CHAPITRE U
Po&ttion ^e Vacmée de Varehiduc au moment de l'entrée en campagne. — Elle est forte de 33,000 hommes. - Observation sur son organisation. — Instruction que re<^it l'ardiiduc de son
gouvernement. — Ce qu'il aurait dû faire et ce qu'il U Sa
présomptioi!i. — Proclamation de Ferdinand. — OI>servatioQ sur la topographie du duché sous le rapport stratégique. — Le gouvernement polonais» avec plus de prévoyaoee, aurait pu se maintenir à Varsovie. — Poniatowski eût dû au moins fortifier Modiin et Thom. — 11 ne croyait paf être attaqué. — Les deux cheft opposés commirent des fautes par excès decpiiûance. — DisposiUons de Poniatowski. — 11 réunit Hjm hommes près de Varsovie. — Déclaration de guerre. — Commencement des hostilités. — Diverses mesures de défense que prend le gouvernement du duché. ^ Son manifeste. ^ L'armée autrichienne s'avance sur Varsovie. — Poniatowski l'attend à Raszyn.— Positionderarmée polonaise.— Engagement de Nada> rzyn.—L'armée de l'archiduc s'avance.— L'archiduc, sans reconnaître les Polonais, fait attaqua Falenty. —Combat très vif livré sur ce point.— Les Polonais se retirent sur Raszyn. — L'engagement s'étend sur toute la Kgne. — Poniatowski se maintient dans sa position jusqu'à la-nuit— Pertes des deux partis. -> Les Saxons se retirent. — Le prince Poniatowski replie son armée sur Varsovie pendant la nuit. — Ferdinand arrive devant la capitale. — Entrevues du prince et de l'archiduc. — Armistiee. — Une convention pour la reddition de Varsovie est conclue— Les Polonais l'évacuent et se retirent sur la Narew.— Événements qui se passèrent près de Czenstochowa. — Brônowacky lève le blocus et se porte sur Varsovie.
Dans Ic^ premi^^ jours d'avril , l'année de Ferdinand se rapprocha de« frontières du duché. Le 14 , elle occupait les pc^itions suivantes : l'avantgatde y aux ordres du général Mohr , se trouvait
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▼ig-à-vis de Nowemiasto ; le gros de l'armée, composé des divisions Mondel et Schauroth, était réuni près d'Odrzy^oJ , qù se trppvglt le quartier-général ; la brigade Bronowaeky occupait Olkusz , afin d'agir contre Czenstochowa ; et enfin un détadkemem de deux escadrons de hussards, aux madrés àj^ çplçu!^ K^ipperg, gtaif RPfté à Qjkuîiieyy , pour observer Praga.
Cette armé^ , de 33*, 000 hommes ^ composée 4a Iraupaa . figu#rnes, pcHivait rmidi^e de hom services sur le champ de bataille ; son or|[anisation fSSf^^^ ïgiS^it J^ijCQpp à (îé«ireF. §» cavalerie légère n'était forte que d'environ S, 800 chevaux,
9pmk^ W«i|??»t VW 1? tâçJïegu'çUe était chargé* d'acooâq)lir. ^ eifet elle 4ei¥dil; faire le j^er- Tiçp d'avant-ppftes dans des contrées en grande
|W^ hm^f jnsricggeijie», fit par gopséquent très favorables aux surprises ; il lui fallait recourir
kh yi^?B^ PPW fQ"fya*[Çi* ^a^s n^ pays dont les liabilants lui étaient hostiles ; enfin elle était des- ^ijêç Sf djsper^r 1^ rassemblements d'insurgés et À jeoBtttiiir les OMPps de part^an^ qui m pouvaient nianquer de se former de toutes^ parts, pendant me gutxï» smmmmmt mt^^mh pQ^i: les Polonais.
Le théâtre de la guerre que nous venons de déeriradtnt ooupé de courants à^me^ et 4^ psfêres, que i^armée autriiehienne avait à frl^lisbir daji^ le Attttde «gg qpératimis ; le; ponts, si )^r^ m J^oioipM, venajit à être dÀr^|ts , il paierait ibsvieiik ]^
BU poioora. t3t
cessaire c|e les traverser à Faide de pontons ; et l'armée de Tarchiduc n'avait pas d'équipages de pont& Le duché renfermait plusieurs places fortes que Ferdinand pouvait être obligé d'assiéger ; et U n'avait pas de pièces de siège, et ne menait à sa suit^ que 12 pièces de douze : tout le reste de son artillerie était composé de pièces de campagne d'un moindre; calibre. L'archiduc comptait dans $oq armée active un quart de Polonais ; et ce qoinbre allait bientôt être augmenté par 20,000 Gahr ciens qu'on réunissait dans les dépôts \ tous çv hommes ne servaient qu'à contre-cceur sous les drapeaux de rAutriche, et il était à craindre qa% dès qu'ils se trouveraient en présence de l'arméf polonaise, ils ne passassent dans les rangs de leurf compatriotes : la prudence prescrivait de les remplacer par des troupes d'ofigiqe différente, et d'employer les Polonais dans d'autres armées ou dans les places fortes , située hors dii territoire d^ la Pologne.
Les instructions données à l'archiduc portaient qije : « son ccwrps d'année devait marcher directement sur Varsovie et chercher à emporter Czenstochowa , mais devait surtout mettre la plus grande activité dans $es mouvements pour finir promptemqut cette expédition et pour prévenir , par la ferçiefé de sa conduite et la rapidité de sa marche , les différentes comphcations qui pouvaient survenir, afin que ce corps , après avoir mis le duché de Yarsgjyie hors d'état de nuire aux intérêts de l' Autripjie,
m CABt]PAâi(£ t>E I80d
pût être employé selon qu'on' aurait jugé convenable. » Ces instructions portaient encore que Tarmée russe rassemblée à Dubno donnait de justes alarmes à la cour de Vienne, et que le commandant de l'armée autrichienne recevrait des instruc tions à cet égard. *
Pour remplir la mission doîit il était chargé, Tarchiduc devait battre l'armée polonaise, prendre les places du duché, occuper le pays et empêcher l'insurrection d'éclater, non-seulement dans le duché de Varsovie , mais encore dans les deux Galicies. C'était là toutefois une tâche difficile à remplir avec 33,000 hommes et une réserve de 7,400 hommes. Elle supposait une suite non -interrompue de succès , sur lesquels , au rest^ l'Autriche semblait compter.
