Le tombeau de Fakhr oud Din est à Hérât
2. Djemal oud Din Abou Amr Osman Ibn Omar bin Abi Bekr bin Younis, plus connu sous le nom d*Ibn Hadjib (le fils du chambellan), est l'auteur du Kafièh fil Nahw, du Chafièh et de VAlamy^ traités de grammaire, de syntaxe et de rhétorique. Ibn Hadjib naquit à Alexandrie et il mourut dans celte ville en 646 (1248). Son tombeau ne saurait donc se trouver à Kohnèh Ourgucndj,
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leurs chevaux épuisés de fatigue, ils détruisiren le minaret dont il reste cependant les débris que nous vîmes. Il y a, en outre, plusieurs autres tombeaux dont l'un est appelé le tombeau de Cheikh Cheref, et dont l'autre porte le nom de Qara Qapy (la porte noire).
Parmi les ruines^ nous remarquâmes un édifice surmonté d'une coupole recouverte de plaques de faïence. Il est remarquable par sa solidité, son élévation et la pureté des lignes. On nous dit que c'était le mausolée de Tourèh Bay Khanum^ fille de Qputlouq Sultan '.
Kohnèh Ourguendj se relève par les soins de Mohamfned Emin Khan, souverain du Kharezm, et il est à supposer que sa prospérité ira toujours en augmentant. Nous vîmes^ dans cette ville^ quelques cavaliers Qazaq et Qara Qalpaq qui attirèrent notre attention par l'étrangeté de leurs costumes, et la forme singulière de leurs bonnets.
Gourgandj portait autrefois le nom de Djourdjanièh. Elle est située par i35** de longitude et 42° de latitude ^. 11 y a, dans les environs, un grand nombre de villages et de localités dont il est fait mention dans Thistoire, ou qui n'ont aucune notoriété.
Kat est une ville du Kharezm qui était comptée parmi les cinq places fortes de cette province. Jadis, elle a joui d'une grande prospérité, mais, aujourd'hui, elle n'a qu'une importance médiocre.
Elle est la patrie de Mehter Yaqoub, fils de Mehter Youssouf qui fut ministre des Khans de Khiva. Le gouvernement
1. Fakhr oud Din Qoutlouq Inandj qui défît et tua Sultan Toghroul,dans la bataille livrée par les troupes de Tékich Kharezm Chah à ce prince, près de Rey, en 583 (ii 87).
2. Gourgandj ou, selon la forme arabe, Djourdjanièh était, avant l'invasion des Mogols. la capitale du Kharezm. Elle porta autrefois les noms de Fil, de Kharezm et de Mançourah. Mançourah était originairement bâtie sur la rive orientale du Djihoun. Elle fut détruite par les inondations de ce fleuve. Gourgandj était une petite ville qui s'élevait en face de Mançourah sur la rive occidentale. Les habitants de Mançourah s'y transportèrent, y construisirent des maisons et s'y fixèrent.
Mançourah disparut si complètement qu'il n'en resta plus de trace. Yaqout visita Gourgandj en 616 (12 19) avant sa destruction par les Mogols, et il déclare n'avoir pas vu de cité plus grande, plus riche et plus policée. Moudjcm oui DouUan, tome IV, page 54.
de ce district est confié à ses parents. Mohammed Rehim Khan a construit à Kât quelques édifices publics. Celte ville appartient au cinquième climat^ et elle est placée sous Tinfluence de la troisième planète (Vénus) '.
Zamakhchar , village défendu par un château-fort, jouit depuis les temps les plus reculés d'une grande aisance. Le savant Zamakhchary y a reçu le jour *.
QoNGHOURAT, Ville et place forte du Kharezm, est la résidence du clan des Qonghourat, branche de la tribu des Uzbeks.
