‹ Relation de l'ambassade au Kharezm (Khiva) de Riza Qouly KhanChapitre 17 sur 38 · XXXVII-XL · texte numérisé non relu

XXXVII-XL

DE l'ambassade AU KHAREZM l3g

pour donner à ceux de nos compagnons de route qui étaient restés en arrière le temps de nous rejoindre.

Le 23 (9 novembre). Nous prîmes la résolution d aller visiter Kohnèh Ourguendj et ses anciens monuments et d'aller en pèlerinage au tombeau du pôle des initiés, le Cheikh Aboul Djennab, Thammet el Koubra, Nedjm oud Din Ahmed ben Amr de Khiva, qui est un des Cheikhs les plus célèbres.

Le Qadi AbdouUah de Khoqand avec lequel j'étais lié depuis longtemps et qui exerçait à Ourguendj les fonctions d'Imam m'accompagna ainsi que Mohammed Cherif Bay. Nous nous rendîmes au tombeau du Cheikh Nedjm oud Din Koubra où nous récitâmes le Fatihèh. Nous y méditâmes sur les révolutions du temps et sur les changements qu'apporte la succession des jours et des nuits.

Les bouleversements, les guerres se présentèrent à notre esprit et nous récitâmes ce vers de Khaqâny, stupéfaits de voir qu'il ne restait aucun souvenir de Djenguiz Khan, aucun vestige du Sultan Mohammed Kharezm Chah.

Vers. — « Tu me demandes où sont allés ces potentats ? Les voici, leur corps est rentré dans le ventre de la terre qui les portera éternellement. »

Récil succinct des événements lamentables du règfie de Sultan

Mohammed Kharezm Chah.

Qouthb oud Din Mohammed fils de Tekich Khan , était le septième prince de la dynastie des Sultans Kharezmiens. Sa puissance et sa magnificence lui avaient fait donner le surnom de second Alexandre; on lui écrivait en lui donnant le titre de < Tombre de Dieu sur la terre. » Il secoua Tautorité du Khalife

de Bagdad Nacir et les ulémas de Tépoque rendirent un fetva déclarant que les Abbassides s'étaient emparés violemment et abusivement du khalifat qui, en droit, appartient aux enfants du lion de Dieu toujours victorieux, Aly fils d'Abou Thalib. Le sultan Mohammed fit supprimer le nom du Khalife sur la monnaie et dans la récitation du Khoutbèh. Son pouvoir s'étendait depuis le Touran jusqu'à la province de Fars et il avait une armée de trois à quatre cent mille cavaliers. Enfin, ainsi que le fait est consigné dans l'histoire, la poussière de la discorde s'éleva jusqu'au ciel entre lui et Djenguiz Khan. Bien qu'il eût quatre cent mille soldats bien armés, il prit la fuite devant Tarmée de Djenguiz et il répandit la poussière de l'opprobre sur la tête des Persans. Il envoya sa mère Turkan Khatoun dans le Mazenderan.

Djebèh Nouyan et Soundan Behadir passèrent le Djihoun, à la tête de trente mille cavaliers. Le Sultan, l'esprit bouleversé, s'enfuit de ville en ville et s'arrêta enfin à Esterâbad. 11 se réfugia ensuite dans l'île d'Abiskoun située non loin du bord de la mer Caspienne. Il y mourut Pan 592 (i 194) et on Tenterra revêtu de ses habits. Les Mogols massacrèrent tous les habitants de Samarqand, de Hérat, de Kharezm et de Rey, et ils détruisirent ces villes. En somme, le Kharezm fut englouti dans cette catastrophe. Le Cheikh Nedjm oud Din Koubra y cueillit la palme du martyre '•

I. Les chroniques orientales abondent en détails sur Tinvasion du Kharezm et sur la prise de sa capitale. Cf. V Histoire du Sultan Djelal oud Din Mangouberty par ChehaboudDin Mohammed Nessawy, le DJihan Koucha de AlaoudDîn Mohammed Djouweïny, IcDjami oui tewarikh de Rechid oud Din, elle Kami! fit Tarikh d'Ibn cl Athir. M. Mouradja d*Ohsson a condensé les récits de ces historiens dans son Histoire des Mongols, Amsterdam, 1862, tome î, pages lyS-ziô.

