‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 171 sur 360 · Habilité · texte numérisé non relu

Habilité

auroit de la peine à fournir à ce qui étoit requis pour un emploi aussi important, et d'ailleurs aussi différent de tous ceux qu'il avoit exercés jusque-là ; ce qui aussi se justifia en quelque sorte par l'événement, puisqu'en effet on trouva que les affaires des finances se faisoient avec plus de lenteur, d'irrésolution et d'embarras, quoique d'ailleurs avec moins de dureté et de rigueur, que sous la précédente direction de feu M. Colbert : ce qui a donné lieu dans la suite, et depuis mon départ de France, de faire passer cette charge en d'autres mains, comme je le dirai en parlant des finances. Quant au poste de ministre d'État, qu'on a laissé à M. [le] Peletier, on peut dire aussi qu'il n'y a apporté, pour le^ remplir, que beaucoup de droiture et d'intégrité, c'està-dire autant qu'elle^ a pu demeurer compatible avec ses attachements, ou, pour mieux dire, sa dépendance de la famille [le] Tellier, à qui il en avoit toute l'obligation, et ainsi de M. de Louvois, depuis la mort du chancelier son père. Aussi, comme il n'avoit passé par aucun emploi qui^ l'eût instruit jusque-là des affaires publiques, ni en aucun département qui y eût du rapport, il n'a pu guère briller dans ce poste, ni y prendre autre part que celle qui pouvoit avoir quelque relation avec les finances. Je dois au reste lui rendre ce témoignage que je l'ai toujours trouvé fort honnête, civil et obligeant dans les audiences que j'ai pu quelquefois en prendre pour lui recommander le payement des subsides, ou même des intérêts des particuliers dont j'étois chargé par des ordres de feu Son Altesse Électorale,

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