CHAPITRE IV
L'armée polonaise apprend les victoires remportées par Napoléon sous Katisbonne.— Evénements d'Allemagne et d'Italie.— Le colonel Slolïlet apporte au prince Tordre d'entrer en Galicie.— Lettre de Poniatowskt au prince deNeufchâtel; illui rend compte des opérations de Varmée et de ses projets.— Plan de Ferdinand. Il se décide à Taire marcher une de ses divisions sur Thorn et la Grande-Pologne. — Dombrowski arrive à Thorn, et la garnison envoie un détachement en Grande-Pologne. — Combat de Sleszyn (11 mai).— L'archiduc arrive avec la division Mohr devant la lêle du pont de Thorn, et l'enlève le 15 mai.— 11 somme la i>lace de se rendre.— Réponse de Woyczyn ski.— Ferdinand canonne Thorn sans produire d'effet. — Il apprend les progrès de Poiiialowski en Galicie, et retourne à Varvosie. — Mohr marche sur Radziewo. — Poniatowski passe le Wieprz. —Le prince arrive le 1 1 mai à Lubartow, et y reçoit une députation de la noblesse galicienne.— Une lettre de Gortschakoff à rurchiduc est inlerceplée.— Poniatowski envoie Bronikowski auprès de TEmporeur.— Le prince enlre à Lubiin le 14 mai; il y institue un gouvern(*ment pour la Galicie.— Proclamation à l'année.— Prise de Sandomir et de sa têle de pont.
La veille de rattaque du retranchement d'Ostrowek, l'armée polonaise apprit les victoires remportées par Napoléon près de Ratisbonne ; victoires dont le colonel Stofflet, qui avait quitté le quartier général de l'Empereur le 24 avril, vint bientôt confirmer la nouvelle. Ces succès signalés excitèrent l'entLousiasmc des soldats polonais, et les
stimulèrent à imiter les hauts faits de leurs frères d'armes.
Nous étant uniquement imposé la tâche de décrire, d'une manière détaillée, les opérations des troupes polonaises pendant cette campage, nous ne ferons que mentionner celles des autres corps de la grande armée, nous bornant à un résumé que nous croyons indispensable pour donner à nos lecteurs une idée générale des événements de la guerre.
Le 8 avril, les Autrichiens avaient commencé les hostili tés , simultanément en Bavière, dans le Tyrol et en Italie. Partout ils avaient d'abord obtenu des avantages marqués. L'archiduc Charles, qui commandait l'armée d'Allemagne, s'avança jusques sur l'Isar, poussant devant lui l'armée française aux ordres de Berthier ; mais l'arrivée de l'Empereur à Donawerth (le 17 avril), changea la face des affaires. Napoléon reprit bientôt l'offensive ; il porta ses masses sur les points décisifs, et, du 19 au 23 avril, défît successivement, sur différents champs de bataille, les corps d'armée que l'archiduc lui opposait. Il enleva Ratisbonne, qui était tombé au pouvoir des Autrichiens ; il força l'archiduc Charles de se retirer sur la Bohême et de lui abandonner le chemin de la capitale de TAutriche, sur laquelle il ne tarda pas à s'avancer.
En Tyrol, toute la population s'était soulevée et avait massacré les troupes éparses qui l'occupaient; le général autrichien Chasteler vint soutenir les efforts des insurgés, qui se rendirent bientôt maîtres
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de tout le pays. Mais le maréclial Lefèvre arriva en hâte et fit rentrer ces montagnes sous la domination bavaroise.
En Italie, rarchiduc Jean avait battu le prince Eugène à Sassile , et s'était avancé jusqu'à l'Adige ; mais Eugène , renforcé par deux divisions , et stimulé par la nouvelle des victoires de Napoléon, reprit l'offensive, le 27 avril, et repoussa l'armée de l'archiduc vers les Alpes.
Quelques soulèvements partiels avaient eu heu, dans le courant d'avril, en Westphalie; Kat et Dornberg s'étaient mis à leur tête ; mais ces troubles ÎFurent bientôt apaisés par les troupes dii roi Jérôme. A la fin du iriême mois, le major prussien Schill quitta Berlin, à la tête de 500 hussards, tl se mit en marche (sans l'autorisation de son gouvernement), et s'avança en Saxe, appelant les peuples du nord de l'Allemagne à l'insurrection; ceux-ci ne répondirent que faiblement à son appel. Schill parvint cependant à réunir un corps de 5,000 hommes soiis ses ordres, mais il fut contenu par les troupes Westphahennes et hoUandaises , qui marchèrent à sa rencontre et ne cessèrent de le harceler.
Stofflet arriva, le 5 mai, à Wionzowna, où se trouvait alors le quartier général de Poniatowski ; il était porteur d'un ordre de Napoléon ainsi conçu : H Vu la distance qui sépare l'empereur de l'armée « polonaise , S. M. s'en rapporte au zèle du prince et « à ce qu'il fera pour l'intérêt commuii ; mais l'ar- «toée de l'empereur marchant sur Vienne, le
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« prince doit entrer en Galicie. » Cet ordre avait été prévenu : tout le pays qui s'étend du Bug au Wieprz était déjà occupé par les troupes polonaises , qui , comme nous l'avons vu , avaient remporté de nombreux avantages. Le prince en rendit compte au major général , et lui annonça que l'ennemi avait déjà perdu 6,000 hommes, dont 2,800 prisonniers; que l'armée de l'archiduc avait pris position entre Varsovie et l'embouchure de la Piliça , et poussé des avantgardes sur Kalisz et Ploçk. Quant à lui , après avoir formé de nouvelles levées, les garnisons des places de Praga , Sieroçk, Modlin etThorn, il comptait se porter avec son corps d'armée sur le Wieprz , franchir cette rivière et s'avancer jusqu'au San. Le prince ajoutait qu'il croyait que l'archiduc , affaibli par l'occupation de Varsovie, n'entreprendrait rien de décisif; que s'il en était autrement, que si l'armée ennemie cherchait à déboucher par Sandomîr, il s'établirait sur le San ou sur le Wieprz, et l'y attendrait pour l'attaquer au passage d'une de ces deux rivières, ou bien il franchirait la Vistule à Modlin et tâcherait de gagner Teschen en Silésie, afin de lier ses mouvements avec ceux de la grande armée. Si , un contraire , les Autrichiens, abandonnant le duché, se portaient en Hongrie ou en Moravie, il s'avancerait par la rive droite de la Vistuîe, en marchant par la grande route de Léopol à Krakovie, afin de suivre leur mouvement. Poniatowikî demandait l'avis du major général relati-*
vemeiit à la conduite qu'il devait suivre en cette occasion, et terminait en témoignant ses craintes sur le mauvais vouloir des Russes, qui, s'ils se déclaraient contre la France et attaquaient les Polonais, ne lui laisseraient d'autre parti à prendre que de se retirer sur Dantzig, après avoir jeté des garnisons dans les places du duché *.
Ferdinand voyant que tous les efforts qu'il avait faits pour passer la Vistule étaient infructueux, et se trouvant encore à la tête de 27,000 hommes, voulut étendre ses conquêtes , dans les départements de la rive droite de la Vistule , qui étaient entièrement dégarnis de troupes. Séparés de l'armée de Poniatowski par le fleuve , il calcula que les Polonais, ne s'étant ménagé aucun point fortifié sur la rive gauche, depuis Temboucbure du Wieprz jusqu'à Thorn, ne pourraient ni l'attaquer sur cette rive ni reprendre Varsovie.
Jugeant ses forces suffisantes pour occuper cette capitale, observer Poniatowski et envahir la Grande- Pologne , il se décida à marcher sur Thorn avec un corps de 6,000 hommes. Il voulait tenter d'enlever cette place ou au moins de s'emparer de sa tête de pont , et de couper par là la seule communication qu'eût Poniatowski avec les places de l'Oder. Cette opération n'avait pas seulement de l'importance sous le rapport militaire , elle avait encore un but politique , celui de déterminer , par l'éclat du succès , la Prusse
♦ K Pièces juslificaUvcs , IV. ; ' .
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et le nord de l' Allemagne à embrasser la cause de l'Autriche. Ferdinand connaissait les négociations secrètes de son gouvernement avec le roi Frédéric- G uillaume , qui se trouvait alors à Kœnigsberg , et les préparatifs faits sur plusieurs points du nord de l'Allemagne pour une insurrection dont la levée de boucliers de Schill devait être le signal ; il croyait que ces événements décideraient du sort de la guerre, et semblait convaincu que les opérations de Poniatowski ne pouvaient être d'aucun poids dans la balance. Il laissa donc la Galicie sans défense et l'abandonna aux entreprises des Polonais. Les garnisons des places de Zamosc et de Sandomir, ainsi que celles de Léopol et de laroslaw, n'étaient certes pas capables d'arrêter leurs progrès dans cette province ; les magasins et les dépôts étaient à découvert; de nombreux détachements de recrues qui joignaient leurs corps pouvaient être facilement enlevés ; enfin l' esprit patriotique des Galiciens , qui les portait à se réunir à leurs frères du duché de Varsovie pour combattre l'ennemi commun, présageait une insurrection prochaine dans ces contrées. Mais Ferdinand semblait fermer les yeux sur tous ces dangers , et n aspirait qu'à étendre ses conquêtes vers l'occident.
Un détachement de cavalerie autrichienne s'était emparé de Piotrkow, le 26 avril , et avait poussé des partis jusqu'à Kalisz ; quelques volontaires prussiens , travestis en soldats autrichiens, étaieut
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venus l'y joindre deSilé«ie*, Un autre détachement ennemi avait poussé, le 28 , jusqu'à Klodawa, sur la grande route de Posen. Mohr suivit au commencement de mai, la même direction et se porta sur la Bzura. Ce général reçut ensuite l'ordre de s'avancer par k rive gauche de la Vistule sur Thorn^^ en échelonnant quelques troupes, le long du flieuve et sur la grande route de Posen.
Le général Dombrowski avait quitté TarméQ du prince, le lendemain de la prise de Ja tête de pont d'Ostrowek, et s'était rendu à Thorn. Arrivé, dans cette place, il se concerta avec le général Woyy czynski sur les opérations ultérieures.La garnison de Thorn devait lui fournir un détachement d'i^ifanterie et d'artillerie, qui, réuï^i à ^escadro^ de cavalerie que lui avait donné Poivatowski , servirait de noyaux à ses formations. Mais il n'attendit pa« que ses troupes se fussent mises en mouvement ; impatient d'accomphr sa mission , il gagna Posea ^ sans tenir compte des partis autrichiens qui battaient le pays. Il y arriva le 40 de mai ; etBaA^ perdre de temps, il s'occupa de la réunion de^ nouvelles levées et de la formation des nouveaux corps ; et fut puissamment secondé dans raccompUssemjeQ;t de cette tâche par Wybiçki , lieutenant du goy vernement dans le département de Posen. Par suite des mesures concertées entre Dombrowski et Wbyczinski, le premier détachenaent de troupes, sous les ordres du colonel Cedrowski , se mit en
• r. Pièces lustificaUves, V.
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marche sur Posen le 10 mai : il était composé de 160 fantassins de ligne , 40 chasseurs à pied et 70 cavaliers. Cedrowski rencontra le 11 , près de Szlesin, le major autrichien Gartenburg qui s'avançait à sa rencontre à la tête de quatre escadrons de hussards , et lui barrait le passage. Le colonel polonais n'apercevant d'abord que celui des escadrons qui marchait à l'avant - garde , ordonna au capitaine Suminski de le charger avec ses 70 cavaliers. Les Autrichiens furent culbutés. Mais les trois autres escadrons arrivèrent, au moment même, au secours du premier , et se jetèrent de toutes parts sur la poignée de braves que commandait Suminski. Craignant d'être enveloppé, celui-ci dut se retirer sur l'infanterie, ^ qui , avantageusement postée , reçut l'ennemi par une fusillade bien nourrie , et , ne se laissa pas entamer. En vain les hussards autrichiens renouvelèrent plusieurs fois leur attaque, ils furent toujours repoussés avec perte, et finirent par se retirer sur Wilatowo, laissant sur le champ de bataille 80 morts. Us eurent aussi bon nombre de blessés parmi lesquels se trouvaient le major Gartenburg et deux de ses officiers. Les Polonais n'eurent que quatre hommes tués et Seize blessés; le brave capitaine Suminski était au nombre des derniers. Après cet engagement , le colcmel Cedrowski continua son mouvement sur Posen et rejoignit Dombrowski . Cependant le gàiéral Mohr s lançait sur Thom.
