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Les Tiiiliues, (|ui paraisseul iytioior pour eux-mêmes Faction tle la charge à fond et se bornent habituellement à se {porter en avant, à l'aire leu de leurs fusils à mèche et do leurs }>ingolls, [)uis à se retirer au loin, n'attendirent pas le choc des drajjons et se disse'minèrent dans toutes les directions, échappant ainsi à une poursuite devenue impossible; aussi n'éprouvèrent-ils que des pertes [»eu considérables de ce côté : au plus 9 00 hommes mis hors de combat.
Cependant le brigadier Sutton était arrivé à la hauteur et à u
I 1 \ Il ' • • 1 1 liri|;acliei' Sulldii
la gauche de nos troupes au moment ou elles étaient le plus airUe fortement engagées contre le mouvement enveloppant de l'en- ,1^^ Francis. nemi, et sa présence avait opéré une heureuse diversion.
L'armée française, après la dispersion de la cavalerie tartare, avait bientôt repris l'oiïensive; et la colonne anglaise avait alors continué sa marche vers le pont de bois.
Elle eut, dans cette dernière partie de son mouvement, à traverser un pays parsemé de bouquets d'arbres qui entouraient des villages ou des cimetières, et dans chacun desquels se tenaient des groupes chinois. La batterie tirait quelques coups sur chaque fourré, qui était immédiatement abandonné par l'ennemi, et la brigade se portait de nouveau en avant.
C'est ainsi que, de bouquet de bois en bouquet de bois, sans employer l'action de son infanterie, elle arriva au point désigné, à peu près en même temps que le corps de sir Hope Grant.
Les Français étaient déjà de l'autre côté du canal; des campement milliers de Chinois fuyaient dans la direction de Pékin.
Le mauvais état du pont de bois ne permettant pas le passage de l'artillerie, nos alliés se contentèrent de lancer quel-
— l'iO — ques boulets sur les fuyards, et s'installèrent ilans un camp situé à lendroit même où ils s'étaient arrêtés.
Cette journée complétait dignement celle du 18.
L'ennemi avait plus de 1,300 hommes hors de combat, el le général Tchen-pao, qui s était acquis une grande réputation contre les rebelles, avait reçu deux graves blessures.
11 restait dans nos mains dix^-sept canons en bronze, dont quelques pièces hollandaises fort belles, une bannière de Sanko-li-tsin, une énorme quantité de fusils à mèche et de paquets de flèches, él dix mille kilogrammes de poudre pris dans un ujagasin attenant au pont de pierre.
Nos pertes étaient de vingt hommes mis hors de combat, dont trois tués; celles des Anglais étaient à peu près les mêmes, et n'avaient porté que sur la cavalerie.
A Tchang-kia-ouang, l'armée tarlare comptait de 2 5, 000 à 3o.ooo soldats: à Pa-li-kiao, elle était plus nombreuse encore.
Quelques Européens avaient sufli pour mettre en déroute ces forces formidables, organisées par un chef habile et audacieux, et défendant les approches de leur capitale. De si merveilleux succès obtenus dans des conditions si défavorables, et sur un terrain préparé à l'avance par l'ennemi, témoignent hautement de la supériorité qu'ont sur le nombre la discipline et la civilisation; ils rappellent les triomphes constants de ces poignées de soldats romains sur des multitudes de barbares. ■li epiembre Lcs armées alliées, campées à quatre lieues de Pékin, auraient pu profiter de la défaite de San-ko-li-tsin pour s'avancer immédiatement jusqu'aux remparts de la capitale; mais les marches précipitées des derniers jours et les deux combats
au 5 ortobre.
livrés avaient presque épuisé les ressources. Notre infanterie n'avait plus de cartouches de réserve; il ne restait à notre artillerie que quarante-sept coups par pièce, et les approvisionnements (le vivres tiraient à leur fin. Les Anglais se trouvaient à peu prcs dans les mêmes conditions.
