‹ Relation des opérations de l'armée aux ordres du prince Joseph Poniatowski pendant la campagne de 1809 en Pologne contre les Autrichiens;Chapitre 18 sur 37 · CHAPITRE lU · texte numérisé non relu

CHAPITRE lU

Entrée de Ferdinand à Varsovie. — Ses mesures administratives. —lit» «itorités polonaises sent mûoteniies.— Scnrtees qu'elles rendent à la eaose nationale. — Négociation , convention additionnelle pour Praga. — Son influence sur la guerre. — ProtiamallOD de FeriMnand. — L'année polonaise sur la Narew. — PqBiaU>waki,Doœbrowski, Zaionczek^Pdletier, Sokolnicki et

' Fiszêr — Projet de Ferdinand de passer sur la rive droite de la Vislulé?-- Il détache sur Praga Mohr qui somme Inutilement la tftte de ^ool de se rendre. — Poniatowski l'attaque. — Coo^ bats de Radzymin et de Grochow. — Les Autrichiens se retirent en désordre sur Karczew. — Poniatowski revient sur la Narew. — 11 (H-ganise l'armée active et la djéfense da dndié.-^ll paiti^e le commandement entre ses généraux. — Les Autrichien» construisent à Ostrowék une tète de poQt sur la Vistule qui n'est ; pas^aâievée. — Sokotefeki s'avance pour l'attaqner. — Hésitation de Poniatowski. — Sofcolniclû attaque et prend le retrait chementd'Ostrowek. — Les Autrichiens lèvent le pont. — ProdamcAlbn dePoniatowslâ aux troupes et aux Galiciens.

A rèxjriration ^u délai fixé par Fàrmistiée, Fei^ diBaiid fit son entrée à Varsovie à la tête de ses 'troupes*, son armée, et ne trouva sur son passage que douleur profonde et silence absolu ; les fves étaient désertes, les maisons fermées. Les

* Les soldats autrichiens avaient orné leurs coii&res de bran, éfaes Vertes , signe particulier qu*on avaR adopté dans toute Tarmé% aaiMricMenne pendant la durée de eette guerre^ et qui devait «ans doule émuler des branches de laurier.

iét CAMPAGNB D« 1809

habitants , plongés dans la tristesse, ne voulurent pas assister au triomphe de l'ennemi. Cette réception dut peu flatter les Autrichiens et leur paraître de mauvais auguté. S'annonça nt conrnie les libérateurs des peuples , ils espéraient trouver de la sympathie en Pologne , et ils n'y rencpîntraieAt, qu'^uiç répulsiq» ii^^q^éi^ Le;» Yftf" flo^kuas ppcmvèr^iit, dans cette tris^ ûreomlMÉee , que le plus pur patriotisme n'avfi^it cessé dtg Jes dninuer. AutFeSoâs ils a'élaieBl; levés comUm les Moskovites , et les avaient vaincus ; aujourOTiiji , ol)tUgé» de se ^umettre momentwéoieiit 'à la foDipe, ils se préparent en silence à tirer satisfaction de Tinjuste agression de i'^emiemi et à bpspF 1^ jûug t|a'il fait peser sur eux.

Uarchiduc alla s'établir au châtpau royal, dans la soii^ du 33 fivril, et, aans perdr^e deiaflBi||8 , il s'occupa de l'organisation d'un jcrouvernement

pour 1^ C9.pit9k &t {¥>uc h» pays cnvafaii» H

nomma le comte de Saint-Juhen gouverneur militaire du duché, lui adjoignit les conseillers JÇrepaui . et £i!3mi|i , pour gérer ks éifiërébtes bfaQchâjB (d^ rad^pittislratiojQEy et cmifia aii iauilii 4^ Tira^ta{4perg le cooimiii^idaiiiMit da 1^ j^qn de Yarsovi^. lQ,iQ^Û V^ipamea de trempes feopidfpnt la g^m^QijL de c&tt» capitale ; le reste lits fisorts autrichiennes fut cantonné aux environs. Quelque répugnance qu'éprouvassent les Polonaîg^ ^gjççployés dans les adi^ûiistratioBS. pu^quta^àaiMi^ server leurs fonctions , ils jugèrent utflè âé le

k émt^iùn Mv^gim» du gouverneur autricbieo, Ij» fiiikt QU;\v«ski g»rda.«» fifl^i Zaludû fut maintenu à la tête de radministratioi^ des hôpitaux ; Wnwgiinilrti «o^finné dim» soa |K^te de pcé^i(^nt é» Ia FiJk; fst ^»fiA le pripoe Stamsl^s lablor iMtt^î, qui,dâftl6 comaencem^^ de la |^^erra, 4wtt#é iMNvné liwtawnt du gouveroemept.poïmàiê d^na k départenieRt de VarsiQYie , devait mew 4'wt(90iédwre eutre le$ «tutorît^ mil^-trâres aiitjri<iiHP»a0« 9 l'aroiée patovuôie , Poiûa- %f«fl|sl» rnytnt dbargé de çettç misHiou. CJes qttyyem ^etoaié^ ^gucârent h. sort dea babitauts M cdhlnrbufxe^jt à »vàiut^r Fe^it public. Ijs ftraaKt phia eamr^ pour la cai^ pq^f^se : .08 CQli;«teiseM , à . Iwi» risques et périls, dea relaimsn» w»èicp avec le cb^f df^ l'arafée natipnale. Bb -mfemt ÈÊçmv^r. toui^ «ijifTeillafiLce et lui l^re . dep îiifbirwâtiçu exactes &ur las mauveraJMiée.eiMiemîe'". La ^rde iiatioualede cx«iaœ«Hidée par P^rre Lubi^uaki, restia éfi}^ «MMoMnit aveiQ les autorités noôlitaire^ à ■AinAèniiv 1q hom ordre et à r^prii;^er les abua; M ^pâ éÉiH fiàcife^ vu que leg généraux autrichieas ttaàkeKÊt Itmn txv^upes^; dans , une parfsûte anb^^r-

* L'ancien maréchal de la diète constituante, Stanislas Mafachowski, et celui delà derniène dfèie, TÂotoasO^trowski^ restèrent attfSâ à'¥ariac»e) ils coiilri1iN:|fer«pit, ip^r Uar Hi/lueace et leurs consi,eUs> à soutenir le zèle des liabitants et à modérer leur bouillant enthousiasme, qui aurait pu k^ compromettre vis-à-fis des

dination. Uardiidnc PerdiMMi htf-aàtte dniMÉft constamment des preuves d'imnmiiilé , et dbndHi à tempérar autant qne possible les uwax inépami- Ues delà guerre.

Lors delà conclusion de la conveiitimi poisr févacuation de Varsovie , PirBga ne fcrt pas edâpris dans cet arrangement. Ce faubourg était - ^ f tfÊ a i de la ville par la Yistule, qui,sur ce point, a 990tdi^ ses de large (760' m. SO c); le pont étant levé, toute communication avec la rive droite était tetsar^ rompue. Mais l'assiette de Varsovie dominait coitiplétement la rive opposée ; et les Autridbiens pouvaient, de leur position, battre noiMeukaient l'intérieur de la tête de pont, qui était ouverte du cèté de la Vistule , par le feu de leur artillerie, mais entreprendre même, sous sa protection, un paisagè de vive force sur ce point. Une garnison polonaise, mb ordres du major Homowski , occupât k the ée pont de Praga ; mais les Polonais ne pouvaient espérer de s'y maintenir ; et ^ les Autriidhiens afvmat frandbi le fleuve, les retranchements de cet ouvrage pouvaient leur sa*vir contre les Pcdonais, e» €Kmvrant le pont qu'ils auraient rétabli /sur k ^Vhtule. Tous ces motifs firent sentir à Pbniiacywiki la nécessité d'évacuer ces retranchements et deks raser ou de les mettre à l'abri d'une attaque au moyen de quelques arrangen^ents*

Dans ce but il kissa à Varsovie le àAmû Pasckowski, aide de camp du roi de Saxe , pour négocier avec les Autrichiens ; FaKchiduc ncHnma,

an MLMifx. lêi

de isao o6|é , k cofeitel Neippei^ pour traiter. VmAamûsà proposa une raspeuflkm d'armes de M hraiies, pendant laquefie h» PokMiiûa auraient la faculté d'évacuer la tête de pont. L'ardiiduc aémfcia d'ahord adhérer à ces propositions, mais il se rarrisa faimtét et éleva des difficultés. Ëes nèffstààtMm entamées étant au moment d'être rustpaes , les- Autrichiens bordèrent la Vistule de lenr artillerie, et pdtntèreia leurs pièces suit Praga, K>mo^skî mit de son côté , qudqùes obu* sMmm birt&eiie etee tint prél a r^poslar.