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Klodawa et Kutnon étaient déjà occupés par les Autrichiens ; Kowel, Gombin et Brzesc en Kujavie, le furent bientôt après. Les avant-postes ennemis se présentèrent devant la tête de pont de Thorn le 14 au soir. L'archiduc, qui était parti le 12 de Varsovie venait de rejoindre la division de Mohr, afin de diriger les opérations en personne.
La ganison de Thorn renforcée par deux bataillons arrivés de Dantzig , était ainsi composée :
le 3* balaillon du 10« rég. dUnfant., fort de 1,103 hommes. Ie3« id. diitl» id. id. 949
le 3' id. du 12'^ (y compris le dépôt) 1,455 une compagnie d'artillerie à pied 114
Total. . . 3,621 hommes*
Plus un détachement de cavalerie.
Le corps de la place de Thorn était, comme nous l'avons dit plus haut , à l'abri d'un coup de main, et l'archiduc ne pouvait espérer de l'enlever qu'en ouvrant la tranchée. Mais les retranchements de la têtedepont n'étaient pas en état de résister à une attaque de vive force ; aussi le colonel Miekinski, qui l'occupait avec un bataillon de son régiment et 6 pièces de canon formant environ 1 ,000 hommes, avait-il reçu l'ordre de l'évacuer et de se retirer sur le corps de la place dès qu'il serait sérieusement attaqué. Il communiquait avec la rive gauche par un pont de bateaux , composé de deux parties : la 1'*' liait la rive gauche à un îlot défendu
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par un retranchement armé de plusieurs pièces d'artillerie ; la 2* menait de l'ilot à la place.
Dans la nuit du 14 au 15 , F archiduc Ferdinand dont les Polonais ignoraient encore la présence devant Thorii se prépara à Fassaut. Le 1 5 , à quatre heures du matin, Mielczinski aperçut, dansl'éloignemént, de l'infanterie autrichienne qui s'avançait en colonnes et crut que ces troupes se rendaient à Bromberg. Cependant les Autrichiens détachèrent des tirailleurs vers les retranchements , et leurs colonnes s'arrêtèrent à quelque distance. Il s'engagea presque aussitôt une vive fusillade qui dura jusqu'à six heures. L'archiduc reconnut la tête de pont, et, sans plus dif^ férer, commanda l'escalade. Son infonterie se porta en colonnes, par bataillons, sur les retranchements. Le mouvement, exécuté avec rapidité, fut soutenu par le feu de l'artillerie, à laquelle les Polonais ne purent répondre que faiblem^at, vu le petit nombre de pièces dont ils disposaient. La tête de pont fut emportée à la baïonnette, malgré la plus vive résistance, et Mielczinski fut contraint de se retirer sur l'ilot dont nous venons de parler, avec son artillerie , à l'exception de Aenx pièces qui restèrent dans les sables dont est bordée la Vistule, et qui tombèrent au pouvoir des Autrichiens. .
Ceux-ci poursuivirent les Polonais jusque^sur le pont qui séparait l'ilot de la rive droite; mais l'artillerie qui se trouvait sur ce point, habile-
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ment dirigée par le chef de bataillon Hurtig, le» couvrit de mitraillé et les obligea de renojacer à leur entreprise* Peu après, un officier parlementaire se présenta avec une lettre du chef d'étatmajcHT de Tarchiduc, qui sommait le gouverneur de rendre Thom dans les vingt-quatrc^heures, fente dé quoi, la ville serait incendiée. Woc^ynski répondit en ces termes : « Lorsque là viUe sera « réduite en cendres ; lorsqu'une brèche sera' prati- « quée ; lorsque le dernier mur de défense sera ren- ' a versé ; l(H*sque la garnison de la place s^a rèfou- « lée dans le dernier réduit, j'entrerai en arrange- (I ment : en attendant, l'artillerie polonaise qui est u en batterie, répondra à la sommaticm. »
Les Autrichiens, qui avaient déployé leurs forces sur la rive gauche de la Vistule, ouvrirent aussitôt le feu. Une canonnade violente couvrit la place de projectiles ; l'incendie éclata «aT divers points, mais fut bientôt éteint. Un petit magasin de foin fut seul la proie des flammes. Uartille- •ne polonaise , qui était en position sur l'îlot et sur la rive droite de. la Vistule, répondit avec vigueur au feu des Autrichiens, et finit par réduire leurs pièces au silence. Dans la soirée, l'arcliiduc établit «on camp derrière les hauteurs qui dominent la tête de poùt, n'occupant les retpanchements qu'il venait d'enlever que par un détachement d'infanterie. La partie du pont qui aboutissait à la rive gauche fut brûlée par les Polonais. La garnison de Thom eut dans cette jour-
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née 45 hommes hors de combat et perdit 60 pri. sauniers; les Autrichiens comptèrent 500 morts ou blessés. Le colonel Bnisch, chef d'état-major de l'archiduc , officier d'un grand mérite , fut tué. Les journées suivantes se passèrent à échanger quelques coups de canon. Le 20 mai les assaillants évacuèrent la tête de pont et se replièrent sur Radzeicwo; l'archiduc retourna à Varsovie.
Pendant que ces événements se passaient au nord du duché , la cavalerie polonaise pénétrait dans l'intérieur de la Gahcie. Deux escadrons du 5* se présentèrent devant Koçk, le 6 avril, et en chassèrent 300 hussards hongrois, après un engagement assez vif, dans lequel le brave chef d'escadron Berko ftit tué. Leis hussards furent «i vivemeiit poursuivis, qu'ils n'eurent pas le temps de détruire le pont du Wieprz. Le 7, trois pièces d'artillerie à cheval arrivèrent à Koçk ; elles furent mises eh batterie à l'entrée du pont *, et furent suivies, le 8, par deux compagnies de voltigeurs du
£• d'infenterie. Le 6* de cavalerie passa le pont
* Le capitaine SoUyk, qui commandait ces pièces» reçut à Wioo* zowna l'ordre du général Pelletier , de se porter sur Koçk. II de. manda' à ce général quelle escorte l'accompagnerait : ceiui-cilui répondit quHln'avait besoin d'aucune escorte; ques'U rencontrait des Autrichiens, ce serait des fuyards qu'il devait faire sabrer par ses canonniers.Gèfut en effet ce qui arriva : Soltyk ût 125 prison-' nièrs pendant sa marche, sans brûler une amorce* Nous ayons cm devoir rapporter ce fait, qui n'a que peu d'importance par Iui« même, parce qu'il donne une idée de ta manière dont les Polonais faisaient alor^ la guerre. - '
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le même jour ; un de ses escadrons poussa sur Lublin, qu'il occupa le 9; un second escadron se porta sur Biala, et un troisième surWlodawa, où devait passer un convoi d'effets d'habillements considérable sous l'escorte d'une colonne d'infanterie. Cet escadron força de marche ; il surprit les Autrichiens y enleva le convoi et fit 700 prisonniers. La prise fut évaluée à plus d'un million. Pendant ces divers mouvements, la cavalerie polonaise délivra 3,1)00 recrues qui allaient joindre leurs dépôts.
Le corps du prince Poniatowski se mit en marche , le 6 mai, dans Tordre suivant : L'avantgarde, composée des 6* et 12* d'infanterie, du 2* et d'un escadron du 5* de cavalerie, avec quatre pièces d'artillerie à cheval, sous les ordres des généraux Sokolniçki et Rozniecki ; elle se porta sur la Wieprz et franchit cette rivière à Bobrowniki; de là elle remonta la Vistule et fut ralliée à Opôle par les deux escadrons du 5* qui avaient passé le Wieprz à Koçk. Les deux généraux s'avancèrent ensuite jusqu'à l'embouchure du San dans la Vi«tule.
] Le prince, à la tête du gros de son corps d'armée , se porta par Koçk sur Lublin. Le quartier général arriva, le 7, à Parizow ; le 10, à Koçk, et le 11, àLubartow. Poniatowski s'arrêta trois jours daiis cette ville; il y apprit que l'archiduc manœuvrait avec une partie de ses forces sur la Grande-Pologne , ce qui le confirma dans la ré-
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solution de s'avancer sur le San et de pénétrer en Galicie *;
Le mouvement rapide de la cavalerie polonaise avait feit tomber entre les mains de Poniatowski une lettre du général russe prince Gortschakoff , qui félicitait Ferdinand sur ses succès,- et lui exprimait l'espérance de voir bientôt les Russes joindre leurs e^rts à ceux des- Autrichiens. La-présence d'offiders moscovites dans le camp ennemi avait déjà été signalée au prince; il ne put plus douter de k connivence, si ce n'est des deux cours, du moins des deux états-majors. Il charge, sans délai, le général Bronikowski de porter à Napoléon la lettre interceptée, l'accompagnant d'vtne dépêche, dans laquelle il s'exprimait ainsi : « La rapidité M de la marche de l'avant-garde de la cavalerie M sous mes ordres, a fait tomber entre mes mains « la lettre ci-jointe du général russe , prince « Gortschakoff à l'archiduc Ferdinand. Elle m'a « paru tellement importante pour faire connaître « les dispositions de la Russie, ou tout au moins « des troupes russes et de leurs chefs, que je n'ai « pas voulu perdre un moment pour la soumettre « à Votre Majesté. Le général Bronikowski, grand « propriétaire de la Galicie, qui sert avec noua «depuis le, commencement des hostilités, s'est « chargé de porter cette dépêche à Votre Majesté, M H lui présentera en: même temps les vœux que « m'adressent ses compatriotes de participer aux
* y. Pièces jusliveSjVl.
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a bienfaits et à la protection qu'elle dai^pie ac- « corder à Fexistence nationale de la Polo|[ne. « Daignez, Sire, recevoir avec bonté^ rhommjage tt le plus senti de profond respect et de reconn naissance. »
L'Empereur fut indigné de la lettre de Grortschakoff. n la transmit au, ministre des relatums extérieures , qui la communiqua à l'ambassadeur russe, avec une note où il^se plaignait amèrement de la conduite du général. Celui-ci, interpellé par spn gouvernement, répondit que^ la guerre entre l'Autriche et la Russie n'étant pas déclarée, il avait cru pouvoir exprimer son opinion particulière, dans une lettre confidentielle^ Cette explication ne fut pas jugée suffisante, et Gortschakoff fut révoqué.
Dès son arrivée à Lubartow, le prince fut entouré des notables du pays, qui lui témoignaient la sympathie des habitants. Une députation de plusieurs cercles vint lui présenter le vœu de ses concitoyens pour une réunion au duché. Le prince Constantin Czartoryski prit du service dans rar*» mée polonaise. Grand nombre d'habitants de toutes les classes suivirent son exemple ; si le manque d'armes ne s'y fût opposé, l'armée se fût accrue de 20,000 hommes.
Les habitants du duché ne restèrent pas en arrière dans cette lutte de dévouement : les levées en masse se réunirent à la hâte, et vinrent garnir ]a rive droite de la Yistule, qu'elles étaient appe^
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lées à défendre. Les volontaires complétèrent promptement les anciens et les nouveaux corps.
