‹ Relation de l'expedition de Chine en 1860Chapitre 19 sur 30 · JO · texte numérisé non relu

JO

t l'jirmce larlyi'c.

— I5(i — Quelle que fût 1h vérité, réloignemcnl de cette armée paraissait établir qu'elle avait renoncé désormais à toute résistance; et, j»ai- le fait, li's alliés ne devaient plus se retrouver en présence de ces masses d'infanterie et de caNalerie qu'ils avaient deux, fois mises en complète déroule.

Tir.iiiieineiiis Lc général Montauban avait résolu d attendre dans sa position les délais tixes par i ultimatum, avant d exercer de nouvelles rigueurs contre le gouverneMient de Pékin; mais sir Hope tirant et surtout lord Elgin manifestaient de jour en jour une impatience [ilus vive et semblaient ne devoir reculer devant aucun moyen de coercition, dùt-il entraîner le renversement de la dynastie régnante.

Cette disposition, contre laquelle le commandant en chef et rambassadeur français réunissaient leurs efl'orts pour rester fidèles à l'esprit de leurs instructions, s'était surtout dessinée depuis qu'au lieu de rendre vivants tous les prisonniers du 1 8 septembre, les Chinois avaient renvoyé les cadavres du plus grand nombre. Lord Elgin , préoccupé sans doute de l'opinion [)ublique en Angleterre, et surtout des passions de la presse de Londres, qui comptait parmi les morts un de ses représentants les plus accrédités. M. Bowlbv, le correspondant du 7VH(e.s, désirait frapper un grand coup et donner satisfaction à ces exigea es par une réparnlioii éclatante.

Cette divergence de politique ne tarda pas à iirodulre des

tiraillements entre les alliés.

i.„.<i Kiiiin D'abord les ambassadeurs étaient tombés d'accord sur i idée

jmlX.- de n'ajouter aux conditions du traité de Tien-tsin que la stipu-

''■''"'"'-''"" lalion d'une indemnité à allouer aux familles des victimes de

la perlidii' lailarc : zioo.ooo taëls ou 1,600.000 francs pour

les Français, .')Oo,ooo tac'ls pour les Anglais, en raison du plus grand nombre de leurs prisonniers; mais, dès le i 7, lord Elgin proposait au baron (Iros d'im|)Oser l'e'rection à Tien-tsin d un monument (|ui consacrât à jamais la honte du guol-apens, et d'incendier complètement le palais de Yuen-min-yuen, déjà brûlé en partie par nos troupes et les Chinois eux-mêmes dans les journées des 7 vA 8 octobre.

Notre ambassadeur parvint, non sans peine, à détourner son collègue du premier de ces projets, auquel le gouvernement de Pékin n'aurait pu consentir sans s'abaisser au dernier point; quant à l'incendie du palais d'été, aucun raisonnement ne réussit à empêcher cet acte de vengeance.

Le général Montauban refusa formellement de coopérer à !..• ««nérai une semblable e\|)édilion; il la jugeait, ainsi que le baron (Iros, rpfusc

••Il • ' * 1 (' 'Il , de cuopéri;!-

nuisible aux intérêts du gouvernement Irançais, ilans la pensée „ ,^n^ opénamu. ([u'elle pouvait avoir pour résultat de jeter la terreur dans ,1,. çl^n'^o,,;,"",!,. [esprit déjà peu rassuré du prince Kong et de lui faire abandonner les négociations entamées. Dans ce cas, l attaque du palais impérial de Pékin deviendrait une nécessité, et la chute de la dynastie actuelle en [)araissait la conséquence.

Ces considérations ne purent arrêter nos alliés; peut-être quelques esprits voyaient-ils même dans les événements redoutés par nous l'accomplissement de leurs vœux secrets; lappui que certains hommes avaient prêté sous main aux rebelles, dans leur marche sur Shang-haï, pcriueltait du moins de s'arrêter à cette hypothèse.