Cm prépttpatsit de guerre alarmeront les haln* tisiitts de ht capitale. Bims la matinée du 24, ikse i^épandinsat en foule sûr les bords de la Virtule ; ni les faeèioiMiâres autrîdiiiem, ni même kurs pa^ trouilles ne pomnt ks ooixtraindre à évacuer k terertor^ PMsàoMrski, pK^tant de cette disposition det h^itanls, rmi^it ks négociations avec.écjat, et , an mobuait de s'embmrquer pour Praga^ il dédàra ^e si dans une heure un arrangement n'était pas oonein entre ks autorités militaires autri* d^iemies et Homowski, celui-ci recevrait l'ordre de^Sdie "feu sur Varsovie et de la brûler. Le bruit de eeÉle déckrâtioii èao^que se répandit dans la vifle ; le. peupfcVattioupa, et, ne gardant plus auoin méni^ement , il menaça ks Autrichiem de courir aux armes dès que le feu se manisf^terait 8ur qudque point. L'archiduc fut akrmé de ces menaces : il renoua à l'instant même les négoeîÉ^iiaiis a^fM) HoTM^^ki, et , dans k soirée, upe

I6ft GAMFAailB M 4809

conyëntioA fiit oônelae , qai stîpuldit cpM, « taitl qtte la garnison de Praga ne tirerait pas siÉr la tapi* laie , la ganiisôn autridiiennè de Tanovia ne fiÉriôl pas fetisuih Praga. ^

Cette oonvention importaine èat ime gMiide influencé sur le^ événements nltâri^irt non^Mil* lement par les motifs que nous yenont d'êmn^ttr , mais par l'infiuence morale que la ptéie a ce des troupes polonaises ^ dajis un fedbmirg si rap* proche^ exerça sur les IvabHantâ de la dapi^Uild^ pendant 4on occupation pwr las itetrinhimà^ Uardikluc £aiiait-»il puUier la rÀtkmdequidque auecès. des armées de Tempereur d' Autriche, altî^ irer k caAon;le commandant de Pnga repoli dait 9 de son o6té , par des salves d'wlîtterie et de bruyants vivat pour célèhrer les vidiaîres que les armées dé^ Napoléon avaient rerioqperlèes sur les Autridbiens ; il alla nsénie j/aiqak exposer en transparents/ à la vue des Varsornena ^ des eitnitp de bulletins françan et pokmaii éMts en gros caractères, qui , dans Foèbeonté da k iidit, brillaient à krirs yeux, et les noofli^ saient de jdie et d'espérance. De plus Hwatâirru Ai con^rvait des relations clandesEtines avee Ûs autorités et les habitants de Yarsoyie, et éiài exactement informé par eux de ce qui se pasMît en viHe *.

* Ces corammunications se faisaient par de$ pêcheurs <{ui, à la faveur delà nuit, traversaient la Vistute sur de légères fiiâte^, el aps3è ^ ftesiaililaiffes pdiouai» çay vat cs ssii ta 4alfe|»iipMiM

Les goifis du commandant de Praga ne manquiè-' rent pas de produire le meilleur effet. L'esprit pu- Uicaesoutliït constamment à Yarsovie , et les babitants manifestèrent en toute occasion leur avermou pour les Autrichiens. Les théâtres et les jardjjEia de la Tille étaient déserts, les dames ne pamUtsai^t yétues que d'imbits de deuil, k meaiir0. que les circonstances devinrent plus favordUa^^ les esprits s'exaltèrent. Les autorités polonaises, pouvaient, à peine contenir l'enthousiasme dn p^iiple» qu'elles craignaient de toir produira USÉ insurrection prématurée. Cette dispositioB d^ Imbitf nts remplissait de crainte les Autrichiens j au moindre mouvement ils croyaient que l'insurrection commençait, et le souvenir de la catastcDphe,dont lesMoskovites furent autrefois tictimes venait sans cesse assiéger leur imagination effrayée. Ënfiç^ ils^ furent obligés de s6 tenir constafmment sous tes arme^, et qimpèrent dans les rues de Varsovie.

Au ODoân^çeinent de son séjour dans la capitale , Fcpxli|Uûld le flattait encore de rallier les Polonais à la dÉiit^ de F Autriche ; il se fnontrait auvent J9(i# Im lî^uxpiiblil^s, passait des revues briUantesf, fy^^t ]lini4^ ses troupes datas las rue^ ; i} visitait les daines lA fim notfcblet de k| ville*, ée Inontrait bon et indulgent pour tout le monde , et fàifsait droit à

^ars corps, conformément à la convention du 2i avril, et souvent taêtùè péâ ëé$ pfengeurs , ipii passent la Vlâttile en vue des fôc-

16^ GAMPAGNB DE 18A9 '

toutes les réclamations. Après la conclusion delà convention concernant Praga, il publia une procalamation par laquelle il témoignait de ses bons sentiments pour les habitants ; il disait : <s: qùHl « connaissait Favantage de sa position, mais qu'il « n'avait voulu écouter que la voix de l'hùma- « nité. » Le 25 avril, il adressa une proclanjiation aux troupes saxonnes pour les attirer dansr ses rangs. Il s'exprimait ainsi : « L'armée roysllc saxonne ayant pris les armes en opposition avec les véritables intérêts nationaux, et uniquemelit pour assouvir l'ambition d'un conquérant - étranger par suite des événements de la guerre,

j'ordonne la formation d'un bataillon saxon à Varsovie. » Il poussa plus loin ses espérances , et voulut engager les Polonais sous ses di'apeaux , en ordonnant la formation d'un régiment de Kosaks polonais. Il est fiicile de comprendre que ces ordonnances et ces proclamations ne produisirent aucun effet.

L'armée polonaise s'était retirée sur la îferew. Elle occupait Sieroçk , Z^rze et Mo<9lin. Le quartier général du princtefut établi àîfovtydv^r, dans la proximité de cette da*nière |)ia0e. L'ocupatk>n de Varsovie, la retraite de l'aittié^ sur la rive gauche de la Vistule, l'abandon dans iefquôt le duché semblait être laissé par Napoléon, avaient abattu les esprits des défenseurs de l'indépen-* dance polonaisCt On craignait que l'arciiiiduç ne franchît le fleuve et nç suivît lé mouvement ré-

tDGynKle.4e^ Tapmiée. Que $erai;lreUe alprs dev€h nue? Elle eut été placée dam l'aUeniatîye de se lai^r; aqçu|er ^ivp^ frontières de la litvanie , ou de.iQaix:her sur Tborn, afia de se frayer uu patsage , vers rOder^ . abandoimant tout le ducfaé^ qui, dans ce cas, serait d^v^nu la pioie des Autriclûens. Les Savons s'^aient . déjà hâtés, de prendre cette route pour retourner dans leur patrij&^ on, se xlemandait si on ne serait pas hieiitôt rédqit à les snivre ? Mais <ce découragement rm fut pas de km^ne durée, h^ confiance. aans. bornes qu'avai^Lt les .trQ^pes4u duçlié.diuis le .génie et la. fortune de .l'empereur des Fransais soutint leurs espérafioes, et ^ préseuM:»^ du. prince Jbseph dan^. le can^p(4onais contribua puissamment aussi à vsh nimei*. leur courage. Joseph jouissait dans Tarmée. d'une popularité; méritée ; il était aimé et respecté par scas soldats ; son caractère, chevaleresque, sabravoui^, sa loyauté et <an zèle étaient généralement recQâQiniitS; Sons ses, ordres servaient plu»eui:s .|^nénMix expérimentés. .

