Le texte porte : les, et, plus loin, de au lieu de du
prochent, que M. l'électeur de Brandebourg, comme elle disoit (pour lequel nom d'ailleurs ce jeune prince avoit témoigné d'avoir quelques égards), et au nom duquel je m'acquittois du compliment, s'étoit déclaré contre le Roi et pour les ennemis de la France.
« Le duc d'Anjou, second fils de France, né en décembre 1683, et ainsi qui vient d'entrer dans la septième année de son âge, est beau et blond. Il a plus de ressemblance avec le Dauphin son père, du reste d'un visage et d'une constitution plus délicate que son aîné, de plus petite taille pour son âge, et d'ailleurs d'une humeur plus souple et plus ployable à ce qu'on veut de lui, et même qui témoigne jusqu'ici beaucoup d'égard et de déférence pour le duc de Bourgogne, son frère aîné.
« Pour le duc de Berry, qui est né en et ainsi..... année de
son âge, il est fort beau de visage, blond comme le duc d'Anjou, mais d'ailleurs sans lui ressembler, plus grand et plus fort pour son âge, et ainsi qui, à cet égard, a plus de rapport avec son aîné le duc de Bourgogne ; on lui voit d'ailleurs l'air plus adouci que son aîné, et l'humeur plus complaisante, en sorte qu'îH fait aussi l'inclination de la Dauphine sa mère. »
Page 61. Entre « l'estime de toute la cour » et le paragraphe suivant : « Pour la personne de Madame, etc. », Dohm a ce passage, que ne renferme pas mon manuscrit :
« Il ne me doit pas être difficile à faire ici le portrait de cette princesse, pour avoir eu l'honneur de la connoître au château d'Heidelberg dès son enfance, et même pour en avoir eu d'autant plus d'occasion que j'étois chargé en ce temps-là de la conduite en chef de l'éducation du prince électoral, son frère unique (qui est le dernier électeur Charles, décédé en 1685), qu'ils prenoient ensemble leurs repas et leurs divertissements sous la conduite et avec l'assistance de sa gouvernante et la mienne. C'est de quoi aussi Madame se ressouvient fort obligeamment, et en donna même des marques assez éclatantes et agréables pour moi, déjà à mon dernier envoi en France en 1680, et la première fois que, peu de jours après, je me trouvai présent à la belle fête dont Monsieur régaloit à Saint-Gloud Mme la Dauphine, avec la présence du Roi et de toute la cour. Elle a continué depuis, dans toutes les rencontres de mon séjour de neuf années en France, de me donner des marques obligeantes de bonté et de support et de bienveillance, et ce tant par la familiarité de son abord que par celle de ses entretiens. »