I. Feridoun Mirza esl le cin^uièmL: [ils d'Abbas Miu.i Naîb
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DE l'ambassade AU KHAREZM 2l3
faires de Tadministration et il fut investi de la charge de Mutevelly (curateur) du tombeau de rimam Aly Riza. Ces deux personnages se mirent en route pour leur destination, au mois de Ziqaadèh (août). Le 9 du mois de Redjeb (29 mars), ils entrèrent dans la sainte ville de Mechhed.
Feridoun Mirza, se conformant aux ordres du roi, fit partir pour Téhéran son frère cadet, le Nevvab Hussam ous Salthanèh, et il s'occupa de mettre en ordre les affaires de la province qui lui était confiée. Les Turkomans de Merv et de Serakhs, fatigués des excès et des incursions annuelles du Khan de Khiva, lui portèrent leurs plaintes et ils acceptèrent, comme gouverneur, un des grands personnages de sa cour; ils témoignèrent le plus grand zèle pour les intérêts du gouvernement persan.
Behadir Khan Derèhguèzy était , à cette époque , gouverneur de Merv, au nom du Roi. Le Khan de Khiva avait désigné les Turkomans de Qariab, pour faire des incursions dans les environs de Merv et pour les dévaster. 11 avait établi sur les frontières, en qualité de commandant en chef, Mir Ahmed Khan Djemchidy. Ces circonstances avaient fait hausser le prix du blé à Merv. Emir Hussein Khan, père de Sam Khan, Ilkhany du Khorassan ', accompagné de deux cents cavaliers, portait à Merv une somme en or monnayé, destinée à Behadir Khan et aux troupes cantonnées dans cette ville. A la distance d'une étape de Merv, il fut entouré par deux mille cavaliers Qariaby et Turkomans ; il fut, pendant quatre jours, enveloppé par ces gens et occupé à les combattre et à repousser leurs at* taques. Le quatrième jour, ses cavaliers ayant mis le sabre à la main, fondirent sur les Qariaby, en mirent quinze hors de combat et, passant au milieu d'eux, ils réussirent à franchir la distance qui les séparait de Merv et à entrer dans cette ville. Au moment où ils s'en approchaient, Behadir Khan fit une sortie avec de l'infanterie régulière et de l'artillerie; il tomba sur les
I. V. sur le titre d'Ukhan ou dUlkhany la note 2 de la page 81
Qariaby, en tua trois cents, en blessa cinq cents et, s'emparent de mille charges de blé qu'ils transportaient à Qariab, il les jSt entrer à Merv où elles furent partagées entre les habitants de la ville.
La nouvelle de ces événements parvint au Kharezm, et elle détermina le Khan à se mettre à la tête d'une expédition^ pour enlever aux Persans les villes de Merv et de Serakhs. Le Nevvab, gouverneur général, après être resté dix jours à Mechhed et avoir fait ses dévotions au tombeau de Tlmam Riza, y fut rejoint par Sam Khan Ilkhany et TEmiri Pentchèh Aly Qouly Khan Efchar qui conduisait les régiments Nousret ' et Efchar et de Tartillerie. Sam Khan, avec mille cavaliers d'élite, fut chargé de conduire à Merv mille charges de blé. Le gouverneur général, de son côté, se dirigea sur Serakhs. Les notables de cette ville, tels que Erazh Khan, Ghouchid Khanet autres, vinrent lui présenter leurs hommages. Dans ces circonstances, l'Emir Nizham avait réussi à soulever les habitants de Kelat contre leur gouverneur, Djafer Agha Djelaïr, qui avait embrassé le parti du Khan de Khi va, après avoir déserté le service du gouvernement persan. Une troupe de soldats déterminés fut envoyée contre Kelat. Djafer Agha prit la fuite et se réfugia dans le Kharezm, pour invoquer l'assistance du Khan et rentrer dans son pays.