(kioi qu il eu soit, les Anglais disaient, pour expliquer leur liaisons aiié|;uéM

, 1 • ,, 1 ■ T r ' • • par les Anjfiais.

resolution : "(<est dans ce [lalais d ete que les prisonniers ont frété traités avec une barbarie atroce et qu ils sont restés pieds

— ir)8 — fel poings lié» pendant trois jours, sans avoir rien ni à lioire •ni à manger: la nation anglaise ne sera pas satisfaite, si 1 On T n'inllige au gouvernement chinois un châtiment sévère , marque r durable du ressentiment inspiré par la perfidie avec laquelle •ri! a violé le droit des gens; si nous nous hornions à signer un ^traité de paix, ce gouvernement croirait pouvoir impunément rr saisir et assassiner nos compatriotes; la destruction du palais, -considéré comme une place forte, sera un coup porté, non -contre le peuple, mais contre la cour de Pékin, auteur -véritable des atrocités commises; et d'ailleurs on ne pourrait -arguer contre cette opération daucun motif fondé sur des Tsentiments d'humanité.- Incendie Eu conséqucuce , une division anglaise se rendit, le 18, à

rlii uniais d'été •■- - i* n 'P 1

par i.s anglais. 1 uen-mm-vueu , et livra aux llammes ces magnitiques pagodes, ii.MKio.ip.) ^^^^.^ quelques jours auparavant, avaient fait l'objet de noln^ admiration.

Nouvcii-s A la suite de cette exécution, qui menaçait de compro-

d'T'Cil's. mettre la situation, la diplomatie anglaise éleva une nouvelle prétention, par laquelle le commandant en chef français craignit de voir délinitivement détruire tout espoir de cou.clure un traité. Le prince Kong avait été pnWenu que sa réponse serait attendiie jusqu'au 20; mais le délai après lequel les mesures de rigueur devaient être prises avait été étendu jusqu'au 28 dans l'ultimatum. Nos alliés, cherchant à interpréter cette convention dans le sens le plus étroit, proposèrent, le 19, d'attaquer le lendemain, si toute satisfaction n'était accordée par le plénipotentiaire chinois. Le général Montauban déclara à sir Hope Grant, l'organe de lord Elgin en cette circonstance, ({u'il ne consentirait à exercer

— IT)!) — coiiliT la ville aiicime \i(»lnici' avant le -î-'i ; les choses en roslèi'ciit là.

Du resle l(!s aiiloriU-s cliiiioises avaunil (li'jà ;niiioiic(' (ju elles 1.0 .luiorii.^!,

cliiiioi»cs

Iciiaient à iidln' flisposilion les 5oo,ooo taëls deslinés à I in- se m.inim.i

ip'iii*' '• disposées

(leiniiilé re'clamee pour les laiiiilles des victimes, et paraissaient „ u, si,;i.iiiu,e

pressées d'en finir. En elT(>t, dans la matinée même du 90, le

pi'ince Kong envoya anx ambassadeurs son acceptation pour

tontes les conditions exigées et la nouvelle de la dégradation

de San-ko-li-tsin et de Yulline, les deux commandants en chef

(lui avaient été les instigateurs de l'attentat du 18 septembre.

Le 9 3 , rindemnité fut payée ; et le 28, le prince Kong, dans une

nom elle communicatidii , fit connaître qu'il était prêt à signer le

traité et qu'il avait par-devers lui la ratification de lempereur.

Les ambassadeurs allèrent immédiatement s'établir dans des vamoiiiis situés dans lintérieur de la ville et mis à leur disposi'ion par le gouvernement du pays.

Les cérémonies de la signature eurent lieu, le a 4 pour les si,;„,,tMiv Anglais, et le 90 [)our les français. Dans ces deux occasions, (.,',„ci,.ihv., un déploiement assez considérable de troupes répondit aux biMiits vagues qui avaient couru sur les dispositions hostiles de la population, dont on voulait dans tous les cas frapper 1 imagination.

Le cortège de sir Hope Grant et de lord Elgin se composait (,,.riè);oi,ni;L,i. (111110 centaine de dragons de la Reine dans une fort belle tenue et d'une cinquantaine de Sikhs à cheval, de deux régiments anglais de 5oo liommes chacun et d'un détachement de Sikhs à pied.