Cependant , quelques flatteuses que fussent ces espérances, Ferdinand n'en devait pas moins prévoir le cas où il serait forcé de se tenir momentanément sur la défensive et ne rien négliger pour se maintenir , pour prévenir les insurrections, et se mettre à même d'attendre les secours qui lui seraient envoyés; mais, soit qu'il fit une guerre offensive ou défensive , la prudence lui commandait de se rendre maître du cours de la Vistule, qui est le principal trait stratégique du pays. Ce fleuve coule d'abord vers l'orient jusqu'à l'embouchure du San : cette partie de son cours, avec celui de cette rivière^ formait Isf base d'opérations de l'archiduc , et couvrait ses ma-
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gasins^. Plus loin Ja Vistule se détourne brusque-;' ment à gauche , et coule vers le nord et entre dans le duché qui s'étend sur ses deux rivjes. Ferdinand ne pouvait donc regarder la ligne d« la Vistule comme une ligne de défense à occuper ; il devait se rendre maître de son cours en fortifiant quelques points , qui lui permissent de se tenir à cheval, sur le fleuve , et se trouver par là ^ à même d'opérer sur les deux rives. ,
Pour atteindre ce but , les pointa Jes plus convenables étaient les embouchures des rivières qui se jettent dans la Vistule ; et aucune n'était alors fortifiée. Les Autrichiens ne possédaient à cette époque que deux vUles fortes qui pouvaient leur assurer le passage du fleuve, Krakovie et Sandoiriir. I^xakovie était entouré d'une vieille enpeinte flanquée de tours qui n'était pas armée, mais pouvait être aisément convertie en poste de guerre ; elle avait en outre un pont de pierre sur la Vistule. Le mur qui V ceignait Sandomir. originairement très fort , tombait en ruines : l'archiduc ordonna de le relever et d'ajouter au corps de la place quelques ouvrages, avancés ; de plus il fit jeter, sur la Visfule un pont , qu'il voulait couvrir d'une têtedepoht. Ces travaux pouvaient être utiles ; mais Krakovie et Sandomir se trouvaient éloigné* du centre des opérations, et ne pouvaient lui servir que de point d'appui pour fortifier sa base.. Si Ferdinand^ voulait opérer sur Varsovie, il fallait qu'il s'assurât d'un point plus rapproclié (Je cette
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ville, d'un point qui lui servît d'échelon entre Sandomir et la capitale du duché. Aucun n'était plus convenable pour remplir cet objet que le confluent du Wierpz. Ce point, fortifié par une .triple tête de pont , eût en même temps rendu l'archidùc maître du cours de cette rivière , et de celui de la Vistule, et eût servi de pivot à ses opérations ; mais ce prince n'eut pas la prévoyance de s'en assurer en y exécutant des travaux.
Ferdinand faisait peu de Cas de ses enhemis ; il iregardait l'armée polonaise comme n'étant qu'en formation, et croyait en triompher facilement, H espérait que les habitante du duché seraient entraînés par l'esprit d'opposition qui se manifestait contre Napoléon dans d'autres contrées de VEurope, et qu'en tout cas il paralyserait léui» mauvaise volonté par ses premiers succès. H li'îgnoraît pas que lé prince Poniatowski avait réuni ^es forces en avant dé Varsovie; et, confoimémelit à ses instructions , il voulait marcher droit à Tarméë polonaise et la forcer à une .bataillé décisive.
Avant de franchir la frontière , le prince autrichien résolut de se faire précéder d'une procbmation. Daté d'Odrzywôl du 12 avril, cette pièce hé fut cependant rendue publique qu'au moment du passage de la ï^ilica. Ferdinand y déclarait àiixhabîtântsdu duché de Varsovie qu'il entrait à rilaînarinée èuirlèur territoire, "mais qu'il n'était pas leur ennemi; que Fempereur d*Autriche iie faisait la guent c|u'ii
cW POIOONS. lil
Napoléoii , et qtî'fl était Taiiii de tous cetix qui fié défendaient pas la cause de la France. Eittultè 11 leur expliquait lés motift dé là gueirë, entiSepiisè, disait-il, pour conserver l'exiétericê de rein(>iré autrichieil , jpoiir rétablir de Fonlfe en Euro()é et pour la prospérité dès peujpleé meiiËc^s par Fambition de Vémpereûr des Français. Pùîé il s'exprimait ainaî : t< C'est à vous que je m'adresse pàW ticulièrenteiit , habitants dii duché de Varsovie. Je vous le deiilâiide , jouissei-vôus dtl bdnhfeuih que vous a pi^iiiis l'ertipetetii' ? Vottné lâflg , qui A coulé sous lés murs de MadHd, a-l-il coulé p6&f v6j5 intérêts? Qtt'oiit dfe coîhmtin le Tagfe et U Vîstule ? Et la valeur dé vbs soldats îa-t-èlle «WVl
à rendre votre destinée plus prospère? L^ém-
pereur Wàpôlêon à besoin de vos ttt)t^e8 pour lui-mêûie , et iiôrt pour VOttS. Vous faitw le «acrifice de vos propfriltéè et de vos Boldbti à de* ifflérets qui, Idin'd'être les vôtf es, imv sonteritiènsnrant opposés, et, en iiè MolfUènt^ voua êtfes; pkr m^ al» liance , livrés sSsà défeùse à là râpéric^lté de li^ armés , taîndis què Vé\iiQ de vos troupes mnam de son saug les chârii]ps de la Gàstilie et de ràra[|^.ii Enfin il engagé les habitants à ne pat feorc 4é résistance et leUr dédare que s'ils en oppesCTt^ il meta contre enx du droit de la guerre, et il tëadmà ainsi : <« Si , fidèles à vos véritables kitéréts^ voûi m» recevez en ami ; m inaj esté l'emperciur d'AnlHeiié vous préàcfira Émj^ sa protection spéctafe ^^ el je •a'acigtral de voœ que lés objeta nétéMmUi è It
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$àreté de mes annes et à la subsistance de. mon armée. »
Le duché de Varsovie était couvert,, du côté de la Galicie , sur la rive droite de la Vistule , par une ligne de défense qui , suivait le cours du Bug depuis l'embouchure du Nikrzeç jusqu'à la Narew, puis le cours de cette rivière jusqu'à sa jonction avec la Vistule. Cette partie de la ligne n!était pas sans importance, d'autant plus qu'elle était fortifiée par les places de Sieroçk et de Modlin ; elle eût été bien plus forte encore , si ces .deux places avaient été munies de têtes de pont qui eussent permis au^t Polonais de déboucher au besoin sur la rive gauche du Bug et de la Narew, et 4^ preiidre l'offensive en temps opportun. La ligne de défense du duché remontait ensuite le cours de la Vistule, depuis Modlin jusqu aMniszew.Cet espace, couvert par le fleuve,était fortifié par la tête de pont de Praga, dont la possession permettait aux Polonais de déboucher de Varsovie sur la rive droite de la Vistule. Mats, depuis Mni\?zew , la ligne de la Piliça ne couvrait Varsovie et les aC^oartements de la rive gauche que très imparfaitement, P^^^e rivière étant giiéable sur beaucoup de points, pai it^culièrement V€T8 sa source , ne présentait pas ii'obsu?cl^s sérieux à la marche de l'ennemi. Varsovie i>'étaiV^^^^ fortifié*; et , cette capitale occupée , Praga n avwt plus d'importance pour les Polonais;
On voit par cet examen que le côté faible de la^ frontière du duché était mr la rive gauche de
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la Vi«tule, et qu'il était fecilede Tenvaliir de ce
côté.