Récit abrégé de la vie et du martyre de Nedjm oud

Din Koubra.

Ce cheikh était originaire de Khiva. Pendant sa jeunesse, rétendue de sa science le portait à provoquer des discussions de controverse théologique d'où il sortait toujours vainqueur, ce qui lui fit donner le surnom de Thammet el Koubra (le jugement dernier); on supprima Thammet et il ne lui resta que le surnom de Koubra. On l'appelle aussi plus fréquemment Aboul Djennab, parce qu'il avait renoncé au monde. On dit que le Prophète lui apparut en songe et lui donna ce nom. Ce fait est rapporté par Yafey dans sa chronique ' et par Abdour Rahman Djamy dans le recueil des biographies des saints personnages intitulé : Nefehat. J'ai dit dans mon < Hidayet Namèh: (Le livre de la bonne direction).

Distique. — « Une nuit, Nedjm oud Din vit en songe le prophète Mohammed l'Élu; il reçut de lui le surnom d'Aboul Djennab. »

Le cheikh quitta sa ville natale et fit de nombreux voyages. Il entra en relations avec les cheikhs ses contemporains, tels que : Aboul Farad j Medjzoub, le cheikh Ismayl Qasry, le eheikh Ammar lasir Bedlissy et Rouzbehan Misry ^ Après avoir acquis la connaissance complète des doctrines du mysticisme, il retourna dans le Kharezm. Douze de ses disciples sont parvenus au degré de M^rcAiV/ (directeur spirituel). Ce sont le

1. Yafey donne, dans sa chronique sub anno 618, une courte biographie du Cheikh Nedjm oud Din. Djamy n'a fait que traduire en persan le récit fait par Yafey de la mort du Cheikh.

2. Tous ces personnages étaient les disciples du cheikh Chehab oud Din Aboul Nedjib Abdoul Qahir Souherverdy. Djamy a consacré à chacun d'eux une notice dans son Nefehat oui ouns, édition de Calcutta, pages 478-480. Chehab oud Din est le fondateur de Tordre religieux des Souherverdys.

cheikh Nedjm oud Din Razy connu sous le nom de Dayèh, le cheikh Nedjm oud Din Bakherzy, le cheikh Saad oud Dia Hamawy, le cheikh Rezy oud Din Aly Lalay, natif de Ghaznah et cousin de Hekim Senay ', Baba Kemal Djendy, Djemal oud Din Souheyl du Guilan, Nour oud Din Abdour Rahmaa Esferayny, le cheikh Ahmed Djouzqany, Mewiana Beha oud Din Mohammed, père de Mewiana Djeial oud Din Mohammed Balky, auteur du Mesnevy ^.

Le récit des actes de chacun de ces personnages est consigné dans les annales de la communauté religieuse à laquelle ils appartenaient. Pour moi, je n'ai d'autre dessein que de rapporter les circonstances du martyre du cheikh Nedjm oud Din Koubra.

Lorsque, par ordre du Sultan Mohammed Kharezm Chah, Mejd oud Din Baghdady fut jeté dans le Djihoun, le cheikh Nedjm oud Din appela sur le Sultan la malédiction divine. L'armée des Tatars envahit peu de temps après le Kharezm, tuant et pillant tout sur son passage. Six cents hommes se dirigèrent à Gourgandj sur le couvent du cheikh et lassaillirent. Le cheikh prit les armes pour la cause sainte, fut tué, et acquit ainsi la félicité du martyre. Cet événement eut lieu Tan 617 (1220) ^. Le

1. Senay naquit à Ghaznah dans les dernières années du règne de Sultan Mahmoud. 11 commença à se faire connaître sous le règne du Sultan Ibrahim fils de MessouH. U eut pour maître dans le mysticisme le cheikh Abou Youssouf Yaqoub Hemdany. Il jouit de la plus grande faveur auprès du sultan Behram Chah qui voulut lui faire épouser sa sœur; mais Senay ne voulut jamais consentir à cette union. Il mourut en 576 (1180).

