‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 4 sur 360 · Relation, p · texte numérisé non relu

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2. On écrit de Berlin à la Gazette, le 15 janvier 1685 : « Le

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Spanheim revint à Paris le 7 février 1685, après avoir séjourné quelque temps à Zell et à Hanovre, et s'y être acquitté d'une mission extraordinaire dont il avait été chargé. Deux mois plus tard, il fut envoyé par Frédéric-Guillaume à Londres pour y féliciter Jacques II sur son avènement au trône. Il était de retour à Paris, le 28 mai, le jour même du départ du doge de Gênes. La révocation de l'édit de Nantes vint fournir un nouvel aliment à son activité : il avait depuis longtemps noué des relations avec les personnages les plus notables appartenant au culte réformé ; ceux-ci avaient eu souvent recours à ses bons offices et à sa protection, et ses recommandations étaient toutes-puissantes pour les protestants qui, préférant l'exil à l'abjuration de leur foi, allaient chercher un refuge dans les Etats de l'Electeur. Spanheim obtint même des facilités particulières pour beaucoup d'entre eux. Lorsque la révocation de l'édit de Nantes eut été signée par le Roi, Spanheim fit répandre en France l'édit donné à Postdam le 29 octobre 1685, par lequel l'Électeur promettait asile, secours et protection aux protestants français qui viendraient s'établir dans ses Etats ^ Il ouvrit

baron de Spanheim a pris séance dans le Conseil privé de l'électeur de Brandebourg en qualité de ministre d'État, à la place du baron de Kaunitz, grand maréchal de la cour..., et il se prépare à partir bientôt pour retourner en France en la qualité qu'il y avoit d'envoyé extraordinaire. » Le 14 février suivant, il eut une audience particulière du roi Louis XIV [Gazette, 1685, p. 37 et 96). L « Il paroît un édit de l'électeur de Brandebourg, par lequel il convie tous nos protestants de venir dans ses États. Il leur promet de grands avantages ; mais ce prince n'est en possession que de promettre beaucoup, et de ne rien tenir: aussi n'est-il pas en puissance de le pouvoir faire. Spanheim, son envoyé ici, se défend fort d'avoir fait débiter cet édit, non plus que d'avoir caché des religionnaires dans sa cave pour les faire sortir du royaume, car il en avoit été accusé. » (Journal du P. Léonard, mss. fr. de la Bibliothèque nationale, n° 10265, fol, 97, 6 janvier 1686.)

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son hôtel à Paris à ceux qui invoquèrent sa protection et il facilita, par tous les moyens, leur sortie hors du royaume*. Les préoccupations, les anxiétés, les fatigues qu'il eut à subir pendant cette période de sa mission ébranlèrent sa santé, et il alla, pour la rétablir, en 1686, aux eaux de Spa, puis, l'année suivante, à celles d'Aix-la-Chapelle.

La ligue d'Augsbourg ralluma la guerre : Louis XIV, pour soutenir ses intérêts dans le Palatinat et dans l'électorat de Cologne et afin d'effrayer l'Empereur et les princes allemands avant la réunion de leurs forces, ouvrit les hostilités et s'empara de Heidelberg, de Mayence et de Philipsbourg. On s'était flatté à Versailles de l'espoir que l'électeur de Brandebourg conserverait la neutralité dans le cours de cette nouvelle guerre ^i mais M. de Croissy fut bientôt informé que l'Empereur avait écrit à tous les princes, en les invitant à congédier les résidents français accrédités auprès d'eux. L'électeur de Brandebourg ^, alors à la Haye,

1. Quinze mois après la révocation de l'édit de Nantes, M. de Seignelay écrivait à M. de la Reynie , sous la date du 16 janvier 1687 : « Le Roi étant informé qu'il s'assemble un grand nombre de bourgeois de Paris nouveaux catholiques dans les maisons des envoyés de Danemark et de Brandebourg, S. M. m'ordonne de vous écrire que son intention est que vous preniez des mesures pour les faire arrêter, en disposant un assez grand nombre d'archers pour n'être point en état de craindre rien de la part des domestiques desdits envoyés, voulant que le procès soit fait aux coupables, afin d'acquérir par ce moyen la preuve que ces ministres donnent retraite dans leurs maisons aux sujets de S. M. pour y faire l'exercice de la religion prétendue réformée. »

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