‹ Relation de la cour de France en 1690Chapitre 6 sur 360 · Journal de Dangeau, tome II, p · texte numérisé non relu

Journal de Dangeau, tome II, p

XXIV INTRODUCTION

qui le lui mandoit de Versailles, et qu'ils viendroient me prendre le jour suivant, dans les manières accoutumées, avec les carrosses du Roi et de M"* la Dauphine : d'où je pus recueillir que l'on vouloit me donner les audiences de congé dans les formalités les plus honnêtes qu'on pratique ici au licenciement des ministres publics. C'est à quoi lesdits introducteurs ne manquèrent pas le lundi matin, avant les sept heures, 24 du courant ^ et que je me rendis avec eux à Versailles, c'est-à-dire l'introducteur étant avec moi dans le carrosse du Roi, et le sousintroducteur dans celui de M"® la Dauphine avec ceux de ma suite, outre mon carrosse, qui suivoit et qui, dans ces occasions, a le privilège d'entrer aussi dans la dernière cour du Louvre au château de Versailles, ce (jui ne se permet qu'aux carrosses des ambassadeurs dans le reste des allées et venues de la cour. Je fus conduit par ces messieurs à Faudience, à l'heure que le Roi a coutume de la donner, qui est après son lever et avant le Conseil. Comme elle étoit publique et avec une assez grande afïluence de monde, j'y dis au Roi ce qui suit, et, comme je puis ajouter, dans tous les mêmes termes :

a Sire, a Je viens satisfaire en même temps aux intentions de Votre a Majesté et aux intentions de S. A. É. mon maître en m'acquit- « tant aujourd'hui de ce dernier devoir. Elle a cru, Sire, que « les fâcheuses circonstances qui y donnoient lieu ne dévoient « pas la dispenser de témoigner a Votre Majesté, par ma bouche, « le déplaisir particulier qu'elle y trouve de voir que ses véri- « tables intentions, avant et depuis sa régence, n'aient pas eu « les heureux succès qu'elle s'en promettoit pour l'affermisse- « ment du repos de l'Empire et pour celui d'une bonne et « parfaite intelligence avec Votre Majesté. Il lui reste, Sire, cette « consolation particulière de n'avoir en rien contribué aux ce changements qui y sont arrivés, ni ainsi à l'impuissance où « elle s'est vue par là réduite à se détacher d'un corps dans la « conservation duquel elle a un intérêt aussi grand et aussi « cbnnu que le rang qu'elle y tient, par les États qu'elle y pos-

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