Les mêmes motife qui auraient dû engager l'Archiduc à s!as8urer du cours de la Vistvde devaient autti porter les Polonais à s'en rendre maîtres, en y occupant des points fortifiés ; et ils y étaient d'autant plus intéressés , que , devant se tenir sur la défeosive , à cause de l'infériorité de leurs forces . il leur importait infiniment de pouvoir passer d'une lîve à l'autre du fleuve , afin d éviter un combat inégal, et d'attendre des circonstances plus propices.
Trois; points étaient plus particulièrement convenables pour atteindre ce but : Varsovie , Modlin et Thorn. Varsovie avait été fortifié en 1794 par Kosciuzko, Cette capitale avait soutenu alors un siège de sept semaines contre une armée de 36,000 hommes , munie d'un .parc de siège. Il n'était donc, pas impossible , en 1809, de la défendre conti?e Tarmèe autrichienne, qui ne comptait, que 33,000 hommes et ne meiiait pas. à sa suite de grosse artillerie. . Kjoscius^ko disposait de 18,000 hommes ; Poniatowski en avait 17,000 (avec 1^ dépôts qui se trouvaient à Varsovie) ; et ce nombre .pouvait être, augmenté promptement par de nouvdleslevées. En retiiiant quelques pièces des places de la ISarew et de Praga, Poniatowski pouvait armer convenablement ses lignes quoique très étendues : elles avaient 6,000 toises (1 1 ,700 mettes) de développement. . Ces hgnes étaient , à la
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vérité, en mauvais état ; maiè, à Fàidè dii graiid nombre de bras qu'on pouvait y employer , éii semaines auraient amplement suffi poul* les relever, n reste donc prouvé que le gouvernement poldiiais, en s'y prenant deux moié plus tAt , aurait pu empêcher les Autrichiens de pénétrer sans coiip R- ' rir dans la capitale , et les eut forcés de l'aésiégef ; ce qui les aurait obligés à attendre l'àtrivée d'un parc de siège , qu'ils n'auraient pil tirer que d'Olmutz. Pendant les longueur^ inséparables de cette opération , ce gouvernement aurait eu le temps de lever des corps de partisans et d'bi*gâniser les levées en masse; il est probable que l'armée autrichienne eût bientôt vu sa ligne d'opérations interceptée , qu'elle eût manqué de munitions et de vivres. Enfin, resserrée de plusenplifs, ellfe se serait vue sans doute forcée de se retirer coihihe le fit Fré^ déric-Cuillaume en 1 794- .
Mais le gouvernement polonais iie croyait pâ« alors à la guerre et ne pensait nullement à s'y jprêparer. Lorsque le prinde Poniatowski apprit , pdt la lettre de l'empereur Napoléon (qui lui fut communiquée le âl mars) , qiîé la guerre était imminente, on n'avait plus assez de tëmpé ^xJQir ïbi^ tîfier Varsovie. On aurait dû s'attacher uniîjtiëlheiiî alors à perfectionner les retranchements de Modlih et de Thorn, qui commandaient le cour» de là Vfstule, depuis Tembouchure de la Narèw jîîJsqti'à fii frontière de Prusse .
L'importance du pbiiit stratégique ilb ÛbéM^
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avait été de tout temps reconnue ; les Suédois y avaient eu un camp retranché ; le maréchal de Saxe voulait en feire lé centre de la défense de la Pologne ; Napoléon choisit ce point pendant la guerre de 1807 et le fit fortifier. Modlin recevant tous ses développements., c'est-à-dire muni d'une triple tête de pont , commanderait à la fois les cours de la Vistule et de la ]^arew. Si Poniatowski, plus prévoyant, avait eu le soin d'y construire au moins une tête de pont sur la rive gauche de là Vistule, il se- serait ménagé, en y prenant position après la perte de Varsovie , les moyens de manœuvrer sur la capitale par la rive gauche du fleuve , d'en chasser Ferdinand ou du moins de paralyser ses mouvements. Les retranchements dé Modlin, au temps dont nous parlons, n'étaient formés que d'un coï^ps de place de six fronts construits, sur fa rive droite de la Vistule , sans aucun ouvrage avancé ; ses remparts,qui étaient de 16 pieds (5 m. 20 c.) de profil et revêtus en bois, la mettaient à l'abri d'un coup de main ; mais la place perdait la plus grande partie de son importance, par la néghg'enée qu'on avait mise à ne pas étendre seà retranchements , à la' rive gauche du fleuve. La jplaceî de Thorn avait sept fronts ; elle était revêtue et palissadée. Elle avait un jpont de bateaux sur la Vistule ; mais ce pont n'était couvert sur la rive gauche que par un retranchement à peiné ébauché : t^ôniatowski aurait dû le foire mettre prompteinent eu état de défense ,
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Si les travaux de Modlin et de Tliom eussent été terminés avant la guerre, comme ils pouvaient l'être, et que, par suite des événements, le général polonais eût été forcé dcvacuer la capitale, il aurait pu faire de Modlin le pivot de ses opérations et de. Thorn sa place de dépôt et de refuge.
