INTRODUCTION V
Mahmoud le Gha\nêvide. a consacré quelques pages aux événements qui surgirent dans le Khare\m lors de la chute de la dynastie des Béni Mamoun et de V élévation d'Attountach, chambellan du sultan Mahmoud, au gouvernement de cette province ' . Beyhaqy, dans son récit, s'appuie uniquement sur l'autorité de Birouny dont il avait entre les mains l'histoire autographe.
Un passage de ce livre est également cité par Yaqout dans son dictionnaire géographique. Mais l'exemplaire qu'il avait vu 3 probablement loî'squ'il exerçait à Bagdad la profession de libraire, n'avait fait que passer par ses mains. Aussi fait-il cette citation de mémoire et prie-t-il le lecteur de la rectifier ou de la compléter 2.
La perte de l'histoire du Khare\m par Birouny est d'autant plus regrettable, que nous ne savons que fort peu de chose sur cette contrée, avant la conquête des Arabes. On peut supposer, d'après les légendes et les traditions qui nous été conservées, que les rives septentrionales du Djihoun ont été anciennement occupées par des hommes d'origine persane, qui y avaient été déportés comme dans un lieu d'exil. Ils s'unirent à des femmes turkes, et cette population mêlée forma la classe connue aujourd'hui sous le nom de Sart3 et qui prétend descendre de Persans venus du Khorassan, du Thokharistan et de Balkh. En état de guerre constant avec les tribus qui les environnaient, exposés, quoique musidmans, à être vendus comme esclaves, les Khare\miens cherchaient encore au xnic siècle à se distinguer de leurs redoutables voisins ; pour que leur physionomie différât de celle des peuplades turkes, ils élargissaient, au moyen de sachets remplis de sable, le front et la tête des nouveau-nés.
Dans les temps reculés, le Khare\m eut à se défendre à la fois contre les Turks et contre les Perses. Le Djihoun formait contre ceux-ci une frontière naturelle, et à la suite de longues guerres, il avait été stipulé qu'une bande de terre serait neutralisée sur les deux rives du fleuve, à la distance d'une portée de flèche. Le nord du Khare\m avait, en outre , comme l'indique le nom de la ville de
i . The Tarikh-i Baihaki containing the life of Masoud son of the sultan Mahmùd of Ghaznin by Abu'l Fazl al Baihaki. Calcutta, 1862, pages 834-862.
2. Moudjem ouï bouldan, édition de M. Wi'istenfeld, tome II, page 483.
VI RELATION DP- L AMBASSADE AU KHAREZM
Kât \ été protégé contre les incursions des Turks, par une muraille semblable à celle de Qi^il Alan au sud du Gourgan et à celle dont on retrouve des traces sur la frontière septentrionale du Khorassan.
Les habitants du Khare\m subissaient V influence persane ; le cuite du feu avait été introduit dans cette contrée, et les prêtres portaient, comme en Perse, le nom de Mough. Birouny, dans son ouvrage qui porte le titre de « El açar oui baqyêh an il qouroun il Khalyèh » (Les vestiges qui nous restent des siècles passés), nous a conservé les noms de dix souverains qui régnèrent dans le Khare\m avant V apparition de ï islamisme ; il nous donne également dans cet ouvrage et dans le traité d'astronomie qu'il composa en 421 (io3o) sous le titre de « Kitab oui tefhim fy ilm il tendjim » (Le livre qui fait comprendre la science de V astronomie) les noms des mois, des jours et des fêtes du Khare\m. Ces dénominations sont en général corrompues du persan, et elles se rapprochent des termes qui étaient usités dans le Soghd 2 .
Les géographes el Isthakhry, Ibn Hauqal, el Mouqadessy, Yaqout et Qaqviny nous donnent sur le Khare\m des détails asse^ étendus et qui nous font connaître ce pays à l'époque de sa prospérité, avant qu'il ri eût été totalement ruiné par les armées de Djengui^ Khan,
Selon le premier de ces auteurs, le Khare\m ne formait point une province distincte du Khorassan et de la Transoxiane ; mais, el Mouqadessy assure, d'autre part, qu'une partie du Khare\m relevait du Khorassan, et Vautre du pays de Heïihel (la province de Samarqand). Il confluait au nord au pays des Ghou\\; la frontière méridionale qui longe le territoire d'Amol, portait le nom de Thahirièh en l'honneur de l'Emir Thahir ibn Hussein, fondateur de la dynastie des Thahirides, qui y avait fait exécuter de nombreux travaux d'utilité publique. Cest à partir de celte frontière que commençaient les terres cultivées qui bordaient les deux rives du Djihoun. Elles