Dans cette situation et avec si peu de monde, les comman- Us. nieront venir
dants en chef ne jugèrent pas prudent de se présenter devant ,ie Ticnisin une ville de 9,000,000 d habitants, dont les dispositions étaient «t Us
Il 1 / ■ 11 11 11' 1 ' approvisiiiiiiie-
menaçantes. Ils décidèrent d un commun accord cl appeler a mc.„is,i„|,„„ii,ics. eux toutes leurs forces et de ne quitter Pa-li-kiao qu'après avoir reçu tout ce que Tien-tsin [)ourrait leur fournir en hommes, en munitions et en subsistances.
Les journées du 22 septembre au 5 octobre furent employées a l'accomplissement de ces mesures, et en même temps une série de communications furent échangées avec le gouvernenemenl chinois.
Dès le lendemain du combat de Pa-li-kiao. un nouveau plé- coinnmnic^iiion^
(liplorïintiifiip^.
nipotentiaire chinois, le prince Kong, le propre frère de l'empereur, adressait une dépêche au\ ambassadeurs. C'étaient toujours les mêmes assurances : rrLe prince Tsaï, n'ayant pu ff mener à bien les affaires, lui. le prince Kong, avait été chargé rrpar l'empereur de ses pleins pouvoirs; il était prêt à traiter, tfon pouvait se fier à sa parole.^ Une lettre analogue avait été écrite par le prince Tsaï avant la trahison de Tchang-kia-ouang, pour annoncer la disgrâce de Kwe-liang, le fourbe de Tien-tsin; et les alliés savaient désormais à quoi s'en tenir sur ces sortes de protestations. D'ailleurs, le prince Kong n'exprimait aucune pensée de regret ni de désaveu à propos des derniers événements; il gardait le silence sur les prisonniers et s'abstenait de
— 1A2 — promettre son adhe'sion à toutes nos demandes; de sorte que sa démarche paraissait n'avoir d'autre but que de gagner encore une fois du temps pour organiser de nouveaux moyens de re'sistance ou peut-être la fuite de l'empereur. Les, .mes Cependant, dans un sentiment d'humanité, les ambassa-
les inisoimiers. deuTs iui repoudireut quils seraient disposes a accepter ses
Refus (lesChinois. , . . p i ' l l.]
ouvertures, pourvu que les prisonniers nous lussent préalablement remis. Cette condition exclusive fut repoussée par le haut plénipotentiaire chinois, qui en renvoya l'exécution au moment de la signature du traité. Il avait un gage contre la marche en avant des alliés, et il ne voulait pas s'en dessaisir.
luipime Ce refus obstiné , malgré les instances les plus énergiques
(les iié({Ocialions. i r » i •
et les plus menaçantes renouvelées a plusieurs reprises, amena la rupture des négociations et la marche définitive des alliés sur Pékin, sans qu'on eût obtenu aucun renseignement sur le sort des malheureuses victimes du guet-apens. MM. Parkes et Locke seuls avaient pu signer des lettres dictées en chinois et nous rassurer sur leur propre compte.
EiTeciif Le h octobre, les deux armées avaient complété leurs forces
de la . . .
roioiinefranr.iise. ct Icui's approvisionuements par les troupes et les convois venus de Tien-tsin. Le 109" de ligne tout entier, une compagnie du génie, une batterie de /i, et 270 hommes d'infanterie de marine avaient rejoint la colonne française, qui comptait dès lors 3,5oo baïonnettes et trois batteries d'artillerie, en tout environ 4,000 hommes, avec 600 fusées de campagne. Effectif La colonne anglaise, augmentée du Go" rides, du 67" et du
.niomie anglaisa. Toste dc la cavaleric sikh , amenés par le général Napier, présentait environ le même effectif. Elle avait reçu, en outre, son
artillerie do sicyo composée de pièces de soixante-huit livres.
Les malades et les Messe's des deux arme'es avaient été e'vacue'ssurTien-tsln. Une porte de Tung-chao nousavaitété livrée, et sir Hopo Grant y avait placé une garde de /loo hommes d'infanterie de marine [)oiir y piotéger un dépôt qu'il comptait y établir et en même temps pour surveiller la ville où, assuraiton. se irouvaienl 5 ou 6,000 soldats de la milice.