Celle-ci eût assuré ses communications avec la grande Pologne et avec la ligne de l'Oder. Mais Poniatowski, trois jours avant l'ouverture des hostilités , ne croyait pas être attaqué ; il n'était pas même informé avec certitude des mouvements de l'ennemi.
Dans une lettre écrite au maréchal Davoust le 12 avril, il exprime ainsi son opinion à ce sujet: « En comparant les circonstances contenues dans les différents avis avec l'avis positif que Tarchiduc Ferdinand se trouve déjà ou arrivera d'un moment à l'autre à .KonsKie, il parait évident que les Autrichiens vont porter leurs troupes sur la Piliça, et qu'ils prendront alors une des posi-
lions dont j'ai eu l'honneur de parler à Voire Excellence. Je dis une de ces positions, car, malgré leurs fanfaronnades et leurs menaces, ils, ne sont pas certainement de force à les occuper toutes... On annonce généralement que le corps de l'arçliiduc Ferdinand se monte à 30,000 honunes ; mais il n'est guère probable qu'ils puissent porter de notre côté plus de 15 à 18,000 hommes. Dès. lors, le corps qui devrait agir sur la Piliça serait plutôt destiné à observer qos mouvements
qu^à effectuer l'invasion du duché depuis si longtemps annoncée*. »
Ainsi le prince avait négligé de prendre les mesures nécessaires pour se mettre à même de soutenir une défensive vigoureuse; il n'avait désormais poi^r défendre Varsovie que la bravoure de ses soldats. Il semble que l'opinion qui régnait généralement dans le duché que les Autrichiens n'oseraient pas entrer en lice avec Napoléon , avait contribué à endormirPoniatowski dans une fausse sécurité.
Par une singulière coïncidence , les deux généraux en chef des armées adverses faisaient mutuellement peu de cas de leur ennemi ; ils commirent par là des fautes qui devaient avoir une grande influence sur les opérations de la guerre.
Poniatowski fît néanmoins, le 12 avril, les dispositions suivantes : le 6*^ régiment de cavalerie quitta Blonie et se porta à Nadarzyn; le 3^ d'infanterie, commandé par le général Bieganski, soutenu par quatre pièces, alla occuper Raszyn; le 3* régiment de cavalerie prit position à Piaseczno; le 1" alla s'échelonner de Gora à Mniszev^ , et le 5* quitta Nie-
>orent (rive gauche de la Vistule) et se porta sur
Aonie. Le 3* régiment d'infanterie fut remplacé à Varsovie par un bataillon du 6" , tiré de la place de Sierôçk, et par un bataillon du 8% détaché
de Modlin ; deux autres bataillons des mêmes ré-
^ y, pièces iustiûcatives, 1.
i4â CAUPAdim DB 1809
giments les suivirent deux jours après. La garnison de Varsovie se composait alors des 1" et 2* bataillons des 1", 2% 6* et 8* réginients d'infentepie, du 2* de cavalerie, de l'artillerie polonaise à pied et à cheval , de quelques dépôts et de la division saxonne. Le 12*" d'infanterie était en marche de Thorn, mais ne pouvait atteindre Varsovie que le 20 avril dans la matinée.
Le total des troupes prêtes à entrer en campagne , réunies sous les ordres de Poniatowski à Varsovie et aux environs, formait un effectif de 14,000 hommes avec 39 pièces de canon.
Le prince reçut, le 15 avril à 8 heures du matin, la déclaration de guerre de l'Autriche, qui lui fut notifiée par un siinple billet de l'archiduc : il y était dit que , « les troupes autrichiennes entreraient sur le territoire du duché le 1 5 à 7 heures du matin et traiteraient en ennemi tout ce qui s'opposerait à leur passage *. »
Assuré que les hostilités avaient commencé, Poniatowski mit son armée en mouvement dans la direction de la Piliça. H vint prendre position, dans la soirée même du 15 avril à Raszyn, avec le gros de son corps d'armée , et poussa sur Tarçzyn,"8on avant-garde , aux ordres du général Bieganski ; il chargea en même temps le général Ro^niecki de se
* CeUe lettre fut apportée au prince par le chef de bs^igop Mallet, directeur dû génie de Varmée polonaise, qui ayàjt %é envoyé à Nowemiasto pour réconnitUre le cours de là Pili^, et ^ grande route de Varsovie à Nowemiasto.
|Kfr fotoGm. lis
p^i^l? en ^vaAt 9 la tête de la cavalerie , afin d'çclaim ^ mouveiHents de l'ennemi. Ce général avait H^us 5g8 or4re» cinq régiments de cavalerie avec qn4|;j[*e. pièces ^'artillerie à cheval. Le 1" régiment pqt position à Gora, tandis que le 2* se portait sur fi§S7yp ; les 3% 5* et G** régiments suivirent le mouyeipentde ce dernier.
Dfins la pial^née du 16 ayril, le prince voulut ^î^ter sa position de Raszyn, et se porter à la rençQn|ye de l'archiduc. RJais, 4'^^ côté, les rapports du général de cavalerie lui annoncèrent que Tarn^ée. ennemie était forte de 26 à 30,000 hommes ; à'ijîi autre , le général Pelletier , qui possédait à juste titre la confiance de Poniatowski , lui exposa le danger qu'il y aurait pour l'armée polonaise à s'aventurer trop loin, et à s'exposer ainsi à être coupée de Varsovie, ce qui l'eût contraint à se retirer sur la Warta afin de conserver ses communications avec la ligne de l'Oder. Le général Pelletier observa qu'un tel mouvement serait fort hasardé , étant exécuté en présence d'un ennemi si supérieur en nombre , .et dont l'armée était plus fortement orgaïUjBée que celle de Poniàtovvski. Le prince se décida donc à conserver «a position de Raszyn , afin de couvrir Varsovie.
l^ fiwyÇfo^^ïit polonais , se voyant m^acé dVji? iiO^vasiôn redoutable, adopta différentes megur^ 4^ défejLse qu'il eut été plus prudent de pren- 4^ àl'avaiwîe.