L'ambassadeur fit son entrée dans une chaise entourée de seize porteurs fort élégamment habillés.

Coritge français. Lc 2 0,3 oiize heiires, le général Montauhan et le baron Gros se mettaieni en marche à leur tour pour se rendre au tribunal (les Rites, où les attendait le prince Kong.

Un forl détachement, dans lequel étaient représentées toutes les Iroupesdu corps expéditionnaire, leur ser\ ait de garde d'honneur. Les spahis, avec leur burnous rouges et leurs housses de selle neuves; les chasseurs, très bien équipés, avec des casques garnis d'un lurban bleu de ciel; nn escadron complet d'artillerie à cheval, portant des habits et des képis confectionnés à Shang-haï, pour remplacer les effets perdus sur la Reine-des- Clippers ; enfin l'infanterie, en tenue de campagne, avec son altitude martiale, présentaient un ensemble propre à impressionner les (ïhinois, si habitués à juger sur l'extérieur.

Cette escorte, qui n avait vraiment rien à envier à celle de nos alliés, traversa toute la ville tarlare dans le meilleur ordre, au milieu d'une foule compacte, (jue les mandarins faisaient écarter de manière à nous laisser le passage libre. Déveioppeiueiii Pékiu , partagé en ville tarlare et en ville chinoise, est fort sale et mal bâti, à lexception de quelques beaux monuments et surtout du mur d enceinte, carrelé en briques magnifiques; les rues sont mal entretenues et couvertes d une épaisse couche df poussière, qui se transforme en boue an moindre mauvais temps.

Le développement de l'enceinte est immense, et il fallut une heure et demie à la colonne, partie de la porte nord, pour arriver au palais des affaires étrangères, situé à ([uelqne distance des murs qui séparent la ville chinoise de la ville tartare.

Le prince Kong, jeune homme de vingt-quatre à vingt-ciu(j ans, d une figure douce et spirituelle, reçut les rej)résentants

— loi — de l'autorité française , entouré tic ses ministres et de mandarins à boutons de toutes couleurs.

Tout ce personnel était réuni dans une vaste salle, à la droite du frère de l'empereur; le baron Gros et le }>énéral Montauban se placèrent à sa gauche'.

L'échange des pouvoirs, leur ratification et la signature du s,|;uaiuie

(lu Iraitc français.

traité de paix prolongèrent pendant une heure environ la ce- ( is odobre.) rémonie, ([ui s'accomplit de la manière la plus satisfaisante et avec les marques de lu plus gracieuse courtoisie de la part du prince Kong. La clôture fut saluée par une salve de vingt et un coups de canon tirés des remparts et annonçant à l'armée que le but de l'expédition était atteint.

Les quelques jours précédant cet événement avalent été Recherche

(Icsétobiissements

employés à rechercher les établissements religieux dans 1 inte- ,di|;ieu<. rieur de Pékin. On avait appris par l'intermédiaire du général Ignatlef, ministre de l'empereur de Russie, que, vers la ligne de séparation des villes tartare et chinoise, il existait encore, dans un état presque complet de conservation, une église catholique portugaise, construite par le père Mathieu Ricci; d'un antre C(Mé, vers la face ouest et en dehors de l'enceinte, des renseignements, venus de même source, avaient signalé un grand cimetière chrétien, entouré de murs et renfermant les tombes monumentales en marbre des pères jésuiti^s, ([ui ont joué autrefois un si grand rôle à la cour des empereurs de Chine.

L'entretien de ces beaux monuments était dû en partie au respect des Chinois pour les morts, en partie à la sollicitude de la mission russe, qui y était établie depuis quelque temps.

' Ea Chine la gauche est la place d'hoiiueur.