Le général Montauhan, qui avait déjà laissé une compagnie (lu 10 1'' de li;;iie à Tchang-kia-ouang, en désignait deux autres du 10a' et du bataillon de chasseurs pour rester à Pali-kiao et à Tung-chao; par l'ensemble de ces mesures il assurait les communications par terre et par eau avec Tien-tsin. 11 laissait également en arrière l'ambulance et une partie de l'administration, n'emmenant avec lui qu'une colonne d'ambulance légère et cinq jours de vivres.
Le 5 octobre, les alliés se mirent en mouvement dans la direction de Pékin, allant ainsi accomplir le dernier acte prévu par les instructions, dont les événements déroulaient successivement le programme.
Les Anglais occupaient à leur tour la droite de la ligne de bataille.
Le soir même, et sans avoir éprouvé la moindre résistance, les bivouacs étaient établis à cinq kilomètres de la face est de la ville, dans un grand village au milieu d'un pays riche en culture de toute espèce, couvert de bouquets d'arbres très élevés et très touffus. On découvrait parfaitement les remparts de la capitale, qui [)araissaient garnis de troupes; quelques cavaliers tartares étaient en vue de nos avant-postes, dont ils ne cherchèrent pas d'ailleurs à se rapprocher.
Les ;illiés marchent
vers Pékin.
(5 octobre.)
— l'i'l — i(«o.iiiaissaiices. Les reconnaissanccs envoyées de tous côtés et les divers renseifjnements qu'on put se procurer signalaient l'existence d'un immense camp retranché au nord de la \llle, servant de quartier général à San-ko-li-tsin. Dans la pensée que des troupes nombreuses pouvaient être réunies dans celte enceinte, il lut convenu que le lendemain les alliés se j)ortoraient (mi avant pour en déloger Tennemi, avant de livrer assaut à la capitale, (i octobre Le 6 au matin, les deux généraux se remirent en mouve-
ment, suivant une direction parallèle à la face est de Pékin. Les armées s'avançaient sur deux colonnes chacune, à travers des plaines couvertes et boisées, aboutissant souvent à de véritables impasses.
Vers q heures, elle s'arrêtèrent |)0iir prendre un peu de repos, sur un terrain occupé par d'immenses fours à briques, à 2,000 mètres de l'angle N.E. de la ville.
Le parapet du retranchement se distinguait parfaitement du haut de l'un de ces fours, sur lequel étaient montés le général Montauban et sir Hope Grant. Alors le commandant en chef français envoya le colonel Dupin, à la tète d'une trentaine de cavaliers, reconnaître la route à suivre. Cet officier supérieur revint bientôt en toute hâte annoncer qu'il s'était trouvé en face d'une force considérable de cavalerie tartare et n'avait eu que le temps de se replier sur les alliés.
Il est vrai que cette cavalerie n'a plus reparu; mais on s'attendait à une lutte sérieuse, et les dispositions d'attaque furent prises dans cette prévision.
Maiciic Lne heure après, les troupes françaises et anglaises, alignées
r.:i.-s,Khement » la même hautcur, marchaient directement au camp. Le général Jamin devait attaquer le retranchement de front, et le gé-
sur l<
niche
:iM non! do Pékin.
— I'i5 — nëral Collincaii était cliargé de !<• touinor |)ar la {jauclie; les Anglais avaient, à reiiKtiiter vers la droite pour y exe'cuter une double ope'ratioti de môme nature.
Le mouvement fut oiïectué avec rapidité', surtout pai- Tarnie'e française, qui avait, moins de terrain à ])arcourir; bientôt le ge'ne'ral Montauban, (|U(! lord KIgin était venu j(»in(h'e à cheval, gravit avec l'ambassadeur anglais le parapet désert, et s'assura que le camp avait été évacué la veille mémo, à en juger par les traces récentes de bivouac.
