‹ Relation des campagnes de Rocroi et de Fribourg (volume 2)Chapitre 9 sur 36 · LXXXV S · texte numérisé non relu

LXXXV S

au hasard de perdre les hommes qu il cornmandoit; de sorte qu après s être défendu vinçt-quatre heures, il capitula et sortit avec une composition honorable.

Le duc d'Enghien envoya prendre d'autres châteaux le long de la rivière, qui ne firent point de résistance; et, après cette expédition, il ramena ses troupes en France dans des quartiers de rafraîchissement. £spenan et Dandelot demeurèrent à l'armée, et le prince leur ordonna de marcher vers £s tain, pendant qu'il feroit une course avec deux mille chevaux dans le fond du Luxembourg. Il alla même jusqu'aux portes de la ville capitale, et la cavalerie de Beck fut obligée de se renfermer dans la place. Il marcha ensuite alentour d'Arlon sans trouver d'ennemis, et ses troupes ayant fait un butin considérable, il vint rejoindre son armée à Yillers-la-Montagne.

Alors il remit le commandement gêné-

-^HSSJ^S wxxvi V^ÇS&^ rai au duc d* Angouléme, qui avoit été pendant la campagne avec un petit cx>rp9 d'armée sur les frontières de Champagne et de Picardie. Après avoir donné ses ordres , il revint à la cour dans la pensée d*y pouvoir demeurer quelque temps en repos ; mais il n'y fut pas plus tôt arrivé que les affaires d'Allemagne l'obligèrent de retourner à l'armée.

Merci avoit poussé le maréchal de Guébriant jusqu'au-deçà du Rhin. Son année étoit si foible que, sans un prompt et puissant secours , elle ne pouvoit tenir la campagne plus long-temps, il falloit même une personne de la qualité du duc d*£n« ghien pour mener ce renfort et pour empêcher les troupes de se débander, parce qu'elles craignoient de passer en Allemagne.

Le comte de Ranzau fut choisi pour coih duire cette armée qui devoit joindre le

-*^^^ Lxxxvii gg^ ^^ '-

maréchal de Guébriant. Le duc d*£nghien ne demeura que quinze jours à Paris , et s*en alla en poste rejoindre Ranzau en Lorraine. Il le trouva à la côte de Delme où étoit le rendez-vous général, et, marchant par Sarrebourg, il joignit enfin le maréchal de Guébriant à Dachstein, auprès de Strasbourg, avec cinq mille hommes efFectifs.

Après avoir vu toute Farmée ensemble, et Tavoir assurée qu il y reviendroit aussitôt qu'il feroit bon mettre en campagne, il alla visiter les places du Rhin et il se rendit par le chemin de Sainte-Marie-aux- Mines à Neufchàtel, où il distribua les quartiers d'hiver. Enfin il retourna à la cour, ayant gagné dans une seule campagne une grande bataille, forcé une place très-importante, et mené un puissant secours en Allemagne.

Page 1