— 16-2 — ncmise <ie r.i;iis(. Le gouvemement chinois consentit à cétler à la France 1 ér.iihoiiquo. glise et le cimetière, et la remise en tut laite a monseigneur Mouly, e'vèque de Pékin, qui, pour la première fois depuis quinze anne'es, péne'trait, sur les pas de nos soldats, dans le chef-lieu de son diocèse.

Inhumation Lc 2 8 Qu luatiu, l'amiée française rendit les derniers hon-

franraises. ueui's à uos malhcureux compatriotes, qui reposent dans le cimetière catholique, devenu désormais une terre française.

La cérémonie de l'enterrement fut très imposante et eut lieu au milieu d'un concours immense du peuple chinois, avide de toute espèce de spectacle. Les si\ corps étaient portés chacun sur un chariot d'artillerie, recouvert d'un drap de velours noir avec une croix blanche. Un grand nombre d'officiers anglais, auxquels nous nous étions joints nous-mêmes quelques jours auparavant lorsqu'ils avaient accompli les mêmes devoirs envers les victimes de leur nation , la mission russe entière et tous les prêtres catholiques, français, anglais et chinois, s'étaient réunis au triste cortège. Les prières furent récitées sur les tombes par monseigneur Mouly et l'abbé Trégaro, aumônier supérieur de l'armée.

Office desmoiis Le lendemain, l'ambassade et les députations du corps expéditionnaire se rendaient à l'office des morts et au Te Dcum, célébrés dans l'église de Pékin, rendue au culte catholique après trente-cinq ans d'interruption. Une vive émotion s'empara des assistants lorsque les chants chrétiens s'élevèrent dans ce temple reconquis à la religion, et surtout lorsque la musique et les chœurs des régiments entonnèrent le Domine salmmfnc Impemlorem. On aurait pu se croire dans une église de France, tant les troupes du génie et autres avaient rivalisé

et Te Dell { -nj octobre

— 16;^ — (refl'oi'ls, tant l'evè([iie, avec ses prêtres, avait (lé|)loyé de zèle pour faire disparaître les dégradations résultant d un long abandon.

La signature du traité avait eidin terminé la phase des hostilités-, toutes les satisfactions exigées par les deux |)uissances étaient accordées.

Les conventions du 97 juin 1 858 élaient défiiiitivenient re- ci.iuses.iu n-aUé. connues; et l'indemnité de {guerre, tixée à cette épof|ue à deux millions de taëls pour la Fiance, était élevée à huit. Sept millions étaient destinés à couvrir les dépenses des armements contre la Chine, et un inilli(ui à dédommager nos nationaux et nos protégés, spoliés lors des incendies des factoreries de Canton, ainsi que les missionnaires catholiques atteints dans leurs personnes ou leurs propriétés. Les établissements religieux et de bienfaisance, confisqués aux chrétiens pendant leur persécution, leur étaient rendus. La ville et le port de Tien-tsin, dans la province de Pe-tche-li, étaient ouverts au commerce étranger, aux mêmes conditions que les autres villes et ports de l'empire déjà admis à cette faveur.

Les troupes, après le payement d une partie de l'indemnité, devaient évacuer Tien-tsin pour aller s'établir aux forts de Takou et sur la côte nord du Chang-toung, d'où elles se retireraient ensuite, ainsi que des autres points occupés sur le littoral de la Chine. Cependant la faculté était laissée au commandant des forces françaises de les faire hiverner à Tien-tsin, s'il le jugeait convenable, et de les y maintenir jusqu'à solde complète de l'indemnité de guerre.

Pékin devait être évacué immédiatement après l'échange des ratifications; il en était de même de Chusan.