1. Kât, située par 94* de longitude et 41" 3o' de latitude, était autrefois la capiulc du Kharezm. Elle était, primitivement, bâtie sur la rive orientale du Djihoun; mais un débordement de ce fleuve la renversa et les habitants la reconstruisirent sur une éminence. Elle possédait autrefois une citadelle et une grande mosquée. Le palais des Kharezm Chah s*élevait à côté de cette mosquée. Un petit canal nommé Djerdour traverse la ville et se jette dans le Djihoun ; le marché s*étend sur ses deux rives. En dehors de Kât, il n'y a, sur la rive orientale du Djihoun, ni village ni bourg. Qawwam oud Din, jurisconsulte du rite Hanéfite et auteur du Miradj oud Diraièh ^ Houssam oud Din, auteur d'un commentaire sur Tlsagoge , Nâcir oud Din Nouh Ârrezy, auteur du Moghrib, Khadjèh Aboul Véfa, Pehiivan Mahmoud, fils de Pour Bay, Mewlana Kemal oud Din Housseîn et d'autres personnages ont reçu le jour à Kât.
Djihan Numa, pages 335-336.
Selon Yaqout (Moudjem oui Bouldan, tome IV, page 222), le mot Katou Kath désigne, dans le dialecte du Kharezm, une muraille élevée dans le désert et qui n*entoure aucune construction. Il est probable qu'il se trouvait anciennement dans cet endroit une muraille pareille à celles de Q.izil Alan dans le Gourgan, de Bab oui Ebouab dans le Chirvan, et qui était destinée à protéger le pays contre les incursions des tribus du nord.
Il existait au xiii* siècle, avant Tinvasion des Mogols, un petit village situé près de Gourgandj et qui portait le nom de Nouz Kât (la nouvelle Kât).
2. Aboul Qassim Mahmoud Ibn Omar, surnommé Djar ou]lah(le voisin de Dieu), à cause de son long séjour à la Mekke, est Tautcur de nombreux traités ayant pour objet la grammaire, la philologie, la lexicographie, la rhétorique et la jurisprudence. Il a composé quelques poésies et il en dédia le recueil au Chérif Aboul Hassan Aly Ibn Hamzèh bin Wehhas, Emir de la Mekke. Les plus connus de ses ouvrages sont le recueil d'anecdotes qui porte le nom de a Rebi oui ebrar ouè noussous oui akkyar » (le printemps des justes et les manifestations des hommes vertueux), un traité géographique disposé alphabétiquement (Le livt*e des localités, des montagnes et des eaux) et son commentaire du Qpran a El Kechchaffi haqaiq il Tenait » (le livre qui dévoile les vérités de la révélation divine) Le Kechchaf a été imprimé au Caire en 1281 (2 volumes in-folio). Zamakhchary naquit en 467 (1074), ^^ mourut à Gourgandj, à son retour du pèlerinage de la Mekke en 538 (i 143). — Cf. Pour la biographie et les ouvrages de Zamakhchary, Ibn Khallikan a Vie des hommes illustres », Boulaq, 1275 (i838), tome 1, pages 12 1-123, et la traduction de M. de Slane, tome III^ page 32 1 et suivantes.
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Les Khans de Khiva appartiennent à ce clan. Les Qyat habitent aussi Qonghourat.
QiPTCHAQ^ QoNQALY, Manqit et Khitay sont quatre villages protégés chacun par un château-fort ; ils doivent leur nom à des fractions de la tribu des Uzbeks. L'Emir de Boukhara Nasr oullah Khan appartient à la tribu des Manqit, le Khan de Khiva à celle des Qonghourat : ces deux tribus sont Uzbeks d'origine.
Hekim Ata est une localité située sur le bord du Djihoun. Hekim Ata, qui y est enterré, était Tun des cheikhs Turks de l'ordre des Naqchbendy '.
Le Kharezm s'étend le long du Djihoun et la plupart des villages sont situés sur ses bords. Ils sont séparés de ce fleuve par une distance de trois ou quatre fersengs , et quelquefois davantage.
Hekim Ata est à la limite extrême de la partie cultivée du Kharezm. Quand on dépasse cette localité, on arrive au pays occupé par les Qazaq et les Qara Qalpaq, soumis au Khan de Khiva. La contrée où ils résident est bornée d'un côté par le Djihoun, de l'autre par le Sihoun; elle est aride et son étendue est de vingt journées de marche.
Le Djihoun se jette dans la mer du Kharezm.