Le 14 mai, le prince quitta Lubartow et se rendit à Lublin, où il trouva le même patrotisme et le méine enthousiasme. Lublin contenait une population de 12,000 âmes ; c'est une des villes les plus considérables du pays. Le prince la choisit pour le siège du gouvernement provisoire des deux Galicies.Stanislas Zamoyski,qui possédait d'immenses propriétés dans ces provinces, fut nommé président du * gouvernement, dont faisaient partie MM. Matuszewiç, Mionczynski etLewinski; M.Rembielinski , préfet de Ploçk , fut chargé des fonctions d'intendant de Tarmce. Lublin présentait alors l'aspect d'une ville de guerre. L'élite de la jeunesse de la province y affluait ; elle se présentait à cheval et armée. Le prince en fit une compagtaie dt guides, dont il donna le commandement au colonel Mionczynski. Il ordonna la formation de trois nouveaux corps. Czartoryski et Zamoyski ofl&îrent de lever à leurs frais chacun un régiment d'infanterie, et le cercle de Lubhn s'engagea à en former un troisième.
Le corps d'armée qui avait fait halte à Lubhn le 13, continua, le 14, son monvement sur le San. Le général Kafiiinski fut détaché sur Zamosc, à la tête d'un escadron du 3* et de deux escadrons du 6* régiment de cavalerie.
L'occupation de Lublin fut le sujet d'une nouvelle proclamation, qui était ainsi conçue :
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« Soldats,
« Arrivé en cette ville , où votre seule présence est un titre de gloire, j'aime à vous retracer vos acti<ms passées et à vous &ire connaître le but auquel vous devez tendre encore. Un gouvernement étranger s'appesantissait sur nous, et partout le nom polonais était presque considéré comme un crime, lorsque le bras victorieux du héros de la France, réveillant dans nos cœurs, l'antique valeur sarmate, vous fit désirer de prou-, ver qu'aucune considération ne saurait vous ar-. réier quand le bonheiu* de votre patrie esf le prix de vos efforts. Le ciel a récompensé des sentiments si purs; celui qui écrasa vos ennemis, vous permit de le convaincre que vous méritiez qu'on vous, rendît une patrie. De nombreux bataillons, dont la réunion seule tenait du prodige, concoururent à l'envi à acheter au prix de leur sang le droit de porter encore le nom de leurs ancêtres. Votre existence nationale relevée fut le prix de vos vertus guerrières, et la défense de votre patrie confiée à vos efforts, vient d'achever de faire connaître, ce cjue votre grand libérateur peut attendre de, votre courage. Mais déjà, soldats, vous avez justifié de si belles espérances ; déjà un ennenoii * supérieur en forces a éprouvé que le nombre ne.suffit point pour remporter la victoire. Vous l'avez prouvé sur la terre de vos frères, et les exploits qui vous en ont ouvert la route, les convaincront
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sans doute qu'elle fut jadis votre commune patrie. »
Nous avons laissé Tavant-garde polonaise à Feiiibouchure du San. Le 16 mai, les généraux Sokolni^i et Rpzniecki se concertèrent pour enlever Sandomir et sa tête de pont.' Cette ville , commandée par le lieutenant général Ëgermiainn, avait une garhison de 4,000 hommes, composée en grande partie de recrues. Le corps de la place était couvert par un vieux mur flanqué de tours, mais ce mur tombait en ruines sur plusieurs points , et du côté de la porte de Krakovie , il n'avait , sur un espace considérable , que ti'ois à quatre pieds de hauteur. Les Autrichiens avaient obvié à cet inconvénient par une tranchée intérieure, qui n'était pas encore achevée. Ils avaient aussi fait construire quelques ouvrages avancés du côté de la porte d'Opatow, qui étaient assez forts , sans être cependant complètement achevés ni fermés par la gorge. Sandomir était armée de vingt-sept pièces de canon, dont quinze de siège et douze de campagne.' Les Autrifchiens travaillaient sur la rive droite de la Vistule à une tête de pont , composée d'un ouvrage bastionné de deux fronts, en construction, et de trois lunettes. Cette tête de pont était armée de quinze pièces.
On voit par cette description, que Sandomir et sa tête de pont pouvaient être enlevées d'un coup de main. Les généraux polonais résolurent
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de le tenter. Sokolniçki , prennant le rôle le plus périlleux, se chargea d'agir contre la place, etRosmiecki d'attaquer la tété de pont. Dans la nuit du 16 au 17 , celui--ci pastô le San 8ur des bateaux, avec les 2® et 5* de cavalerie , un bataillon du 6* d'infianterie , deux compagnies de voltigeur» àa 8*, qui arrivaient de Lublin, et deux pièces de canon. Sokolniçki , de son côté , ordonna au colonel Surawski d^e se mettre à la tête d'un des bataillons de son. régiment (6« d'infanterie), et de passer la Vistule,à un mille au-dessous de Sandomir, tandis que luirméme, avec le 12'' d'infanterie, escadron du 6* de cavalerie , qui arrivait aussi de Lublin , et deux pièces d'artillerie légère , franchirait le fleuve àZawichost et rejoindrait Sierawski.
L'attaque devait avoir lieu, simultanément sur les deux rives, dans la nuit du 17 au 1&.
Sierawski remplit exactement les instructions de son chef. Il passa la Yistule dans la nuit du 16 au 17, et prit position sur le bord même du fleuve, dans un pli de terrain, couvert par un bois , du côté de Sandomir* ^Àinsi adossé à Isf Vistule, sans pont pour effectuer sa retraite, il attendit avec anxiété que l'heure fût venue. Heureusemait pour lui, aucune patrouille autrichienne ne fut poussée dans cette direction. Sokolniçki éprouva quelques retards dans sa marche; il fut d'abord obligé de réunir les embarcations néce^ saires près de Zawichost, traversa ensuite le fleuve, et se porta vers le point occupé par Sie-
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irafmki. Les deux colonnes réunie à cinq heures de l'après-^midi, se portèrent de suite sur Sandomn*. fJne^ patrouille de hussards autrichiens les aper^t alors. Elle se retira en toute hâte et porta Valarme dans la place. Sokolniçki, voyant son mouTement découvert, voulut imposer à la gaimison et lui feire croire qu'il s'avançait à la tête d'un corps considérable, ce qui lui était fecile, attendu que le jour baissait et que Egermann ne pouvait reconnaître exactement ses forces. Les deux pièces furent mises- en batterie à une portée de canon des ouvrages qui couvraient la porte d'Opatow. Quand- le général eut échangé quelques boulets, il fit déployer ses troupes sur les hauteurs, vis-à-vis des redoutes ennemies, et expédia un parlementaire en -ville , pour sommer le général Egermann de l'évacuer. Le commandant autri dbien refiisa. *■
La nuit commençait à tomber ; Sokc^içki , s^adressant au 12* régiment d'infanterie , lui dit que lè'6* s'était couvert de gloire, en emportant la tête de pont de Gora ; que le même honneur était réservé au 12*, qu'il pouvait enlever Sandomir , et renouveler les hauts faits deGréchow. Officiers et soldats lui r^)ondirent par de bruyantes acclamations , et se piortèrent en avant. Us avaient devant eux, un long défilé. Es le franchirent avec résolution. La tête de colonne, formée d^ grenadiers du 1*' bataillon, sous les ordres du prince MarceUn Lubomirski, déboucha et fut accueilUe parun feu violent de
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rîhfanterie qui gardait Penceinte de la place. Elle continua , néanmoins ; eUe était suivie par. le 12'' tout entier, elle s'élança d'un trait sur la porte d'Opatow ; celle-ci était barricadée , les murs étaient fort élevés , crénelés , et flanqués de tours. En un instant, le terrain fut jonché de inorts ; l'intrépide Lubomierski avait lui-même perdu la vie. Il n'avait alors que 24 ans, et était à sa première campagne et fut vivement regretté par toute l'armée.
Quelle que fut l'ardeur des assaillants , ils furent obligés de se mettre , en retraite et repassèrent le défilé en toute hâte. Ils eurent en cette occasion au delà de 1 00 hommes hors de combat.
Cet échec ne découragea pas Sokolniçki ; il oi^ donna au 12* de se reformer derrière la réserve, qui était composée du bataillon du 6« d'infanterie et de l'escadron du 6e de cavalerie, et résolut de chercher un autre point favorable à une entreprise qu'il voulait : terminer la nuit même. Il ordonna au colonel Siéra wski de se mettre à la tête de
l'escadron de cavalerie et d'une compagnie de voltigeurs de son régiment, de se dirigier par la droite sur la Vistule, et de reconnaître Fenceinte qui s'étend de ce côté. Il était alors nuit close; mais la garnison lançait continuellement des artifices pour s'éclairer; le colonel . polonais put reconnaître le mur d'enceinte. Il le trouva d'abord en bon état ; mais, arrivé au faubourg de Krakovie, i\ apprit que, dans une étendue de 30 à W
toiftès^ ce mur n'était élevé que de trois à quatre pieds, et ^ que le fossé était comblé par des éboulements. Sierawski, officier plein d'intelligence et de résolution , n'hésita pas à se porter en avant , avec sa compagnie de voltigeurs; il franchit le fossé et escalada le mur, sans que l'ennemi lui opposât aucune, résistance. Plus loin se trouvait une tranchée qui n'était pas même palissadée, mais où l'infanterie autrichienne était embusquée r Sierawski ne pouvait, sans imprudence, l'attaquer, ni pénétrer dans l'intérieur de la place, san» être soutenu; il resta donc dans la portion qu'il venait d'occuper entre le mur et la ti^nchée, et dépécha un officier à Sokolniçki pour lui annoncer qu'il avait trouvé la partie faible de la place , et lui de9mnder de lui envoyer au plus tôt le reste du bataillon.
Il était alors minuit, et l'attaque de la tête de polat par les troupes de Rozniecki venait de commencer. Un feu très vif d'infanterie et d'artillerie se fit entendre sur la rive droite de la Vistule , et cessa' au bout d'une demi-heure; Rozniecki était-il vainqueur ou vaincu ? De là dépendait l'issue de l'attaqpie deSandomir , et peut-être même le sort des troupes^ engagées sur la rive gauche. Cetteincertitude ne fiit pas de longue durée : Egermann demanda à caf^tuler. Les hostilités cessèrent ; un détachement du 6^, guidé par Sierawski, occupa la porte d'Opatow, dans l'attaque de laquelle les braves grenadiers du 12^ avaient échoué.
5ti2 CAMPAGinS MB 1809
Rozniecki, qui, comme nous venons de le dire, devait traverser le San dans la nuit du 16 au 17, avec des troupes destinées à Fàttaque de la tête de pont , avait exécuté ce mouvement , et pris posi" ti(Mi près de Trzesnia, La journée du 17se passa sam aucun engagement , et les troiipes du génial polo** naii se préparèrent à montar à l'assaut k nuit sui-^ ' vante. Rozniecki fit reconnaître la tête de pont par le capitaine Strzeleçki du 6* régiment dUn&usterie, qui avait acquis des connaissances militaires éten^ dues à Fécole du génie à Vienne. Strzele^ , dont le * dévouement égalait la bravoure, s'avança, trayestij en paysan, jusqu'à une portée de fusil des re*-. trancfaements*, etles reconnut par&itement, ainsi que les sentiers qui traversaient les marais dont ils' étaient couverts. Rozniecki apprit par lui que les; lunettes avancées étaient dans un état respectable' de défense, qu'elles étaient munies de palissades^ eft^ fermées par la gorge , mais que la tête de pont était loin d'être achevée ; il appnt . que les 'fossér étaient peu profonds, et qu'elle n'avait pas d6 pa^' lissades. Ces renseignements le ùonfirmèmit danr' la résolution d'emporter la tête tle pont la ntiit ' suivante. Le bataillon du 6"", aux Ordres defio^s^ lawski, fut chargé d attaquer les lundttes n®« 2 et? 3, et le capitaine Strzeleçki de lui servir de^ g^i^ ; le chef d'escadron Wlodimir Potoçki de son. côté eut ordre de marcher à la tête des deux compa-^
* Une bêche à la main, U feignit de travailler à la terre , et trompa ainsi la vigilance des sentinelles autridiiennes.