— IG/i —

Les Anglais avalent obtenu des conditions analogues; de

plus, ils s'e'taient fait conce'der la pointe de Kowloon, situe'e

en face de Hong-kong, c'est-à-dire environ 3o lieues de côtes

en terre ferme.

i,c5Ain;iai^ La limite du temps fixé pour l'occupât ion de la capitale appro-

demandenl . , ,„ ,. l'i

un délai chait, et les commandants en ciiel se préparaient au tleparc, '" "de Pékir ' " lorsque, sur les instances de lord Elgin, sir HopeGrantdemanda au général Monlauban un délaide quelques jours. L'ambassadeur anglais voulait, disait-il, attendre le décret impérial de promulgation du traité et son insertion dans la Gazffleàe Pékin. Il attachait à l'accomplissement de cette double formalité une haute importance, et annonçait l'intention, aussitôt que le décret aurait paru, d'en faire imprimer de nombreux exemplaires destinés à être affichés dans tous les grands centres de l'Empire, afin que le gouvernement chinois ne pût cacher à ses sujets le coup dont il avait été atteint.

Malgré la valeur des motifs allégués par lord Elgin, le baron Gros ne pensait pas que la présence prolongée des ambassadeurs à Pékin fût nécessaire pour atteindre un but à l'égard duquel les dispositions des autorités ne lui inspiraient aucun doute; mais ce qu'il tenait à éviter, c'était que son collègue restât seul auprès du prince Kong, avec la mission apparente de traiter les dernières affaires en dehors de l'action française. Dépari En présence de cette situation, le général Monlauban se

des Fraiirais ir-i\i- i i.'il 1 nll" il '^

do Pékin. décida a laisser le 2" bataillon du 101" de ligne et deux pièces (1 limera ro.i jj'3j.||||g,,jg p^^j. \^ garde dc l'ambassadeur français; et lui-.

même, le 1" novembre, se mit en route, marchant vers Tien-' Isiu avec le gros de son corps expéditionnaire, dont il était prudent d'assurer la rentrée avant la mauvaise saison.

Le 6, il arriva tians cette ville, où une partie de ses forces devait prendre ses quartiers d'hiver.

Le lendemain même du jour où la colonne française avait quittéPékin, le décret impérialy étaitarrive'deJéliol, palais où l'empereur s'était réfujjié, dans la Tartarie. Lo (>, il était alliclié sur tous les murs de la capitale, à côté du traité anglais; le notre n'y [)arut que deux jours plus tard.

Les ambassadeurs avaient, j)endant cet intervalle, échangé des visites avec le prince, qui s'était montré de plus en plus affable et désireux de témoigner sa sincérité. Lord Elgin n'avait plus de motif pour prolonger son séjour.

Dès le 5, le 67" régiment, des munitions, des soldats du nq./.!-!

lies Anglais.

génie de l'Inde et quelques autres troupes accessoires avaient été dirigés sur Tien-tsin; le départ de toutes les forces anglaises fut fixé au 7 et au 8 novembre.

Le 7, une première colonne, sous les ordres de sir liobert Napier, prit les devants. Sir Hope Grantet lord Elgin devaient partir le lendemain avec la seconde colonne, commandée par le général Mitchell , (juand l'arrivée de M. Bruce, venu en quarante-deux heures des forts du Peï-ho, amena un nouveau retard d'un jour. M. Bruce fut présenté au prince Kong; il avait un grand désir de restera Pékin avec la légation anglaise, mais il fut décidé que cette légation passerait l'hiver à Tien-lsin et qu'on laisserait seulement dans la capitale un agent consulaire, M. Adkins.

Le départ de la dernière colonne anglaise eut lieu définitivement le 9; le même jour le baron Gros s'éloignait également, suivi de l'escorte d'honneur dont le général Montauban avait formé sa garde.

^ If)!) —

Réuiiin,, Le 1 /i, les corps expédlliorinaires français et anglais étaient

(les corps

expéditionnaires clc noiivcau réunïs à Tien-tsin et établis chacun dans les forts

(l'i novembre.) <?t Ics partiGS de la ville, quils s étaient partagés sur les deux

rives lors de la première occupation. Les commandants en chef

prirent immédiatement leurs mesures pour la répartition de

leurs troupes sur les divers points tixés pour 1 hivernage.

Garnison anglaise Sir Hopc Grant déslgua , pour rester à Tien-tsin, le briga-

« Tien-tsin. toi i • r ■

(lier btaveley, conservant sous ses ordres trois régiments européens, le Bi", le Gy'^ et le 60'' (rifles), la cavalerie sikli du capitaine Fane et deux batteries d'artillerie, dont une Armstrong. Trois cents hommes furent détachés de cette brigade pour occuper les forts de Takou.

