Voyez plus loin, p. xlix
2. Ce dernier mémoire, non porté à la table, est écrit tout entier de la main de Spanheim.
3. Les feuillets 595 et 597 ont été coupés, mais par Spanheim sans doute, car lee cotes de pagination ont été reportées par lui sur le talon.
INTRODUCTION. xlj
Spanheim, envoyé extraordinaire de l'électeur de Brandebourg à Paris et à Londres. »
Ces ex-libris ne font connaître qu'incomplètement l'histoire du manuscrit et ses différents possesseurs ; mais ils établissent sa provenance. Louis-Frédéric Bonet était un des deux fils que la sœur de Spanheim avait eus de son mariage avec Théophile Bonet, médecin de Genève S et qui, ayant été attachés à la mission de leur oncle en Angleterre, le remplacèrent l'un après l'autre dans le poste de chargé d'affaires ou d'ambassadeur du roi de Prusse auprès de la cour anglaise. Nul doute que Louis - Frédéric, considéré par Ezéchiel Spanheim comme son héritier et son successeur présomptif, n'ait reçu de lui ce volume, où il avait consigné les souvenirs de ses séjours en France.
Bonet, qui adjoignit à son nom patronymique le surnom d'une terre de Saint-Germain, mourut en 1761, laissant trois enfants. J'ignore comment le manuscrit passa des mains de ses héritiers dans celles du journaliste et professeur suisse Eusèbe-Henri-Alban GauUieur (né en 1808, mort le 29 avril 1859). Gaullieur, qui avait fait une partie de ses études dans notre pays et qui s'intéressait beaucoup à l'histoire de la France^, reconnut l'importance de ce volume et voulut le publier avec le concours de M. Joël Cherbuliez. Il commença par en communiquer quelques pages à la revue
1. Théophile Bonet, issu d'une famille de médecins provençaux qui étaient venus se fixer à Genève, publia une très grande quantité d'ouvrages de médecine'. Il mourut le 29 mars 1689, laissant de Jeanne Spanheim deux fils : Frédéric, qui fut littérateur, numismate et diplomate au service de la Prusse, et Louis-Frédéric, docteur en droit et en médecine, académicien, ambassadeur de Prusse à Londres jusqu'en 1720. (Haag, la France protestante.)
2. Voyez la notice qui lui est consacrée dans le Bulletin du Bouquiniste, 1863, p. 371.
Xlij INTRODUCTION.
YAthenœum français, que dirigeait alors notre confrère de la Société de l'Histoire de France, M. Ludovic Lalanne. Une brève notice, accompagnant des fragments des portraits de Racine, du maréchal de Noailles, du maréchal de Villeroy, de M"^^ de Maintenon, du duc de Bourgogne et de Madame *, parut dans la livraison du 5juillet 1856, p. 566- 567. En prenant ces spécimens, sauf un seul, en dehors de la Relation de la cour de France, dans le premier morceau qui se présentait tout au commencement du volume, et que recommandait son apparence d'original autographe, GauUieur faisait probablement fausse route, comme je l'expliquerai tout à l'heure 2 ; on pouvait induire cependant de son article qu'il avait l'intention de publier la Relation elle-même, et ce projet fut approuvé unanimement par les érudits et les curieux, mais il n'eut point de suites. Je ne puis croire que GauUieur ait été amené à j renoncer en découvrant que la Relation était imprimée depuis soixante-dix ans en Prusse, car cette publication avait été faite dans de telles conditions qu'aucun des bibliographes et des archivistes allemands ou français ne la connaissait : c'est une indication rencontrée fortuitement dans le livre d'Erman et Reclam ^ qui m'a fait retrouver ce texte de Spanheim au milieu du recueil de l'archiviste Chrétien-Guillaume de Dohm^ qui a pour titre : Mate-
1. Les six premiers portraits appartiennent au recueil particulier que je donne en Appendice : voyez plus loin, p. xlvij-1. Le septième seul est pris dans la Relation.