BU POLOGltB. ââS
gnies de voltigicurg du 8*, et d'emporter la lunette n"" 1 . Dès que eette opératioa serait terminée, les deux cx)lonnes devaient s'ayancer sur l'enceinte de la tête de pont et l'enlever.* Les 2*" et â"* régimente de cay^lerie » qui formaient la réserve , devaient en m^e temps s'étendre en demi-cercle autour de ces ouvrages, prêts à soutenir les colonnes d'attéqve si elles échouaient, et à empêcher, en cas de réuesite, les. fuyards de se sauver du côté de la campagne. La nuit étant arrivée, les troupes de Rozniecki s^ portèrent, en av^t et se placèrent dans l'ordre que nous venons ^ d'indiquer* Â minuit elles §'éiH*anlèrent , Bogudawski et Potoglp à leur tête. Elles marchèrent en silence et s'approchèrent des lunettes, à ^ne portée de fusil, sans être aperçues. Découvertes alors , elles furent accueillies par un fçTB d'infexiLterie toen fourni, soutenu par les neuf pièc(^ d'artillerie qui occupaient ces lunettes, L'infaiiterie * polonaise n'en tint compte. Elle ç'élançâ au .pas de course , et les enleva. Les troupes autrichiennes qui les défendaient furent tuées à coups de baïonnettes ou posèrent les armes. Les. deux intrépides chefs polonais marchèrent, sans perdre un instant, sur la tête de pont, qui ne fat que feiblement défendue, et dont les parapets furent franchis avec une promptitude exr traordinaire. Bogiislawski et Potoçki montèrent les premiers à l'assaut \ L'élan des assaillants était tel
, * B<^awski avait servi dans les légions , et était un des plus habiles offîci^ers d'inTanterie de rarmée. Potoçki n'avait encore que
ââi càmpaghb db 1809
qu'une partie seulement de la garnison autrichienne put se sauver par le pont de Sandomir ; elle fut poursuivie avec tant de vigueur , que les Polonais jetaient au moment d'entrer pêle-mêle avec elle, dans la place lorsqu'un ordre de leurs chefe les arrêta.
Six pièces, qui étaient en batterie sur les remparts, tombèrent au pouvoir des vainqueurs. De la garnison de la tête de pont , qui se montait à 1500 hommes , 500 seulement parvinrent à se retirer ; tout le reste fut fait prisonnier ou mis hors de combat; La perte des Polonais ne fut que de 50 hommes; mais parmi les morts se trouvait un capitaine du 8* et deux officiers du 6* régiment.
Egermann , chassé de la tète de pont et menacé sur la rive gauche , demanda à capituler, comme nous venons de le dire. Sokolniçki , de son côté , désirait mener, au plus vite à fin une expédition hasardeuse. Un arrangement fut donc conclu avant le jour ; la garnison autrichienne eut douze heures pour évacuer la ville. Elle pouvait se retirer avec armes et bagages , et emmener avec elle son artillerie de campagne. Elle défila dans la soirée devant les troupes qui l'avaient battue , et se retira sur la Nida . Elle était en partie composée de Galliciens :
20 ans, et était non-senlement un etcelleiil oHlcièr d'artillerie, mais annonçait des dispositions qui devaient un jour le porter aux commandements^ les plus importants. II était regardé par toute l'armée comme un héros qui se Traierait une voie vers rioi* mortalité*
Blf YOtOGNB. 225
ceux-ci n'eurent pas plutôt aperçu Funiforme national et les di^ peaux surmontés des aigles blanches, qu'ils sortirent en foule des rangs autrichiens et se rangèrent dans ceux de leurs compatriotes, demandant à grands cris de servir la cause commune.
Les che£s autrichiens humiliés baissèrent la tête et ne firent aucune réclamation. 800 hommes s'étaient ralliés à la colonne victorieuse; Egermann n'en conserva qu'environ 2,000, à la tête desquels il se porta sur la Nida. Sokolniçki prit possessicm de Sandomir dans la soirée du 18; il y trouva 15 pièces de siège, qui, d'après la capitulation, restaient au pou/oir des Polonais, et des provisions deguerre et de bouche considérables *.
Dès que les troupes de Rozniecki eurent occupé la tête de pont , elles s'empressèrent d'eu détruire les retranchements, et elles y mirent tant d'ardeur que trois jours après tout- était rasé; chose étrange et qui ne peut s'expliquer que par la conviction qu'avaientalorsles'Polonaisdela prochaine reprise de Sandomir par les Autrichiens. Pôniatowski, qui, avait des vues militaires nûeux arrêtées, et qui attachait à Sandomir toute l'importance que mérite ce point stratégique, fut très mécontent de cette démolition ; mais il n'était plus temps de l'enGipêcher lorsqu'il en fut informé^
* F. Pièces iusitûcalives, VU.
CHAPITBE y.
PontoUwski quitte Lublin le 15 mai. — Il marche sur Ulanow. —
Pellellier détaché sur Zamosc. — Proclamation de Poniatoirski aux Galiciens. — Blocus et prise de Zamosc, le 20 mai. — Poniatowski passe les troupes de Pelletier en revue; il laisse une garnison à Zamosc, pousse sur Léopol une partie de cavalerie aux ordres deRaminski et réunit son corps d'armée à Sandomir. —Examen de la position de Vannée polonaise après la prise de Sandomir. — Sokolni(^i conseille au prince de marcher sur Radom. — Poniatowski prend position près de Sandomir. — Ce qu'il aurait dû faire. — Reconnaissance des travaux delà place de Sandomir. — L'enceinte est renforcée, la tête de pont n*est pas rétablie. — Inconvénients de l'oubli de cette mesure. — Roxnlecki prend Jaroslow. -^ Les troupes employées à cette expédition retournent sur le San. -- Kaminski occupe Léopol le 23 mai. — Rozniecki l'y rejoint le 28. — Il fait reconnaître la la souveraineté de Napoléon. — Il organise le gouvernement. — Blocus et siège de Czenstochowa par Grammont. — Les Âutrichioas repoussés par Stuart. ^ Ils se retirent sur Krakovte, — Diverses engagements sur la Vislule. — Ponlatowski envoie Pelletier près de Galitzyne à 6ialyst«k. — Position de Tarmée russe. — Duplicité de Galitzyne. — Mauvaises dispositions des généraux russes envers Napoléon.
Poniatowski ne passa à Lublin que la journée du 14; le lendemain, il se rendit à Belzyce; le corps d'armée l'avait précédé sur ce point ; il se mit à sa tête et se porta sur Janow , où il reçut la nouvelle de l'investissement de Zamosc par 1% ca-
BN POLOGNE. 227
Valérie de Kaminski. Domanski, commissaire général des terres du majorât de Zamosc, propriété de Zamoyskiy qui venait d'être nommé président du gouvernement galicien, lui apporta des détails intéressants sur cette place : il lui apprit que l'enceinte n'était pas dans un état de défense convenable ; que les inondations qui constituent sa principale force, n'avaient pas été tendue^ ; enfin que, dans l'état où eUe se trouvait, Zanxosc pouvait être enlevée par un coup de main.
Poniatowski n'était qu'à une forte marche de la place. Il chargea le général Pelletier de la reconnaître et de l'enlever, si la chose était possible. H se porta ensuite sur Ulanow, petite ville située sur le San , où il crut devoir attendre le résultat des mouvements des corps qu'il avait dirigés sur Sandomir et Zamosc. D'Ulanow il adressa la proclaipation suivante aux Galiciens.
« Polonais, crroTENS ds la Galicie,
a Lorsque les troupes sous mes ordres sont entrées
sur le territoire commun à nos aïeux, j'ai cherché à m'assurer si vous n'aviez pas cessé de voir en nous des frères. La réception que vous nous avez faite a rempb mon attente; l'enthousiasme qu'a excité en vous la seiile vue des soldats polonais et votre empressement à nous prouver combien vos coeurs sont portés à comprendre et à partager nos tentimentSi nous sont garants du désir que vous
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avez de vous joindre à nous et de partager des travaux que l'amour de la patrie rend faciles à accomplir. Des proclamations de Tarchiduc Ferdinand m'ont appris qu'il s'efforçait d'ébranler la fidélité des Saxons envers notre roi , et tentait , quoique en vain , de former des corps francs polonais : ces procédés me donnent un droit de plus à vous appeler dans nos rangs, où depuis deux ans , tant de vos frères briguent l'honneur de combattre pour la patrie et pour notre cause commune. Je ne vous dirai point de suivre leur exemple, ce serait vous faire tort que de croire que vous pouvez résister au penchant qui vous pousse à le faire ; il me suffit de vous rappeler ce que vos frères ont fait pour recouvrer leur eristence nationale. N'oubliez point que, guidas par la seule confiance qu'ils mettent dans leur grand libérateur, ils ont couru aux armes et combattu avec persévérance, malgré les désastres qui s'appesantissaient sur leur pays. Songez que les effets sont la suite des actions, et que le mérite doit précéder la récompense. Les âmes froides et égoïstes peuvent seules méconnaître cette vérité ; vouons leur indifférence à la honte qui lui est due.
« Les Polonais sont partout les mêmes ; éprouvés, mais non abattus, par une longue suite de malheurs, nous sentons d'autant plus l'obligation dé mériter, avec les lauriers de la gloire, les couronnes du civisme. »
Poniatowski n'avait pas encore reçu les înstruc-
BBT POLOGlfB. 2M
tions de rEmperêur sur la manière dont il devait envisager les Galiciens ; il ne pouvait dans cette proclamation, comme dans les précédentes, leur donner des assurances positives sur le sort futur du pays. H flottait entre le désir de les voir combattre avec les troupes du duché et la crainte d'être obligé de les abandonner à la vengeance du gouvernement autrichien. Il fut par£aiitement compris des habitants , qui avaient le plus ardent amour pour la sainte cause de la patrie ; et qui jfirent ce que leur devoir leur prescrivait , sans s'inquiéter des suites de cette audacieuse démarche. De son côté le prince, faisant part à Napoléon de l'enthousiasme général des Galiciens, insista, dans toutes les dépêches qu'il lui adressa , sur .la nécessité de leur donner des assurances positives sur l'avenir.
Cependant Pelletier s'était mis en marche de Janow le 17, avec les 1^' et 2* bataillons du 2** régiment d'infanterie , deux compagnies de voltigeurs du 3* , une compagnie de voltigeurs du 6* *}, formant ensemble environ 2,000 hommes , soutenus par deux pièces de 6 et quatre obusiers de 6 pouces **. 11 força de marche et arriva, le 18 au matin, devant Zamosc, où il rallia le détachement du général Kaminski, composé
*CeUe compagnie faisait partie du 3* bataillon qui élaitàSierpck*
•• Quatre de ces pièces étaient servies par l'artillerie à pied.et deux par rartillerte à cheval.
S30 CAMPAGITB DE 1809
d'un escadron du 3* et de deux escadrons du 6* de cavalerie. Kaminski, arrité dès le 15 stir les' lieux , avait bloqué la place et saisi les écluses d'inondation. Pelletier fit prendre position à ses troupes à un quart de mille des remparts et lança aussitôt ses voltigeurs. Ceux-ci refoulèrent les avantpostes ennemis dans l'intérieur de la place et oo- • cupèrent le poste des écluses qui soutenaient la grande inondation sur la route de Szczebrzeszyn.