Embarquement Lc reste dc Tamiée anglaise fut embarqué pour aller tenir

reste

de garnison soit à Shang-haï, soit à Hong-kong, à l'exception de

quatre régiments destinés à rentrer en Angleterre. Sir Robert Napier retournait dans les Indes, et sir John Milchell, qui, après le départ du commandant en chef, devait prendre le commandement de toutes les forces anglaises en Chine, fixa l'établissement de son quartier général à Shang-haï, position plus centrale depuis l'occupation de Tien-tsin. Départ Lord Elgin se sépara de l'armée le a6, se dirigeant égale-

.Ir.lord Elgin 1 •• ' T 1 •* 1 " ' ' . " J'

et de ment sur bliang-Iiai, ou 1 appelait la mise a exécution dune

sir Hope Grant. . ... 1 r 1 '• i

convention additionnelle conclue vers la lin de son séjour a Pékin et d'après laquelle les vaisseaux anglais étaient autorisés à remonter le cours du Yang-tse-kiang. Sir Hope Grant, qui avait attendu l'embarquement complet de ses troupes, ne quitta Tien-tsin que quelques jours après l'ambassadeur, et .alla le rejoindre à Shang-haï; il devait de là se rendre à Hong-kong, où il recevrait de nouvelles instructions.

du reste

de

l'arni-'e anglaise.

- 1()7 - De son côté, ie {i^énéral Montauban laissa à Tien-lsin le gène- i-n générai

• (^"ilirie.'iu

rai CoHineau comino commandant supérieur de tout le terri- (mnm.nKi^.i,i toire nord de la (dune parcouru pendant la canij)agne. Les loris ,i„ Ti,,„.t8i„. de Takou, remis à la marine, restaient seuls sous le commandement de l'amiral Charner, avec /loo hommes d'infanterie de marine.

La garnison française de Tien-tsin fut compose'e du 109" de Garnison

,1 1 •!! I 11 1 • 1' I fiiiiiraise

ligne, d un bataillon du toi% de deux batteries, lune de 12 doxientsin. et l'autre de 4; d un [)etil détachement de pontonniers et d'un personnel administratif. Va\ tout, liSC) officiers, 9,700 hommes et A99 chevaux de toutes armes.

Le général Jamin, avec le second balaillon du ioi% le Embarquement bataillon de chasseurs à pied, deux batteries, l'une de 19 et ^vec l'autre de k, les fuséens, les pontonniers, le parc et les chefs de ' ''pTrt!r" '' service, furent embarqués pour Shang-haï. Le 19 décembre, '"'''""P'>toutes ces forces étaient arrivées à destination et installées dans les faubourgs et les établissements religieux de Sika-we.

L'infanterie de marine et les marins de débarquement étaient rentrés sous le commandement du vice-amiral, et avaient été dirigés, pour la plupart, sur la ville de Canton.

Le général Montauban avait été bien inspiré lorsqu'il avait tenu à ne pas différer l'évacuation de Pékin; car, à peine ses troupes avaient-elles descendu le cours du Peï-lio, que la rivière était gelée. Une semaine de retard aurait entraîné l'obligation d'un séjour prolongé de toute l'armée dans le nord.

Le départ du baron Gros avait précédé de quarante-huit Départ

du baron Gros.

heures celui du lord Llgin.

Le général Montauban, après avoir assuré, au moyen des Départ vivres de bord débarqués à terre, l'approvisionnement de la Montauban.

KvîiciKiLion (le (ibiisnii.

place de Tien-tsin, que devaient d'ailleurs comploter les ressources conside'rahles du pays, laissa ses instructions au géne'ral Collineau et s'embarfjua le 22 novembre. Il visita Tchefou en passant, et y trouva les services bien organise's, sous la direction du commandantde la Plane, du 1 ol^ Le froid rigoureux qui régnait alors dans cette presqu'île le de'eida à expédier à Tien-tsin tout ce qui appartenait à la 1" brigade, et à faire rentrer à Sliang-haï le détacbement de la 2" compagnie d'armuriers pour y réparer Tarmement, de telle sorte que la garnison de Tche-fou fut réduite à 260 hommes.

