INTRODUCTION M
rides et de ceux des descendants de Nasr , fils d'Ahmed, le fondateur de la dynastie des Samanides.
La province du Khareyn releva de Samarqand jusqu'à V époque oh Ilek Khan de Kachghar conquit Boukhara et la Transoxiane (38g-gg8) et massacra tous les princes de la famille des Samanides, à l'exception de l'Emir Moustancir qui se réfugia à He~aresp et y fut mis à mort cinq ans après.
Le Khare\m devint le partage des princes turks de Kachghar et des descendants de Sultan Mahmoud le Gha\névide.
Aboul Abbas Mamoun, fils de Mohammed , fils de Mançour qui le gouvernait au nom de l'Emir Nouh,fui le premier chef de la dynastie qui porte son nom et qui compte quatre princes. Le dernier, Aboul Harith Mohammed, fils d'Aly, fut remplacé par Altountach, chambellan de Sultan Mahmoud. Il gouverna, ainsi que ses deux fils, sous la suzeraineté de la cour de Gha\nah.
Le Khare\m passa, en 432 (1040), sous la domination des Seldjouqides. Alp Arslan en confia le gouvernement à son fils Arslan Chah. Sous le règne de Melik Chah, Abou Thahir, gouverneur de Samarqand, fut chargé de l'administration de la province qui, après lui, fut confiée à Ift oui Moulk, le fils du célèbre ministre Nitfiam oui Moulk. Le Khare\m fut ensuite donné par le même prince à Anouchtekin, esclave de l'Émir Melkatekin qui l'avait acheté à un homme du Ghardjistan. Il était devenu Ibriqdar ou chargé de l'aiguière de Melik Chah et il percevait, à ce titre, les revenus du Khare\m.
Barkiarouk, successeur de Melik Chah, désigna Aqindjy pour succéder à Anouchtekin. Aqindjy fut assassiné à Merv par les émirs Qoudanet Yaraqtach, qui essayèrent de s 'emparer du Khare\m. Mais ils furent mis en déroute par les troupes envoyées contre eux, et le fils d' Anouchtekin, Mohammed fut investi du gouvernement avec le titre de Khare^m Chah, 4go (iogô).
A la chute de l'empire des Seldjouqides, le Khare\m Chah proclama son indépendance. La dynastie qu'il fonda compte sept princes, qui régnèrent de 4go (iogô) à 628 (i23o). La conduite altière et imprudente de Mohammed Chah provoqua Vinvasion de Djenguiy
Khan qui couvrit l'Asie de ruines et porta au Khare\m un coup dont il ne s'est jamais relevé.
Mohammed Chah, abandonné des siens, alla se réfugier dans Vile d'Abiskoun où il mourut. Son fils, le vaillant Djelal oud Din Mangouberty , essaya de ressaisir le royaume de ses ancêtres; mais il périt assassiné par un Kurde, dans les montagnes d'Amid oit il s'était réfugié (628*1 23 o). En lui s'éteignit la race des souverains qui avaient rangé sous leurs lois toute l'Asie centrale, et menacé l'existence du Khalifat des Abbassides.
Dans le partage que Djengui\ Khan fit de ses Etats entre ses fils, le Khare\m échut à son fils aîné Djoudjy, dont la mère, Bouriah Qoutchin, était la fille du chef de la tribu des Qonghourat. Djoudjy établit sa résidence à Seray, dans le Qiplchaq.
Nous ne possédons que fort peu de documents orientaux sur Vétat du Khare^m pendant la période des successeurs de Djengui\. La relation de Du Plan Carpin, le récit de Hayton, les indications de Balducci Pegolotti, la relation du voyageur arabe Ibn Batoutah ne nous apportent que fort peu de lumières sur la situation d'un Etat jadis si prospère et si puissant l. Nous savons seulement que
1. Relation des voyages en Tartarie de Fr. Guillaume de Rubruquis, Fr.. Jean du Plan Carpin, Fr. Ascelin et autres religieux de Saint-François et de Saint-Dominique, qui y furent envoyez par le pape Innocent IV, le Roy Saint-Louys. Plus un traicté des Tartares, et le tout recueilly par Pierre Bergeron, Parisien; à Paris. 1634, in-8.
Ces relations ont été insérées dans le recueil des Divers voyages curieux, publié par le libraire Van der Aa à Leyde, en 1729. M. D'Avezac a donné, dans les mémoires de la Société de Géographie (i83cj, in-4°j, une édition très-correcte de la relation de Du Plan Carpin.
Les fleurs des hystoires de la terre d'Orient, compillées par frère Hayton, seigneur du Corc et cousin germain du Roy d'Arménie, par le commandement du Pape. On les vend à Paris en la rue Neufve Nostre-Dame, à l'enseigne de l'Escu de France. In~4« goth. (1 5i 7). L'ouvrage de Hayton est inséré en tête du recueil des relations de voyages publié en 1529 par Iehan Sainct Denis, sous le titre de : « L'hystoire merveilleuse et récréative du grand Empereur de Tartarie, seigneur des Tartres nommé le grand Can, contenant six livres ou parties, etc. Imprimé nouvellement à Paris, en l'an mil cinq cens vingt et ix le quinziesme jour du moys d'apvril pour Jehan Sainct Denys. » In-f° goth. Benoist Rigaud en a publié une nouvelle édition à Lyon, en 1 585, petit in-12.