Il ordonna de relever les lignes de Vswpyie ;
144 CAMf»ÀGNfi tE i809
mais il était trop tard pour le» mettre dans un état de défense respectable : la garde nationale de la capitale fut réorganisée ; elle fut placée sous les ordres du colonel Saulnier, commandant de la place. Les fusils ne manquaient pas. Une espèce d'arrière-ban ou de garde nationale sédentaire, composée des hommes valides de 16 à 60 ans, fut organisée et armée. Cette garde, formée en décurie, centurie et bataillons , devait élire ses chefs. La levée en masse des départements fut aussi décrétée.
Le gouvernement nomma dans chaque département, un lieutenant ou fondé de pouvoir , et un commandant de la force armée.
Yoici les noms de ceux qui furent investis de ces fonctions.
Départeroeii|8. iJeut. fondé de pournir. Commandant da la force armée
Varsovie , le priace Stanislas la- Le colonel Sifoiianowski.
blonowski.
Poseir, le sénateur Wybiçki. Le général Kosinski.
Kalisz, le préfet Garczynski. Le colonel Biernaçki.
Plock, le prér. Rembielinski. Le colonel Zielinski.
Lomza, le préfet Laso4^ki. Le général Karwowski.
Bromberg, le préfet Gliszczynski. Le colonel Liplnski.
Tous ces décrets furent promulgués dès le 16 avril. Le conseil des ministres crut aussi devoir répondre par une proclamation énergique, en date du même jour , à celle de l'archiduc Ferdinand,
Dans ce manifeste, adressé aux habitants du duché , le conseil rappelle d'abord la restauration de la patrie par les efforts réunis de Napoléon et de k nation ; il dit ensuite que l'existence politique du ducbé à été ratifiée à Tilsit par les deux plus puissants monarques du monde; que, dès lors , le duché a pris place parmi les états indépendants , et que la souveraineté en a été assurée à la maison de Saxe , appelée jadis au trône par le vœu national , scellé par de nouveaux serments.
Il proteste ensuite en ces termes contre l'invasion des Autrichiens :
« Un voisin que nous n'avons point offensé ; un voisin dont la capitale et l'jempire ont été autrefois sauvés par les armes de nos ancêtres, vient d'envahir notre territoire et nous traite comme une horde sans patrie et sans gouvernement, s'efifbrçspit de séparer notre cause de celle de notre grand régénérateur, et prétendant ne foire la guerre qu'à l'empereur ^ Napoléon. Assurés que nous sommes de l'appui de notre puissant alhé n'opposerons-nous pas la force à lar force pour défendre notre existence politique ? Une telle pusillanimité serait indigne des Polonais. Sacrifions tout pour défendre notre patrie et notre honneur. Le gouvernement et la nation redoubleront d'efforts pour repousser l'agression de l'ennemi, et ils ne regarderont jamais comme tel leurs frères les Galiciens. Habitants du duché dé Varsovie,
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c'est à une défense nationale que le gouvernement vous appelle par les ordonnances qu'il vient de promulguer »
Le manifeste se termine ainsi :
« Accourez, Polonais qui n'avez jamais dégé* néré; vous, qui avez donné au monde teint de preuves éclatantes de votre patriotisme , concourez à l'envi avec votre vaillante armée à la défense de vos foyers ! Vous, confiant en Dieu et dans la protection du grand Napoléon, combattez au nom de la patrie et de votre vertueux souverain ; couvrez de vos corps ce que l'homme a de plus précieux : votre Indépendance et vos droits ! ! »
Pendant que le gouvernement prenait ùes différentes îneisures pour soutenir vigoureusement la lutte, la cavalerie polonaise commandée par Hozniecky avait avec celle de l'ennemi différents engagements , qui étaient tous à son avantage et dans lesquels elle faisait aux Autrichiens 100 prisonniers et leur mettait 100 hommes hors de combat.
Dans la journée du 18 avril, là garnistm de te tête de pont de Praga poussa sur Grzybow (frontière de Galicië) une reconnaissance , qui f^ncôittra deux escadrons de hussards autrichiens.
Elle les chargea avec tant de vigueur qUe, malgré la supériorité du nombre, ils furent culbutés, mis en déroute et eurent 40 hommes hors de
combat.