Le gouverneur général alla lui-même à Kelat et il en confia la garde au général de brigade Mirza Ibrahim Khan Khamsôh, puis il se rendit dans les cantons d'Atou, d'ichq Abad et d'Akhal. Des combats furent livrés aux Turkomans, combats dans lesquels ceux-ci furent mis en fuite. Tous ces faits sont racontés en détail dans Thistoire que j'ai publiée \ Après avoir
1. Le régiment qui porte le nom de Nousret est recruté dans le Sewad Kouh du Mazandcran. 11 tient ordinairement garnison à Téhéran, où il est préposé à la garde du palais et du harem du roi.
2. Le récit des événements dont les frontières du Khorassan furent le théâtre, après Tarrivée de Fcridoun Mirza à Mechhed, et du combat dans lequel Mohammed Emin Khan perdit la vie, se lit dans le Raou^et ous Sefay Naciry de Riza Qpuly Khan, tome X, pages x 77-180; dans le Xassikh uut Tewarikh de Mirza Sipehr (Histoire Je
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il prit la détermination de livrer bataille, et il s'avança à la tête de plusieurs milliers de cavaliers. Le Newab, gouverneur général , après avoir expédié Hassan Khan Sebzvary, fit partir, pour secourir Scrakhs et offrir le combat à Tannée Khivienne, le général de brigade Mohammed Hassan Khan avec deux régiments de Ferâhan et un de Guerrous ', quatre pièces d'artillerie et mille cavaliers d'élite.
Cinq cents cavaliers furent envoyés en toute hâte comme éclaireurs. Hassan Khan rencontra dans sa marche deux mille cavaliers khiviens qui, ayant dépassé Serakhs, voulurent s'opposer à son passage. Hassan Khan, sans se laisser effrayer, fit une vigoureuse résistance, repoussa Tennemi et s'approcha de Serakhs. Le lendemain, environ cinq cents cavaliers arrivèrent également près de cette ville. Le Khan de Khiva apprit que les troupes persanes, semblables aux flots de la mer, continuaient à arriver, jour et nuit, à la suite les unes des autres. Il reconnut que le succès deviendrait plus difficile à obtenir et qu'il valait mieux se hâter de se rendre maître de Serakhs. Ayant donc résolu de porter secours aux troupes du Kharezm qui étaient engagées, il se mit en marche, à la tète de quarante mille hommes pris dans les clans et dans les tribus des Djemchidy, des Qariaby, des Teïmény, parmi les soldats de Meïmenèh et de Chibourghan, parmi les Salour, les Sarouq, les Tekèh, les Gouklan, les Yomout et autres Turkomans. Avant son arrivée, des combats avaient eu lieu, tous les jours, entre les gens de Serakhs et les Khiviens et la victoire s'était, le plus souvent, déclarée pour les premiers et pour les guerriers du Khorassan. Mohammed Hassan Khan Ferâhany était arrivé avec ses bataillons à la distance de six fersengs de Serakhs. Le Newab Feridoun Mirza fit partir d'Aq Derbend pour Serakhs, deux mille cavaliers sous les ordres de Mehdy Qouly Mirza, de Sam Khan Ilkhany, du prince Mohammed Youssouf de Hérât , d'Emir
I. Les Guerrous sont une tribu Kurde qui occupe les districts du nord du Kurdistan persan, et qui s*étend jusque dans les environs de Tebriz dans TAzerbaïdjan.
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Khan Chahyoun et de Mohammed Hussein Khan Hezarèh.
Mohammed Emîn Khan arriva le même jour que les troupes persanes; il excita, par toutes sortes de promesses et de menaces^ ses soldats à donner l'assaut à Serakhs et à s'en emparer. On dressa sa tente, qui était en étoffe de couleur vert clair, sur le sommet d'une colline qui porte, en turc, le nom de Qanly Tèpèh ( la colline sanglante ) ; il s'y établit avec les officiers attachés à sa personne, les ministres, les Tourèh, ses parents et les personnages les plus notables de ses Etats, afin d'avoir le spectacle de la bataille, de pouvoir donner ses ordres à ses cavaliers et récompenser leurs chefs.