A ce moment sir Hoj)e Grant fit prévenir le général (|ue, d'après les rapports de ses espions, l'armée tartare s'était retirée du côté de Yuen-min-yuen, magnifique résidence impériale, située au N. 0. de la capitale et à (juelques kilomètres de l'emplacement que nous occtqiions; sir Hope (îrant lui proposait en même temps de marcher sur cette position.
L'heure était peu avancée, les troupes étaient pleines dar- Mmiio
flps Françjiis
deur; dans ces conditions, la distance devait être [>ronq)tement smiepaims franchie. L'armée française se mit donc en marche dans la ^„cn-njin uien. direction indiquée, décrivant un arc de cercle autour du liane droit des Anglais. Elle dut se former en une seule colonne, pour ne pas se diviser à travers une espèce de labyrinthe boisé et presque inextricable.
Le soleil était ardent, la poussière se soulevait en nuages épais sous les pas des hommes, et il devenait difficile d'assurer l'itinéraire dans les chemins creux, bordés de maisons et de groupes de tombeaux.
Vers deux heures de l'après-midi, on s'empara d'un paysan, qui fut conduit à la tête de la colonne; le commandant Campenon lut chargé de diriger l'armée sur les indications. du prisonnier.
On avançait toujours, (juoique la fatigue exigeât des repos plus frécjuents.
u, Vers quatre iieures, lavant-garde rencontra la cavalerie
iviifoiiiiT anglaise, sous les ordres du brigadier Pattle, à la recherche de iMii'IiiM' 1 armée de sir Ho[)e Grant, dont nous avions nous-mêmes perdu complètement les traces. Le lirigadier Pattle se de'cida à suivre la colonne française, sur l'invitation du général Montauhan et dans lespoir de rencontrer son commandant en chef au rendez-vous assigne'.
A sept heures du soir, les troupes traversèrent un village dont les habitants e'tonués fermaient en toute hâte leurs maisons; elles franchirent un pont magnifique et s'avancèrent, [)ar une route en dalles de granit, sur une esplanade plantée de grands arbres en quinconce. Elles étaient en face du palais d'été de l'empereur.
i.os Franrai^ L'cutrée eu était fermée [)ar une porte très solide au milieu vuoii-mi!i''ui.;n. ^t par dcs barrières adroite et à gauche; on disait que les ïartares se tenaient en arrière, dans les cours et les jardins. Le commandant en chef jugea prudent de faire reconnaître la position avant d'établir son bivouac; et. dans cette intention, il envova de suite deux compagnies de marine sous la direction du chef d'escadron (lampenon.
Le lieutenant de vaisseau de Pina, entendant du bruit dans l'intérieur de la première cour, fit sommer d ouvrir; bientôt, ne recevant aucune réponse, il escalada le mur à l'aide d'une échelle, en même temps que l'élève de marine \ivenot. A peine arrivés sur la crête, ces deux ofliciers aperçurent un certain nombre d'hommes armés de piques, de llèches et de fusils, qui se retirèrent d'abord à leur aspect, s'imaginant les voir accom-
pagnes, mais (jiii firent bientùl un retour agressif lorsque M. (le Pina ont pénétré seul dans l'enceinte.
Une lutte s'engagea, vigoureusement soutenue par le lieutenant (le vaisseau, qui tira plusieurs coups de revolver et fut blessé à la main gauche et au poignet droit. Heureusement les soldats d'infanterie de marine, auxquels il parvint à assurer le passage, s'élancèrent à son secours et à celui de M. Vivenot, qui l'avait suivi de près et avait lui-même reçu une balle dans le côté.
Les défenseurs, après une résistance courte et inutile, prirent la fuite en désordre, emmenant plusieurs blessés et laissant derrière eux trois des leurs tués.
Les coups de feu , dont le bruit retentissait au milieu des bâti- Le nénéiai
, . , , , 1 ' I 1 1 • • • Montauban
ments et était répète par les échos des bois environnants, avaient fait occuper appelé le commandant en chef sur les lieux. Il fit bientôt venir ,]„ |,„i„is jeté. le général CoUineau avec une partie de sa brigade, pour occuper fortement la première cour du palais et rester jusqu'au lendemain dans celte situation. Il y aurait eu, en efTet, du danger à poursuivre les défenseurs pendant l'obscurité au milieu de constructions inconnues.