Les deux généraux montèrent ensuite à cheval accompagnés de Domanski, et reconnurent Zamôsc; ' il leur donna des renseignements précis sur l'état des lieux, la force des retranchements et l'intérieur de la viUe. '
La forteresse de Zamosc, construite vers la fin du 16* siècle pour servir de refuge contre les incursions des Tartares et des Kosaks, est située au bord d'un vaste marais, coupé par différents ruisseaux. C'est dans ce marais que le Wieprz prend sa source. L'enceinte de la place se compose de sept fronts bastionnés, revêtus en maçonnerie et d'un tracé irrégulier. La moitié de son développement est couverte par des marais; l'autre moitié , qui s'étend entre la route de Lublin et de Léopol , donne sur une plaine qui va s'élevant depuis le chemin couvert et peut être battue à une grande distance par l'artillerie des remparts.
IjCS . escarpes de la partie de l'enceime qjji A'é-»
Blf POIiOOlfB. 231
tait pas couverte par les inondations avaient 28 à 30 pieds (dé 9 m. 10 c. à 9 m. 75 c.) de hauteur et étaient revêtues en maçonnerie; le fossé avait 30 pieds (9 m. 75 c.) de largeur et 20 pieds (6 m. 50 c.) de profondeur. La contrescarpe n'était pas revêtue, le chemin couvât n'était qu'indiqué. La partie . de la place située du côté des marais et des inondations avait également un revêtement assez élevé, à l'exceptioa du bastion n** 4, dont l'escarpe n'était que de 14 pie(b (4 m. 55 c.) de hauteur, et celle du basticm n^ 3, (fai était de 16 pieds (5 m. 20 c). Quoique les inondaftions ne fussent pas tendues, le terrain était assez marécageux pour qu'on ne pût le tra^ verser qu'à pied et par qudques sentiers. Des rapports positifs apprirent à Pdletier q^e les Autrichiens s'occupaient, depuis plusieurs jours, à réparer les parapets ; qu'ils avaient armé les remparts d'un nombre de boudbes à feu suffisant, et construit un redan devant la porte de Szczebrzeszyn. H fut informé que la garnison, commandée par le eoIo« ndi Pttlski, était forte de 3,000 hommes et ooin*posée de deux bataillons de Yalaques, des dépôts de difièr^its régiments d'infenterie, d'un détachement d'artillerie et de quelques husmrds.
Les notions que le général Pelletier avait aeqoî-' ses, lui firent penser qu'on pouvait tenter nm coup de main du côté de SECzd>rzeszyn, et que fe moindre retard rendrait l'entreprise plus difiScfle, m peraxMftiit à^ l'aiiaremi de perfectionner «s dé-
513^ GAMPAGIVB OB 1809
fentes. U fit donc immédiatement le$ préparatifs de Fas^ut.
. Afin d'occuper la garnison et de lui imposer en canonnant la place, il ordonna au capitaine Spltyk de se porter en avant dans raprè»-B(iidi dv 18, avec dfeux obusiers servis par Tartillerie à cheval, de mettre en batterie à une petite distance de la porte de Szczebrzeszyn, et de jeterdes obus dans Zamoac. Soltyk, favorisé par le» maisons et les enclos du faubourg, s'approdia, sanf être découvert, à environ 300 toises (5Sâ m.) de la place et ouvrit le feu ; mais, il était trop près de9 remparts pour se soutenir longtemps dans cQtte position. L'artillerie autrichienne lui répondit avec vigueur, et démonta un de ses obu^iers. Ne pmi* vant se maintenir sous un feu si vif, il %e retira sur recluse de Szczebrzeszyn , et , changeant firéqnem- ]pmt de position , se couvrant des jardnakSi, des 9iiâsQns des feubourgs/ il continua, avec la pièce qsiX hii restait , à jet^ des obu» dan» Zamose. Il pacvînt ainsi à porter à diverses r^rises Timien^die dans la place. '
. La nuit ve^ufi, le général PeUetîer fit conatruire un épaulemont prè» dei'écluse de Szcaibrzeszyn et jNàs^fW Tobusier de Soltyk par deux autres .obuwrs, servis par Fartillerie à pîed et comMandéa pér le capitaine Eudnicki.^
, Les {Hrcpàrati& de raasaiit remjdirenl; la jiHiiv vèàtàm i». DewBJMki^ pnr toai ièb fâaimMÊimtk infatigables, contribua à les mener promptement
BV POMMH ■• S33
à terme. 50 Kosaks, employés à la correspondance de Tacbiinistration centrale de la terre de Zamosc, qnî épient bien montés et équipés militairement, forent armés de lances , et parcoururent les environs, afin de réunir promptement les matériaux nécessaires à la fabrication des fascines et des gabions, ainisi que les échelles nécessaires pour monter à Tassant. Quelques volontaires, armés de ftisik êe chasse, joignirent les assiégeants ; ils conrièissaient parfiiitement les localités et les marais qui avoisinent la place ; ils servirent de guides aux troupes* commandées pour l'escalade.
Les tirailleurs investirent Zamosc et s'établirent diahë'ïes maisons les plus rapprochées de la porte cfe Szczel>rzé8zyn. Les Autrichiens tentèrent en vain de les déloger, ils furent repoussés à plusieurs repHsesr On fusilla longtemps de part et d'autre; lèé volontaires mirent hors de combat bon nom- Ki*é de chasseurs valaques *. Pulski, s'atteridant à être attaqfUé,^ fit quelques préparatifs de défense : it gartîit de palissades le redan qui se trouvait de^vant la porte de Szczebrzeszyn, et brûla le faubourg de Léopot, affiri de démasquer le feu des remparts. 'H é^it huit heures du soir; les préparatifs de llassàBt' étâîeùt achevés et Pelletier venait de re-
* Un d*eux do&t je regrelte de ne pouvoir donner le nom, a?ail Tti'ûtik narvaît jadis servi sous la république. Il avait quitté son h^i l #ffr| h#OtaMw»Ti>ttnr lavoir, disa^il, te bonlKur deitiier^ici^ ques Autrichiens. Il réussit à en abattre 18, et retourna le lende* IDaiO à ses travaux de campagne.
334 GAWAGHB DK 1809
cevodr un ordre qui liû ei^gnait d'attaquer, $anf retard. Il forma les colonnes d'attaque. -
La première, conduite par le chef de bataillon Hilaire Krasinski, se composait de la compagoije de grenadiers du 2* bataillon du 2* régiment, des compagnies de voltigeurs des 1^ et 2' bataillons^ delà l"' compagnie du centre du f bataillon du même corps et d'une compagnie de vditigeurs du 3* régiment.Elle fut chargée d'escalader le bastion n'^i,
La deuxième, commandée par le chef de bataillon Czyzewski, jEbrmée de la 4« compagnie du centre du 2* bataillon du 2*" régiment et d'une compagnie de voltigeurs du 3*, eut mission d'enlever le bastion n** 3.
Les chefe de ces d.eux colonnes reçurent l'ordre de désigner d'avance les grenadiers qui devaient porter les échelles, et de se faire précéder paç quel<ques sapeurs munis de haches et de fascines. Il leur fut prescrit de s'avancer dans le plus grand silence , de cacher tout ce qui pouvait briller , de ne pas répondre aux coups de fusil , de pousser rapidement au pied des parapets et de monter plus rapidement encore. Us devaient se former ensuite sur les remparts et ne s'avancer qu'en bon ordre dans Tintérieur de la place. La première eplonne était chargée spécialement d'ouvrir la pokrte de Lublin et la deuxième celle de Szczebrzeszyn.
La troisième colonne marchait sous les ordres du chef de bataillon Suchodolski. Me était Cûov* pesée des 2"" et 3* compa^piies du cantre 4» 1^ fa»«
taillon du 2* ré^ment et de la compagnie de vol^ tigëurs du 6\ lÊLe avait ordre de soutenir les deux premières; elle devait, au besoin, se répandre en tirailleurs et répondre au feu dirigé sur les colonnes d'attaque, mais dans le cas seulement où le feu des remparts deviendrait général.
La quatrième colonne, commandée par le chef d'escadron Brzechwa, qui se composait de la 4" compagnie du centre du 1*^ bataillon du 2* régiment, d'un escadron de cavalerie du 6* et de trois pièces de canon, devait exécuter une fausse attaque sur la porte de Léopol.
La cinquième colonne, aux ordres du colonel Stanislas Potoçki, qui était formée de la compagnie de grenadiers du 1*' bataillon du 2* régiment, et des !'•, 2* et 3* compagnies du centre du 2* bataillon du même régiment, avec deux boucbes à feu, avait pour mission, aussitôt que commencerait Tassant, de s'approcher de la porte de LuMin, de l'enfoncer à coups de caûon, de r«îcuper et de rétablir le pont.
Enfin, un escadron du 3* et un du 6* de cavalerie, étaient placés en réserve, sur la route de Lublin, pour être employés 6n besoin serait.
Les colonnes ne devaient s'ébranl» qu'à une heure du matin ; les deux obusiers placés derrière l'épaulement de l'écluse de Szczebrzeszyn continuèrent de jeter des obus dans la place. A onze heures ils joignirent la quatrième colonne comr poiandée par le chef d'escadron Br;^hwa.
A minuit et demi la quatrième était en position sur la route de Léopol. Les première, deuxième et troisième colonnes d'attaque étaient réunies dans un pli de terrain à environ 700 mètres de la j^ce. Le générjal Pelletier les fit mettre en marche, et se rendit près de la cinquième , qui était placée sur la route de LubUn.
Une demi-heure se passa sans qu'on entendit autre chose que les qui vwe multipliés des sentinelles autrichiennes. Enfin , quelques coups de fusil éclatèrent. Le général, avec la cinquième colonne , s'approcha de la place. Il essuya d'abord quelques coups de canon à mitraille; une vive fusillade s'engagea, et, presque aussitôt un cornet de voltigeurs polonais retentit du haut^ des remparts.
Les deux colonnes chargées de l'e^alad^ étaient arrivées an pied des. mnrailles et avaient dressé leurs échelles, sîius être ^iperçues. Le capitaine Daine*, qui commandait la, compagnie d^ grenadiers, marchait en tête de la ^ première colonne : après avoir fait poser les échelles , il ordonna à un de ses grenadiers de naonter. Celui-ci refusa ; Daine lui passa , sans hésiter , son sabre au travers du corps , et somma deux autres soldats de prendre la place de celui .dont il avait puni la pusillanimité, et les suivait lui-même. L'énergie, l'intrépidité du
* Cet excellent officier était belge de naissance. Depuis 1793, il avait servi xians l'armée française et avait passé aâ service «Je Pologne avec le grade de capitaine*
BN POLOGNE. 237
chef subjugua la compagnie; elle sY'lança sur te parapet et l'escalada.
•Les Autrichiens surpris abandonnèrent le rempart et se retirèrent dans Fintérieur de la ville.
La 2* colonne avait de son côté enlevé le bastion n" 3*; toutes deux se portèrent aux portes qu'elles devaient ouvrir.Chenlin faisant, elles détournèrent les pièces et désarmèrent la troupe qui défendait les remparts. Le brave Daine , avec sa compagnie de grenadiers , pénétra dans l'intérieur et déboucha sur la place d'armes où se trouvait alors le colonel Pulsti à la tête d'un bataillon de Valaques. Dès qu'il aperçut les Polonais y cet officier s'élança à leur rencontre ; il se jeta sur Daine et fut désarmé et blessé. Entraîné par son adversaire au niilieu des grenadiers polonais , ceux-ci le firent prisonnier, et s'avancèrent au pas de course sur le bataillon, qui mit bas les armes.
Le géïiéral Pelletier , arrivé à la porte de Lubbh, fit entrer Tescadron du 3* régiment de cavalerie qu'il chargea de se répandre dans la ville, par pelotons , et de disperser tous les rassemblements ennemis. '
La 3* colonne s'était d abord mise en tirailletn*s et avait répondu au feu des assiégés par une vive fusillade ; elle s'était ensuite rendue maîtresse du redan qui couvrait la porte de Szczebrzeszyn , et avait pénétré dans la jplace.
