‹ Relation des missions du ParaguaiChapitre 11 sur 30 · DIT P AD AGITAT · texte numérisé non relu

DIT P AD AGITAT

qu’il sc pratique dans les cathédrales d Espagne. L’alfiere est reconduit en grande j)ompc à sa maison par un autre chemin que celui par lequel il avoil d’abord passé. Cet officier est chargé, aussibien que les corrégidors, les alcades et les caciques de loger les principaux étrangers. Tous les autres sont répandus dans les différentes maisons de la peuplade.

A l’entrée de la nuit toutes les rues sont illuminées; on allume des feux de joie, et môme quelquefois des feux d artifice. Le jour de la fête tous les habitants sc rendent à l’église de grand matin, pour y participer aux divins sacrements. Beaucoup d étrangers se présentent aussi d’ordinaire à la sainte table. A 1 heure de la çrand’messe Talficre se transporte à Iedisc avec les mômes cérémonies que la veille. Après l office on le reconduit encore à la maison, où il a eu soin de faire préparer un repas splendide. On y sert de tontes sortes de mets et de beau pain de froment, avec une si grande profusion que l’appétit violent des conviés y est amplement rassasié. Ces conviés sont les caciques, les capitaines et les plus considérables parmi les étrangers. La boisson ordinaire dans ces repas est de l’eau dans laquelle on a fait infuser une certaine herbe qui est apparemment 1 herbe du Paraguai. On sert vers la lin du repas quelques bouteilles de vin. Mais comme il est fort cher en ce pays là, on le distribue avec tant d'économie qu’en augmentant 1 allégresse des con-

Vives, il ne peut leur causer aucun étourdissement.

lous les habitants de la peuplade régalent aussi selon leurs facultés les étrangers qui logent chez eux. Là, on S'entretient jusqu a Thème des vêpres; des qu’elles sonnent on se rend à 1 église. Laifiere y revient encore avec le même cortège. L office achevé, chacun se rend à la place publique^ où se fait une espèce- de tournois. Les tenants, tous bien montés et partagés en plusieurs quadrides, s avancent en bon ordre sous les enseignes des différentes peuplades dont les habitants se trouvent réunis pour cette fête. On rompt d abord quelques lances ; ensuite on court la bague. Les missionnaires s’y trouvent aussi, soit pour prévenir par leur autorité tous les désordres qui pourroient naître, soit pour prononcer en qualité de juges sur les différends des partis. Iis ont leurs places marquées, et devant eux sur une table sont les prix destinés aux vainqueurs. Ces prix 11e sont autre chose que des chapelets., des médailles, des ciseaux, des couteaux, etc. Après avoir adjugé les prix les plus considérables à ceux qui se sont distingués par leur adresse, ils partagent le reste avec une telle proportion que ceux mêmes qui en auroient le moins mérité se voient récompensés, et de cette manière tous se retirent contents. Ces jeux finissent au premier signal que les juges donnent.

On permet aussi quelquefois la danse aux In-

DU PA1UGUÂÎ.

liens ; mais les hommes dansent seuls*, je lie sais pas si les femmes dansent aussi ensemble. Ces danses des Indiens, qui sont accompaguéesdu son des instruments, font tant de plaisir que les Européens même en sont étonnés, et les trouvent iou-

iours trop courtes lorsqu ils y assistent.

C’est ainsi que les chrétiens du Paraguai saven allier avec la piété une joie innocente et louable C est ainsi crue les lois de la charité fraternelle e

de l’hospitalité sont observées dans ces petites ré¬

publiques.

11 seroit inutile de m etendre sur la ferveur et la dévotion que font paroitre les néophytes, lors- ([u ils assistent à 1 office de la semaine sainte. Les Indiens ajoutent plusieurs pieuses cérémonies à celles de l’Eglise romaine, déjà si touchantes par

elles-mêmes.

Pour se mieux rappeler le souvenir des souffrances du Sauveur dans sa Passion, ils tâchent d en représenter toute i histoire, et d exprimer au dehors les sentiments de pénitence et de componction dont ils sont pénétrés.

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