La nuit se passa sans accident, mais aussi sans nouvelles de \nnce ^inRiaise. nos alliés. Or voici ce qui était arrivé à l'armée anglaise, depuis qu elle s'était éloignée des troupes françaises pour attaquer par la droite le retranchement au nord de Pékin.
Suivant le plan convenu, après une marche d'environ trois ou quatre kilomètres le long de la face est de ce retranchement, elle avaii changé de direction à gauche et s'était engagée dans un pays tellement fourré, que la vue s'étendait à peine à -î oo mètres. Les chemins creux l'obligeaient à de nombreux détours.
et elle finit par ségarer un instant. A ce moment, on signala sur sa droite des cavaliers lartares et des traces de cam()s.
Sir Hope Grant, qui, dès l'origine de son mouvement tournant, avait envoyé la plus grande partie de la cavalerie sur son flanc, pour couper, sil était possible, la retraite à l'ennemi, n'avait conservé que quelques dragons, dont il se servit pour s'éclairer.
Ce fut alors quil fit prévenir le général Montauban des renseignements rapportés par ses espions; il s'attendait d'un instant à lautre à le voir paraître dans la direction du N.O.; mais la colonne française passa sans être aperçue, tant le terrain était couvert.
Sir Hope Grant, dont la troupe avait un peu trop incliné vers le S. 0., arriva vers deux beures, et sans s'en douter, en vue du retranchement qu il croyait encore occupé. cnmpempi.i H le trouva désert, pénétra dans l'enceinte et lit halte vis-
JnL .rivk'i". à-vis de la porte ouest de la face nord de la ville.
Lue large roule conduisait directement à cette porte, précédée d'un faubourg considérable, dans lequel on apercevait nue certaine cpiantité de cavaliers. Deux pièces furent immédiatement mises en batterie; mais lesTartares se retirèrent aussitôt, une partie rentrant dans la ville, l'autre s'enfuyant le long des murs.
Le général anglais, n'ayant plus à redouter d'attaque, se décida à faire bivouaquer son armée jusqu'à ce ({ue des renseignements lui fissent connailre la position des Français et celle de sa cavalerie, qui, on l'a vu plus haut, avait accompagné ceuxci jusqu'à Yuen-min-yuen. L'absence de cette dernière troupe l'empêchant de tenter une reconnaissance sérieuse, il alluma
— 1A9 — (le [;iaiHls foux sur le rctranchcinenl pour indiquer l'emplacement (le ^i)\i cani|>; el le 7, à cituj heures du malin, il (il tirer dans le même but une salve de vingt et un coups de canon , qui lut, en ellet, entendue au bivouac de ses allie's.
Le géne'ral Monlauban se concerta immédiatement avec le Le (;.inr.,i brigadier Paille pour envoyer aux cliels de i armée et de la fmt |„v,ei>irdiplomatie anglaises des nouvelles sur le mouvement de la ,ie son arriva
H, 1 1 III I " Yuoji-min-viiPii.
0 et les engager a se rendre de leur personne au camp de
Yuen-min-yuen; cette j)récaution prise, il se disposa à visiter
le palais.
Voulant mettre sa loyauté à l'abri de toute fausse interprétation et ne laisser aucun prétexte à la médisance ou à la jalousie, il avait tenu à ce que les alliés fussent représentés dans celle |)remière reconnaissance. On disait cependant qu'àTchang-kiaouang les Anglais s'étaient emparés d'un matériel considérable, et qu'en particulier ils avaient trouvé dans cette ville pour (juatre millions de thés.
Jusqu'alors aucun Européen n'avail franchi le seuil de \uen- v,sit<..iu priais. min-yuen, dont aucune habitation princière d'Europe ne peut donner une idée. C'était une succession de parcs, de lacs, sur une étendue de plus de quatre lieues, avec des constructions en marbre blanc, couvertes de tuiles vernies et de toute couleur; des pagodes enrichies de dieux aux dimensions gigantesques; des tours au\ formes bizarres; des terrains capricieusement accidentés et des poinls de vue admirables. Toul, dans l'ensemble et les détails, offrait un cachetdc grandiose et d'élégance, splendide image des mœurs de l'extrême Orient.