.La quatrième colonne , de son côté , n'était pas re«ée inactive. Elle avait d'aboi*d ouvert le feu de ses
238 CAVPAGHB PB 1809
pièces sur la place , puis elle avait poussé de grands cris, des houras pour diviser Fattentioa de Teniiemi pendant Tescalade des bastions n"^ 3 et 4. L'artillerie autridiienne lui réppndit par une vive canonnade qjoi dura une demi-heure et cessa tout à coup. Le (^ef d'escadron Brzechwa s'était avancé sur la porte de Léopol. L'infanterie était en tête , suivie par les lanciers qui avaient mis pied à terre et marchaient la lance en main. Elle baissa le ppnt levis et pénétra dans la ville. Les canonniers de l'artillerie à cheval , qui n'étaient qu'au nombre de vingt , laissèrent leur pièce à la garde de l'artillme à pied; ils montèrent à cheval, entrèrent dans ZamosCy au galop, leur capitaine en tète, et sabrèrent les Autrichiens qu'ils rencontrèrent sur leur passagie.
La caisse autrichienne, contenant plus d'un miUicm de florins d'Allemagne , fut enlevée , et les Yalaques, qui opposaient encore de la résistance, ne tardèrent pas à mettre bas les armes. Â quatre heures du matin , toute défaose avait cessé. Pelletier fit battre la générale , les troupes polonaises se réunirent sur la place d'armes ; la garnison autrichienne fut rassemblée et dirigée sur la route de Lubhn. Des 3,000 hommes qui la composaient, 2,500 étaient prisonniers ; le reste avait été tué ou blessé. 46 pièces furent trouvées sur les reqiparts : des munitions de guerre et de bouche , en grande quantité , tombèrent au pouvoir des vainqueurs.
Ce èoup de main hardi ne coûta aux assaillants (pie SO honùnes hors de combat. On ne saurait trop louer la résolution et la bravoure que montrèrent en cette circonstance les troupes polonaises , et la précision avec laquelle les chefs exécutèrent les excellentes dispositions du général Pelletier *.
Poniatowski apprit Fheureuse issue de Tassant de Zamosc dans la journée du 20 ; le lendemain , il se rendit de sa personne dans la place , passa les troupes en revue et leur donna des louanges méritées. Un bataillon du 2* d'infenterie et un détachement d'artillerie à pied , formèrent la garnison de Zamosc. Domanski, qui avait servi autrefois dans l'armée polonaise , fut nommé chef de , bataillon et commandant de la place , en récompense des services qu'il venait de rendre. Le général Kaminski reçut l'ordre de se porter à la tête des deux escadrons du 6' et de celui du 3* de cavalerie sur Léopol ; le reste des troupes se mit en marche dai^s l'après-midi du 21 , et rejoignit lé lendemain le corps d'armée du prince , sur le San.
Ainsi , Poniatowski avait exécuté avec rapidité un mouvement hardi , qui devait avoir la plus grande influence sur le succès de la campagne. Les généraux qui servaient sous ses ordres l'avaient parfaitement secondé : Kaminski avait empêché Finondation des environs de Zamosc; Rozniecki avait enlevé la tête de pont de Sandomir ; Pelletier
^ r* n^ces iusttficKttTes, YIU. ^^.^^
240 CAMPAGNB D£ 1809
avait très bien conçu et dirigé l'escalade de Zamosc; SoJkolniçki avait exécuté arec bodbeur une des plus audacieuses entreprises qui puissent être tentées à^ la guerre , en attaquiwt Sandomir et en forçant la garnison autrichienne à capituler.
L'armée de Poniatowski occupait une excellente position sur le San. La possession de Sandoimr lui permettait de déboucliier sur les derrières de Tarchiduc, et de menacer ses communications avec Krakovie. L'occupation de Zamose lui donnait la facilité d'étendre ses conquêtes dans la vieille Galicie; rien ne pouvait désormais l'empêcher de pousser jusqu'au Dniester et aux Karpathes.
Sokolnioki conseillait au prince de déboucher de Sandomir sur Radom avec le gros de ses forces. Il lui représentait que l'armée ennemie disséniinée depuis la Grande-Pologne jusqu'à Varsovie, ne pouvait s'opposer à ce mouvement. L'archiduc n'avait, entre la Péliça et la haute Vistule, que quelques feiblés garnisons ; Poniatowski pouvait facilement les enlever et étendre l'insurrection en avant de Sandomir, dans un pays couvert d'immenses forets et habité par une population de chasseurs qui pouvait fournir 2 à 3 mille tireurs habiles eit tout armés. L'archiduc , coupé , alors , de Krakovie, et, par conséquent, de Vienne, était contraint d'évacuer le duché. S'il revenait en force dans le palatinat de Sandomir et qu'il chassât de cette contrée l'armée polonaise , il ne dompterait pas aisément les insurgés qui trouveraient un refuge dans les
montdgne de Sainte-Croix. Ces montagnes , d'im aceès difficile , couyerte& de forêts , &e sont praticables que pour les gens du pays. Des partisans établis dans ces lieux escarpés, pouvaient feire des incursions continuelles dans les contrées voisines et interteepter les grandes routes sans courir risque d'être forcés.
Sokolniçki'ajoùtaitquey si par suite des érénemeiit&de la guerre , Tarmée polonsdse ne pouvait se maintenir entre la Piliça et la Vistule , elle aurait toujours une retraite assurée sur Sandomir.
 la vérité , pour exécuter ce mouvematt , Poniatowski ne pouvait disposer que de 8 à 9,000 hommes , car il devait laisser des garnisons dans les deux places qu'il venait de conquérir; mais l'enthousiasme qui animait les troupes polonaises à cette époque, et la juste confiance qu'elles avaient dans leur supmorité, étaient un sot garant que, malgré l'infériorité des. forces, elles pouvaientçibtenir d'éclatants succès.
Le plan de Sokolniçki était séduisant et préseï^tait des chances favorables ; mais les vues du prince étaient alors tournées du côté de la vieille Gahcie où il pouvait battre les troupes ^cses qu'y commandait HohenzjoUem , s'emparer des magasins de l'archiduc, enlever les détachements qui se rendaient dans les dépôts , et en recruter son armée. Il pouvait pousser Tinsurrection jusqu'au frontières de Hongrie et de Bukowine , la porter au milieu de populations prêtes à ^'armer pour
iM3 CàMÊMim »B, 1809
Msouer le jaug de T Autriche, et en^ii pK^fitar des immenses ressources de cette riche province et de sa capitale. Cette opération pouvait durer quinze jours et réclamait l'emplDi d'une grande partie des forces de Poniatowski; celles qid reslAl^ent disponibles , ne suffi^ient pas pour prendre en même temps Foi^nsive au nord de Sandomir.
Enfin, si le prince adoptait le plan de Sakidnîçki, il était à craindre que Hohenzollem ne se hâtât d'évacuer ses magasins au delà du Dniester^ qu'il ne réunit ses forces, et, appd^fflt à lui une partie des troupes qui se trouvaient dans les provinces voisines, ne se présentât avec un corps considéraïAe devant Sandomir, pendant qae l'armée pdosaîse serait engagée sûr la rive gauche de la Vistille, n était à oraindre qu'il ne lui coupât la retraite et ne la prit entre deux feux. Ces considé- -ntiona dédd^ent le prince à ne pas donner suite au plan de Sokolniçki et à s'en tenir à celui qu'il avait conçu. Il poussa des détachements dans k vieille Galkie et se tint en rés^ve près de Sandomir, pour les soutenir au besoin , et défendre c^te place ccmtre l'archiducy ou mén^ l'attaquer en frandbiS8€mt la Vistule. L'exécution de ce plaa «aeigeait , avant tout , que le prince eût sur le ^uve un point fortifié qui servit de pivot à 9e» opérations , et lui permit d'agir sur k» deux rives. II pouvait dioisir entré Sandomir et Zaïvichost. Sandomir avait deux inconvénients : celui d'exiger pour sa défense une garnison de 6,000
JÊ/omÊsm^ ce» qui réduisait de moil^ les fùt^f» êi^nAies » * et celui d'être tttuée au-demuê de Fembouchure du San dans la Yistole, ce qui, êam le cas où uae armée autrichienne aurait iKMHrdbé sur Pouiatowski ^ ^r la vive droite , le fonçait à se retirer sous le oanoa de la tête de -peut; et à se jmver de l'esi^^ellente lîgae du San 0u à rqpasser cette rivière pour disputer son cours et se trouver par là coupé de Sandomir .
iiC prince pouvait adopter Zawichost, en détruisant Sandomir ; mais il fallait y Construire une diMilde tête de pont et la construire promptemènt. Cette nouvelle place, il est vrai> aurait eu Tàvantage de ne demandai que â,006 liommies poor îsa défense, vu qu'on pouvait restreindre «on développement. Mie était, d'^LHeuffS, couverte pur le 3an sur la rive drmte de la Yistule, et -si P(»»atowski était menacé de ce côté, il pouvait ipMÊiàpe gK>sition sur cette rivière et en défendre le passage jaAs perdre 4es communications avec 2awichoitet restait à m^ne de manœuvrer sur les é&àx rtv^ de la Vistyle. Mais la consii*uction des retrandieouents exigeait des travaux considérables, at, w féfton d'abord borné à ne construii^ queia^tede pont de la rive |;audie, il n'était pas «ér qu'on eét le teiD^ dp r^hevar av^ttt d'être attaqué par les Autrichiens.
%iels que tossent donc les avantages de la position de Zavvichost sur celle de SandcMiûr, Poniatow^ci dut se décider pour celle-ci , atMtdti que -son
âf4 CAMPAWB DB 1809
enceinte pouvait être promptement nôÊ^ ea état de défense y et la tête de pont rétablie avant que Farchiduc eût le temps d'aG(x>urir et . de l'attaquer *. Mais, tout en sentant rincon¥énient qu'avait eu la destiniction de la tête de pont, il ne voulut pas Ja reconstruire , inaprévoyance qui amena de fâcheux résultats. Fortifier l'enceinte de Sandomir, sans rétablir la tête de pont, était une mesure incomplète, une mesure qui privait cette place de son importance. Poniatowski ne pouvant plus, dès lors, se main** tenir à cheval sur la Vistule,. ni prendre à vofoaté l'offensive, sur l'unp des deux rives du fleuve en garder la défensive sur Fautre.
Le 22, le général Pelletier et le colonel Mallet fircait la reconnaissaaoe de Sandomîr; ils firent entreprendre les travaux les plus urgents pour mettre la place en. état de défense , ils ordonnèrent d'élever un nouveau retranchement devant là porte d'Opatow, firent palissader toms les ouvrage» avancés, perfectionner Fenceinte et compléter l'armement avec six pièces tirées de Zainc^. Le corps d'armée du prince vint prendre posi»tion à la hauteur de cette place, ladroite à la Vistule, et communiquant avec Sandômir par iin pont de bateaux ; mais, faute de retranchements,
* La tète de pont de Sandômir, telle que Toecupaîent les Âutri* chiens, composée de deux Tronts, de trois lunettes, d'un pi*!^ de 10 à 12 pieds C3mi 25c. à 3in. 90c.) ne demandait que 2|ô00 ouvriers et quinze fours de travail.
ce pont resta à découvert sur la rive droite. Le quartier général fut étaMi à Trzesnia.