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Cependant l'armée de Farcliiduc s'avançait sur Varsovie; Tarczyn fut évacué par l'avant-garde polonaise qui se replia sur Raszyn. Cette position était couverte par le ruisseau de la Rawka, qui tombe dans la Bzura et coupe les deux routes de Nadarzyn à laworowo et de Tarciyn à Raszyn • Ce ruisseau est marécageux dans les environs de Raszyn ; à l'époque dont nous parlons , il ne pouvait être franchi par l'armée ennemie dans le voisinage de ce village que sur troi^ points distants d'un demi mille * l'un de l'autre : à laworowo, à Raszyn et è Michalowice , où se trouvaient des digues et des ponts faciles à dépendre. En avant du centre de la position de ^'armée polonaise , était le village de Falenty, et, plus loin , vers la droite , un bouquet de bois d'aulne. Au débouché de la digue de Raszyn, 'étendait un bois plus considérable, qui était traversé par les routes de Falenty et de Piaseczno. L'ensemble de cette position formait un poste assez fort. En avant se déroulait une plaine bordée de vagtes forêts. Le prince Poniatowski plaça à Falenty une avant-garde composée des 1*' bataillons du l*' et du 8® régiment d'infanterie , avec quatre pièces d'artiHerie ; il en confia le commandement au général Sokolniçki , qu'il fit soutenir par un bataillon du 6* régiment d'infanterie avec deux pièces d'artillerie , postés en avant de la digue de Ra«2yn , qui lui servait de réserve. A la droite, le village de Michalowice était occupé par le !•'
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et le 2^ bataillon du 3* régiment , avec quatre pièces de canon qui venaient de se replier de Tarezyn et étaient sous les ordres du général Biegaaski^ Au centre, un peu en arrière de Raszyn et à cheval sur la route de Varsovie , se trouvaient, en position sur des mamelons de sable, les l*' et 2"" bataillons du 2" régiment d'infanterie polonaise, trois bataillons d'infanterie , un escadron de hussards et douze pièces d'artillerie de l'armée saxonne : toutes ces troupes étaient commandées par le général Polentz. A la gauche, laworowo était occupé par le 2* bataillon du l*' et le 2* bataillon du 8* régiment avec six pièces de canon , aux ordres du général Kaminski. Poniatowski avait aussi jeté sur ses flancs divers détachements. Une compagnie * du 5* de cavalerie occupait Blonie , un escadron de hussards Sjaxons était placé en éxîhelons entre ce point et Raszyn ; un bataillon du 6* d'infenterie avec deux pièces se trouvait à Wola. La cavalerie aux ordres du gjènéral Rozniecki , composée des 2*, 3% 5*, et 6® régiments, avec quatre pièces d'artillerie à cheval , était en présence de Tarmée de Ferdinand, et l'observait tout en se retirant : le l*' régiment de cavalerie s'était replié de Gora , dans la soirée du 18 , et était venu prendre position à 1,000 toises (1,950 m.) en arrière du centre de l'armée, où se
* Les escadrons étaient composés de deux compagnies ^ qui équivalaient à de Torts escadrons de guerre Arançais.
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trouvaient aussi cinq pièces d'artillerie à cheval formant la réserve d'artillerie,
La cavalerie de Rozniecki eut , le 19 au matin , un engagement sérieux à Nadarzyn avec Favant-garde de l'archiduc, dans lequel le 2* de cavalerie fit une charge brillante. Elle se replia ensuite sur le gros de l'armée , et devait se plî c îr en réserve pour couvrir les flancs, qui pouvaient être menacés par l'ennemi.
Cependant l'armée autrichienne s'avançait de Tarczyn, par les bois dont nous venons de parler. Son avant -garde était conduite par le général Mohr. Elle était composée de trois bataillons d'infenterie, (Wukasowitsch) de deux bataillons de chasseurs (Siebenburger-Walaken), et de toute la cavalerie légère dont disposait rarchiduc, avec douze pièces d'artillerie. Le gros de l'armée autrichienne marchait à la fois par les routes de Nadarzyn , Tarczyn et Piaseczno. Mohr déboucha dans l'après-midi* La cavalerie polonaise masquait eneorela position de Poniatowski. Vers une heure, elle suivit le mouvement de flanc que les escadrons" autrichiens fesaient vers la droite du prince , et découvrit celui • ci ; Poniatowski porta aussitôt le général Rozniecki, par Michalowice sur les derrières de son armée.
L'apchiduc aurait pu alors reconnaître la position des Polonais, dont la gauche était la partie £aiible et pouvait être aisément tournée , vu que le ruisseau de la Rawka est insignifiant au-dessus
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de laworowo ; mais il négligea de le foire. En suivant les règles prescrites par l'art de la guerre, le général autrichien aurait dû ne montrer d'abord à Poniatowski que son avant-garde , et arrêter le gros de son armée à la lisière des bois ; il aurait dû remettre l'attaque au lendemain , et faire ses dispositions de manière à porter une partie de se« forces sur l'extrême gauche des Polonais , faire tourner cette gauche et en même temps attaquer le centre : par là Poniatowski eût été forcé à se retirer précipitament sur Varsovie, mouvement qu'il ne pouvait opérer sans danger dans un pays ouvert , et sur un terrain argileux , défoncé par le dégel, n aurait été contraint , sans doute , d'abandonner son artillerie, dans les fondrières. Ce* mouvement eût à la vérité présenté l'inconvénient de placer la colonne tournante entre les troupes polonaises et la Vistule ; mais , vu la supériorité des forces de l'archiduc , il n'eût présenté aucun danger.
Ferdinand était impatient ^e combattre. Sans attendre le gros de son armée , il ordonna au général Mohr d'emporter la position de Faleaty , se réservant de le faire soutenir par les premières troupes qui arriveraientsur le champ de bataille.
De son côté , le prince Joseph , qui connaissait la lenteur des Autrichiens, ne croyait pas être attaqué immédiatement. Présumant sans doute que la bataille n'aurait lieu que le lendemain , il ne repiîa pas sou avant-garde, et la laissa dans une pmi^
tion hasardée^ où elle n'avait qu'un seul pont pour opérer aa retraite. Mais l'attaque de Mohr fut si brusque que Poniatowski dut accepter le combat y sans rien changer à son ordre de ba* taille,
Sokolaiçki n'avait que trois bataillons et six pièces à opposer aux cinq bataillons , et aux douze pièces que Mohr amenait avec lui, et qui, bientôt après , furent appuyés par les six bataillons et les douze pièces de la brigade Civalard ^ qui les suivaient immédiatement. Le combat s'engagea à deux heures de l'après-midi. Le prince Joseph, qui se trouvait alors à son quartier-général à Râszyn, monta aussitôt à cheval, et se porta sur Falenty. D'après ses ordres , trois pièces d'artillerie légère de la réserve prirent position en avant de ce village. Sokolniçki ayant alors neuf pièces en batterie, fit redoubler le feu sur les troupes autrichiennes qui s'approchaient ; Mohr y r^ondit par une vive cannonade tandis que ioo infaiateri^ s'avançait en colonne par bataillons.