C'était d'abord Qo^dbrjQwski j qui , au déluit d^ sa camère^,, avait servi en Saxe et y avait ac*quis .des co4naissapces militaires étendues. Jl était enimite passé . au service de Pologne, avait fiait la campagne de 1792, et s'était particuhèrement distingué dans celle de 1794 : il avait alors chassé les . Prussiens de la Grande - Pologne , et avait acquis une haute considération parmi les babitants .de cette province. Après le troisième;

if$ GAMPiMM m M09

pÊfiàl^éj il n'trtltA; pdé Aêkèspêté ^ lé éUHië pû^ W((jie\ il fëUAi T^nAn ëil FrSilte ëll m^ , «> rftàit été CÊiToyé par le goiiveritèA*< de là IPèptfMiqtie eti Italie ponf y fbrnttep uùe léglofi ptSè^ nMie ; il av^lt fait arec diètiilctidtf les càiÈpap^ de lti*i, 1199 et 18Ô1. t6r*J«e l'ëili^itW* If àpdéon étàfit veftu à Poseri , Dombitywskî Frf^éfît BetbitipSigtïè; il y àyàii foi^hié titlè légiott , ^1, ft ptiiik létihië, atâlt pris plilfcf^ Aim leê rSftgs de Bl grtttdé armée eft afvait ètiè èttijaof *fe acféH^ftieftt ifti «ié^é de Ihlnt2lg' èi à h batailte de FHeSléifrd. Depiils, â était testé c^Mt^iïtétil ft Is iêlë de «eéte légion , et s'était éfcùttpé aVête Më' » oomplêter ^n orgaiiisatiôil ei â |)epft^K^(i«Kiit^ mn iiistiVétioii. A l'époque doiit ûbm nùû§ ôôctrpotts , il avait (Stcftitillte-qùatre ans ; inàh iF était encdre capable de doutëhir lê^ pltl8( fBdeè travati^. S'il ii'aVait jaihaîâ èbixOMndè \ihë iftilêb éâ ehef, il «tait ntt d^ Q^tèTànt de difikid» lëë ^m liëbtlës dé la gtnnâë année. Il ^élMl ëtiHcilié à la fois Faffection et Teiftlmé d«* tiî&fjim et d«« «Oldats ; son hùïû séffl Mtt^alt pî kitë lêfer de» |>1r'c^iice« ^tières. Oit adteii^it ërt M ntî ditoyefft qtii, dstnê ancttttè ôôttjdttëttli'd, ft'atdt désespéré dé là causé riationafte, tÉhé dé te* âfflés fortemeirt tliempééd doût là vértd résiste ati:i HHhpi de Tadtersité.

Zèfioticzet était éntrè fort jêttûé au itrviée : àiàe de cainpl du gfâïid généra Èràôeck^ , f 1 ëMt pitrettù en J)étt de tMCips au gradé dé cdldnef. É

m MNbMnS* tTI

«tait 4Èk nooeé à dwK diètes , à criles de 1786 et 178ft$ et àrait iteiiipli ayec ;tèle ses fonetîoiih iégislaliyes. LtHrsque le territoire de k république foi euvahi par les Russes , Zaioncsèk se rea-« dit àratmèe; iloombattit soua les ordres de Kosciaazko, et té éiitijàgua par sa bravoure. Ayant em«ite énrigré ^ H servit (f întemiédiaire entre le fatnr dietatenr et ks patriaietf de rinlérieur , s'exposahtponr servir sa patrie à toute la vengeance des Rtisaes. fl fat Kttêtè par ordre de Fambassadeurde la tzarînè ; mais amené devant loi^ il lui imposa par la ferineté ê» ses réponses , fut mis en liberté et «sptiké de is caj^tèlë. H servit ensuite sous Koa^ fsoizko ciil7V4 ^dbns Farinée insurrectionnelle; il CDobiMadâ un corps séparé et rendit de bons ser* vices a la danse nationale en plusieurs oocurrenoes; n était alcM hé avec les patriotes les plus ardmits, et Irisait ^lartie du dub des jacobins. B eut le nirifaeiir dé conlmander en obef Fafmée pcdonaiie à Pnga, pendant la prise et le saè de cëtt» phoë; i) y fmt blessé et parvint avee peine à regagner -Yarserrie. C!ommd il arrive souvent après les grandea défaites, on le rendit responsa- Me du d^stre r Vhiêtmrt dira si cette accusation étnt fenAés. Qabi qh'il en soit, Zaionczek paya en toute occasion de sa persoime^ et doit être regardé totame brave entre les braves. Hetiré en France, il entfe aâ service de la république ék Vl9ty €C fart chargé d'un command^nent Im* pMmM pesiUnt Ui camvpagM dltdtie qtfi cm Héu

172 ' cAMPkùtmt nm 1809

cette année. Zaionczek fit partie TaiiDée wi^mnte de Texpédition d'Egypte ; il ftit promn au grade de général de division , et revint en Europe avec Farmée française. H commanda nrià des divisions du camp de Boulogne, et fut «nployé activemenît pendant la campagne de 1805. En 1806, il forma à Kàlisz une légion polonaise, qui, à pdneoirga^ nisée, opéra sur la Vistnle vers Thorn et (iraudenz, et plus tard dans la vieille Prusse. Si les vicissitudes de la carrière de Zaionczek ne lui permirent pas de jouir en Pologne • d'une ré^ putation égale à celle de Dombrowski , il n'en était pas moins un général habile, car il fiit dis* iiUgué par Napoléon lui-même. Il devait, sous tous les rapports être regardé comme un <Jivisionnaire parfeit. Dans sa carrière politique , on lui reprochait une certaine instabilité de principes : il donnait , disait-on , dans les extrêmes , tantôt souple courtisan, dévoué au pouvoir, tantét jacobin fougueux; mais on ne pouvait lui contester le mérite d'un zèle ardent poUr :1a cause de sa patrie. En 1809 il avait cinquante-sept ans; sa stature était haute et sa constitution robuste, il semUait être dans toute la force de Fàge et très capable encore de rendre de grands services à la came nationale.

Sokolniçki n'était, à l'époque dont nous jmr^ ions, que général de brigade ; d'abord ofi&cier du gmie, il fit en «cette qualité la càmpéigne de 1792. H <[|uHta cette aitne et devintix>loBdl d^ thimmn,

» KMU)Gm» 173

i^^àmàH^ en 1794 à la bataille de Mado- Wiee, i! fot ^liG^nné avec ses compagnons d'inloittoie d»is les easeioates de Saint*Pétersboui|^ n âa sortit &ï 1797, passa en France, et fut emjiojé éum la léjipçn d'Italie sous Dombrowski ; il p^sa dans celle du Danube sous Kniaziewicz, de- Tkit adjudant-oommandant et fit, comme chef de bdgluie, la> eàn^mgne de 1800. Il se rendit en- Mite à; Paris, où il se byra avec assiduité à Tétude des s<3eiices exactes. Il reprit du service en 1806, et entra. cc»nrae général de brigade dans la nouvel aimée polonaise.

