek et tarak : ce dernier mot signifie, en arabe, quitter, abandonner.
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Le i3 de Redjeb (14 mai). Nous partîmes deKouliKy et, le matin, nous arrivâmes à Alah ; nous ne nous y arrêtâmes pas. Nous mîmes pied à terre à Kessik Mînarèh ". On voit là un minaret dont le sommet est abattu. On nous montra, à notre gauche, les ruines d'une ville déserte appelée Mechhedi Misrian ^. Dans les alentours de ce minaret, on trouve une grande quantité de briques cuites. Ce fait nous fournit la preuve que cette localité avait été autrefois bien peuplée.
Le 14(15 mai). Nous voyageâmes toute la nuit, et le matin, nous atteignîmes un puits appelé Dach Verdy . Nous trouvâmes, à cette station, une trentaine de puits remplis d'une eau à peu près douce. Nous nous imaginâmes avoir rencontré le Kaoucer et le Selsebyl ^. Nous fîmes remplir nos outres grandes et petites, et, après les avoir fait charger sur les chameaux, nous nous remîmes en route.
Le i5 Redjeb (16 mai). Nous nous éloignâmes de ces puits, nous franchîmes quatre étapes, dans un désert sablonneux et imprégné de sel, et nous arrivâmes à la source d'Adoun âta.
Adoun âta était un cheikh turk, disciple de Zenguy âta qui lui-même avait eu pour directeur spirituel Hekim âta. Ces saints personnages jouissent, parmi les.Turks et les Turkomans, d une grande réputation. Leurs tombeaux, situés dans le désert du Kharezm, sont un but de pèlerinage, mais les Turkomans ne connaissent que leurs noms ; ils n'ont aucune notion de leurs actes ^. La fontaine a reçu le nom
I Le minaret brisé.
2. L'auteur à son retour visita hs ruines de cette ville. Le lecteur en trouvera la description dans la dernière partie de cette relation.
3. Le Kaoucer et le Selsebyl sont deux rivières qui coulent dans le paradis. Leur cours est d'un mois de marche; leurs eaux sont plus blanches et plus douces que le lait, et leur écume plus brillante que les étoiles.
4. Khodja Zenguy âta, un des saints les plus révérés du Turkestan, était le fils de Tadj âta, fils du cheikh Bab Arslan. 11 naquit à Châch. Il fut le disciple de son père ; puis, à la mort de celui-ci (SgS-iigS), il devint le disciple de Hekim âta dont il recueillit la succession spirituelle. Zenguy âta mourut en 656 (i258) et fut enterré à Châch. Hekim âta mourut en 582 (ii86). Son tombeau se trouve à Aq Qourghan. — Kha^inet oui Eçfia, Lahore, i283, pages 5 12, 5i3, 514.
d'Adoun âta à cause du tombeau de ce saint qui s'élève dans le voisinage.
A droite, on nous montra une montagne derrière laquelle est, nous dit-on, la ville de Bouzoundjerd '.
Le 1 6 et le 17 Redjeb (17-18 mai). Nous partîmes de la station d'Adoun âta, et après avoir franchi quatre étapes, nous arrivâmes à une source appelée Qara Eteklik. Quatre fersengs avant d arriver à cette station, nous vîmes un cours d'eau saumâtre. C'est là que commence le Kharezm.
Nous vîmes aussi une mare d'eau stagnante. Les Kharezmiens qui voyageaient avec nous, me dirent que le Djihoun traversait autrefois cette région. Les Mogols en détournèrent le cours et, les eaux arrêtées dans un sol déprimé et salin, sont devenues saumâtres. Nous passâmes à deux fersengs de cette mare, laissant le cours d'eau à notre gauche.
Nous atteignîmes la station de Qara Eteklik où se trouve une source abondante. Nous nous y reposâmes pendant quelque temps et nous en partîmes à trois heures de laprès-midi. Sur notre route , nous passâmes par un endroit où Mohammed Rehim Khan avait dû abandonner un canon pendant sa retraite après l'expédition qu'il avait entreprise contre le Gourgan et Esterâbad,
Le commandant de l'artillerie vint lui annoncer qu'un canon était démonté (Top Yaiiy). Le Khan donna en conséquence à cet endroit le nom de Top Yatty.
J'ai fait, dans l'histoire intitulée Fthrt's oui tewarikh, et qui sert d'appendice au Raouiet ous Sefa^ le récit de l'expédition de Mohammed Rehim Khan de Kharezm contre Esterâbad, du combat qu'il livra et de sa retraite ^
1. Bouzoundjerd est la capitale d'un district kurde du nord du Khorassan. Cette ville qui compte trois mille familles, est située dans une vallée parallèle à celle de TEtrek; elle est entourée de hautes murailles et séparée de Chirwan par une distance de sept fersengs. Fraser la visita en 1822. Cette ville est citée sous le nom de Boudjnourd dans le tt Mémoire sur la partie méridionale de PAsie centrale n, de M. de Khanikoft. Paris, 1862, in-4*, pages 28-38-44.
