‹ Relation de l'ambassade au Kharezm (Khiva) de Riza Qouly KhanChapitre 3 sur 32 · INTRODUCTION VII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION VII

s'étendaient jusqu'auprès du village de Gharabchinèh où Von trouvait une \one inculte ; puis, au delà de ce village jusqu'à la capitale, les bords du fleuve étaient couverts de cultures et bien peuplés. L'espace cultivé depuis Thahirièh jusqu'à Heqaresp n'avait point une grande largeur, mais, à partir de cette dernière ville, il devenait plus considérable, et, en face de la capitale, il s'étendait jusqu'à la distance d'une journée de marche, puis il se rétrécissait au point de n'avoir plus que deux fer sengs. Il prenait fin à un village appelé Kit ou Guit, situé à cinq fer sengs de Koudjagh, qui se trouve au pied d'une montagne au delà de laquelle s'étend le désert.

Les canaux qui, au moyen âge, fertilisaient le sol et servaient de voies de communication, étaient ceux de Gao Kharèh, de Guirih, d'He^aresp, de Kerderan Khach, de Khiva, de Midra , de Wedah et de Bouvvèh. Ces canaux subsistent encore aujourd'hui et portent les noms modernes de Pehlivan âta, de Khanâbad, de Chah âbad , de Gha^yâbad , dArna, de canal du Qouch Beguy et de Hilally ou Hilaleïn.

Le sol du Khare\m, généralement sablonneux, 71e produisait pas la quantité de céréales nécessaire à la subsistance de ses habitants. Le blé lui était fourni par les provinces voisines et même par celle de Balkh d'où il était transporté par la voie du fleuve.

Tous les fruits, à l'exception des noix, y étaient extrêmement abondants, et les melons jouissaient d'une telle réputation qu'on les expédiait jusqu'à Bagdad, pour être offerts en présent aux Khalifes et aux grands dignitaires de l'Etat.

Les habitants se livraient , pour l'élève des vers à soie, à la culture du mûrier; mais le commerce et l'industrie étaient les sources de la prodigieuse richesse du pays.

On exportait du Khare\m des esclaves amenés du Nord, des chevaux, des fourrures précieuses provenant de la Sibérie et des étoffes de laine et de soie qui jouissaient d'une grande réputation.

Les ouvriers des villes, et surtout ceux de Gourgandj , excellaient dans les ouvrages de menuiserie ; ils travaillaient de la manière la plus délicate les métaux précieux, le fer, l'ivoire et l'ébène. Les broderies faites par les femmes atteignaient les prix les plus élevés.

On retrouve encore aujourd'hui, dans les produits de V industrie de Khiva, la tradition irès-affaiblie du goût qui caractérisait les œuvres des temps passés.

La capitale du Khare\m a été jusqu'en Vannée 385 de l'hégire (99S) la ville deKât. Elle était quelquefois désignée sous le nom de la province elle-même ou sous celui de Kât Khare\mièh. Elle s'élevait sur la rive orientale du Djihoun, et sa superficie, qui était d'un tiers deferseng, égalait celle de Nichabour, citée par les historiens arabes du moyen âge, comme une des villes les plus considérables du Khorassan. La grande mosquée de Kât se trouvait au milieu du ba\ar; la toiture était soutenue par des colonnes en bois dont la base était en pierres noires et de la hauteur d'un homme.

Le palais du prince était au centre de la ville et non loin de la grande mosquée.

Le fleuve, dans ses débordements, avait emporté une partie des murailles et des maisons construites sur ses bords et, à l'époque d'el Isthakhry, on craignait la destruction totale de la citadelle.

Alp Arslan essaya de relever la ville de ses ruines. En 458 (io65), il fit construire une mosquée et un palais pour son fils Arslan Chah. La ville était traversée par le canal de Djerdjour sur les bords duquel se tenait le marché. Au rapport d'el Mouqadessy, Kât, dont les rues étaient sillonnées par des rigoles destinées à l'écoulement des immondices, était aussi sale qu'Erdebil.

Les empiétements du Djihoun et les circonstances politiques qui se produisirent à V avènement d'Aboul Abbas Mamoun déterminèrent ce prince à transporter sa capitale à Gourgandj ou Dwurdjanièh3 située plus au sud. Cette ville était, comme Kât, menacée par les débordements du Djihoun ; pour modifier le cours du fleuve, on avait élevé des palissades formées de poutres et de grosses pièces de bois. Le Djihoun, grâce à ces mesures, se porta à l'est et prit la direction du désert du côté du village de Feratekin. On avait pratiqué sur les bords du fleuve, à Gourgandj, des coupures qui permettaient de faire arriver dans la ville l'eau nécessaire à la consommation, des habitants.

Gourgandj était percée de quatre portes. Près de celle de Hedjdjadj,

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