Sokolniçki était instruit, capable ; d'une acti- Tité extriKirdinaire, d'une bravoure à toute épreuve, d'ime présence d'esprit remarquable dans le danger; pi^n d'audace dans ses conceptions mi-

• ktaiiies, il semblait être appelé à de hautes de^-^ née^ Son caractère froid et réservé, lui conciliant phit4t l'estime que la bienveillance de. ceux qui i'ësitouraient, lui fit plus d'un envieux. Au temps

- dont nous nous occupons, il gavait quarante-neuf ans ; • il se dévdbppait^ alors dans son âme une ambition qui le portait à entreprendre les plus

. grande» choses : c'était un aspirant au généralat

j .^i«swr était général de brigade et chef d'état-

* MUiar de l'i^mée. H avait servi daAs Tarmée pof kiàiâse dès ses plus jeunes années, et s'était forïaé

iOn» Koscioitsko, dont il avait été l'aide de camp paadamies campagnes de 1792 et 1794. Fait pi^i-

17* CAMFASn BB 1609

acaïuer avec le dictatais^ Il ifut foaMÊêh fm Ci|rt|- Tité avee lui. U recouvra aa lAififltife en |7t7, fimi» ^ FraMee , fiit employé oinme^ ûokttel dfMi lu Ugï(m du Danube sou» MpàMieiwimy fê ewê h mafiieur d'élre ùàt f^tuGoaieiP fiff^leik ^ÊtAfA^tâÊ^ Pendant la eampagne de iWè ; A rMlte éii|B m ^uniUe après une longue eifyltfilèy ei hstfqu'en 1806 la victoire dlena fpqiwMît reatpi^foar Ftapolécm à Berlin, il fut un det pat];:îoteâ. potaioiK qui se rendir^it aupr^ de « prince ftum l'esÉr gag» à mardier gur Posen et ^ «BOûnder Tîniiii^ rection de la Grande - Pcdagnc» fmmat v&fmt atoi^ du service, et hA iait général de brigade en 1608, lors de Torganisiition défittitii» éb IWmée du duché de Varsovie. En ifUH^j^ JA «fait envsrcm quarante ans. U ètût antaî ^pAn «mx travaux de cabinet qu'an service des mmt^^ D'un caractère froid et d'un et^^nt wétbAdî- ^e, ami de l'ordre et d'une aAnele sntMilî- ^ation, il était énflénemmiçnt vtiJle a» général en chef, qui se reposait sur loi de tene loi ^ktails du service : c'était un es^eikiot dief d(^ÊÊtr Hiajor.

Pelletier avait constamment servi en FnaMi ^ f t n'était passé au service de Pologne qu'au oonuenornent de 1809. Entré dans l'artilkade à 4i0Nsept ans, il avait fait sous la république kt de 1792, 1793, 1800 et 1801, et teue It celles de i805 , 1806 et 1803. Pkw de mente et d'instruction , il était panaoïf» à tieeilfi mwif"

V IKMMMNI^ m

grade de colonel. D j^mWil^ <lc 1^ confiance particulière de l'empereur , et fut en 1 808 envoyé

dans le d^plif pour* cQinms(nd[er Tartillervr polonaise. PellAiei n'-a^t qoe> traite -deux ans au moment ^ ^vèAéihèftfs^ que noua décrivons.

D'un courage rimperturbahle au milieu des plus grands gépls » laboriei:!)^^ 4ans le cabinet , plein de prévoyance dans le conseil, il était destiné à jouer un grand rôle dans cette campagne mémorable, «t -M ^qpalité de Fimaçaiê rdbmssait encore son influence ; dar , d'un côté ^ il povivai^ servir d'intermédiairQ entre le chef de l'armée polonaise et NapolêoUj^ et^ de l'autre, de conciliateur entre les généftius |)dk)nais-, dont les rivalités pouvaient produire une divisioa dang^speuse.

Tels étaient les hommes influent^ q\xi étaient princ)paleme||it appelés à seixokier Poniatowdci d^ns la lutte djf^cile qu'il allait soutenir. Après eux venaient, en seconde li^ne, quelques généraux

eùwamuuàBàeOit Im eoip» , ayant acquis , dans les dern^|gLp6|. gufitrw j 4^ cpnnaimoûea pratiques et théoriques qui les reniaient parfeitement capables de les diriger. -..

Poniatowdki s'occupa 4'^l>^rd de réorganiser son armée. h&^ hai^à^m fMt iea eafiadrons fiureat compiM» par d^ hommes tirés des dépôts ; une compagnie d'artiUerie à pied, détachée deç ,^arnisi[>ns des places, joignit Fannéa^ qm akm é

tre CAli#A«Tm BE 1809

INFAWEKfE.

1" régimeot '•...... 2 bataiHons.

» id. . . î Id.

3* . Id. .•••«••'. «.i « •>• • ^ U^^

6* id , . . . • 3* id.

«• id 2 id.

12* id ..... 2 id. .

Total 13 bataUIons.

CAVALERIE

]*r r^ioiefil (ebasteors) S «acadrons.

2« id. (lanciers) • . . . • 3. id.

3« y. ( id. ) . . . . . 3 id.

6* Id. (efaasseurs) ..... 3 Id.

6* id. (lanciers) 3 id.

Total. ..... i^ 4Scadroi»«

AIRTILIERSS.

4 comp. d'artillerie à pied, servant chacune 6 pièce». 24 2 Id. id. à clieval, id. id. 4 ' id. 8

Il > * *

Total. . . . 32 pièces.

En adcnettaut que les troupes du génie du train et des ambalaocea euaseotune force analogue, et évaluant chaque bataillon à lOa hoiunes et chaque eseadcon à2M, on obtient undéOire <let

Infanterie - 10,4êO boninies.

Cavalerie . 3,790

A quoi on doit aiouier pour les armes spéciales et le train 1,000

Total. ... 15,150 hommes.

Su dédij^aant pour les non combattants. |,i5o il resuit en présents sous le» armes. . . 14,000 hoaoïnet^»

•de régiment avait peu soufltert à la bataille de Kias^yn, et yeda mcevoif'lOOteerue». t -

'^* Les troupes de Poniatowski avaient [i m NI iW (I |ii iKiliiÉltiir

BN POLOGNE. 177

Le prince s'occupa aussi , conjointement avec le gouvernement, de l'organisation des nouvelles levées. Les départements de Ploçk et de Lomza venaient de fournir chacun 300 chevaux , le district d'Ostrolenka avait donné un bataillon de chasseurs tirés de la population du pays connu sous le nom de Kurpié, qui s'occupe continuellement de la chasse. Poniatowski envoya le général Niemoiewski à Lomza et le général Hauké à Ploçk, pour organiser ces nouvelles levées.

Cependant Ferdinand conservait toujours l'espérance de se rendre maître <Je la tête de pont de Praga, qui lui aurait focihté le passage de la Vistule. Néanmoins cette opération était devenue plus difficile , depuis la convention , l'artillerie ne pouvant plus appuyer , du côté de Varsovie, l'attaque des troupes autrichiennes qui auraient tenté de l'enlever d'assaut. Ferdinand conçut pourtant le projet de s'en emparer , en détachant sur la rive droite du fleuve son avant-garde , aux ordres de Mohr. Le 24 , cette avant-garde traversa la Vistule près de Karczew , sur des bateaux , et se porta en avant. Mohr, ayant rallié les deux escadrons de hussards qui se trouvaient à Okuniew, disposait alors de cinq bataillons d'infanterie et de huit escadrons de cavalerie, que l'on peut évaluer à environ

ment de la guerre sous les ordres du maréchal BernadoUe qui commandait le 9« corps de la grande xirmée; mais il faisait des rapports directs au prince de Neufchàlel.

i7ft CAMPAGNE BB 1809

6,000 hommes. Avec ce faible corps , il devait , en même temps , observer l'armée de Poniatowski et enlever Praga. Il détacha sur sa droite , vers Radzymin, deux bataillons (chasseurs valaques) et deux escadrons de hussards, qui occupèrent ce bourg, pendant qu'avec le reste de ses troupes il se portait directement sur Praga. Arrivé le 25 devant la tête de pont , il somma Hornowski de capituler. Le commandant polonais rejeta ses propositions, et Mohr se mit en devoir de la bloquer. Voulant l'enlever le lendemain, il fit occuper par un de se» bataillons et six pièces, les hauteurs de Szmulowszczyzna , pendant que luimême, à la tête de deux autres bataillons et de six pièces , campait près de Grochow : sa [cavalerie faisait la chaîne autour des retranchements et les investissait de toutes parts. Dans cette position, le général autrichien était séparé du gros de l'armée de l'archiduc, et n'avait pas de pont pour assurer sa retraite.