Son divan contient trente mille distiques. Il a composé, en outre, six Mesnevys dont les vers ont tous la même mesure. Ce sont : i" Hadiqat oui Haqiqah (Le jardin de la vérité); 2" Se'ir oui ibad ilal miad (La marche des serviteurs de Dieu vers la vie fit* ture); 3» Kar Namèhi Balkh (Le récit de ce qui s*est passé à Balkh); 4» Tltariq oui Tahqiq (La voie à suivre pour arriver à la connaissance de la vérité); 5* Ichq Namèh (Le livre de rameur); 6* Aql Namèh (Le livre de Tinielligence). II a également mis en vers les aventures de Bèhrouz et de Behram. Medjma oui fousseha, page 254.

2. Mewiana Mohammed Djeial oud Din, surnommé Molla Uunkiar, mourut à Qonièh en 672 (1273). II est le fondateur de Tordre des Mevlevys.

3. Je crois devoir ir>sérer ici le récit de la mort de Nedjm oud Din tel qu'il est donné par Djamy :

u Lorsque les intidclcs Tatars envahirent le Kharezm, le cheikh rassembla ses com-

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cheikh est auteur de nssalèh (opuscules) remplis de préceptes utiles '. Il a composé^ en outre, de nombreux quatrains. Ceux que Ton va lire sont dus à sa plume.

Quatrain. — « Puisque, de tout ce qui n'existe pas matériellement, nous n'avons entre les mains que du vent, puisque tout ce qui existe n'est que néant et fragilité, suppose que tout ce qui n'existe pas dans ce monde existe et que tout ce qui s'y voit est illusoire. i»

Quatrain. — « Il faut, pour s'engager dans la voie de Dieu, trouver quelqu'un qui soit déjà arrivé au but et qui se soit com-

pagnons qui étaient au nombre de plus de soixante. Sultan Mohammed Kharezm Chah s*était enfui ; mais les Tatars supposaient qu*il éiait encore dans le Kharezm. Nedjm oud Din appela donc quelques-uns de ses compagnons comme le cheikh Saad oud Din Hamawy, Rezy oud Din Aly Lalay et quelques autres, et leur dit : a Partez vite et allez dans votre patrie. 11 s*est élevé à TOrient un feu qui brûlera tout jusqu'à TGccident. C'est pour ce peuple une immense calamité qui n'a point eu sa pareille. » Quelquesuns de ses compagnons lui dirent : « Que la sainteté du cheikh élève vers Dieu un vœu, et ce malheur sera peut-être alors détourné des pays de Tlslamisme! » — a Non, répondit-il, c*est une destinée inévitable! Des vœux ne sauraient nous y soustraire, n Ses compagnons lui dirent alors : a Des montures sont préparées; si le cheikh veut bien se joindre à nous, nous raccompagnerons et nous gagnerons le Khorassan. Ce projet ne semble pas difficile à réaliser, n — « Je dois subir ici le martyre, répondit-il, et je n'ai pas la permission de m*éloigner. » Ses compagnons se mirent en route pour le Khorassan. Lorsque les infidèles entrèrent dans la ville, le cheikh réunit ceux de ses disciples qui étaient restés auprès de lui, et il leur dit : « Debout, au nom de Dieu! Nous allons combattre dans la voie de Dieu! » 11 entra dans sa maison, se revêtit de son froc, se ceignit les reins et remplit de pierres les deux côtés de sa robe qui était ouverte sur la poitrine. Il sortit, tenant une lance à la main. Lorsqu'il se trouva en face des infidèles, il leur jeta les pierres qu'il portait, jusqu'à ce qu'il ne lui en resta plus une seule. Les infidèles firent pleuvoir sur lui une grêle de flèches : une d'elles atteignit sa poitrine bénie; il l'arracha et la jeta loin de lui. 11 recula alors et, au moment de mourir, il saisit la mèche de cheveux d'un infidèle avec tant de force, qu'il fut impossible de faire lâcher prise à sa main et que l'on fut obligé de couper la touffe de cheveux. »

Le cheikh mourut de la mort des martyrs dans le courant de Fan née 6i8 (1221).

