‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 57 sur 360 · En marge : « Savoir en 1690. » La reine d'Espagne mourut · texte numérisé non relu

En marge : « Savoir en 1690. » La reine d'Espagne mourut

pour ne pas dire à toute la cour de France, où cette princesse avoit laissé des impressions d'elle fort vives, et qu'elle entretenoit agréablement par des marques obligeantes et réelles de fois à autre, suivant les personnes qui lui avoient été chères, du tendre souvenir qu'elle en conservoit. Je laisse à part celle que la politique et les intérêts publics de la France ne pouvoient que prendre dans cette mort imprévue, qui rompoit tout d'un coup toutes les mesures prises jusque-là ou ménagées par cette princesse et de concert avec les ministres du Roi son oncle.

L'autre fille de Monsieur et de feu Madame est Anne d'Orléans, née en août 1664^ et à présent duchesse de Savoie en suite du mariage qui s'en fit à Versailles, en avril 1 684, et où le Dauphin l'épousa au nom du duc de Savoie. Il y eut d'abord quelque difficulté, pour le cérémonial des lettres et dans la signature du contrat, entre ce duc et Monsieur, son beaupère, qui fut bientôt levée à l'avantage et préférence du dernier. Le feu électeur palatin, père de Madame d'aujourd'hui, sut mieux garder les droits de son sang en pareille occasion, n'ayant jamais voulu qu'il y eût la moindre inégalité de titres entre lui et Monsieur dans le contrat de mariage de sa fille, ni accepté d'autre parti, en s'écrivant l'un à l'autre, que par manière de billets de leur main, et avec la même égalité.

A l'égard des enfants de Monsieur et de Madame d'aujourd'hui, il n'en reste que deux, dont il a été déjà

le 12 février 1689, au moment où Spanheim quittait la France. On sait que ce trépas prématuré fut attribué au poison. 1. Le 27 août 1669, et non 1664.

fait mention dans ce qui a été dit de cette princesse, savoir : le duc de Chartres et Mademoiselle, comme on l'appelle.

Le duc DE Chartres, né en août 1 675 ^ et un prince fort accompli pour son âge, bien fait et agréable de sa personne, d'un air noble et plein d'attraits, d'une taille aisée, quoiqu'au-dessous de la médiocre, adroit dans les exercices du corps ; d'ailleurs d'un esprit vif, insinuant, qui témoigne déjà beaucoup de pénétration, de justesse et de discernement, qui paroît entr' autres dans les audiences des ministres étrangers et les réponses qu'il leur fait, pleines d'esprit, d'honnêteté et de bon sens. Comme on a eu soin de bonne heure à mettre auprès de lui des personnes propres à lui former les mœurs et l'esprit, à l'instruire dans toutes les connoissances dignes de l'application d'un prince de cette naissance, et qui y apportèrent un attachement particulier-, aussi ont-ils eu le bonheur de voir que le beau et heureux génie de leur élève y a répondu hau-

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