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contenir chacune cent chevaux, parce que l*on avoit besoin de cavalerie à la queue de la tranchée pour l'appuyer contre les grandes sorties des assiégés. Cette même nuit, le duc d'Enghien fit tirer une ligne assez longue et commencer deux redoutes capables de loger cent hommes. Dans tous les retours des lignes , il fit faire de grandes places d'armes, et pousser le travail de la tranchée avec tant de diligence que, malgré le feu continuel des assiégés , elle fut avancée la quatrième nuit jusqu'à deux cents pas de la contrescarpe.
En cet endroit, le duc d'Enghien voulut donner une communication à ses deux attaques qui s'étoient déjà fort approchées ; et , au lieu de les communiquer par une ligne ordinaire, il les joignit par une grande batterie de vingt-quatre pièces de canon.
La diligence des officiers fut si grande que le sixième jour de l'ouverture de la tran-
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ehée le canon commença à battre la place.
En ce même lieu de communication, les deux attaques prirent chacune un chemin, différent, et s'éloignèrent lune de l'autre pour se tourner vers la face des deux bastions qui leur étoient opposés.
A la droite de la tranchée du duc d'Enghien, il y avoit un moulin sur ce petit ruisseau dont on a déjà parlé. Il étoit fortifié avec une bonne palissade, et les assiégés y avoient jeté quelques mousquetaires.
Ces gens incommodoient fort le travail de la tranchée, parce qu'ils la voyoient à revers. Le duc d'Enghien résolut de les chasser de ce poste, et la nuit même, qui fut la septième de tranchée ouverte, ils furent emportés Tépée à la main , malgré la résistance opiniâtre des assijégés et le feu €X>iitinuel du rempart et de la contrescarpe.
Avant le jour, ce logement fut jcHnt à la tranchée par une ligne, et ce mouUn ser-
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vit aux assiégeants comme d une redoute contre les sorties de la porte de Metz.
A Tautre attaque, la ligne se poussoit également. Mais le huitième jour les assiégés firent une furieuse sortie sur Dandeiot qui étoit de garde avec le régiment d'Harcourt. Pendant que toute la cavalerie des assiégés combattoit contre celle qui soutenoit la tranchée, leur infanterie fondit sur Ja tête du travail et fit reculer la garde avancée jusqu'auprès de la batterie. Dandeiot, qui se trouvoit dans l'autre attaque auprès du prince, marcha le long de la contrescarpe au secours de la tranchée.
Les assiégés se voyant coupés se retirèrent en diligence. La garde à cheval, fortifiée de quelque cavalerie du camp, poussa celle de la place jusque dans la barrière de la porte, et Finfanterie fut renversée par Dandeiot jusque dans là contrescarpe.
Plus le duc d'Enghien s appliquoit à faire
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avancer les travaux, plus les assiégés redoubloient leurs efForts. Avant qu on fût à leur contrescarpe, ils eurent coupé au pied du glacis un second chemin coavert bien palissade, qui étoit plus difficile à prendre que celui de la contrescarpe , pai^ ce que la défense qu il tiroit de la place étoit plus proche et plus rasante. Néanmoins la neuvième nuit ce nouveau chemin couvert fut emporté des deux côtés.
On y perdit beaucoup de gens^ et il est impossible de n'en pas perdre beaucoup, quand il faut se loger au pied du glacis d une contrescarpe vue de tous côtés par les défenses des bastions. Perseval, qui avoit la conduite de l'attaque du duc d'£nghien, fut blessé à mort dans cette occasion. Après avoir fait un logement si important, on travailla à celui de la contrescarpe, et la dixième nuit on logea des mousquetaires à droite et à gauche pour
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appuyer cette entreprise, qui fat exécutée le onsième jour. Ceux qui savent la guerre coimemient qu*il n y a rien de plus difficile dans les sièges que les logements des contrescarpes quand on veut les emporter d emblée, au lieu de s'y loger peu à peu par des sapes et des fourneaux. Celle de Thionville étoit forte par sa largeur et par les traverses que les assiégés y avoient faites. Il étoit même très-malaisé de choisir un lieu propre pour faire ce logement; car, soit qu'on le fît vis-à-vis de la face de la demi-lune ou du bastion, l'un des deux ouvrages voyoit le travail à revers.
Malgré toutes ces difficultés, il fut résolu que Ton forceroît le chemin couvert aux endroits qui regardoient la face du bastion. Le dac d'Ënghien crut que les deux tranchées faisant leurs attaques tout à la fois , ceux qui défendoient la contrescarpe làcheroient le pied , de crainte d'être