‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 170 sur 360 · Page · texte numérisé non relu

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3. L'élection était fictive, comme le dit Spanheim, et le prévôt des marchands ne devait rester en charge que deux ans ; mais l'usage s'était introduit depuis longtemps que le Roi, par lettres de cachet, lui prorogeât ses pouvoirs pour deux autres périodes, et Claude le Peletier avait été , le premier, prorogé trois fois de suite, c'est-à-dire qu'il était resté en charge pendant huit ans : ce qui passa depuis lors en habitude.

donne, et d'en être considéré pour un homme de probité, d'ordre, de beaucoup d'exactitude et de régularité dans sa conduite. Ce furent aussi les motifs dont le chancelier [le] Tellier sut se prévaloir pour le recommander au Roi comme un personnage propre à succéder à M. Colbert dans la direction des finances; et ce qui lui réussit d'autant plus qu'il n'y avoit que deux ou trois personnes qui, suivant la voix publique, pussent être sur les rangs pour pouvoir remplir un pareil poste, et qui y avoient leurs exclusions : le maréchal de Bellefonds^, pour être cru trop opiniâtre et trop entêté de ses avis, et d'ailleurs qui vivoit en quelque défiance avec le marquis de Louvois ; M. Pussort, le plus ancien du Conseil royal des finances, comme parent et créature de feu M. Colbert, et d'ailleurs peu agréable au Roi ; et M. de Gourville, réputé assez généralement le plus habile à remplir ce poste, mais aussi qui avoit été des créatures du surintendant Foucquet et l'étoit actuellement de toute la maison, des affaires et finances du prince de Condé, qu'il avoit entièrement rétablies. En sorte que le chancelier [le] Tellier trouva par là l'ouverture favorable pour faire tomber le choix sur M. [le] Peletier, quoique jusque-là il n'eût eu aucune part dans l'administration des finances : ce qui fit aussi croire assez généralement que quelque habileté ^ ou intégrité qu'il eût témoignée en d'autres emplois de judicature ou de police, comme de conseiller au parlement, ensuite de président aux enquêtes, puis de prévôt des marchands, comme j'ai dit, et en dernier lieu de conseiller d'État, que cependant il

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