REY
ey, la Rhagès du livre de Tobie, est l'une des villes les plus anciennes de la Perse. Yaqout, dans le Moudjem oui bouldan, lui a consacré une longue notice qui a été traduite par M. Barbier de Meynard ' . L'importance de Rey, le rôle qu'elle a joué comme capitale de différents États, m'ont engagé de donner un aperçu très-sommaire de son histoire, et d'y joindre la traduction des articles qu'Abou Ishaq Ibrahim el Isthakhry et Qazwiny lui ont consacrés dans leurs ouvrages géographiques.
Rhagès était déjà une ville ancienne à l'époque de Tobie, et l'on peut conjecturer que sa fondation remonte au temps où les Mèdes commencèrent à élever la ville d'Ecbatane. Lorsque le séjour de Suse fut abandonné, les rois parthes vinrent passer à Rhagès les mois du printemps.
i. Dictionnaire géographique, historique et litte'raire de la Perse, extrait du Moucijem el bouldan, par C. Barbier de Meynard. Paris, 1861, pages 273 et suivantes.
Il est probable que cette ville fut anéantie par un tremblement de terre.
Seleucus Nicator la reconstruisit et doubla son étendue.
Strabon 1 nous apprend que ce prince lui donna le nom d'Europeas. Les Parthes la désignaient sous celui d'Arsacie 2.
Les Rois Sassanides ayant abandonné le séjour de RhagèSj cette ville tomba en une décadence si complète, qu'elle était en ruines lorsque les Arabes en firent la conquête (22 a. h. 642 a. d). Le district de Rey et la province de Qoumes ne furent imposés qu'à cinq cent mille dirhems,, pour assurer aux habitants la vie sauve et la conservation des pyrées. Sous le khalifat de Mançour, son fils Mohammed el Mehdy rebâtit la ville de Rey ; il l'entoura d'un fossé et d'une double enceinte construite en briques, et il fit inscrire sur les murailles son nom et la date de la reconstruction (158, 774).
La ville reçut, en l'honneur de ce prince., le nom de Mohammedièh. Le château de Zenbedy, qui dominait la grande mosquée et le palais du gouvernement, fut réparé et compris dans la nouvelle enceinte de la ville. Mehdy y fixa sa résidence 3. C'est à Rey que naquit Haroun Errechid. La ville conserva une certaine richesse qu'elle devait à l'activité de son commerce; mais les dissensions religieuses qui divisaient ses habitants portèrent un coup funeste à sa prospérité et hâtèrent sa ruine.
Rey 4 tombaj en l'année 374 (984), au pouvoir du prince SamanideNasr ibn Ahmed. Le sultan Mahmoud le Ghaznevide en
1. Géographie de Strabon traduite par M. Larchey. Paris, 1814, tome IV, Ire partie, livre xi, page 3 1 3.
2. Les historiens arabes orthographient ce nom « Ara\y. » Belazoury, Liber expugnationis regionum, auctore Imamo Ahmed Ibn Iahja bin Djabir el Beladsori quem edidit M. J. de Goeje. Leyde, 1866, page H20.