‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 333 sur 360 · Le nom est resté en blanc · texte numérisé non relu

Le nom est resté en blanc

3. La ponctuation de ce passage est défectueuse dans l'autographe : il y a une virgule entre événement et s'il avoit eu , et un point après batailles.

en sorte qu'il n'ait pas eu autant de troupes qu'il lui en falloit, parce que M. de Luxembourg et M. de Villeroy ont voulu tout avoir, et que l'on ne pouvoit en refuser à M. de Gatinat. Le Roi n'a point eu de général plus affectionné à son service, ni plus soumis à ses volontés, que M. de Lorge l'a toujours été. Il sait la guerre autant qu'on doit la savoir, et, si les grands événements ont manqué à sa réputation, cela n'a point été faute d'intelligence et de bravoure, mais faute de moyens. Il ménage parfaitement bien un pays, et il sait en tirer un bon parti, soit pour les fourrages, soit pour les contributions ou pour les campements. Dans le temps qu'il tomba malade, il perdit en apparence les bonnes grâces de Sa Majesté, à qui ses ennemis firent comprendre que son esprit s'étoit tellement affoibli qu'il étoit devenu incapable de commander : ce qui détermina M. d. L. à prévenir le Roi sur le compliment qu'il auroit fait indubitablement pour le remercier de ses services. Il dit au Roi que, ses infirmités et son grand âge ne lui permettant pas de continuer ses services, il supplioit Sa Majesté de trouver bon qu'il se retirât : ce qui lui fut accordé avec plaisir. Dès qu'il fut déplacé, ses< ennemis en dirent du bien et firent comprendre au Roi qu'il n'avoit jamais eu de général moins intéressé que lui : ce qui obligea Sa Majesté de lui demander s'il étoit vrai qu'il n'eût jamais rien pris des sauvegardes, et, après qu'il eut répondu qu'oui, \q Roi lui dit que cela étoit beau. Ce qui fît dire un jour à la maréchale de Noailles qu'elle vouloit faire son fîls capitaine des gardes de M. d. L., qu'il lui avoit laissé toujours les sauvegardes. Ce n'a pas seulement été dans cette occasion que ce général a fait paroître la beauté de son caractère et son désintéressement, car jamais on ne s'est plaint de lui sur cet article, pas même les habitants du pays;où il fait la guerre. Tant de grandeur d'âme le rend fort aisé dans son ménage et fort mauvais courtisan, et je doute qu'il parût fort à la cour, si sa charge ne l'y arrêtoit. Il étoit né sans biens, jusqu'à le rendre nécessiteux : ce qui l'obligea à se mésallier en épousant la fille d'un partisan, qui lui apporta de grands biens, et avec laquelle il en a usé d'une manière si noble que l'on ne sauroit trop l'en louer ; et

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