La pratica délia mercatura scritta da Francesco Balducci Pegolotti, dans le tome III de Délia décima e délie altre Gravezze. Lisbona et Lucca 1765- 176.5, in-40.
Voyages d'Ibn Batoutah, texte arabe, accompagné d'une traduction, par C. Defrémery et le D' S. R. Sanguinetti. Paris i853-i858, tome III, 3-i9.
LNTRODUCTION XII I
sous le gouvernement des Khans U\beks, il avait pu relever en partie les ruines accumulées par les Mogols.
Mais, à la fin du xivc siècle, le Khare\m fut ravagé par Timour, qui dirigea trois expéditions contre ce malheureux pays. La ville de Gourgandj fut complètement détruite, et le Khare\m passa sous la domination des descendants de Djaghatay.
Vers le milieu du xvc siècle, on voit apparaître la confédération des U\bek et des Qa^aq. Mir\a Hayder Doughlat, le Sultan Baber, Mirkhond, Khoademir et Sultan A bout Gha\y, nous en font connaître les origines et V histoire.
Le Khare\m reconnaissait V autorité des princes de la famille de Timour lorsque, en 8gi (i486), Cheibany Khan fondit sur ce pays que gouvernait alors Nacir oud Din Abdoul Khaliq Firou\ Chah, au nom du Sultan Aboul Gha\y Hussein. Cette expédition ne fut point couronnée de succès. Cheibany Khan en tenta une seconde en gii (i5o5) ; elle fut plus heureuse. Il se rendit maître de Gourgandj ou Ourguendj, occupée par Tchin Soufy. Ses incursions et ses conquêtes dans le Khorassan déterminèrent Chah lsmayl à marcher contre lui.
Cheibany Khan périt dans la bataille livrée sous les murs de Merv en g 16 (i5 10), et Chah lsmayl devint le maître du Khare\m. Cette province fut divisée par lui en trois grands districts, ceux de He\aresp et de Khiva, d'Ourguendj et de Vé\ir Chehery. U administration en fut confiée, avec le titre de Darougha, à Arab Soubhau Qouly, à Rahman Qouly et à un troisième personnage, dont l'histoire ne nous a pas conservé le nom. Malgré les troubles et les guerres qui désolaient le Khare\m , les princes Sèfèvy revendiquaient les droits d'une su\eraineté établie par Chah lsmayl. Sous le règne de Mohammed Chah, fils de Thahmasp Chah, Djelal Khan, fils de Mohammed Khan, tenta de s'en affranchir. Fait prisonnier par le gouverneur de Mechhed, Mourte\a Qouly Khan Pernak, il fut mis à mort, et sa tête fut envoyée à lsfahan. Le gouvernement persan lui donna pour successeur Hadji Mohammed Khan, qui est plus connu sous le surnom de Hadjim. Vaincu par Abdoullah Khan de Bonkhara, Hadjim se réfugia à la cour de Perse
En 1006 (iSpy), Chah Abbas dirigea une expédition contrée le Khare\m et en confia le gouvernement à Hadji Mohammed Khan et à sonjils Arab Mohammed Sultan.
L'histoire du Khare^m, pendant le XVIIe siècle et pendant la première moitié du siècle suivant, ne nous offre que le spectacle des discordes civiles et des invasions qui désolèrent ce pays.
Ilbars Khan l, qui le gouvernait sous le règne de Nadir Chah, irrita ce conquérant par ses incursions , ses attaques contre Ri\a Qouly Mir\a et par son attitude pendant son expédition dans l'Inde. Nadir Chah envahit le Khare\m. Les villes de Khankâh et de Khiva capitulèrent ; Ilbars Khan et vingt de ses principaux officiers furent mis à mort en représailles du meurtre des ambassadeurs envoyés auprès de lui par le Khan de Boukharà, allié de Nadir. Abou Thahir Khan fut nommé gouverneur du Khare\m, mais, après sa mort, le pouvoir fut exercé par les Ataliq et les Inaq sous la suzeraineté des Khans Qa\aq. Iltou^er, de la tribu des Qonghourat, s'en affranchit et se fit proclamer Khan en 121g (1804). Il périt deux ans après, noyé dans le Djihoun, et il eut pour successeur son frère Mohammed Rehim Khan qui dut, dans le cours de son long règne {1806-182S), se réfugier à Ester âbad et solliciter l'appui de Feth Aly Chah. Son fils -Allah Qouly Khan (182S- 1842) et son petit-fils Rehim Qouly Khan (1842-1845) entretinrent personnellement de bonnes relations avec les souverains Qad/ars. Ils leur envoyaient des présents qui étaient considérés par la cour de Perse comme une marque d'hommage, et ils recevaient des sabres et des poignards enrichis de pierreries qui sont, aux yeux des ministres persans, les symboles de l'investiture.
A Rehim Qouly Khan succéda, en 184S, son frère, Mohammed Emin Khan. Son premier acte, lorsqu'il monta sur le trône, fut de renvoyer à Téhéran un prince de la famille royale, Mohammed Vely Khan Qadjar, neveu d'Allah Yar Khan, Acef oud Daoulèh, que les Turkomans avaient fait prisonnier. L'officier khivien, chargé d'ac-
1. Voy. sur cette période : Histoire de l'Asie centrale par Mb- Abdoul Kerim Boitkhary, trad. par Ch. Schefer. Paris, Leroux, 1876, p. 100 et suivantes.