Nedjm oud Din est le fondateur et le patron de l'ordre des derviches Koubrawy§.

I. Le plus célèbre de ces opuscules (Rissalèh) traite de matières théologiques et porte le titre de « Rissalet oui hdym il khayfmin loumet il lalym^ » (Opuscule de celui qui est en proie à l'étonnement et qui craint les reproches de la critique.)

Qazwiny trouvait cet ouvrage si remarquable qu'il dit que le texte devrait être copié en lettres d'or. {Açar oui bilad, édition de M. Wustenfeld, GÔttingen, 1848, page 333.)

plètement retiré du monde. Fortifie ta vue, car tout, dans l'univers, représente Dieu et sa toute-puissance. »

Quatrain. — « Lorsque l'amour pénètre dans le cœur, le cœur en ressent une vive douleur. Cette douleur rend Thomme fort. L'homme (voué à Dieu) est dévoré par le feu de son amour, mais il adoucit pour les autres Tardeur des flammes de l'enfer. (Il obtient de Dieu le pardon des fautes des pécheurs.) î»

Quatrain. — « Si j'imprime sur un pain le tableau de mes actes de piété ; si je place ce pain sur une table devant un chien rongé par la faim et qui est resté pendant toute une année enfermé dans un grenier, la répugnance (que lui inspireront mes fautes et le peu de valeur de ma dévotion) l'empêchera d'y mettre les dents. »

Quand nous eûmes terminé notre visite pieuse au tombeau du cheikh, le gardien du mausolée nous fit savoir que la tombe du cheikh Medj oud Din Baghdady ' se trouvait aussi dans les environs. Je m'y rendis et j'y récitai le Fatihèh. Cependant, d'après mon opinion, le tombeau de ce Cheikh ne doit point se trouver en cet endroit, parce qu'il fut précipité dans le Djihoun, et, si son cadavre a été retiré de l'eau, il est probable qu'il a été enterré sur les bords du fleuve. On lit dans le Nefehat que, dans l'année 607 (12 10), ou, suivant une autre

I. Abou Sayd MeJj oud Din Cheref Ibn Moueyyed était le fils d*un médecin que le Khalife de Bagdad avait envoyé à Sultan Mohammed Kharezm Chah sur sa demande. II exerça lui-même la médecine. Lorsqu'il eut embrassé la vie religieuse, il reçut souvent la visite de la mère du Sultan qui se plaisait à entendre ses prédications. Des envieux persuadèrent à Sultan Mohammed que sa mère avait épousé ce cheikh. Ce prince ordonna, dans un moment d*ivresse, de le précipiter dans le Djihoun. Les biographes orientaux prétendent qu*en apprenant ce crime, le cheikh Nedjm oud Din Koubra aurait prédit la chute de Mohammed Kharezm Chah et les calamités que devait causer dans son royaume Tinvasion des Mogols. Nefehat^ édition de Calcutta, pages 487-49^-

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version, en Pan 6i6 (12 19), Medjd oud Din reçut la palme du martyre. Sa femme qui était originaire de Nichabour fit porter son corps dans cette ville. On le transporta ensuite à Esferayn en 833 (1429) '. Medjd oud Din a composé des quatrains pleins de charme :

Quatrain. — « Demain, lorsqu'arrivera le terme de ce monde, de droite et de gauche, les têtes surgiront de la terre. Mon pauvre corps, martyr et baignant dans le sang, se lèvera de la terre sur laquelle est bâtie ta demeure. i>

Quatrain, — « Le limon qui a servi à former Thomme a été pétri avec la rosée de l'amour ; la création de Thomme a rempli le monde de troubles et de discordes. On a donné un coup de lancette sur la veine de Tâme, et elle a laissé échapper une goutte de sang qui a reçu le nom de cœur. »

Quatrain. — « Je plongerai dans l'Océan; ou je périrai, ou je rapporterai une perle. Je tenterai une œuvre pleine de dangers, mais j'aurai le visage ou le cou rouge. (Je recueillerai de rhonneur ou je mourrai à la peine). »