Après la prise de la tête de pont de Sandomir, le prince avait détaché le général Rozniecki sur laroslaw , à la tête de quatre compagnies du 8* régiment d'infenterie, des 2* et 5* de cavalerie et de quatre jHèces de canon. Rozniecki se présenta devant cette ville ouverte, le 25 mai. La garnison, forte de 1,'000 hommes, avait pris position près du couvent de Ste-Marie, sur la routé de Przewor^. Sommée de se rendre, elle voulut courir les chances d'un comhat ; mais qudques coups de canon suflirept pour mettre en pleine déroute les recrues qui la composaient. 1 colonel, 20 officiers et 960 sous-officiers et soldats furent faits prisonniers, laroslaw renfermait de grands approvisionnements ^1 vivres, en fourrages, et contaiait d'immenses magasips d'habillement. La prise de cette ville avait aussi de l'importanee sous le rapport miË^ taire , car elle se trouvait à Tintersection des grandes routes de Léopol à Krakovie et de Sandomir
Le 26, Rozniecki reçut l'ordre de renvoyer au plus tôt, sur le S^a^ les troupes qui avaient eu part à la jHÎse de laroslaw et de ne laisser dans cette ville qu'une compagnif^ d'infanterie pour garder les magasin» et les évacuer sur Lubhn et Zamosc. Lui-mé|ne se mit en route pour Léopol, à la tête des compagnies d'élite des 2* et 5^ de cavalerie.
La capitale delà vieille Çï?Jicie pvfiit été évfwmçe
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94^ CAMPAmm M 1809
le 82 niai; par le prmoe de Ik^henzcUerB, qui^ arec 2,000 homiqes de nouvdOie leyée, «e replia bvbp StauUlâwoWy* à Fapproche des coureur» de Kalumski; celui-ci occupa la yille, le 23, sans éprouver aucune vésistauce. Rozniecki fit son entrée à Léopci le 28 ; la population l'accueiUit avec joie. Les propriétaires des cercles environnants, heureux d'être délivrés de k domination étranj^ère, et pleins de zèle pour la c^use nationale, accoururent près de lui. Parmi eux se faisaient remarquer Ignace Poto^i, maréchal du grandduché de Litvanie , le prince Mathieu laldonowski, François Mlodki, casteHan de Wofiiynie, Stanislas Tamowski, Ignace Cetner, Jean Uruski, Ignace KLrosnowski, Jbseph Dzierz-* kowski , Bonaventure Fredro, Théodore Potoçti, palatbsfc de Belz, et son fils Adam Potoçki *, qtti leva un régknent de cavalerie à ses frais. Adam Potoçki étflift fort populaire ; son caractère et ses talents lai ccmeiliaient l'estime géfléralél La jeunesse la pfas dîttingvée de ces contrées- s'engagea à Tenvi dans* son corps. La ville de Léopol voulut aussi lever de» troupes ; les plus riches propriétaires de la province versèrent dans les caisses pubhques de ^fortes smnmes peur feire face aux frais d'organisation. TMt le pays était en mouvement, et l'insurrection fl^étaadait déjà jusqu'au Dniester et au Zbrucz
* n SEVait servi dès Yhge de 16 ans comme aide dé camp de Koscluszko et avait reçu une distinetion honoriique dff ehef dà ripsurrection pour sa belle cooduile,à la batailie de Szczekocivy,
(froiMièi^de la Podolie). Partout où panksaientki détadiementa de la cavalerie polonaise , la population courait aux arme».
Rozniecki adressa de Léopol une proclanuition aux Galiciens^ dans laquelle il annonçait qu'il 001* ctfpait le pays au nom de l'empereur des Français, et que les armes d'Autriche devaient être partout remplacées par les aigles françaises *. Afin d'éviter les désordres que pouvait amener un changement de gouvernement, cm maintint les autorités autrichiennes ;* mais on leur adj(tignit un certain nombre de citoyens notables du pays, et on exigea qu'elles prêtassent serment de fidéUté à l'empereur Napoléon. Le colonel Bleszynski , aide de camp du roi de Saxe , fut nommé commandant de la place de Léopol , dont la ^rnison fot formée de quelques troupes de nouvelle levée et d'un détachement de cavalerie polonaise. L'escadron du 9^ de lanciers qui avait accompagné le général Kaminski, reçut ordre de se porter sur. le Dniester, n était commandé par le chef d'escadron Strzyski, officier d'une rare capacité, que l'on chargea d'organiser l'insurrection au midi de Léopol. Rozuiecki , ainsi que le général Kamienaki , retournèrent sur lé San, av^ tous les autres esca*-
* CeUe mesure avait été ordonnée afin de rassurer le goumement russe sur la future incorporation de la Galicie au duché de Varsovie, qu'il craignait par dessus tout. On savait alors qixe OalyUiDe aUait entrer en G^cie et l'on craignait un conflit des troupes russes avec les trpupes polonaises, si les première^ voyâfent Faij^de Pologne remplacer celle de F Aotrtdie.
2M GAMPAaifS 0B 1809
droBS de cavalerie qui les avaient acccmi^agiiés.
Le prince Poniatowski annonça au majpr gm<^ rai les succès qu'il venail; de remporter, et lui transmit la proclamation qu'il avait adressée aux Galiciens; il lui annonça en même temps qu'il ne croyait pas tarder à être attaqué, et que les démonstrations de l'archiduc, pour forcer le passage de la basse Vistule , n'avaient d'autre but .que de Jui donner le change.
Dans le courant de mai, les Autrichiens avaient tenté, à plusieurs reprises, de franchir la Yistule ; les forces réunies sous les ordres du généi^al Zaionczek les en avaient constamment empêchés. Ce général disposait dé 9,000 hommes de levées en masse, dont 2,000 excellents .tireurs armés de fusils de chasse et 800 cavaliers, appuyés par plusieurs bataillons de ligne , qui formaient les garnisons des places. Des engagements plus ou moins vife eurent lieu. Le général Piotrowski repoussa l'ennemi à Wy*choce et à Wyszogrod; Hauke battit les Autrichiens à Dobrzyn , à N-ieszaw.a , à Tokary et à Wloclawek; un combat plus important encore fut livré le 15 mai dans l'île de Tokarowka, près de Ploçk.
La Vistule,. qui, sur ce point, est fox;;t large, y fcxine plusieurs îles, entre autres celle de Tokarowka qui est la plus étendue. Entre celle-ci et la rive droite se trouvait un îlot couvert de broussailles* connu sous le nom d'île de Ploçk. Les Autrichiens, qui cherchaient à passer la Vistule, surprirent ce poste le tô mai et wlevèrçftt un. détaçhçm,çm; de 320 Ijofljmes
m POLOGHB. SM
qui l'oceapait. Bs s'établirent eux-^némes dam cette île et y placèrent 500 hommes avec deux pièces de *canon^Pk)çk se trouvait dès lors compromise. L'ilot n'était séparé de Tokarowka que par un bras de la Vistule peu profond, sur lequel était une passerelle à l'usage des piétons ; il était à craindre que l'ennemi ne s'en emparât , et , franchissant le dernier bras du fleuve , ne débouchât sur la rive droite. Ploçk n'était alors défendu que par une compagnie d'un réginptent d'infanterie de nouvelle formation et par la garde nationale , ce qui ne faisait en tout que .400 hommes*
Le préfet du département, Rembielinski, engagea le capitaine du 2* de cavalerie, Lagowski, qui se guérissait ,de ses blessures à Ploçk, à se mettre à la tête de la garde nationale et à tenter . de repreur dre Takarowka. Lagowski n'osa l'entreprendre avec uuQ troupe si peu aguerrie. Il se raadit à rhèpital militaire où se trouvaient quelques centaines de blessés 4 il leur fit part de l'état des choses.75 convalescents demandèrent à le suivre; des volontaires se joignirent à eux et portèrent son détachement à 200 hommes, avec lesquels il prit posi*tion dans Yilo%. Les broussailles qui le conviaient, mettaient son infanterie à couvert et empêchaient Tennemi de s'apercevoir de ses dispositions d'attaque. Il embarqua le lieutenant Rokiçki avec 25 hommes sur un bateau employé à la navigation de la Vistule; il fit coudier le détachement, le couvrit de paille et le paamaa au large. Le bateau paraissait
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chargé de marchandiseg destinées à Tarsoyie ; il dé-* riva sur la rive gauche sans exciter d'ombrage ; mai» aussitôt qu'il eut touché, la troupe se jeta à terre et s'élança sur l'île en poussant de grands cris. Lagowski, avec une centaine d'hommes , se pré««itaît de front , et le reste de son monde soutenait l'attaque par une vive fusillade. Les Autrichien* lâchèrent le pied, et se jetèrent en désordre dans* 1^ barques , qui , encombrées de soldats, surchargées par le poids de l'artillerie, coulèrent à fond. Ceux qui n'avaient pas trouvé de rèfiige sur ces dangereuses embarcations^ furent tués ; quelques hommes seulement furent épargnés par les vainqueurs et faits prisonniers.
* Lagowski laissa un détachement dans Ffle et rentra à Ploçk à la tête de ses braves^. La population les reçut à bras ouverts et leur prépara un baaiquet solennel ; maïs la plupart de ces intrépides soldats ne purent y prendre part; leurs blessures s'étaient rouvertes , ib furent forcés de rentrer à l'hôpital.
A la même époque, un corps autrichien aux ordres du colonel Grammont, fort de 1,500 homme» d'infanterie, de 200 chevaux, et- de T pièces de canon , se présenta le 2 mai devant le fort de C^ah stochowa. Le 3, il établit son camp près dà village de Kamien et attaqua l'église S^acqués , située entre la vieille ville et le 'fort. Cette églisè^^ occupée par un poste d'infanterie , fut défendue avec opiniâtreté et F^onemî repotitsé avec perte.
Le i^ àam raprès-sudi, il r&OBOw^ aon attaque, n ptit Téglise à dôt^ jeta ses tirailleurs dam les maisons, de la nouvelle ville, qui, de ce point, s'étend VOTS le fort. Le détachement qui Tarait si bravement défendu la vaille, jut obligé de Tévacuer, et se retira sur le fort, en tiraillant avec Finfenterie autrichienne, qui s'avança jusqu'à 200 toises (390 mètres) des reatnparts. C'était là ce que voulait le commandant de la place. Il avait feit charger plusieurs piàees de doujK à mitraille ;« il ouvrit inopiném^it le feu ; les Autrichiens furent rompus, obligés de se retirer en désordre avec perte de 40 hommes tués et 100 blessés. Malgré cet échec, la place fut sommée le 5 mai. Kefosé avec dédain, Grammonf résolut de changer son plan d'attaque et de procéder en forme j il leva son camp dans la nuit du 7 au 8 , et le porta près du village de Stradom. Le 1 1 y il brûla une partie de la vieille viBe. La nuit wivante , il attaqua le couvent de Sainte-Bacbe et remporta. Maître de ce point , qui n'était éloigné du fort que de 200 toises (390 m.), il établit, dam la nuit du 15 au 16, sa* première parallèle à une portée de fusil derrière le couvaBit; il poussa une approche sur ce poi»t et le fit occuper en force par son infanterie. Le^^colenel Stuart se voyant sérieusement menacé, sentit la nécessité de reprendre Ste-Barbe. Le cofuvent, les murs ducimetière et du jvdin avaimt été crénelés. Il effectua à la pointe du jour, une sortie et porta en avant trois conspagniesd^^S* d'infan-
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teric, qu'il fit «outenii^ par une vive canonnade. Peut-être le couvent eût été eiJevé d'emblée, si Tinfanterie polonaise avait .marché droit aux Autri*chiens; mais elle se répandit en tirailleurs et engagera une fusillade tpii ne pouvait amener aucun résultat. Plusieurs fois elle renbuvella son attaque, et toujours elle ftit repoussée. Il était une heure après midi', Stilart ne se rebuta pas ; il rallia sa troupe, et la porta en colonne sur le cimetière , dont la porte fut enfoncée. Les Polonais se reformèrent dans l'intérieur, et, chargeant à la baïonnette, parvinrent enfin à l'occuper ainsi que le jardin. Les Autrichiens, réfugiés dans l'église, s'y maintinrent jusqu'au soir et l'abandonnèrent alors pour se retirer dans leur parallèle. Ils eurent dans cette journée 250 hommes hors de combat et 14 prisonniers.
