‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 327 sur 360 · En marge : t M. de Luxembourg · texte numérisé non relu

En marge : t M. de Luxembourg

2. Le nom est resté en blanc; il s'agit sans doute de la Catalogne.

sincère -, mais il y entre bien autant de tempérament que de conversion ^ Le choix des places au temple, les emportements fréquents contre les domestiques et un peu d'orgueil gâtent le dehors de cette dévotion, qu'il ne sait pas ménager, ni en courtisan, ni en homme simple : ce qui la fait quelquefois paroître affectée, quoiqu'elle ne le soit nullement à l'examiner de près. Tout dévot est difficile : celui-ci l'est plus qu'un autre ; quiconque le satisfait peut satisfaire tout le monde. Il est dur à payer, mais il paye 5 sa conscience le lui fait faire. Il est haineux, défaut ordinaire aux dévots, et, le plus souvent, il hait sans examiner et sans raison : c'est pure prévention. Le bonheur le ravit, le revers l'accable; il reçoit humainement quand il est serein, mais, la moindre chose étant capable de lui causer de Faltération, on est souvent exposé à son caprice et à sa mauvaise humeur. Il a cela de bon qu'il ne caresse point son ennemi: au contraire, il l'évite. Dans le premier mouvement, il le desserviroit ; mais la conscience et la raison prennent bientôt le dessus. 11 adore sa femme, qui est son maître ; il adore le prince, qui l'aime, qui l'accable de bienfaits parce qu'il s'en voit adoré. Il aime à servir ceux qu'il estime ou qu'il protège; mais il est timide à demander, autant que le caprice l'emporte à élever un inconnu dont il a presque toujours le malheur d'être payé d'ingratitude, parce quMl place souvent son estime sur les apparences. Si l'on est mécontent pendant qu'on est à lui ou qu'on lui rend des services, que l'on s'en sépare 2, l'on n'en recevra plus de bienfaits. Il a eu de très beaux commencements de science; mais il ne les cultive pas. Il hait la lecture, il ne Ut que les saints livres très réguMèrement ; mais il gronde les yeux sur le Nouveau Testament. Ses jugements, ses vues sont étendues et pénétrantes ; il ne lui manque que de la lecture pour les perfectionner. Il est infatigable dans le cabinet par le travail d'autrui. Il l'ordonne longtemps et avec esprit; mais il ne faut^ pas compter sur le sien : il ne peut durer plus d'une heure ; son feu est trop violent pour aller plus loin. Le même

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