Entre la mer du Kharezm et la mer de Russie s'étend, sur une longueur Aq vingt journées de marche, une chaîne de montagnes qu'il faut parcourir tout entière, pour arriver à la mer Caspienne. Les Russes ont débarqué, delà mer de Russie, avec un approvisionnement de poutres et de pièces de bois, qu'ils ont transportées sur le bord de la mer d'Aral. Ils ont construit un navire qu'ils y ont lancé. Us ont également bâti, sur le ri-
I. Ce village doit son nom au voisinage du tombeau de Hekim Ata enterré à AqQourghan. Ce saint personnage recueillit la succession spirituelle de Khodja Ahmed Yessevy t dirigea pendant vingt ans Tordre des Naqchbendy. Il mourut en Tannée 582 (i i83). Kha\inet oui Eç/ya, page 5io.
Nous possédons, sous le titre de a Hekim Ata hikayety », un recueil d*anecdotes relatives à ce personnage et écrites en turc oriental. La rédaction en est ancienne, et cet opuscule vient d'être publié à Cazan par les soins de M. Goitwaldt.
\D2 UKLATION
vage^ un fort dans lequel ils ont mis une garnison de deux cents hommes.
Amouy ou Amouyèh est le nom d'une ville qui se trouvait sur le bord du Djihoun. Elle a donné son nom à ce fleuve ^
Lé Djihoun, que Ton appelle aussi Abi Amouy, est un fleuve qui coule entre Tlran et le Touran. Il prend sa source dans les environs de Badakhchan, reçoit beaucoup d'aflluents, passe auprès d'un grand nombre de villes et arrive au Kharezm pour se jeter dans la mer d'Aral. On met six jours pour arriver du Kharezm à l'embouchure du Djihoun. Pendant l'hiver, le fleuve gèle et la glace est d'une telle épaisseur qu'elle permet le passage des caravanes : Teau suit son cours sous la glace.
On dit que la mer d'Aral s'écoule (par une voie souterraine) dans la mer d'Abiskoun, c'est-à-dire dans la partie de la mer Caspienne qui avoisine le Mazanderan et Esterâbad. Ces deux mers sont séparées par une distance de soixante fersengs.
Dans la mer d'Abiskoun se trouve un gouffre, d'où l'eau s'échappe en jaillissant avec force et en bouillonnant. Les marins évitent de conduire dans ses environs leurs navires qui seraient submergés.
Le lac du Djond du Kharezm (la mer d*Aral).
Ce lac a de tour et trente-deux fersengs de diamètre '.Il
I . Amouy et Amouyèh sont les noms de la ville d'Amol de la Transoziane, que l'on appelle Amol du bord du fleuve ou Amol du désert {Amol ech Chatte Amol el Mefa^èh), pour la distinguer de TAmol du Mazanderan. Cette ville est située à un mille du Djihoun, sur la route de Merv à Boukhara. Le pays qui s*étend entre Merv et Amol est un désert sablonneux, dont la traversée est excessivement difficile et périlleuse. Moudjem oui Bouldan, tome I, page 6g.
2. Les deux manuscrits que j'ai eus à ma disposition portent un ferseng, ce qui est inadmissible. « Le Djihoun, dit Yaqout, déverse ses eaux dans le lac du Kharezm, à un endroit fréquenté seulement par les pécheurs et où on ne trouve ni village, ni maisons. Cette localité porte le nom de Khouldjan. En face, s'étend le territoire occupé par la tribu turke des Ghouzz. La circonférence du lac peut être évaluée, d*après ce qui m'a été dit, à cent fersengs. L'eau est salée et elle n'a point de débouché apparent. Ce lac reçoit les
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reçoit dans son sein les eaux du Djihoun et celles du Sihoun qui traverse les provinces de Tchach et de Ferganèh. Le volume de ^es eaux n'augmente pas, ce qui fait supposer qu'il y a une voie qui leur permet de s'écouler , et qui aboutit à ce gouffre bouillonnant d'Abiskoun dont nous venons de parler plus haut.