Mohammed Hassan Khan Sebzvary, de son côté, sortit de la ville et lança les cavaliers du Khorassan contre les Khiviens auxquels ils offrirent le combat. Les habitants de Serakhs les attaquaient, en même temps, avec le plus grand courage et la plus grande impétuosité. Une grande bataille s'ensuivit. L'air fut obscurci par la poussière que soulevaient les combattants ; les cimeterres, semblables au destin immuable, ne cessaient de couper les veines du cou; les fers de lance, pénétrant dans les cœurs et dans les foies, leur racontaient leurs secrets.
Vers. — « On aurait dit que les Persans étaient la chaîne d'une étoffe, et les Khiviens, la trame. (La mêlée fut telle) que ceux-ci devinrent la chaîne et ceux-là la trame. La boutique de l'espoir (d'avoir la vie sauve) n'avait pas de chalands ; le bazar de la mort en était, au contraire, encombré. Le sabre, semblable au lis, se teignit de sang. Les fers de lance, qui ont la couleur du jasmin , se changèrent en fleurs de grenadiers. Le malheur s'associa aux Khiviens, le bonheur devint Tami et l'auxiliaire des Persans '. •
Le désordre se mit dans les rangs des Khiviens qui com-
I. Ces quatre distiques sont tirés du Qacidèh que Riza Qpuly Khan présenta au Roi. pour le féliciter de la victoire remportée par les Persans. (Voy. pp. 221 et suiv.)
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mencèrent à s'enfuir. Les troupes persanes, aidées par Dieu, coupèrent près de trois mille têtes et s'emparèrent d'un grand nombre de chevaux et de chameaux, d'une grande quantité de mousquets de fort calibre, de fusils, d'une pièce de canon du calibre de dix-sept pounds, de seize fauconneaux (Saff Chjken), et de deux drapeaux. Elles poursuivirent les Khiviens dans leur fuite. Lorsqu'elles eurent refoulé les troupes du Kharezm jusqu'à la distance de deux mille pas au-delà de la ville^ elles arrivèrent au pied de la colline de Qanly Tèpèh. Mohammed Emin Khan voyait la plaine de Serakhs transformée en un fleuve de sang qui égalait le Sihoun et qui rivalisait avec le Djihoun, et ses troupes mises en déroute. Il reconnut qu'il ne pouvait plus rester en sûreté là où il était. Il voulut monter à cheval et s enfuir , et il demanda sa monture. Son cheval avait une selle brodée en or; une aigrette se dressait sur sa tête et une boule d'or était attachée à sa croupière. Le costume du Khan présentait aussi des particularités qui servaient à le distinguer; il avait, sur la tête, une aigrette et une plaque en or; le haut de son bonnet était couvert de drap rouge et personne autre que lui, dans ses Etats, n'a le droit de porter cette couleur. Lorsque les cavaliers de Serakhs et du Khorassan arrivèrent au bas de Qanly Tèpèh, ils reconnurent le Khan et ils gravirent la colline dans l'intention de le tuer.
La plupart des gens qui formaient Tescorte du prince s'étaient dispersés et les cavaliers persans purent arriver jusqu'à lui; ils mirent le sabre hors du fourreau. Qourban Kel * s'approcha de lui. Le Khan de Khiva cria à ses gens : « Détournez de moi la fureur de cet hérétique ! » Qourban lui asséna un coup de sabre qui l'atteignit à la bouche et la fendit jusqu'à l'oreille. Le Khan criait : a Je suis Khan Hazret, je suis un grand personnage, conduisez-moi vivant devant le roi de Perse et renoncez à me tuer. 3 Personne ne prêta l'oreille à ses paroles. Qourban s'était précipité sur lui et l'avait blessé. Une lutte s'engagea