Poniatowski, informé du mouvement offensif de Mohr, résolut d'attaquer ce général. Ne pouvant pas néanmoins supposer que celui-ci ne fût pas soutenu par des forces plus considérables , il ne voulut s'avancer qu'avec circonspection. - Le prince fit les dispositions suivantes r le 25 au soir, les troupes destinées à attaquer Mohr eurent ordre de se mettre en mouvement sur trois colon nés ; la première , conduite par le général SokoL niçki, et composée du 12^ régiment d'infantaorie^

EK K>t06irB. 179

4u 2"^ de cavalerie, de deux pièces d'artillerie à cheval, devait se porter de Modlin par lablonna sur Grochow ; la deuxième, commandée par le général Kaminski, formée du t*' régiment de chasseurs et de deux escadrons du 3"" de lanciers, devait s'avancer de Zegrze, par Nieporent, sur la direction d'Okuniew ; la troisième, aux ordres du colonel Siéra wski, composée d'un bataillon du 6' régiment d'infanterie et d'un escadron du 3" de lanciers, soutenue par deux pièces d'artillarie à cheval , devait se diriger de Sieroçk sur Radzymin. Celle-ci était suivie par le général Dom* browski , qui marchait à la tête du 6' de chasseurs et du 6' de lanciers. Ces trois colonnes , s'avançant en silence, devaient éviter la rencontre des patrouilles ennemies, afin de surprendre les Autrichiens, pendant que le prince Poniatowski occuperait , à la tête de son corps d'armée, Nieporent et lablonna. En même temps le major Krukowieçki, profitant de l'obscurité de la nuit, devait passer la Vistule près de Modlin, à la tête d'une compagnie du 3* d'infanterie, et inquiéter les Autrichiens sur la rive gauche, afin de diviser leur attention.

Ces dispositions eurent un plein succès. La colonne de Sierawski se présenta à minuit devant Radzymin. Ce bourg , situé dans une clairière, était entouré de tous côtés par des bois, à une distance d'environ mille toises (1,950 m.). Sierawski prit position à la lisière de ces bois, sur la route de

180 CAMPAGNB DE 1809

Sieroçk , dirigea une compagnie de grenadiers sur Radzymin , afin de reconnaître la position de l'ennemi. Après avoir exécuté sa mission et échangé quelques coups de fusil avec les avantpostes autrichiens y le capitaine qui commandait cette compagnie , rejoignit ^Sierawski. Les instructions de celui-ci lui enjoignaient de laisser libre la route de Radzymin à Grochow, afin que, si les Autrichiens se retiraient de ce côté, ils tombassent dans les embuscades que le général Sokolniçki , qui les attaquerait au même moment à Grochow, devait leur tendre: Mais ce général avait une distance de 4 milles à parcourir pour arriver en présence de Mohr ; il ne put l'attaquer qu'à la pointe du jour. Sierawski jugea donc convenable de ne commencer ses opérations que le 26 au matin. Vers six heures, le canon de Sokolniçki se fit entendre ; il se mit en devoir de commencer l'action. Il détacha le capitaine Rybinski à la tête de sa compagnie, et lui ordonna de pénétrer dans le bourg , pendant que le capitaine Woiakowski , se mettant en mouvement sur la droite avec deux autres compagnies , y pénétrerait de son côté. Il poussa lui-même en avant avec le reste de ses forces et prit position vis-àvis de la route de Grochow , afin d'être à même de soutenir l'attaque de ces deux détachements. Rybinski et Woiakowski exécutèrent leurs instructions avec précision ; ils forcèrent l'entrée de Radzymin, et pénétrèrent dans l'intérieur de ce

EN POLOGNE. 18t

bourg. Les Autrichiens se voyant menacés sur deux points , se hâtèrent de l'évacuer , et se retirèrent par la route d'Okuniew ; quelques détachements de leur infanterie qui ne purent suivre assez promptement leurs colonnes , se jetèrent dans les maisons et les granges de Radzymin. La compagnie de Rybinski les y força et les contraignit à rendre les armes. L'escadron du 3* de cavalerie se mit bientôt après à la poursuite des Autrichiens. Ceux-ci s'étaient arrêtés dans un taillis ; leur infanterie était rangée sur deux colonnes , et couverts par deux escadrons de hussards. A peine la cavalerie polonaise avait-elle débouché, que ceuxci la chargèrent et la ramenèrent en désordre sur Radzymin, où ils pénétrèrent. Le capitaine Rybinski , qui avait rallié sa compagnie sur la place du marché, les reçut par un feu bien nourri et les obligea de se replier sur le gros de leurs troupes. Sierawski se porta alors à la tête de sa réserve sur la route d'Okuniew, et y prit position ; il fit mettre ses deux pièces d'artillerie à cheval en batterie et tirer quelques coups de canon surl'infanterie ennemie,qui se retira sur Okuniew.Les Autrichiens eurent dans cet engagement 200 hommes hors de combat et 130 prisonniers, et les Polonais environs 50 hommes tués ou blessés. Dombrow^ski rejoignit Sierawski à 11 heures , lorsque le combat était fini. De son côté, le général Sokolniçki avait marché toute la nuit. Après une halte d'une heure à lablonna il détacha par les bois le heutenant-co-

I8fl G^MPAONB DE 1809

lonel Fredro, du 2® de cavalerie, avec «on escadron et une compagnie de voltigeurs du 12*, pour couper la route de Grochow à Milosna , par laquelle il supposait que Mohr devait se retirer , afin de le menacer sur ses derrières pendant qu'il l'attaquerait de front. Le général polonais se présenta le 26, à la pointe du jour, devant Praga, et quoiqne ses troupes fussent fatiguées par une longue marche, il attaqua sans hésiter le bataillon autrichien qui occupait la position de Szmulowszczyzna ; il le culbuta et le força à se retirer en toute hâte sur la position qu'occupait Mohr. Celui-ci, qui avait déployé ses troupes en arrière de Grochow, sur des mamelons de sable , appuyait sa droite à des bois et sa gauche à des marais qui touchent à la Vistule. Grochow était occupé par un détachement d'infanterie, et quatre pièces de canon étaient placées à la tête de ce village, et quatre autres plus à droite. Sokolniçki avait débloqué Praga et communiqué avecHornoswki, qui lui avait envoyé une compagnie de voltigeurs. Ses forces cependant ne s'élevaient ])a8 à plus de 2,000 hommes soutenus par deux pièces de canon, et Mohr pouvait lui opposer 4,000 hommes et douze pièces; mais le général polonais comptait sur l'arrivée de Fredro; il résolut de marcher contre les Autrichiens. Après avoir fait prendre un peu de repos à ses troupes,* il se porta sur Grochow, son infanterie déployé à droite de la grande route, son artillerie en tête, et ses deux escadrons de cavalerie échelonnés sur sa

gauche. Dès le premier coup de canon, toute la population de * Varsovie fut dans une agitation extrême ; le peuple se porta en foule sur les rives de la Vistule , accompagnant de ses vœux les efforts des troupes nationales. La garnison autrichienne était sdus les armes , et l'archiduc Ferdinand suivait , des fenêtres du château; avec une vive anxiété , les phases d'un combat qui devait décider du sort de Mohr , qu'il avait si imprudemment jeté sur la rive droite du fleuve , et auquel il ne pouvait porter aucun secours. Lès soldats de Sokolniçki témoins du mouvement qui régnait sur Fautre rive , redoublaient d'ardeur pour répondre à l'attente de leurs compatriotes . L'infanterie aborda à la baïonnette la position ennemie, en même temps qu'un escadron chargea la cavalerie de Mohr , et enleva les pièces qui étaient placées en avant de Grochow. Il allait les emmener, lorsque l'infanterie autrichienne arriva à leur secours et le força à lâcher prise.

