‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 332 sur 360 · De, corrigé en des · texte numérisé non relu

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qu'il a fait dans, son dernier combat ^ ? Mais il seroit embarrassé d'une longue suite : il ne lui faut que des coups de main, de pilotage et de manœuvre, qu'il entend parfaitement bien. Sur les fins, il s'est gâté chez le ministre, pour n'avoir pas voulu faire l'impossible. Le raisonnement n'est pas de mise à la cour; il faut tout tenter sans pénétrer dans les moyens de l'exécution. L'événement a pourtant justifié M. [de Tourville^] -, mais il ne l'a que plus éloigné du ministre, dont les vues se sont trouvées fausses. Ce général est estimé dans son corps, parce qu'il sait son métier ; mais il n'en est pas aimé, parce qu'il est sur l'épargne. L'avarice étoit sa passion dominante; mais sa femme l'a réduit à l'économie. On ne le connoît que dans son bord et dans les gazettes en temps de guerre. Il ne brille point à la ville ; il y est médiocre en tout : c'est un gentilhomme de fortune qui s'est plus attaché à sa profession qu'à se polir et à se donner de l'esprit; le sien est simple. Son amitié est fort aisée, mais elle est fort indolente, et je ne la crois sincère que pour sa personne. Il ne sort point, et il laisse aux commissaires de placer les officiers selon le caprice et selon l'intérêt, sans se mettre en peine si le mérite en souffre. Il se tâte trop pour un marin, et je lui voudrois moins de façon.

Le maréchal de Lorge a soutenu jusqu'à la fin la haute réputation où il a toujours été. On ne peut avoir rendu des services plus importants à l'État que ceux qu'il a rendus pendant cette guerre. Quoique foible, il a toujours résisté aux efforts des Allemands sur le Rhin, et il a marché et campé de manière qu'il n'a pas manqué la moindre action ni le moindre événement. S'il avoit eu des troupes comme ceux qui ont gagné des batailles, il a eu l'occasion de remporter deux ou trois victoires dont il auroit su bien profiter ^ ; mais le ministre a toujours fait

1. La prise de la flotte de Smyrne au cap Saint-Vincent (28 juin 1693), ou peut-être le combat de la Hougue (29 mai 1692).

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