On lit, dans quelques chroniques, que le Djihoun se jetait anciennement dans la mer d'Orient, mais que, lors de l'invasion des Mogols^ ceux-ci en détournèrent le cours et qu'il alla verser ses eaux dans la mer d'Abiskoun. D'autres auteurs prétendent que le Djihoun se perd dans les sables, et qu'il a une embouchure souterraine dans la mer Caspienne. J'ai remarqué, pendant mon voyage au Kharezm, soit à Taller, soit au retour, certains vestiges et certains canaux qui m'ont donné la conviction que les Mogols avaient détourné ce fleuve, et qu'on Pavait anciennement coupé dans la partie supérieure de son cours. On voit encore les traces de son lit desséché \
Le Sihoun est un fleuve du Turkestan qui porte aussi le nom de fleuve de Khodjend, de Mokhend, de Fenaket, et de Châhroukhièh. Toutes ces villes appartiennent à la province de Ferganèh, qui porte aujourd'hui le nom de Khoqand.
eaux du Djihoun et celles du Sihoun. Il faut plusieurs jours de voyage pour franchir la distance qui sépare les embouchures de ces deux fleuves. De nombreuses rivières se jettent aussi dans ce lac; néanmoins, le goût salé de Teau ne diminue pas, et le volume n'augmente pas. Il est donc à supposer qu'il existe, entre lui et la mer Caspienne, des conduits souterrains et des fissures qui servent à l'écoulement des eaux. Une distance de dix journées de marche, en droite ligne, sépare ces deux mers intérieures : cet espace est occupé par un vaste désert de sable qui n'est point un obstacle pour l'écoulément ou l'évaporation des eaux. > Moudjem oui bouldan, tome l, page 514.
Le lecteur pourra consulter sur le lac d'Aral les ouvrages suivants : // lago di Aral, disserta^ione deW ingegnere Luigi Hugues, Torino, 1874; The shoresoflake Aral, by Major Wood, London, 1876, Turkistan, by Eug. Schuyler, Ph. D', London, 1876, tome I, passim, et. De Caspiana atque Aralica regione Asice, veteres geographos cum recentioribus conferendos suscepit J.-B. Pasquier. Paris, 1876.
I . Sur le Djihoun et l'ancien cours de ce fleuve, cf. A journey to the source 0/ the river OxuSy by Cap* John Wood, .inédit., Londres, 1872. Ùas alte Bett des Oxus (Amû Daria), von J. de Goeje, Leyde, 1875, et Notes on the hiver Amû Daryjy Syr Darya and lake Aral, 18 y 4^ by major Herbert Wood, dans le journal de la Société royale de Géographie, tome XLV, Londres, 187b.
J'ai cité les noms de Boukhara, d'Amouyèh, et ceux du Djihoun et du Sihoun; il ne me paraît donc point inutile de donner ici quelques notices succinctes sur ces localités.
Notices succinctes sur l'état actuel des villes du pays de
Boukhara la Noble.
Boukhara est une ville célèbre du cinquième climat; elle est située dans la Transoxiane par 96** 3o' de longitude et par Sg® 7' de latitude. Son enceinte est percée de onze portes; elle renferme deux cents collèges grands et petits, sept grandes mosquées où Ton fait la prière du vendredi, quarante bains et cent^cinquante caravansérails pour les marchands. Le château a un demi ferseng de circonférence ; sa grande porte s'ouvre à l'occident. Les revenus du trésor, perçus dans la ville même de Boukhara, s'élèvent à la somme de cent mille toumans, chacun du poids d'un misqal. La Avilie est très-peuplée et le concours y est énorme ' .
Qarchy est une ville située à environ dix-sept fersengs au sud de Boukhara ; elle est séparée de Samarqand et de Boukhara par une distance de trois journées de marche, et de Kech, nommée aujourd'hui Chéheri-Sebz, par deux journées de marche.
Cette ville est plus connue sous le nom d(^ Nakhcheb. La « lune de Nakhcheb » est le surnom donné à Mouqannah dont Thistoire est si connue ^. Nakhcheb est aussi appelée Néssef. Elle est la patrie du cheikh Aziz Nessefy. Nessef est la forme arabisée de Nakhcheb.
KouyoukKhan, souverain de la Transoxiane ^, construisit dans