Cet effectif parut suffisant pour un poste intermédiaire entre Shang-haï et Tien-tsin, et qui devait servir de point de correspondance pour les relations que la congélation duPeï-ho forçait, jusqu'à nouvel ordre, à établir par la voie de terre.

De Tche-fou, le commandant en chef fit une excursion jusque dans la mer intérieure du Japon, et débarqua enfin, le 2 décembre, à Shang-haï, où arrivaient les dernières troupes venant du nord.

Dans les derniers jours du mois, Chusan dut être évacué, aux ternies des traités de Pékin. L'abandon de cette Ile avait été stipulé sous l'inspiration de lord Elgin, et le baron Gros avait consenti à cette clause, que le commandant des forces françaises avait combattue de toute son influence.

Pendant l'occupation des alliés, le commandant Despalières avait poursuivi sans relâche, dans toutes les criques du littoral, et presque complètement détruit la piraterie, dont les incursions continuelles ruinaient et désolaient le pays. La population, heureuse et tranquille sous ce régime protecteur, formait des vœux pour la cession définitive de l'archipel à la France.

Elle 110 téinoigiiail, |i;is les inènKis seiiliineiils à TeVard dos Aii- {jlals, soupçonnos do lavoriser sous main les ])lrates, <|iii sont avant tout de vérilablos contiobandiors d'opium. Notre po|)ularite' se de'velo[)pait ainsi d'une manière excessive à Tin;f-liao: et le général Montauban, entrevoyant, dans ces circonstances, l(;s avantages que pourrait ouvrir à notre commerce la londalion d'un établissement français à Chusan, avait insisti' pour qu'on V maintint les troupes, dont le départ compromollail ces espe'rances. Il regretta surtout l'inutilité de ses effoits, lorsqu'il apprit plus tard l'abandon de Kowloon, consenti par les Chinois en faveur des Anglais.

Au surplus, la conquête n'était pas le but de la campagne, entreprise uniquement pour venger le sang de nos marins, répandu à l'embouchuro du l*eï-ho contre la toi des traités.

Cette fois encore le gouvernement de l'Empereur avait accompli avec désintéressement sa mission civilisatrice et enregistré de nouveaux triomphes dans les annales de la nalion.

Une petite armée, forte de résolution, préparée à tous les nesume

'le la rjiin|):i{;Me.

périls et à toutes les [)rivations, marchant à l inconnu sous la conduite d un chef habile et entreprenant, venait de portera six mille lieues de la patrie nos aigles victorieuses. Il avait fallu, à la suite des ennuis et des fatigues d'une longue navigation, organiser les services et en assurer le fonctionnement dans un pays où toutes les ressources étaient à créer; des naufrages avaient un instant compromis les approvisionnements et augmenté les besoins; l'activité du commandant en chef et le concours dévoué des officiers de terre et de mer avaient surmonté toutes les difficultés, et notre corps expéditionnaire s'était trouvé prêt à entrer en campagne pros([ue aussitôt que celui de nos alliés.

Après un tlébarqueinenl pénible, les chances de la [)uerre avaient assigné à nos troupes les postes les plus périlleux; aucune résistance n'avait arrêté l'élan de nos braves soldats, si vaillamment commandés, et notre drapeau, ([ui toujours avait flotté le premier sur les remparts enlevés de vive force, avait été tenu haut et ferme par les mains auxquelles l'Empereur l'avait confié.

