CHAPITRE II
Biographie sonaimire du comte de Bout iaont.
La vie du comte de Bourmoui a éié une des plus agitées et des plus éprouvées de ceilés qoi ont traversé Tépoque si extraordinaire de la fin du siècle au milieu du xix*. Issu d'une
famille qui descend en ligne directe des anciens comtes de Guines ou Ghisne, en Flandre, et né au château de Bourmont, en Anjou, en 1778, Louis-Auguste-Victor de Ghaisne, comte de fiourmont, fut élevé à l'école militaire de Sorëze, et entra, comme enseigne^ aux gardes françaises, en 1788. Ce corps ayant été licencié CD 1789, il se retira dans sa famille en Anjou. Vers la fin de 1790, il suivit son père à Tunu, où Tavait appelé le prince de Condé, dont il était aide de camp, ïy perdit dans Thiver de 1790 à 1791, et revint en France auprès de sa mère. Sur la fin de 17 Ul, il partit pour Coblentz, où se réunissaient les émigrés. Il y fut admis comme sous-lieutenant dans le régiment des gardes françaises, i cfoi niésouslc mm iV hommes d'armea à pied. 11 fit, dans ce corps, la cam-
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pagne de 1792 k larmée dilà de^ Princes^ et lorsque cette armée fut licenciée, il se retira auprès de sa mère, à Bruxelles, et de là eu lioiiaude.
Rentré en France, il se disposait à se rendre de Paris dans la Vendée, soulevée contre les horreurs révolutionnaires au commencement de 1793, lorsqu'une lettre de sa mère le détermina à rejoindre Tarmée de Condé. Il y fit, comme i simple cavalier, la campagne de 1793 à 1794, après laquelle il fut autorisé par le prince de Condé à passer dans la Vendée. Chargé par le vicomte de Scépeaux, qui lui avaii confié le commandement en second de ses troupes, avec le titre de major-général, d'aller a Tarmée de Condé solliciter la présence d un prince de la maison de Bourbon à la tète des Vendéens, il | s'acquitta de cette mission, et retourna à son poste, non sans difficulté. Envoyé une seconde ] lois en mission par le vicomte de Scépeaux, en i 1796, il se rendit à Edimbourg, auprès du conite d Artois, qui, pour récompenser et honorer ses services, le reçut chevalier de SairU-Loiiis, en même temps que le duc d'Ângouléme. Le comte de Bourmont n'avait alors que vingt-deux ans. Mais lancé de bonne heure dans les hasards de la guerre, il avait acquis uu coup d'œil sûr et une décision prompte au milieu des dangers.
A son retour en Bretagne, il apprit que les
l'expédition d'afrique. 185
efforts des Vendéens avaient succombé sur tonte la rive gauche de la Loire, et que Gbaieue et Stofflet avaient été pris et fusillés. Plus heureux qoeplusieursautresoliiciersroyaiisies, il échappa am périls à travers lesquels il rejoij^nit le vicomte de Scépeauxdans les environs de Caudé^ son pays natal. Réuni au comte de Rochecolic, pour iaire uue diversion dans le département de la Sarthc, il avait passé la Mayen ne a Cliàteau- Gontier, à la téte de dix*huit cents hommes, lorsqu'il reçut Tavis que le vicouiic de Scépeaiix venait de signer la paix. Il ramena les hommes qui ravaieiU accûiiipagiic dans leurs foyers, el, comme les siens avaient été pillés et ses propriétés vendues, îl se relira au château (fAngrie, chez le baron de Turpin. Il y était k peine arrivé qu'un ordre d'exil lui fut signifié.
De la Suisse, oii il avait été déporté, le comte de BourmonI, sur rinvitalion du duc de la Vanguyon, chargé des pouvoirs du roi, rentra en France, sous un nom étranger et avec un passe^port suisse. Il se rendit de Paris dans le déparleuicnt de l'Eure, comnae comiiiissaire secret du roi. 11 était revenu à Paris, lorsqu'à près le 18 fructidor il se chargea d'aller rendre compte des événements au comte d'Artois. Il réussit à passer en Angleterre, en s'embarquaut dans les environs de Gaen«
lilmpéritie du Directoire, soivant Texpres*
sien de Napoléon provoqua un nouveau soulèvement des départements de TOuest, en 1799* Désigné par le comte d'Artois, sur la demande réitérée de plusieurs officiers vendéens, pour commander les royalistes de l'Anjou, du Maine, du Perche et du Vendômois, le comte de Bonrmont débarqua presque seul aux environs de Saint-Brieuc, traversa à pied la Bretagne, se concerta près d'Auray avec Cadoudal, et aik se mettre h la tête des populations qui Tavaienl appelé. Après avoir réuni ses soldats improvisés, il marcha contre les troupes républicaines, attaqua la ville du Mans, et s'en empara. La fermeté avec laquelle il préserva cette ville de tout désordre et de tout pillage est d'autant plus louable, et la modération qu'il sut inspirer à ses soldats est d autant plus honorable pour eux et pour leur chef, qu'il n'y avait que trop lieu de craindre que le jour de la victoire ne fut celui de la vengeance. Elle semblait appelée par le souvenir a des monceaux de cadavres qui avaient « jonché les rues et les places publiques, » suivant le rapport fait à la Convention par les représentants du peuple Bourbotte et Prieur, lors de la prise du Mans par les républicains, en 1793. Le comte de Bourmont écrivit au général républicain Simon, resté blessé au
l'blpéoition d'afrique.
Mans : «Qu'il pouvait se faire soigner en toote « sécurité; que le roi voulait toujours se mou- « irer le père de ses sujets, qu'il avait formelle- < meut défendu toutes représailles. » Respectueux observateurs de la défense royale, les Vaudéens se veugeaieut, à leur iaçou, par cette discipline si généreusement commandée, et si fidèiemeut observée, de ce rapport de Westermann à la Convention : « Il n'y a plus de Vendée, « citoyeus républicains; elle est morte sous « notre sabre libre, avec ses femmes et ses en- « fants ; suivant les ordres que vous m'avez « donnés, j'ai écrasé les enfants sous les pieds « des chevaux, massacré les femmes qui, au er moins, pour celles-là, n'enfanteront plus « de brigands. Je n'ai pas un prisonnier à me « reprocher ; j'ai luuL exLci luiaé \ les routes sont « jonchées de cadavres ; il y en a tant que sur « plusieurs endroits ils font pyramides. On
« fusille sans cesse à Savenay, car à chaque ins-
a tant il arrive des brigands qui prétendent « se rendre prisonniers ; nous ne faisons pas « de prisonniers ; il faudrait leur donner le « pain de la liberté, et la pitié n'est pas révolu^
lioiiuaire. m *
Après avoir été obligé d'abandonner le Mans à rapproche des forces républicaines, le comté de Boarmoat se disposait à reprendre . Toffen-