2. L'expédition de Mohammed Rehim Khan eut lieu en I233 (181 7). Ce prince, à
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Ata Niâz Mahrem expédia de cette station à Khiva un cavalier qu'il chargea de porter une dépêche annonçant mon arrivée et la sienne. Le Khan de Khiva avait déjà quitté sa capitale et le cavalier le rejoignit en route.
Le 19 et le 20 Redjeb (20-21 mai). Nous nous dirigeâmes vers la station de Bek Arslan, située sur une haute montagne. De là, nous gagnâmes Qouimet âta. Nous y trouvâmes une source d'eau douce et de Teau salée ; nous nous en félicitâmes mutuellement et nous réjouîmes d'avoir Tune et Tautre, et de pouvoir choisir.
Le 21 (22 mai). Nous arrivâmes à la station de Qiriman âta, dans une plaine aride. L'eau était salée, mais cavaliers et montures la burent comme de l'eau douce.
Le 22 (23 mai). Nous nous arrêtâmes à la station de Gouklan Qouyou où nous ne trouvâmes que de l'eau saumâtre.
Le 23 (24 mai). Nous fîmes quatre étapes et nous gravîmes la montagne de Qaplan Qiry. Elle a une grande hauteur et on la franchit en suivant un défilé. Nous fîmes halte au sommet pour faire passer les chameaux chargés et notre caravane. Nous arrivâmes à Tchirichly; Teau y était douce et nous en profitâmes pour faire la cuisine. Un des moutons que nous avions avec nous fut égorgé; il figura dans un repas copieux et animé auquel nous conviâmes quelques-uns de ceux qui nous accompagnaient ; les estomacs délabrés furent réconfortés, et tout le monde rassasié et tranquille goûta un sommeil bienfaisant.
Le 24 (25 mai). Nous aperçûmes quelques TurkomansYomout qui se rendaient d'un campement à un autre. Nous rendîmes grâces à Dieu qui nous faisait voir, sur notre route,
l'instigation des chefs des tribus kurdes du Khorassan révoltés contre Fcth Âly Chah, se dirigea sur Esterâbad à la tête de trente mille cavaliers soutenus par quelques pièces d'artillerie, sous prétexte de lever les impôts sur les tribus turkomanes de TEtrtk et du Gourgan. LeSerdar Zoulfeqar Khan marcha à sa rencontre, à la tête des milices de Damghan et de Semnan, et le mit en complète déroute à Pusserek où il s*éiait retranché. Le canon, qu'il abandonna près de Q.ara Eteklik, était le seul qu'il avait pu sauver dans son désastre. — Fihris out tewarikh, Téhéran, 1274 (1857), in-folio, tome IX, pages 21 5-2; 6.
d'autres créatures humaines que celles qui se trouvaient dans notre troupe. Il est clair^ nous disions-nous, qu'il y a ici des traces d'êtres vivants et qu'après avoir franchi cette plaine, nous devons arriver dans des régions cultivées et habitées. Le sol de cette plaine était imprégné de sel et couvert de khari choutour \ La vue de la verdure récréa agréablement nos yeux. L'eau y était saumâtre et en petite quantité. Le nom de cette localité est Ghanghèh Tchachkin ^
Le 25 (26 mai). Après avoir traversé une plaine aride et sablonneuse et nous nous arrêtâmes à un endroit appelé Chah Sanem ^ où se trouvait jadis une ville fortifiée importante. Nous nous étonnâmes de voir ce nom pompeux donné à une localité envahie par les sables et nous trouvâmes que cette dénomination n'était point justifiée. L'eau y était plus amère que le suc de la coloquinte.
Le 26 (27 mai). Nous traversâmes une plaine salée et nous gravîmes une montagne calcaire, remarquable par sa blancheur. Nous montâmes d'un sol déprimé sur un terrain plus élevé. On nous assura que de cette plaine partait une route conduisant
1. Le khari choutour (épine de chameau) est la même plante que Talhagi qui croît dans tous les bas terrains arides de la Perse; cette plante fournit la manne dans certaines contrées, telles que le Khorassan, Tebriz, Thebbes, Zerend et Bender Abou Cheher; là où Talhagi ne fournit aucun produit sucré, il sert de pâture aux chameaux, d*où son nom de khari choutour. Schlimmer, Terminologie^ etc., page 357.
2. Cest à Ghanghèh Tchachkin que se livra la bataille dans laquelle Iltouzer Khan défit les Turkomans Yomout.