Dans chacune des pagodes, les objets précieux étaient réunis en telle abondance, qu'on aurait cru, à voir ces véritables ma-
une
ruimiiissiun
lie surveillanre.
— i:)() — gasins, que l'empereur de C-liino était le iournisseur ge'iiéral de son empire.
(îependant uti sentiment pe'nible saisissait les esprits en présence de létat d'incurie dans lequel étaient abandonnées ces merveilles; il n'y avait d'exception que pour celles qui décoraient le palais spécialement affecté à 1 habitation de l'empereur.
I..- i;.nn-,i Le général Montauban, au fur et à mesure qu'il avançait
Miiiilaiih.'in
noiiiiiie dans ses recherches, faisait placer des sentinelles et confiait à des officiers le soin de veiller à ce que tout restât intact jusqu'à l'arrivée de sir Hope Grant et de lord Elgin. Les capitaines d'artillerie Schœlcher et de Brives, chargés de cette mission, s'en acquittèrent avec le zèle le plus consciencieux; aucun objet ne fut détourné tant que dura leur surveillance. Il n'en fut malheureusement pas de même par la suite.
Arrivée A onze heures et demie, le général et le plénipotentiaire
comimssion auglais ctaicut a luen-min-vuen ; aussitôt des commissaires, relevant MM. de Brives et Schœlcher de leurs fonctions, furent désignés dans les deux armées pour recueillir les curiosités les plus précieuses dont il devait être fait entre elles un partage égal. Les moyens limités de transport ne permettaient pas de songer à tout emporter.
Le soir même du 7, dans la salle du trône, la répartition eut lieu entre les chefs alliés. Le général français fit mettre de coté un choix des objets les plus remarquables, qui devaient être offerts à Leurs Majestés l'Empereur et l'Impératrice et au Prince Impérial. Une collection semblable fut destinée à la Reine d'Angleterre.
Le 8, de nouvelles recherches amenèrent la découverte d'une
— l.Vl — cortaine quantité de liiijjots d'or et d'argent, dont l'inventaire lut dressé par les soins de la même commission.
Un dernier et douloureux spectacle était réservé au\ visiteurs m-\^
. (les [»risiiiiiiipr>
de luen-min-yuen. troims
Dans une des maisons qui avoisinent le palais impérial, '" '"'" on trouva déposés les effets de plusieurs prisonniers vainement réclamés depuis le guet-apens de Tcliang-kia-ouang.
Parmi ces tristes dépouilles figuraient les vêtements du colonel FouUon-Grandchamps de l'artillerie, un carnet et des ol)jets de sellerie ayant appartenu à M. Ader, comptable des hôpitaux, et i5 selles complètes provenant des Sikhs.
Il fut d'ailleurs impossible d'obtenir d'autres renseignements sur nos malheureux ca|)tifs.
Le q au matin, quoique la plus grande partie du labyrinthe mpn de palais qui compose cette splendide résidence restât inex- vutninin-vuen. plorée, le commandant en chel, auquel les vivres commençaient à manquer, se décida à faire un mouvement en arrière, et à se rapprocher du gros de l'armée anglaise, qui était toujours campée au N. 0. de Pékin et que sa cavalerie avait rejointe.
Le corps français se mit en route à la pointe du jour, et alla liium;,, bivouaquer à trois kilomètres environ du cani|) des allies, a m. imni.icPéUn. cheval sur la grande route qui mène à la porte de (!an-ting. Les deux armées étaient ainsi placées sur la face nord do la ville, dans l'enceinte même du grand camp retranché.
A son arrivée , le général Montauban fut prévenu par sir Hope i.. nm-.
