‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 331 sur 360 · Ce mot en corrige un autre qui a été biffé et gratté · texte numérisé non relu

Ce mot en corrige un autre qui a été biffé et gratté

2. Il semble que Spanheim ait biffé les deux s de toutes et de sortes.

3. Spanheim a biffé l'accent sur cet où, comme sur le suivant.

beaucoup de gravité, il donne ses décisions avec une modestie suffisante qui impose. Il est bon grec, bon latin ; son françois est le plus pur, quelquefois élevé, quelquefois médiocre, et presque toujours rempli de nouveauté. Je ne sais si M. de Racine^ s'acquerra autant de réputation dans l'iiistoire que dans la poésie ; mais je doute qu'il soit Adèle historien. Il voudroitbien qu'on le crût propre à rendre service-, mais il n'a ni la volonté ni le pouvoir de le faire. C'est encore beaucoup pour lui que de se soutenir. Pour un homme venu de rien, il a pris aisément les manières de la cour. Les comédiens lui en avoient donné un faux air : il l'a rectifié, et il est de mise partout, jusques au chevet du lit du Roi, où il a l'honneur de lire quelquefois, ce qu'il fait mieux qu'un autre. S'il étoit prédicateur ou comédien, il surpasseroit tout en Tun et l'autre genre. C'est le savant de la cour ; le duc et la duchesse est ravie de l'avoir à sa table ou 2 après son repas, pour l'interroger sur plusieurs choses qu'elle ignore : c'est là qu'il triomphe.

M. DE TouRviLLE a passé tout d'un coup du particulier au général. Il ne se seroit peut-être pas aperçu qu'il pouvoit être à la tête des^ grandes affaires, si le Roi ne l'en eût chargé. Son élévation a été un songe pour ses amis, un étonnement pour ses camarades et pour lui-même. « Quoi ! dit-il, on me fait maréchal de France !» Il ne s'attendoit à rien moins qu'aux dernières faveurs de son prince, et il s'en croyoit encore bien éloigné ; mais, quand il en a été honoré, il a fait comme les héros qui les ont méritées : il a cru que son maître avoit le discernement trop délicat pour se tromper ; il est persuadé présentement qu'il est héros. C'est un bon matelot, un bon pilote, un brave homme. Il a été injustement attaqué sur son courage, car il en a autant qu'un officier puisse avoir. Peut-on faire plus que ce

1. On remarquera que Spanheim, par mégarde sans doute, a écrit ici le nom de M. de Racine tout au long; cela du reste est déjà arrivé deux fois pour le duc de Noailles et pour le prince de Coati, dans les articles ci-dessus.

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