‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 323 sur 360 · Ce nom est aussi écrit au crayon · texte numérisé non relu

Ce nom est aussi écrit au crayon

vements hors d'œuvre et excessifs qu'on s'est donnés sur d'autres frontières. Il est très désintéressé, quoique sans bien. Il est doux à l'officier et bon pour le soldat. S'il a un défaut, c'est de promettre ce qu'il ne peut pas tenir ; ce n'est pas faute de bonne volonté. Il ne tient à personne qui lui puisse procurer du bien. Il est malheureux dans son ménage, ayant épousé une femme indigne de lui par son humeur et par sa conduite. Il en est séparé depuis longtemps. Il est très commode dans son domestique, ne se laissant jamais aller à l'emportement. Il seroit libéral, s'il en avoit le moyen, et il est le premier à s'excuser sur son pouvoir. Il ne seroit pas longtemps sans être placé, parce que le fioi l'estime ; mais il faut des gens pour faire souvenir Sa Majesté dans le cabinet.

Le duc DE BoDFFLERs ^ . Le public croit M. de Boufflers brave parce qu'il est maréchal de France et parce qu'il a une fois tiré l'épée à la brèche de Namur, où son nom fit plus de tort que son bras ne fut utile. Il n'auroit pas si bonne opinion de lui, si quelqu'un avoit eu la charité de l'instruire qu'il doit moins son élévation à son mérite qu'à la haine que M. de Louvois avoit pour lui dans les commencements : ce qui engagea le Roi à avancer ce général pour mortifier le ministre, qui devint à la fin de ses amis. Occupé sans cesse, avec cinq ou six secrétaires, à faire des mémoires pour la cour, il a eu le déplaisir qu'on n'a jamais suivi aucun de ses avis pour des affaires d'État et de conséquence. En -1 690, il passoit les nuits à projeter le siège de Nieuport pendant qu'on faisoit les préparatifs de celui de Mons dans la place même où il commandoit le quartier d'hiver. De toutes les qualités nécessaires pour un homme de guerre, les connoisseurs ne lui accordent que le mouvement -, mais il s'en donne si souvent sans nécessité, que les troupes appréhendent plus de servir sous lui que de combattre les ennemis. Il a eu l'esprit de manger^ deux ou trois fois sa légitime pour avoir plus de grâces^ de son prince, et il a réussi ; mais, depuis qu'il en est

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