(l'un
Grant qu'un certain nombre de prisonniers étaient rentrés le 7 : (eitai.. mmiiirc c'étaient pour les Anglais, MM. Parkes et Locke: et pour nous, MM. d'Escayracde Lauture, Roset et Bachelet, ordonnances du capitaine Chanoine, et les soldats Ginestet et Petit. La trace des
— 15-2 — traitements horribles qu ils avaient subis donnait la mesure de la barbarie des Chinois, et éclairait d'un sombre jour le sort de leurs malheureux compagnons d'infortune, dont ils ignoraient même la captivité, tous ayant été séparés les uns des autres.
Une clause nouvelle dut être ajoutée aux conditions de la paix : les morts seront rendus dans leurs cercueils.
Cette clause devait, hélas! recevoir sa triste exécution. Jusqu'au 1 8 les Chinois nous renvoyèrent successivement les corps décomposés du colonel Foullon-tirandchamps, de l'oUîcier dadministration Ader, du sous-intendant Dubut, et de leurs ordonnances, Godichot, Ouzoul et Blanquel. Le cadavre de rabi)é Duluc ne fut jamais retrouvé; mais on apprit plus tard que ce missionnaire avait été assassiné à Pa-li-kiao et jeté dans les eaux du canal. Ainsi le nombre des victimes s éleva, ])our nous, à 6; pour les Anglais, à i 3 sur 26.
Du reste, aucun changement ne s'était produit dans les relations des alliés avec le gouvernement chinois; et les commandants en chef résolurent de presser un dénoùment que l'approche de la saison rigoureuse rendait très urgent. Sommation Lc 10, ils adressèrcut au prince Kong une sommation pour
an lui.urKonff. cxiger la reddition de la porte de Gan-ting et l'Installation de leurs troupes sur le rempart même de Pékin dans la journée du i3, avant midi; ajoutant que, si, à l'heure dite, ces conditions n'étaient pas remplies, l'artillerie ferait brèche à la muraille.
Il n'était pas possible, en effet, de songer à franchir ces hautes et épaisses défenses par l'escalade; aussi, à partir de la sommation, les travaux de siège furent entrepris et poussés avec vigueur jusqu'à la fin de la nuit du 1 1> au i 3.
Deux batlcries de ])rèche, lune de quatre pièces anglaises (le 08 livres, l'autre de quatre canons obusiers do 13 rayés, furent ('lalilies enire la porte (jan-ling et 1 angle N. E. du relranchenienl: la batterie anglaise, installée dans le temple de la Terre, était à !?5o mètres de la ville; la batterie française, à 70 mètres environ.
C'était un spectacle singulier ([ue de voir ces travaux s'exécuter sans obstacle, en présence des Tartares qui garnissaient les créneaux; une reconnaissance avait pu même s'avancei' librement juscpiau pied des murs. Cette curiosité passive et en (|uelque sorte sauvage de la part des Cbinois, assistant, du baut de leurs remparts, à l'armement de nos batteries, ne pouvait guère s expliquer ipie par leur conliance dans la masse énorme des constructions (|ui les protégeaient.
Cependant, dans la nuit du 1 a au 1 3 , le mandarin Hong-ki, qui remplissait, depuis (juelques jours, les fonctions d'inter- .lemamio
,... I 11*/ 1 I''l 1^ ronférer ;i\er.
niediaire entre les allies et le gouvernement climois, demanda i„s .leiejru.s a conierer avec deux délègues anglo-lrançais au sujet de la remise de la porte Gan-ting.
Le commandant Campenon, du corps d état-major, etM.Parkes. désignés pour cette mission, furent reçus par Hong-ki dans un grand vamoun du faubourg, situé en avant de l'armée anglaise. A la suite d'une discussion dans laquelle le mandarin tenta de modilier les conditions imposées par les délégués, il finit par céder sans réserve sur tous les points.
Le 1 3 à midi, c'est-à-dire à l'heure tixée, la porte Gan-ting s'ouvrit en effet devant nous, et un bataillon de chaque nation alla s'établir sur le rempart.
Le bataillon français ap])artenail au 101" de ligne, et à sa
l.i' uianiiai'iii Hong-ki
Oi-nipnlioii
dt\ la porte
(îait-linj^.
