‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 55 sur 360 · Ci-dessus, p. 57 et · texte numérisé non relu

Ci-dessus, p. 57 et

intrigues secrètes parmi les domestiques et créatures de l'un ou de l'autre, tout cela, dis-je, ne put que faire de la peine et causer des dégoûts sensibles à une princesse vertueuse, d'un cœur bon et noble, attachée à son devoir, et qui aimoit son mari de bonne foi. Aussi lui donna-t-on le chagrin, il y a quelques années, de lui ôter sa fille d'honneur, qui a voit toute sa faveur et sa confiance, et s'appeloit Mlle de Théobon, sous prétexte qu'elle entretenoit les préventions de Madame contre Monsieur et étoit là-dessus d'intelligence avec le marquis de Beuvron , un des deux capitaines des gardes de Monsieur, qui en fut aussi disgracié, et avec lequel ladite demoiselle s'est depuis mariée. Il est vrai que le Roi contribua à adoucir là-dessus le déplaisir de Madame, en faisant doubler la pension de sa favorite malgré sa sortie hors de la cour et du service actuel d'auprès d'elle ; cependant on n'en demeura pas là du côté du favori de Monsieur, de sa maîtresse et de ses créatures : je veux dire à renouveler, de fois à autres, les déplaisirs de Madame, à tourner même en ridicule ou ses actions ou ses discours. On passa même plus avant à décrier sa conduite auprès de Monsieur, à la lui rendre suspecte par l'endroit dont elle paroissoit le plus à couvert, et ainsi à prétendre qu'elle fût capable de quelque penchant ou considération particulière pour un gentilhomme de la cour nommé le chevalier de Saint- Saens*, qui étoit grand écuyer du prince de Gondé et officier dans le régiment des gardes du Roi ; et, quoique tout cela n'eût aucun fondement légitime. Madame ne fut pas moins outrée quand elle s'aperçut de l'injus-

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