Le bouquet de bois d'Aulne fut empgrté par l'eiweii^ vers te'ois heures , et , bientôt après » le village de Fsdeaty fut aussi enlevé. Le bataillon du S* régimasit , qui gardait ces deux points sç retirait en désca'dre ; le prince le rallia, se mit de m f)e*!Sonne à la tète du i"' bataillon du 1"' ré- {^i»mt , ^argea les Autridiiens à la baïonette et reprit la position. I^'artillerie polonaise contri»
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bua à ce succès par un feu bien dirigé. Cependant la brigade Civalard était arrivée sur le terrain ; Mohr , disposant dès lors de forces triples de celles qu'il avait en tête renouvela l'attaque. Vingtquatre pièces étaient en batterie ; quelque fut la bravoure de l'artillerie polonaise, elle ne put longtemps se maintenir contre le feu de celle des Autrichiens, qui lui démonta un obusier , fit sauter plusieurs de ses caissons , et mit bon nombre de ses-canonniers hors de combat. Les obus ennemis mirent le feu au village de Falenty \ l'infanterie , formée en colonnes d'attaque , reprit le bois d'aulne, et occupa bientôt après le village même de Falenty. C'est alors que le colonel Godebski officier, d'un rare mérite, fut tué. Il commandait le 8* régiment d'infanterie. Au même moment , le ba]taillon du 6* régiment était aussi vivanent attaqué , et se soutenait avec peine contre un ennemi si supérieur en nombre.
Pressée ainsi de toutes parts l'avant-garde polonaise fut contrainte de se retirer sur Raszyn. Ce mouvement ne put s'exécuter sans désordre ; l'obusier démonté et une autre pièce furent abandoiinés sur le champ de bataille. Le général Fiszer , chef d'état-major de l'armée, fut blessé dans la mêlée. Le général Sokolniçki parvint pourtant à regagner Raszyn avec ses troupes, en partie par la digue qui y conduisait, et en partie en franchissant , homme à homme , le ruisseau marécageux ; il était alors cinq heures de l'après-midi,
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Lès Autrichiens, enhardis par ce premier succès, voulurent pousser en avant et attaquer Poniatowski dans sa position de Raszyn. Ils s'avancèrent par la digue , malgré le feu de son infanterie, et se rendirent maîtres d'une partie de ce village , mais ne purent chasser les Polonais de celle qui était le plus rapprochée de leur ligne de bataille. Us attaquèrent aussi les villages de laworowo et de Michalowice , mais mollement , et sans succès. Vers sept heures du soir, ils redoublèrent d'efforts pour déboucher sur le centre des Polonais. Une de leurs colonnes s'avança par Raszyn , pendant que r«utre s'efforçait de traverser les marais sur la gauche de ce village. Le prince Poniatowski fît alors placer en batterie sur la droite de la grande route de/Varsovie seize pièces, dont douze saxonnes et quatre polonaises. Ces pièces ouvrirent un feu très vif sur l'infanterie autrichienne ; elles la mitraillèrent pendant plus d'une heure, et Tobligèrent à la retraite. Les Autrichiens essuyèrent sur ce point de grandes pertes. Le prince Joseph avait mis pied à terre et encourageait lui-même les canonniers. Pendant tout le cours de la bataille de Raszyn , il s'exposa personnellement ; tous les officiers de son état-major furent blessés ou eurent des chevaux tués.
Les obus de l'artillerie polonaise incendièrent Raszyn, et les tirailleurs d'infanterie se maintinrent avec l'intrépidité la plus rare dans la partie du village qu'ils défendaient. Tous lés efforts des Au-
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tricbiens. forent vains ; ils ne purent &ire; aucun progrès ; la conformation du t^rain ne lew permettait pas de mettre en batterie , pour soutenir leurs attaques. A neuf heures du soir, le feu cessa { les Autrichiens repassèrent le pont deRassyn, at m contentèrent d'occuper la digue, et le bois qui se trouvait en arrière de ce village. A Fexception d^ Falenty , les Polonais n'avaient donc pas perdu un seul pouce de terrain , et s étaient maintenu! isuir le champ de bataille.
La perte de l'armée polonaise, dans cette journée, fut de 450 hommes tués, de 900 blesêés et de 40 prisonniers ; celle des- Autrichiens, qui combattirent presque toujours à découvert, fat plus considérable; elle se monta à 2,500 hommes.
Vu J'infériorté des forces des Polonais, la bataille de Raszyn doit être comptée parmi les faits d'armes les plus glorieux de cette campagne ; et , #i l'oqi considère que l'armée de Ferdinand était formée de vieilles troupes , de troupes éprouvée» dfiM ïe^ combats ^ et que celle de Poniatowskî n'était j pour ainsi dire , composée que de recrue^ , qui n'avaient jamais vu le feu, on ne pourra qu'acimirer le courage qu elle défdoya éam cet$e hàh journée.
A peine le feu avait-il cessé que les SâxoM^ qui avaient vaillamment combatl^Si commMçèi^t leur mouvement de retraite mt Varsovie , afia de se rendre en Saxe , comme î]# m avaient l'iSÇu l'ordre depuis quelques tempi* (Jette retmite
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fut fortement critiquée dans Farmée polonaise : abandonner ses alliés dans un moment de danger était ^ sinon une action blâmable, du moins un manque de procédé choquant.
Le prince Poniatowski tint conseil à dix heures du soir, sur le champ de bataille. Les pertes essuyées pendant le combat, le grand nombre d'hommes qui avaient quitté les rangs pour emporter les blessés , enfin le départ des Saxons avaient réduit les. forces de Poniatowski à moins de 9,000 hommes ; la retraite fut décidée , et il fallut se hâter de l'opérer pendant la nuit, afin qu'elle fût achevée avant le jour, pour éviter la poursuite.
Cette retraite commencée à onze heures du soir , eut lieu sans autre perte que celle de deux pièces abandonnées dans le bourbier , qui rendait une partie de la route presque impraticable.
Immédiatement après l'action, le général Sokolniçki fut chargé par le prince de se porter à la tête du 2* régiment de cavalerie , sur la Vistule. B prit position près de Wilanow, et resta pendant toute la nuit dans cette position pour observer les routes, par lesquelles on pouvait craindre que Tennemi ne s'avançât sur Varsovie, afin de couper l'armée polonaise , de la capitale .
