Ammenées
OU demoiselles de sa suite, à ne s'y entretenir qu'avec la seule Bessola, à en faire l'unique dépositaire de ses pensées, de ses réflexions et de sa conduite, et même à n'en faire pas un mystère : ce qui, sans doute, n'avoit garde de se trouver entièrement du goût de la nation et d'une cour qui, en tous cas, auroit voulu une confidente ou une favorite françoise et de plus d'éclat, et d'ailleurs qui eût cherché ou été d'humeur à en faire valoir le poste ; car on peut dire, à la louange de cette fille, qu'elle n'en abuse point, qu'elle ne fait point par là d'affaires à sa maîtresse ou à d'autres, qu'elle n'entre en rien que dans le seul et particulier attachement à lui plaire, à la divertir ou à la soulager dans les maux ou dans les déplaisirs inséparables des conditions les plus élevées et, en apparence, les plus heureuses dans le monde, et qu'enfin toute cette faveur et cette distinction, qui d'ailleurs ne sauroit être plus grande et plus connue, se réduit après tout au commerce particulier, domestique et innocent entre la maîtresse et la confidente. Cependant il n'a pas laissé d'attirer de la considération pour cette fille, de faire rechercher son amitié aux personnes qui ont envie de plaire à Madame laDauphine, de la distinguer d'ailleurs du rang de ses femmes de chambre, et dont elle ne faisoit plus les fonctions : ce qui parut, entre autres, à la toilette, comme on en parle en France, de cette princesse, où on a coutume 1 de la voir, et où la Bessola se trouve présente et à côté d'elle, à l'entretenir pendant que ses femmes de chambre l'habillent ou la coiffent, et d'où elle se retire ensuite dès que le