La chute de tous les ouvrages défensifs, depuis l'embouchure du Peï-ho jusqu'à Pékin, sur une étendue de près de cinquante lieues; des marches sous un soleil brûlant; deux grandes victoires en pleine campagne sur un ennemi dix fois supérieur en nombre et préparé à l'avance; la prise du palais d'été; l'occupation de la capitale; un traité imposé au chef d'un vaste empire au centre même de sa puissance; le commerce ouvert à l'Occident: l'exercice du christianisme rendu à la liberté : tels sont les [)rodiges opérés, dans une expédition sans exemple, par une poignée d'hommes auxquels l'histoire doit une de ses pages les plus glorieuses.

Dans cette courte campagne, où les faits s'étaient précipités avec une rapidité si merveilleuse, la nature des opérations avait réservé le rôle actif et brillant à l'armée de terre. Toutefois, la marine, dans l'accomplissement de ses devoirs, avait, par son zèle et son dévouement, mérité la reconnaissance du pays; son infanterie et ses marins de débarquement avaient, d'ailleurs, pris directement part aux succès des armes.

Les armées alliées, dans l'exécution de l'œuvre commune, s'étaient donné des marques d'estime mutuelle, et leur sang, mêlé dans la lutte, avait cimenté l'alliance militaire aussi bien que lalliance politique. Le général Montauban et sir Hope

(ji'ant écliaii[}('.'i('iil , avaiil leur dépaii, des lellres dans lesquelles rè[>neiil la pins {grande cordialité', l'appréciation de la valeur des Iroupcs de chaque puissance et le sentiment du bon accord (|ui, dans toutes les ope'rations, aplanit les dissentiments légers résultant des différences d'opinion sur la condulle de la guerre. (ïette intimité des deux corps expéditionnaires se manifesta d'une manière éclatante à l'occasion de la mort du général Collineau, que les périls avaient épargné dans les combats et ([u'une maladie de quelques jours enleva, le i5 janvier 1861, à sou commandement de Tien-tsin , avant même qu'il eût reçu la nouvelle de sa promotion au grade de général de division, digne récompense de ses services. Les Anglais assistèrent aux funérailles de ce brave chef, dont ils avaient si souvent admiré le courage, et témoignèrent leurs regrets comme s'il se fut agi pour eux d'un deuil national.

Les Chinois eux-mêmes, malgré le rude châtiment iniligé à leur orgueil et à leur perlidie, avaient cédé à rinlluence du caractère et de la générosité des Français; et, lorsque, après la conclusion de la paix, le gouvernement du prince Kong songea à faire instruire dans l'art de la guerre européenne quelquesuns de ses officiers, pour se préparer à détruire le brigandage des rebelles, ce fut au général Montauban que s'adressa le ministre de la guerre, dont la demande ne put, d'ailleurs, être accueillie.

Ce fut ainsi que le corps expéditionnaire de Chine sut, par son courage et sa persévérance, répondre à la confiance du pays, et, tout en conservant son initiative, se concilier la considération sympathi(|ue de ses alliés aussi bien que le respect de ses barbares ennemis.

L'Empereur, (|iii avail doiuif' laiil de [)reiivesd iutérèl à noire petite armée pendant la campaj^no. exprima sa satisfaction des résultats obtenus, dans une lettre autographe adressée au général Montaubau. Cette lettre, ainsi conçue, fut portée à la connaissance des troupes par un ordre daté de Sliauj>-baï, le ï) janvier i 8(5 1 :

rMon cher Général, le corps d'armée expéditionnaire en ff Chine sous vos ordres vient, avec le concours de nos alliés, crde triompher en peu de mois des diflicultés et des périls de rla guerre la plus lointaine, grâce à la persévérance et à la cr bravoure des officiers et des soldats.

ff Veuillez être auprès d'eux mon interprète, en leur expriff niant combien je suis heureux qu'ils aient si dignement récr pondu à mon attente connue à celle du pays. Us méritent 'Ions mes éloges; mais une grande part revient à celui que rc j'avais eu raison de placer à leur tète.

rVous avez ])leinement justifié ma confiance, et, comme rr témoignage de ma satisfaction particulière, je vous réserve la ff première place vacante au Sénat.

ff Croyez, mon cher général, à tous mes sentiments d'amitié.

Signé: Napoléon. •»

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