L'attaque avait été si impétueuse, que les Autrichiens furent obligés d'évacuer le village de Grzybow^et de se replier sur Grochow. Sokolniçki les suivit ; les deux cavaleries s'e chargèrent à plusieurs reprises avec des succès balancés. Si Fredro fût arrivé sur ces entrefaites , la déroute de l'ennemi eût été entière ; mais Fredro ^ obligé de parcourir des routes détestables, de traverser des marais fengeux, ne put déboucher qu'à l'entrée de la nuit. Son apparition néanmoins obligea les Autrichiens de hâter leur re-

tn CAAIPAGNB DE 1809

traite sur Karczefw. Leur infanterie se débanda dans les bois, et siSokoIniçki eût pu les poursuivre, il leur aurait fait bon nombre de prisonniers. Leur perte dans ce combat fut assez forte : elle s'éleva à 100 morts et à quelques centaines de blessés ; ils laissèrent aussi au pouvoir des Polonais 116 prisonniers. La perte des troupes de Sokolniçki fut comparativement peu considérable.

Le général Kaminski, en attendant, avait marché par Niéporent sur Okuniew, et ramassé une centaine de prisonniers. De son côté, le major Krukowieçki avait passé la Vistule ; il s'était avancé jusqu'à Lomazy pendant la journée du 26 , et avait porté l'alarme dans Varsovie. La nuit suivante, il se replia sur Modlin , sans avoir éprouvé aucune perte.

Les Autrichiens se retirèrent de toutes parts en désordre. Leur perte totale, dans cette journée, peut être évaluée à 1200 hommes.

Le prince Poniatowski aurait dû sans doute profiter de ce succès ,. chercher à acculer Mohr à la Vistule , et enlever les troupes qui lui restaient ; mais il ignorait le véritable état des choses : il ne supposait pas que Mohr eût hasardé un mouvement si téméraire que celui de se porter sur la rive droite delà Vistule sans être soutenu , sans même avoir sa retraite assurée sur la rive gauche. Il craignit de s'avancer trop loin ; non-seulement il arrêta sa poursuite , mais il rétrograda vers la Narew, et réunit ses forces principales en avant de Sieroçk, ne laissant qu'une avant-garde, aux ordres de Sokolniçki, àRadzymin

BN P0L06NB. 18S

et à Niéporent. Le quartier général fiit établi à Zegrze. Ce mouvement rétix>grade fut inopportun : Poniatowski devait avant tout avoir en vue d'empêcher l'ennemi de s'établir sur la rive droite du fleuve. S'il était déterminé à ne pas marcher en avant, il devait au moins prendre position, avec son armée réunie, près de Praga, en faisant éclairer le cours de la Vistule depuis Modlin jusqu'à l'embouchure du Zwider, où il pouvait supposer que l'ennemi tenterait de franchir le fleuve et se tenir prêt à cuivre Mohr , si celui-ci faisait quelque entreprise, tout en se ménageant les moyens de revenir sur la INarew si les circonstances l'exigeaient. Poniatowski devait d'autant moins craindre de faire face à l'ennemi , qu'il se trouvait à la tête de 14,000 hommes , tandis que l'armée de Ferdinand était affaiblie par l'occupation de Varsovie, et par conséquent beaucoup moins forte qu'au commencement de la campagne.

Mohr, voyant qu'il n'était pas poursuivi, rallia ses forces à Karczew où il avait réuni des bateaux. Dans cette position, il se trouvait en mesure de traverser au besoin la Vistule , et couvrait les travaux de la tête de pont de Gora que les Autrichiens construisaient à la hâte , afin de jeter un pont sur la Vistule.

Si dans les opérations que nous venons de décrire la conduite de Poniatowski donne lieu à quelques critiques, celle de Ferdinand est infiniment plus blâmable. Le premier est trop prudent peut-être,

mais le second est imprévoyantçt téméraire.L^archîduc disposait à cette époque d'environ 30,000 hommes, y compris le corps de Brenowasky; 10,000 formaient la garnison de la capitale, et suffisaient pour la contenir : il lui en restait donc 20,000 pour agir contre Poniatowski et sur la rive droite de la Vistule. Ce fleuve est, à la vérité, un obstacle sérieux ; mais, depuis l'embouchure de la Piliça jusqu'à Biélany, la rive gauche, qu'occupait l'archiduc, dominait la rive droite, et l'on ne peut mettre en doute qu'à l'aide de sa nombreuse artillerie , il n'eût pu franchir la Vistule de vive force , même en présence de Poniatowski. Il n'avait pas de pontons, mais Varsovie lui présentait toutes les ressources qui peuvent y suppléer. Il ne devait opérer ce passage qu'avec toute son armée réunie : jeter une division sur la rive droite , sans la faire appuyer par le reste de ses forces et sans communiquer avec elle par un pont , était une opération des plus hasardées et des plus blâmables.

A son arrivée à Zegrze , le prince Poniatowski s'occupa de prendre les mesures convenables pour la défense du pays , et de partager le commandement entre les généraux qui servaient sous ses ordres. Quel que fût le mérite de Dombrowski et de Zaionczek , leur présence à la même l'armée était plutôt un inconvénient qu'un avantage : une vieille rivalité existait non-seulement entre ces deux chefe , mais même

entre le prince et eux; le partage de l'armée du duché en légions avait communiqué ce senti-

ment jusqu'aux soldats , et il était à craindre (ju'il ne dégénérât en une discorde manifeste. Déjà, dans les bivouacs, où campaient les corps des diverses légions, des propos fâcheux avaient eu lieu , et Ton en était venu presque à des insultes. Dans le conseil , Zaionczek et Dombrowski énonçaient d'ordinaire une opinion diamétralement opposée ; après l'évacuation de Varsovie , le premier opina pour la retraite sur Thorn, et le second pour une marche en Gahcie. Les deux rivaux , il est vrai, donnaient au prince toutes les marques extérieures de déférence que commandent les obligations du service militaire, mais chacun d'eux se flattait en secret de lui être supérieur par sa capacité et son expérience; chacun d'eux ne pliait qu'avec peine devant une autorité, qu'à son avis , il eût mieux exercée lui-même. Le prince résolut donc de donner à ces deux généraux des commandements particuhers , jpt de ne conserver sous ses ordres immédiats que des généraux de brigade. Dombrowski fut chargé de se rendre à Posen et d'organiser les nouvelles levées de la Grande-Pologne*, n'emmenant avec lui que 200 cavaliers tirés des dépôts et un détachement d'infanterie de la garnison de Thorn, avec quelques canonniers , qui devaient servir de cadre à ces formations. Outre l'influence personnelle que le général avait dans une province où il avait si longtemps commandé, il espérait y trou-

* Gè fut le général Pelletier qui fui chargé par le prinee de lui faire cette proposition.

18S CAMfPAGirB DE 1809

ver quelques éléments propices à son entreprise : il comptait sur les talents militaires du général Kosinski, sur le zèle de son propre fils, Michel Dombrowski, et sur le patriotisme bien connu du général Wybiçki et Biernaçki , fondés de pouvoir du gouvernement dans les départements de Posen et de Kalisz. La Grande-Pologne était dégarnie de troupes de ligne , mais il s'y trouvait quelques dépôts de la légion deDombrowski et de Zaionczek, et les gardes nationales des villes de ce pays étaient en partie organisées.

