‹ Relation de l'ambassade au Kharezm (Khiva) de Riza Qouly KhanChapitre 4 sur 32 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

Mamoun avait construit un magnifique palais dont la porte était réputée pour être la plus belle de toutes celles qui existaient dans le Khorassan. Aly, Jîls de Mamoun, en avait bâti un autre en face de celui qui avait été élevé par son père. La plaine qui entoure Gourgandj ressemblait à celle de Boukhara, et on y élevait de nombreux troupeaux. Les habitants appartenaient à la secte des Mouta\elèh ' : ils étaient passionnés pour les discussions religieuses, et tous, même les gens de métier, étaient exercés au maniement des armes. Gourgandj était le centre commercial le plus important du Khare^m. Les Ghow{\ et les tribus turkes venaient y vendre des esclaves et les produits de leur industrie, et c'est dans cette ville que se formaient les caravanes qui se rendaient dans le Gourgan, sur les bords de la mer Caspienne, dans le Khorassan, la Transoxiane et la Mongolie 2.

Les géographes orientaux citent parmi les villes ou les bourgs fortifiés les plus considérables après Djourdjanièh : Derghan, situé sur la frontière méridionale. On y remarquait une belle mosquée, et les vignobles de cette localité jouissaient d'une grande célébrité. Zamakhchar, petite ville défendue par un château fort et entourée d'un fossé. Les portes des murs étaient revêtues de plaques de fer et précédées de ponts-levis qu'on relevait tous les soirs. Une jolie mosquée s'élevait non loin du marché. Rou\vend, Khiva, Kerderan Khachj He^aresp, Djiguerbend , Ghardeman } Ikhan , Noukfagh, Kourder, Beratekin ou Feratekini gros bourg situé dans le désert près d'une montagne d'où l'on tirait les pierres destinées à la construction des monuments publics. Enfin Guit ou Kit, petite ville fortifiée, sur la frontière du pays occupé par les Ghou\\. Telle était } au commencement du xiiic siècle, la situation du Khare\m auquel les princes de la dynastie des Khare\m Chah avaient annexé

i. Voyez page 102, note 2.

2. Lorsque à l'époque de l'invasion des Mogols, après un siège de six mois, les habitants de Gourgandj demandèrent à capituler, Djoudjy exigea que toute la population évacuât la ville. On fit ranger à part les gens d'arts et de métiers dont le nombre s'élevait, dit Rechid oud Din, à cent mille, et on les fit partir pour la Mongolie. Le reste des habitants fut massacré, la ville pillée, et, pour que sa destruction fût complète, on détruisit les digues, et les eaux du Djihoun la submergèrent entièrement.

les États voisins. Ils avaient donné à leur empire une telle extension que les frontières en touchaient à lest, à la Mongolie, au sud, à l'Inde et, à l'ouest , aux provinces qui restaient encore sous V autorité chancelante des Khalifes Abbassides.

L,e Khanat de Khiva est aujourd'hui tout ce qui subsiste d'un si puissant État ; son histoire, à mesure que nous approchons de notre époque, offre bien des lacunes et des points obscurs. Je n'entreprendrai pas de retracer, dans une introduction qui fie comporte pas de grands développements, le tableau des événements dont le Khare\m a été le théâtre ou auxquels ont pris part les princes qui l'ont gouverné. Je me bornerai à énumérer très- succinctement les différentes dynasties qui s'y sont succédé.

Les Arabes furent en rapport avec le Khare\m sous le Khalifat d'Omar. Abdoullah, fils d'Amir, gouverneur deBasrahfft, en l'an 3o (65o), une expédition dans le Khorassan ; il conclut, avant de s'éloigner, un traité avec les souverains du Khare\m. Sous le règne du Khalife Ommiade Ye\id, Selm,fils de Ziad,fut nommé gouverneur général du Khorassan. Les Khare\miens se soumirent à son autorité et versèrent entre ses mains, à titre de tribut, la somme de quatre cent mille dirhem. Quelques années plus tard, Ye\id ibn oui Mouhallib tenta contre leKhare\m une expédition dont les conséquences furent désastreuses. Un froid rigoureux fit périr tous ses soldats, malgré la précaution qu'il avait prise de leur donner des vêtements de peaux.

Les troubles qui éclatèrent bientôt après dans le Khare\m en rendirent la conquête facile. Le souverain qui le gouvernait, incapable de résister à une ligue que son frère Khonr^ad avait formée contre lui, invoqua le secours de Qouteïbah. Il lui proposa de lui remettre ses trois places fortes et de lui paver tribut.

Qouteïbah envoya au Khare\m son frère Abdour Rahman. Khour\adfut tué dans une bataille et quatre mille Khare\miens faits prisonniers, furent mis à mort. L'impuissance du Khare\m Chah à contenir ses sujets détermina Qouteïbah à annexer ce pays au Khorassan et à en donner le gouvernement à son second frère Oubeïd oullah .

Le Khareçm fit plus tard partie des États des princes Thahi-

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