De là, nous allâmes voir un autre tombeau, celui de Khadjèh Aly Rametiny, surnommé Khadjèhi A^i^an (le maître des chers amis, des derviches). Ce personnage était originaire du village de Rametin^ qui relève de Boukhara; il fut un des disciples

1. On voulut déposer ses restes à côte de ceux de Saad oud Din Hamawy, d*Aly Lalay et d'Abd our Rahman Esfcrayny qui avaient été ses compagnons. (Heft Iqîym, fol. 298 r.)

2. tt Rametin, village bien fortifié, possède une vaste citadelle, et son ancienneté remonte plus haut que celle de Boukhara. Le nom de cette localité se trouve cité dans quelques-uns des ouvrages qui traitent de l'histoire de cette ville. Rametin était, dans Tantiquité, la résidence des rois : lorsque Boukhara fut élevée au rang de capitale, les princes passaient Thiver à Rametin, et cet usage' s'est conservé pendant Tlslamisme. Quand Abou Mouslim, que Dieu lui fasse miséricorde! vint à Boukhara, il s'établit dans ce village et il y séjourna.

Rametin a été fondée par Afrassiab qui, lorsqu'il venait dans la contrée, ne résidait

de Khadjèh Mahmoud Faghnèwy ' et il était membre de la secte des Naqchbendy. De Boukhara^ il se rendit dans le Kharêzm et il s'y fixa. Le grand nombre de ses disciples donna de l'ombrage au Sultan Mohammed Kharezm Chah. On prétend que ce saint personnage avait, dans sa jeunesse, exercé le métier de tisserand. Djelal oud Din, auteur du Mesnewy, a dit pour le caractériser :

Distique. — « Si la morale, dans sa pureté, n était pas supérieure à la science des choses terrestres, comment les notables de Boukhara auraient-ils rendu hommage au maître qui fut tisserand ? »

Ces deux distiques sont également attribués à Khadjèhi Azizan :

Quatrain, - « Le sentiment est un oiseau enfermé dans la cage du cœur : prends-en bien soin , car Toiseau est beau et son chant est mélodieux. Ne romps pas le lien qui attache sa patte, de peur qu'il ne s'envole, car, une fois échappé, tu ne pourras le rattraper. »

point ailleurs. On lit dans les livres des Parsis que ce roi vécut mille ans et qu*il était adonné à la magie. Il tua son gendre Siavech^ dont le fils KeyKhosrau envahit le pays à la téted*une nombreuse armée, pour tirer vengeance du meurtre de son père. Afrassiab fortifia Rametin qui, pendant deux uns, soutint les attaques de Tarmée de Key Khosrau. Key Khosrau bâtit en face de Rametin un village qui reçut, à cause de Tagrément de sa situation, le nom de Ramich (lieu de repos). Ramich est encore aujourd'hui dans un état florissant. Key Khosrau fit construire un pyrée à Rametin et les Mough (Ma|$es) assurent qu'il est plus ancien que tous ceux de Boukhara.

Après deux années de guerre, Key Khosrau s'empara d'Afrassiab et le mit à mort. Le tombeau d'Afrassiab se trouve à Boukhara à Dervazèhi Ma'bed (la porte de Toratoire), sur la grande colline d'Abou Hafs Kebir. Les habitants de Boukhara ont composé sur la moï-t de Siavech de curieuses complaintes qui sont appelées par les chanteurs de profession Kini Siavech (la vengeance de Siavech). Mohammed, fils de Djafer, dit que ces événements se sont passés il y a trois mille ans. Dieu connaît mieux toutes choses.»— TVtriArA- Boukhara d*Abou Bekr Mohammed Nerchakhy, traduite en persan par Mohammed Ibn Zefer. Ms. de mon cabinet, fol. 1 5 .

I. Khadjèh Mahmoud Faghnèwy avait recueilli la succession spirituelle et la direction de l'ordre des Naqchbendy, de Khadjèh Arif Riveguirewy, qui était lui-même le disciple de Khadjèh Abdoul Khaliq Ghoundjouwany.