Mais les Auiridhiens , fiitigués par le combat et étonnés de la résistance inattendue des Polonais , ne firent aucitoe tentative , et le général Sokolnijki se refJia dans la matinée du 20 sur les lignes 4e Varsovie , ou l'armée polonaise avait déjà
pris position. Ces lignes étaient armées de quarantecinq pièces d'artillerie , dont six de vingt-quatre ; cependant le prince ne pouvait espérer de s'y maintenir , bien qu'il eût été renforcé dans la journée par le 12" régiment d'infanterie , qui arrivait de Thorn, et par 800 recrues que lui amenait de Kalisz , le capitaine Rybinski : Poniatowski comptait alors 12 à 13,000 hommes sous les armes. La garde nationale et les volontaires de Varsovie formaient lin effectif de 5,000 hommes ; mais ces forces , disséminées dans des lignes de 6,000 toises (11,700 m.) d'étendue, n'eussent jamais pu arrêter les Autrichiens , car celles - ci étaient en si mauvais état qu'elles pouvaient être presque partout franchies, même parla cavalerie. Tous les généraux étaient d'avis qu'on ne pouvait tenir à Varsovie; Dombrowski, qui avait réjoint l'armée à la fin de la bataille de Raszyn , et le général Zaionczek , qui était arrivé à Varsovie dans la nuit, partageaient l'opinion générale à ce sujet.
Cependant , les Autrichiens ne s'avançaient qu'avec circonspection. Leur cavalerie parut dtevant la ville vers midi ; l'artillerie polonaise lui lança quelques boulets de vingt quatre ; cette circonstance produisit une forte impression sur Farchiduc, qui ne pensait pas que les Polonais eussent des pièces d'un si gros calibre , et lui fit supposer que Varsovie était dans un état de défense respectable , supposition qui contribua .à
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accroître le désir qu'il avait d'entrer en arragement.
Dès son arrivée devant Varsovie ce prince demanda à Poniatowski une entrevue, qui eut lieu à quatre heures de l'après midi, en avant de la barrière de Jérusalem. Ferdinand aborda le prince avec la plus grande courtoisie, le loua de sa conduite à la bataille de Raszyn , et le félicita de commander à de si braves troupes. Il lui témoigna ensuite qu'il était temps de mettre fin à l'effusion du sang ; et lui insinua, que les Polonais devraient abandonner la cause de Napoléon, qui ne les employait que comme des instruments de son ambition,et dont l'alliance ne leur apportait aucun profit; il finit par prote&ter des bonnes intentions de l'empereur d'Autriche envers la nation polonaise.Le prince répondit : « Vous avouerez au moins, Monseigneur, qye nous Rêvons à l'empereur Napoléon beaucoup de reconnaissance , pour nous avoir procuré l'honneur de vous combattre sous les drapeaux polonais. » Cette entrevue se termina par la conclusion d'un armistice de vingt-quatre heures.
Le lendemain , 21 , les deux chefe eurent 'une nouvelle entrevue. Ils arrêtèrent les bases d'une convention , par laquelle Varsovie devait être évacuée par les trpupes polonaises. L'archiduc fit d'abord quelques difficultés de consentir aux propositions de Poniatowski ; mais , ayant aperçu parmi son escorte des cavahers de la levée en masse, revêtus d'habits bourgeois et armés de lances , il
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éprourva une émotion qu'il ne put cacher. Il jugea par là que la guerre pouvait devenir nationale, ce qu'il voulait éviter à tout prix. Il se hâta donc de conclure la convention qui portait que : « L'armée polonaise aurait 48 heures, pour évacuer la capitale ; que les hostilités cesseraient jusqu'au surlendemain, cinq heures du soir. Les Autrichiens devaient alors occuper Varsovie ; mais ne pouvaient lever dans cette ville aucune contribution de guerre; les employés civils polonais et saxons , les officier» et soldats français pouvaient aussi évacuer librement là ville dans un délai de cinq fois 24 heures ; 'armée polonaise avait droit d'emmiener avec elle es armes et munitions qui se trouvaient à Varsovie ; enfin les malades et convalescents étaient confiés à la loyauté de l'armée autrichienne, et dès qu'ils seraient rétablis ils pouvaient rejoindre leurs corp» respect ife. Les personnes, les propriétés et ies cultes devaient être respectés. » Cette convention fut signée , le 21 avril à cinq heures dusoir *.
Elle plongea dans la tristesse l'armée et les habitants de Varsovie. Le prince lui-même se reprochait presque d'y avoir consenti. Lorsque le général Pelletier vint prendre ses ordres , il lui dit : <( Grénéral , je crains d'avoir signé mon déshonneur. » Pelletier lui répondit : « Vous pouvez être tranquille, la cause de la Pologne ne peut que gagner à la convention que vous avez conclue. Retirée sur la rive droite de la Vistule, l'armée sera libre de ses
• r. Pièces justificatives, II.
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mouvements, etles Autrichien» verront une grande partie de leurs forces paralysées par l'occupation de Varsovie. »
Les munitions et les armes qui se trouvaient à Farsenal furent embarquées sur les bateaux du pont de la Yistule, et évacuées sur Modiin; l'armée traversa le fleuve ; elle se porta sur cette place et sur Sieroçk. Le 23 à quatre heures du soir, ce mouvement était achevé. Le conseil des ministres se retira de son côté à Tykocin, emmenant avec lui les archives.
Tandis que ces événements se passaient sur le théâtre principal de la guerre , le général Bronowacky s'était avancé à la tête de sa brigade, forte d'environ 3,000 hommes; avec dix pièces de canon , sur le fort de Czenstochowa. Il iranchit la frontière le 15 avril, arriva devant la place le 17, força ses avant -postes et la somma le 18 de capituler. Le fort était commandé par le major Stuart , qui avait sous ses ordres le 3^ bataillon du 5*" d'infanterie, un détachement du 3* lanciers , et une compagnie d'artillerie à pied qui devait servir 28 pièces, en batterie sur les remparts. Cette garnison d'environ 800 hommes suffisait à sa défense. Le fort de Czenstochowa formait un carré bastionné de 100 toises (195 m.) de côté, bien revêtu en maçonnerie et casemate. Son armement était complet et la garnison ne manquait ni de munitions ni de vivres; pour s'emparer de ce fort il fallait ouvrir la tranchée et battre en brèche,
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Le commandant répondit par un refus^ Brcmowacky forma le blocus du fort ; mais le leva presqu'aussitôt 9 et se porta le 21 par Radomsk et Piotrkow j sur Varsovie .
su POLOGNE. ICI