Quant au général Zaionczek , le prince lui confia le commandement de ses réserves sur la rive droite de la Vistule, dont les garnisons de Modlin, Sieroçk et Praga devaient former le noyau. Les 3° bataillons des 1", 2% 3^ et 8^ régiments en faisaient partie ; les cadres des dépôts de cavalerie étaient cantonnés dans les environs , et le patriotisme des départements de Ploçk et de Lomza , activé par la présence du gouvernement du duché , assuraient à Zaionczek un prompt accroissement de forces. Ce général avait sous ses ordres plusieurs généraux de brigade ; le général Hauké , qui fut chargé du commandement de la rive droite de la Vistule, depuis Wyszogrod jusqu'à Wroçlawek, et qui établit son quartier général à Ploçk ; le général Piotrowski, qui était gouverneur de Modlin et commandait de Wyszogrod à Praga ; Isidore Krasinski , gouverneur de Sieroçk ; enfin le major Hornowski, qui remplissait les fonctions

de commandant, à Praga. Plus tard , le général Niemoiowski , alors employé dans le département de Lomza,prit le commandement depuis Praga jusqu'à Mniszow. Ces dispositions faites, le prince se trouva à la tête d'une armée active de 14,000 hommes, conduits par des officiers capables et des généraux de brigade sur les talents et les bonnes dispositions desquels il pouvait se reposer : le général Fiszer , chef d'état-major du prince, ayant été blessé à Raszyn, avait été remplacé provisoirement par le colonel Rautenstrauclî , qui dirigeait le travail de la chancellerie, pendant que le général d'artillerie Pelletier remplaçait réellement Fischer dans les conseils du prince. Le colonel Paszkowski, aide de camp du roi de Saxe, que nous venons de voir chargé d'une mission auprès de Ferdinand pour la convention de Praga, et qui l'avait si bien remplie, se trouvait aussi à l'état-major.

L'archiduc, malgré l'échec que Mohr avait essuyé, était impatient de déboucher sur la rive droite et de poursuivre ses opérations. Il fit hâter la construction de la tête de pont vis-à-vis Gora (situé près d'Ostrowek ) , et pressa l'achèvement du pont. Le régiment Baille t-La tour fut placé dans les retranchements avec trois pièces de canon. Les bateaux manquaient ; Ferdinand en fit venir de la haute Vistule et les plaça sur-lechamp. Il fit couper lès bois nécessaires pour le revêtement dans les forêts de Wilanow; mais elle avait chargé des Polonais de cette fourniture

qui la retardaient autant que possible , et signa laient à Poniatowski les livraisons qu'ils étaient obligés de faire *.

La journée du 28 se passa tranquillement. Le 29, le général Sokolniçki, qui commandait l'avant-garde du prince composée du 12* régiment d'infanterie et de deux pièces d'artillerie à cheval, se porta en avant et occupa Okuniew. Il fut soutenu dans son mouvement par le général Roziiiecki, commandant les 2* et 5*" régiments et quatre pièces d'artillerie à cheval. L'ennemi se retira surKarszew et rompit les ponts du Zwider; il plaça ses avant-postes le long de ce ruisseau marécageux. Le V mai, le général Sokolniçki franchit le Zwider, chassant les Autrichiens devant lui, et s'avança sur Karczew ; Mohr évacua cette ville, et se retira , partie par la rive droite de la Vistule , et partie sur la tête de pont de Gora. Le quartier-général de Poniatowski et le gros de son corps d'armée se portèrent sur Okuniew. Zaionczek et Dombrowski accompagnaient le prince, voulant prendre part aux opérations de Farmée active avant de se rendre à leurs postes respectifs. Le 2 mai , Dombrowski offrit ses services et reçut l'ordre de se porter sur Karczew , à la tête du 6' régiment d'infanterie et du 6* de cavalerie. Le général Sokolniçki marcha sur Dziéci-

* Le préfet de Varsovie , Nakwaski , fournit à Tarchiduc un ingénieur civil , à qui il donna l'ordre secret de retarder les travaux.

now, viUage qui se trouvait en fece de la tète de pont de Gora ; il y arriva à sept heures et demie du soir. Le général Rozniecki s'était établi , le 1 " au soir , "à Osiek , avec le 5* de cava. lerie et quatre pièces de canon : le 2" de cavalerie , qui faisait partie de sa brigade , occupa alors Wionzowna. Dans la matinée de ce même jour , le 5" vint reconnaître la tête de pont d'Ostrowek; un de ses détachements s'empara d'un convoi de bateaux qui descendait la Vistule. Le colonel Turno, qui commandait ce régiment , reconnut les retranchements avec soin. Il se convainquit qu'il manquait quelques bateaux pour l'achèvement du pont du cAté de la rive droite, et qu'un seul régiment autrichien , avec trois pièces , occupait la tête de pont qui n'était pas encore munie de palissades. Il fit de toutes ces circonstances un rapport détaillé qui parvint au général Sokolniçti pendant sa marche sur Dziécinow. Le général le transmit de suite au prince Poniatowski, ajoutant qu'il était déterminé à enlever de vive force les retranchements autrichiens. Mais le prince, trompé par de faux renseignements qui lui étaient parvenus de Varsovie, répondit à Sokolniçki qu'il avait reçu l'avis positif que 12,000 hommes de troupes ennemies se trouvaient déjà sur la rive droite de la Vistule, et qu'il ne devait pas s'engager inconsidéremment. Cependant, craignant la désunion qui pouvait exister entre Sokolniçki et Roz-

niecki *, il envoya le général Pelletier à Dziécinow, qu'il autorisa à agir d'après les circonstances. ê Il fit aussi rallier Sokolnicki par le G*' régiment d'infanterie et deux obusiers servis par l'artillerie à cheval , qu'il lui expédia d'Okuniew^ , où il avait établi son quartier-général dans la soirée du 2. Mais ces deux pièces n'arrivèrent à leur destination que le 3 à la pointe du jour.

Le général Sokolnicki avait ainsi à Dziécinow le G'' (qui était de trois bataillons) , le 12* d'infanterie ; le 5"" de cavalerie et six pièces de canon. Dès son arrivée , il reconnut la position de l'ennemi et se convainquit * que le rapport de Turno était exact; mais que les Autrichiens travaillaient avec activité à terminer le pont , ce qui augmenta encore Timpatienc equ'il avait d'en venir aux mains. Le général Pelletier le joignit dans la soirée. Tous deux furent d'avis qu'il fallait attaquer immédiatement ; pendant que les troupes se préparaient à l'assaut , ils voulurent sommer le commandant. Pelletier rédigea une lettre , qui portait que : « Le général Sokolnicki ayant reçu l'ordre d'occuper toutes les positions de la rive droite de la Vistule , la garnison autrichienne devait évacuer dans une heure la tête de pont , sinon son commandant serait responsable des suites de ce refus. »

• Le prince répétait souvent qu'il devait arrêter Sokolnicki et pousser Rozniecki. . ' .

Celte lettre fut , à Tinstant même , portée par l|t ' k capitaine Siemiontkowski du 5^ régiment de cavalerie , qui fut en outre chargé de s'assurer de l'état dans lequel se trouvaient les retranchements et le pont de la Vistule. Le commandant autrichien Czerwinka, chef da régiment Latour-Baillet, retint longtemps le parlementaire : il était onze heures, et celui-ci ne revenait pas ; Sokolniçki était sur le point d'en envoyer un second, lorsqu 'enfin il arriva, apportant le refus du colonel autrichien. f Celui-ci répondit par écrit « qu'il saurait bien <( défendre le poste qui lui était confié. » Siemiontkowski donna l'assurance positive que le pont n'était pas achevé : observé de près par les Autrichiens , il 'n'avait pu , dit-il , s'en assurer par ses yeux , mais il avait entendu Czerwinka commander de chercher une barque pour transporter sur l'autre rive un officier chargé de pi^endre les ordres du général Schauroth , qui se trouvait à Gora. Siemiontkowski avait parlé français et feint de ne pas comprendre l'allemand ; les Autrichiens ne s'étaient pas défiés de lui et avaient donné, dans leur langue , l'ordre qui révéla cette circonstance importante.

Les généraux Sokolniçki et Pelletier, après avoir ordonné aux troupes de s'ébranler, montèrent à cheval et se mirent à leur tête.