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Quatrain, — < Prends garde! éloigne-toi de toute personne dont la fréquentation ne donne point le calme à ton esprit, et dont la société ne procure point le repos à ton être, sinon les âmes de ton père et de ta mère ne te reconnaîtront point comme leur fils légitime ' . »

Quatrain. — e Lorsque la mention de Tunité de Dieu pénètre ton cœur, elle lui cause une vive douleur. Cest cependant cette mention qui donne à Thomme la force et le courage.

€ Bien qu'elle ait la vertu du feu pour brûler ton cœur, elle refroidira cependant pour lui les deux mondes. (Elle te détachera des biens de la terre et te préservera des flammes de Tenfer.) »

On nous montra ensuite un autre tombeau qu'on nous dit être celui de Fakhri Razy ^

Fakhr oud Din Abou Abdillah Mohammed Ibn Hassan el

Qourachy et Temimy el Bekry.

Fakhr oud Din était, de son temps, Tun des personnages les plus avancés dans la dévotion et dans Tétude de la philosophie. 11 naquit Tan 544 (1149) ^^ mourut en 606 (121 1). Son tombeau est à Kohnèh Ourguendj.

1. On peut traduire également ainsi le dernier membre de phrase : a Sinon les âmes des chers amis (des derviches) ne te reconnaîtront pas comme un compagnon digne d'eux.

2. L'Imam Fakhr oud Din Razy, surnommé Khatyb our Rey (le prédicateur de Rey), l'un des plus illustres docteurs de la secte chafelte^ appartenait à une famille du Thabarestan. Il naquit à Bey en b^'i (1148). 11 jouit de la faveur du Sultan Ghouride Ghias oud Din Mohammed qui fit construire pour lui un medressèh à Hérât. Il dut quitter cette ville à la suite de ses discussions avec le Qadi Abdoul Medjid, pour lequel le peuple avait pris parti. Il fut plus tard rappelé à Hérât et il y mourut en 606 (iiii)*

Fakhr oud Din Razy est l'auteur de plusieurs traités sur des matières philosophiques

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Il a composé de nombreux ouvrages qui jouissent d'une grande célébrité; il se livrait quelquefois à la poésie persane et il a composé des quatrains.

Je citerai ceux-ci :

Quatrain. — « Jamais mon cœur n'a cessé de s'occuper de la science ; if y a peu de mystères dont je n ai pénétré le secret.

« Pendant soixante et douze ans, j'ai travaillé nuit et jour^ et je suis arrivé à savoir que je ne savais rien. »

Quatrain. — « Je quitterai cette terre, je le crains^ sans en avoir rien vu ; je rendrai Tâme sans avoir rien aperçu du monde caché. Quand, abandonnant le monde terrestre, j'irai dans la sphère des esprits, je n'aurai rien vu du monde spirituel dans le monde matériel. »

Quelques personnes assurent que ce tombeau n'est point celui de Fakhr oud Din Razy ^ On nous montra aussi le mausolée d'Ibn Hadjib ^; mais nous n'eûmes pas le désir de le visiter.

Tous les environs (de la ville actuelle) sont couverts des ruines d'un grand nombre de superbes édifices. Il existe un minaret dont la hauteur est de soixante coudées et la circonférence de quarante. On dit que les Mogols l'aperçurent de la distance de deux ou trois journées de marche, quand ils ravagèrent le Kharezm et Gourgandj. Au bout de deux ou trois jours, ils arrivèrent au pied de ce monument. Furieux de voir

et religieuses; mais le plus important de ses ouvrages est un commentaire du Qoran intitulé Mefatih oui ghàib (Les clefs de ce qui est caché) qui a été imprimé au Caire (i 289-1871) en huit volumes petit in-folio. — La biographie de Fakhr oud Din Razy a été écrite par Ibn Khallikan; elle se trouve dans le toms I" (pages 676-678) de l'édition de Boulaq, 1275 (1873), et dans le -tome il, page 652 de la traduction de M. de Slane.

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