— I5'i — tète marchaient le colonel Pougel do ce régiment et le chef délat-major. L entrée de nos troupes seiïectua aux cris répétés de rire l'Eiiipcrriir! l'U présence dune loule immense, dont les mandarins parvenaient difficilement à contenir rcmpressement.
Le rempart, large de 17 mètres était armé de quelques canons en hronze. d un fort calibre et d'un travail remarquable, indépeudiimment d une quantité considérable de petites pi(k'es assez grossières; mais les approvisionnements de poudre et de projectiles ne répondaient pas à ce déploiement de matériel de guerre. Les munitions des (Ihinois, si abondantes pendant les premières opérations, étaient devenues de plus eu plus rares; et il est probable que cet épuisement, joint au retentissement quavaif en la pointe heureuse faite sur \uen-miu-yuen. avait fortement contribué à nous ouvrir laca|)itale de l'empire. l'mnuii.ML. Les généraux alliés prirent immédiatement les mesures de
i)recaulion nécessaires pour assurer leur position, et tirent disposer sur le rempart six: pièces de /i et autant de pièces anglaises, destinées à enfiler les [)rincipales rues qui déitouchent sur la porte occupée. L'armée française se iap|)roclia on même temps de la ville et vint sinstaller près des murs dans les casernes aijandonnées par les Tartares.
Mor iihivmiiiKe A partir do c(^ moment commença à percer l idée d un hivernage à Pékin, idée favorite de lord Elgin.
L'ambassadeur anglais considérait roccu[)ation comme devant, une fois le traité obtenu, en assurer le développement sérieux et durable; il n'avait pas, disait-il, à se préoccuper des inconvénients que cette mesure pouvait entraîner au point de vue militaire, laissant aux généraux le soin de décider, sous leur propre responsabilité, si lexécution eu é'tait possible.
allies.
[•(•kin.
— ir)5 —
Sir Hopc fîraiil. loiil en (l('sa|)[)roiivanl la |»ro|>osilion <lc loid Elgiii, était bien aise de s"a|)|tiiyei', dans sa réponse, suile relus du général Monlauban.
Le commandant en chef français n hésita pas à déclarer que opi-osino»
fin péntTllI
le salut (le ses troupes ne lui |)ermettait pas de prolonger son Moi.uinii.iM. séjour dans la capitale au delà du i" novembre, et (pi'a cette épo(pu:' il se retirerai! à Tieu-isiu, où tous les approvisionnements avaient été [)réparés pour passci' l'hiver, tandis (ju'il n'avait pris aucune dis|)Osition pour restera Pékin. D'ailleurs la saison commençait à devenir rigoureuse; les montagnes \oisines étaient couvertes de neige, et le vent du nord, souillant avec violence, faisait présager l'arrivée des mauvais tem[>s, annoncée comme prochaine par les gens du pays.
Cependant la diplomatie, malgré ses efforts, avançait lente- Leni«ir. ment ; les échanges de notes sur chaque condition particulière absorbaient un temps précieux, etl'on pouvait craindre qu'à la date fixée pour le départ des troupes la question n'eût pas fait un pas.
Lassés de ces retards, le 17, les ambassadeurs se décidèrent inimatum a envoyer aux autorités chinoises un ultimatum, (pu n était autre ,in)b,,«.,ip»i<. ([ue celui des commandants en chef: rOu la paix serait signée ff le 3 3, ou les alliés entreraient dans la ville et v brûleraient le -palais impérial, sans aucun dommage pour la popuation. si frelle reste simple spectatrice.:'
On manquait alors de renseignements positifs sur la position néfiiui de l'armée de San-ko-li-tsin; les uns prétendaient qu'elle s'était .enseiBnemenN
,,... . ,. ., -, -, <inr l;i ))iisi(iuji
retirée a six iieues seulement de la capitale, tandis que dau- ,ie
très rapportaient qu'elle avait battu en retraite vers la Tartarie, où s'était déjà réfugié l'empereur, à quarante lieues de distance '.
' Voir clans l'appendice, à la lin dn volume, les pièces trouvées au palais dMttî.