Yoici quelles furent, dans cette occasion, les dispositions du général Sokolniçki. Le 6® régiment, fort de trois bataillons, qui était chargé d'enlever

194 CÀMPAGNB DE 1809

la tête de pont , fut partagé en trois colonnes , d'un bataillon chacune : la première, commandée par le chef de bataillon Boguslawski, s'avança le long de la Vistule en remontant le fleuve; la seconde , à la tête de laquelle marchait le lieutenant-colonel Suchodolski , fit un mouvement semblable en descendant la Vistule ; la troisième, sous les ordres du chef de bataillon Blumer, emmena avec elle tous les tambours du régiment. Cet officier devait d'abord répandre son bataillon en tirailleurs, lui faire pousser de grands cris en battant la charge , et attirer l'attention de l'ennemi de son côté ; il devait ensuite , aussitôt qu'il verrait que les colonnes latérales commençaient^ l'attaque , se rallier promptement et escalader de front les retranchements. Le 12® régiment d'infanterie et l'artillerie étaient en réserve, et le 5* de chasseurs à cheval , répandu par détachements , formait un vaste demi-cercle autour de la tête de pont, afin que rien n'en pût échapper.

H était une heure du matin. Le silence de la nuit n'était interrompu que par le bruit des charpentiers qui achevaient le pont : les colonnes d'attaque s'approchèrent des retranchements, à une portée de fusil, sans être découvertes. Aux premiers coups de feu tirés par la garnison , les colonnes de Boguslawski et Suchodolski croisèrent la baïonnette, et, s'élançant sur les retranchements , elles franchirent les parapets avant que Fennemi pût

EBT POLOGIfB. if S

leur opposer une résistance sérieuse. La colonne de Blûmer, dirigée par Sierawski , commandant du 6*, après, avoir engagé une vive fusillade et attiré sur elle le feu de l'infanterie et de l'artillerie ennçmies , se rallia promptement , comme elle en avait l'ordre, et franchit à son tour les parapets de la tête de pont. Le bataillon de Boguslawski était entré le premier dans l'intérieur du retranchement , qui fut bientôt envahi de toutes parts; une compagnie du IS'^vint prendre part au combat. La garnison autrichienne, n'ayant pas de retraite , se rallia autour des baraques de son camp et fit la plus vigoureuse résistance. Elle était composée de Belges , et d'émigrés français qui servaient depuis longtemps dans l'armée autrichienne. Elle se défendit bravement. Un comJbat corps à corps s'engagea et se soutint plus d'une demi-heure. Mais enfin le régiment Latour-Baillet dut céder, et mit bas les armes. Tout ce qui restait debout fut pris ; 38 officiera , parmi lesquels le colonel du régiment , et 1800 sous-officiers et soldats furent faits prisonniers ; trois pièces d'artillerie furent enlevées. Un détachement autrichien qui voufut se sauver , fut entouré par un peloton du 5* de chasseurs. Le porte - drapeau du régiment se jeta dans la Vistule; un sous-officier de ce régiment le suivit dans le fleuve et lui enleva son enseigne. Un autre détachement essaya d'échapper sur un gros bateau amarré près de la tête de pont ; mais exposé à la fusillade de l'infanterie polonaise.

il fut contraint d'aborder et de se rendre. Le combat était fini au point du jour ; les prisonniers furent réunis et dirigés sous escorte à Karczew. Un grand nombre de blessés couvraient le terrain. Dès que la clarté du jour permit aux Autrichiens de distinguer les objets sur la rive droite , ils ouvrirent le feu avec 14 pièces d'artillerie. La position de Gora dominait la tête de pont; les boulets et la mitraille pleuvaient sur les retranchements. L'infanterie polonaise s'abrita dans les fossés ; quelques hommes seulement furent atteints ; mais cette canonnade , qui dura toute la journée , empêcha en grande partie de relever les blessés. Les officiers de santé polonais se distinguèrent en cette occasion par leur intrépidité, et posèrent quelques appareils, sous le feu même de l'ennemi. Les Autrichiens eurent dans cette affaire 500 hommes hors de combat ; la perte des Polonais, en tués et blessés, fut évaluée à 300. Le chef de bataillon Suchodolski fut blessé. Ces pertes étaient considérables ; on compléta les deux premiers bataillons du 6* avec les soldats du 3® , et on envoya celui-ci à Sieroçk pour s'y réorganiser.

Le prince Poniatowski se rendit dans la matinée du 3 à Dziécinow; il passa les troupes en revue , et leur donna des louanges méritées. Ayant rencontré, chemin faisant, les prisonniers autrichiens escortés par un détachement du 6* qui les menait au quartier général , il s'entretint avec les officiers et leur offrit une forte sommé d'argent, en les priant d'iac-

BN POLOGNB. • 197

çepter le don d'un ancien camarade *. Ces prison « niers furent ensuite évacués sur Praga.

Il ne manquait au pont de la Yistule que quelques bateaux sur la rive gauche, et il était à craindre que les Autrichiens nç voulussent, dans la journée du 3, tenter un passage de vive force sous la protection de leur nombreuse artillerie. Le général Sokolniçki donna ordre au capitaine Soltyk, qui lui avait amené deux obusiers, de choisir une des faces des bastions nouvellement enlevés pour s'y placer à Ja faveur de l'obscurité , et brûler le pont ; cet officier se préparait à obéir , lorsque l'ennemi leva lui-même ce pont dans la nuit du 3 au 4 mai.

Cette brillante victoire porta, le prince à témoigner sa gratitude aux troupes par une proclamation dans la quelle il disai t :

« Soldats,

« Le jour du 3 mai, cher au cœur des Polonais fiar un souvenir solennel, n'a pas cessé de nous être propice*: à pleine deux ans se sont-ils écoulés depuis la consécration de vos aigles , que déjà vous prouvez que vous êtes dignes de cette distinction. Aujourd'hui , à deux heures du . matin , l'avant- garde commandée par le général Sokolniçki, a enlevé à la baïonnette , et sans tirer un seul coup de jFusil , la tête de pont de Gora , qui avait été sommée de se rendre. 1800 soldats , 38 officiers, au nombre

* Le prince Pomalowski avait été , dans sa jeunesse ', au service dcTAollriche*

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desquels se trouve un colonel, ont été faits prisonniers. Le général Sokolniçki, qui a conduit l'attaque, s'est couvert de gloire ; le colonel Sierawski et le lieutenant-colonel Blùmer, ainsi que tous les officiers qui se sont trouvés à cette affaire, ont fait preuve d'intrépidité. Nous sommes maîtres de toute la rive droite de la Vistule. Soldats, je n'ai pas Fhabitude de vous flatter ; mais vous pouvez être assurés que vous avez égalé aujourd'hui les plus grandes armées ; vous avez mérité la reconnaissance de la patrie et la plus glorieuse récompense , la satisfaction du grand Napoléon. »

La prise de la tête de pont d'Ostrowek rendit Poniatowski maître de toute la rive gauche de la Vistule ; ses partis de cavalerie poussèrent jusqu'au Wieprz. Les cercles de Stanislawow , Biala et Siedlce furent occupés par ses troupes. Il établit son quartier général à Wionzowna le 4 avril , et adressa aux habitants du pays une proclaination ainsi conçue.

« Polonais !

« Vos compatriotes se trouvent sur votre territoire ; c'est sous les auspices du grand protecteur de leur existence nationale, qu'ils s'en sont ouvert la route. Vous les recevrez sans doute comme des frères ; et nos cœurs, animés jplus que jamais d'une même sympathie, pourront se rapprocher et s'entendre. Longtemps séparés par les désastres de notre commune patrie^ sa gloire et

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l'honneur du nom polonais resserreront les liens qui nous unissent. Ils serait pénible pour nous de vous traiter en ennemis, parce que la destinée vous a été jusqu'ici moins favorable qu'à nous. »

Cette proclamation, quoiqu'elle fût écrite avec tous les ménagements qu'exigeaient les circonstances, produisit un excellent effet sur les Galiciens.

Ils s'empressèrent de fournir à l'armée de Poniatowski, tout ce dont elle avait besoin et s'apprêtèrent dès lors à entrer dans les rangs de leurs libérateurs;

Le même jour, Poniatowski rendit compte au major général de ses succès et demanda les ordres de l'Empereur relativement aux Galiciens : « Leurs « sentiments sont connus, écrivit-il, mais il ne se- « rait guère possible d'en faire usage , sans leur « donner l'assurance positive que la réunion à « leur patrie sera le prix de leurs efJforts *. »

* V. Pièces justificatives, III.

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