Ce coup vigoureux convainquit enfin Grammont qu'il faisait d'inutiles efforts ; qu'une place défendue par une garnison si ferme et si bien commandée ne pouvait- être forcée. H leva le siège, et se rétira, dans la nuit du 16 au 17, par Kozieglowy et Slawkow , sur Krakovie"; il avait perdu, dans le cours de ses opérations, près de 500 hommes. Il laissa devant la place une arri^«garde, composée de 200 fantassins et 60 cavahers, avec deux pièce» d'artillerie, qui se mit en retraite dès qu'elle eut rallié les détachements qui étaient épars autour de la place *.
* Y. Pièoes iustiQcatives, IX.
fiN POIiOGirK. S53
Malgré S66 progrès en Galicie, Poniatowski n'était pa3 sane inquiétude. L'armée rmse tardait à ©Qtrer en campagne, çt laissait vpir peu de dispositions à l'appuyer.. H envoya le général Pelletier au prince Galytzine qui la commandait.
Galytzine parut bien disposé et annonça l'intention de se porter sur Varsovie avec toutes ses forces et d'en chasser les Autrichiens. Le général lui représenta énergiquement la nécessité de venir au secours du corps de Poniatowski qui occupait l'importante position de Sandomir, avec des forces bien inférieures à celles de l'ennemi , et qui ne tarderait pas à être attaqué. Galytziae céda à ses instances et promit de faire marcher une de ses divisions sur le San. Il désigna, à cet eflfet, celle de Souvaroff, qui, occupant les environs de Wlodawa, était la plus rapprochée de Sandomir. Il chargea même Pelletier d'une lettre pour ce général, auquel il ordonnait de se porter sur le San. Pelletier se rendit promptement auprès de Souvaroff, afin de hâter son mouvement. Mais , un aide-de-camp de Galytzine l'avait devancé avec un contre-ordre. Souvaroff, qui était d'un caractère loyal , nes'en cacha pas ; il dit à Pelletier qu'il ne voulait pas qu'on lui fit jouer un rôle qui ne lui convenait point ; il ajouta que la plupart des généraux qui commandaient les divisions del'armée russe* regardaient la guerre de la Russie contre l'Autriche' comme éminemment impolitique, et que luimême partageait cette opinion. Pelletier fut obhgé-
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CunuiM Dl 1809
de rétoamer eu quartier- gé»étAl du ]^fi|ée tens avoir pu déterminer les Russes à appuyer immédiatement Farmée polonaise ; mais il apportait du •moins à Poniatowski des notions certaines sur la mauvaise volonté des générauii: alliés et sur la duplicité de leur ehef .
■ir KN^owir. 96(
GHAPITBS VI.
cf
Retour de Ferdinand à Varsovie. -> Mohr se replie sur la Bzura. » Sdiauroth se porte sur Sandomir. — Combat du 27 mai deyant cette place. — Dombrowski arrive à Posen. — Nouvelles levées. » Démbrovskl prend roffmsive le 22 mal. -^ Il s'avtfnce #Mr la Bcura. — Mohr se retire sur Lowicz ea dévastant le paf s. Dombrowski est rejoint à Kutno par un détachement que lui envoie "Woyczynski.''^- Dombrowski occupe Lowicz.— Forces de sa diilHoii. — Bauke f«çoit des renforts de Thom. — 11 passe la Yistule le 25 mai. ^ L'archiduc se décide.à évacuer le duché et à réunir ses forces entre la Piliça et la haute Yistule. — 11 va fvendre le commandedlent *de ses troupes devant Sandomir. ^Ml^del; coonpaoïte dans le duché.— Varsovie est évacuée par les Autrichiens, le 2 îuin qui se retirent sur la Piliça. — Engagements à /uranie, k d'Obory. — Zaionczek entre à Varsovie te 2}ui9} et publie une prodamation aux habitants. <— Kosinski y entre le 3^ — Le Conseil des ministres retourne dani la capitale le 8. — Poniatowski reçoit, h Trzesnia, une iiltce du ptitÊùe de NeaiiiâM du 18 mai. — Opérations des armées belligérantes en Italie et en Allemagne. — Communication ôlficièile entre G alytzine et le prince.— Poniatowski accélère lés nouvelles fomattions galiciennes. — Ferdinand arrive devant Sandomir. — Combals des 5 et 6 juin. — Mouvement de Tar- ^ chiduc sur Polaniec. — Il y passe la Vistule et se porte sur la 'iJli^islcAa.— Egetaann Vy Joint. — Geringer couvre ce mouvemmA snr la riv^gauche.— Poniatowski n'est pas en mesure de profiter de ses avantages.— Il détache Rozniecki sur la Wisloka; qui reconnaît Tennemi et se relire sur le corps d'armée qui prend positioo àWrzawy, Ponfktowski lève le pont de Sandomir. ^oncsek s*avaocesur la Piliça et rallie Hauke. — Engagement de Warka. — Zaionczek passe la Piliça et occupe ledlinsko. -^'Dombrowski manœuvre sur Piotricow, au lieu de^* suivre Mondet.--Gîiliâ-tiréauitsesl(me9àP8xytyk9a^^^ le If,
!$H GAVA&^m DB 1809
ZaioDCMk k lankowice , et lui fait subir un échec. — Zaionciek se replie par Kozenice sur Gora, vis à-vis Pulawy.— Critique de
: œ mouvement. — En même temps Dombrowski ranonte la PI* liça, et occupe Piotrkow, et son avant-gar4e Suléiow, qui, après un engagement assez vif, se porta sur Kouski. — MoUrs de la conduite de Dombrowski. •^Politique d'Alexandre et dispositîoa des Russes. — PoaitioB deTarmée russes — Galytzine publie un manifeste et entre dans le duché le2 {uin.— Lenteur de la marche des Russes, plaintes de Poniatowski.— La division Souvarofî arrive sur le San. — Combat de Wrzavry. — Le prince fail repasser
, le San à ses troupes le 14 , et lève le pont de Czékay. . ,
- Ferdinand apprit, au retour de son expédition •de Thom, la perte de Sandomir; il en sentit toute l'importance et résolut 4b reprendre cptte piace. Son armée était alors échelonnée depuis Radzieiewo jusqi}'à Varsovie. H aurait dû ne se juettre en marche qii'après avoir réuni ses forces ; mais, suivant le système qui avait jusqu'alors dirigé ^es opérations, il détacha Schaurotb, vers le midi, à la tête d'une division forte de 8,(M)0 hommes, et or- .donna à Mohr de se replier sur là Bzura. Ses co^nnes «insi disséminées, il ne pouvait espérer de.firapper un coup décisif. Quoi qu'il en soit, Sch^uroth se porta sur Sandomir, et se préfsienta le 26 mai devant les avant-postes de Sokohiiçki.
. D'uii autre côté, dès .que Poniatowski eut vent de la marche du général autrichien, il fit entrer dans Sandomir le 3* régiment d'infanterie et un .eacadron du V^ dà cavalerie. La garnison ^ trouva ainsi composée : des 3*, 6* et 12' d'infanterie, d'un j^»ç^âron du 6* et d'un escadron du 1*' de cavalerie et de trois compagnies d'artillerie. •
Les troupes autrichieilnes débouchèrent le 217 au matin et poussèrent les avant-postes polonais jusqu'à l'entrée des faubourgs. Sokolniçki ne pouvait permettre qu'elles prissent une {XMition aussi rapprochée de la place ; il sortit, dans l'ajA^ midà, à la -tête du 3"^ régiment d'infianterie et de Tascadron du V de cavalerie, appuyé par use batterie d'artillerie : les troupes de Schauroth £iire&t rejetées à un demi-mille de la* place , après avoir eu quelques centaines d'hommas hors da cambst at 200 «prisonmers. «Sokolniçki disposa sas troUfies de manière à couvrir ses travaux et à observer l'ennemi de près.
De son côté , le général Dombrowski , qui , C0mme nous l'avons vu plus haut, se trouvait depuis le 10 mai à Posen, mit la plua grandb activité à réunir les nouvelles Iwées des trois di^ partenaeniCs qui lui étment confiét. En peu de jours, il assembla sous les drs^peaux 4,000 volontaires, qui appartenaient, la plupart, aux gardes nationales des villes de la Grande-liblogne et étaient exercés ^u maniement des armes et auï évolutions militaires. Itfut secondé dans cette opération par le 2èle infatigable das patriotes ks^ plus notables du pays et celui des généraux qui ser^ vaient sous ses ordres. Les eatbres de plusieurs corps nouveaux , formés , Dombrowski avait encolle 1994 honunes disponibles , dont IIÏO favir tassins , 782 cataliers et 29 artilleurs servante ckuc pièces.
Mfi CAHRAftlIS IB i809
Ses avaBt'^poetes occupaient Sleizyn , Kolo et Uméow. Le fort de Czemtochowa, qui faisait partie de «pu coHunaudement» appuyait sa droite, tau- <dis . que sa gauche ^s'éteadait jusqu'à* Bromberg, IW la Netze. Le S2 mai, il prit l'offe&sive sur topte la ligne et culbuta les .avant^postes ennemi^» De Geenstochowa, le cfdouel Stuart poussa des partSs •ur S.oziegl0wy et Pilîfa ,l et y surprit des déta^ chemenis autrichiens. Le général Michel DaiHr browski s'enqpara de Lenczyça. Le général Dombfowski^ en personne, s'avança sur KIodawa, et la g^ral Kosinsld sur Kruszwiça« L'ennemi ie retira de toutes parts, laissant au pouvoi? d^ Polonais bcm liwnbre de prisonniers.
« Le général Mohr, que nous- ayons laissé, le ilO œaif à Radzieieyvo, se porta, le 29, sur Kloda^^^ et y rallia différente détachements opposés à Dom^ brttwski. Le même jour, Gonformément aux or"dres de rarefaiduc, il commença sa retraite «ur k Bzura. Peur la première fois depuir le oommoir eement de la guiBrre, les Autrichiens se retirèrent Mi dévastant le pays. Cette conduite acheva d'eM»pérer les babitants ; ils ccmrurent aux armes,^ esk*- Isvèreut des bomuite isolés et même dès détaehe^ .ments entiers»
Le général Dombrowski, que plusieurs coi^ de eaïuvelk formation- venaient de raUier, «onëioiia ■sjm ifiouvement offœsif. Kosinski s'atanf|a .<k iLrùsfwiea sur deux colwnes, la première par Radzieiewo sur Klodawa , la deuxième par Pio^^W
(sur le lac de Goplq) sur KutOQ, ttti<ii^ q^'all eeatw Dombrowski wivait, avec le gros de*M divisiony la ^prande roate de Yarsovk, et que $m la droite, le général Michel Dombrowski marchaîl; sur Kutno, qui était le point de réunion de toutes les forces de Dombrowski. Celiii*^ y établil sèb quartier génçral , le 27 mai^ et le méine Jour? Kidwii^iy qui commandait son avant-gainie , occupa Zyczlin.
Mohr s'était replié promptement tit avait atteint , le 27 , Lowicz , sur la Bzura; il y s^ouraa jusqu'au 30 mai, puis se retira sur Rokitno^ où il reçut quelques renforts qui lui arrivaient de Varsovie. Dombrowiski fit laiake à. ïjitMO ; iA f passa trpis jours à compléter Torgànisation de son corps , et fat joint dans cette ville par un renfort que lui envoyait de Thorn le général Woyczynski : ee venfo^ était ccmnposé des troijâèDaes b«tailk>ns dm ^.O'et i i^ régimeitfs d'infanterie et âemx ipîè^&i dt'ar^ilkvie. Le gouverneur de Thora avait ausli 4èladiésarPlpçk ie troisième Ijiatailion du 12^ v^ l^lMBt) que xallia le générsj Hauké, qui oocit*- |iiait cette ville avec ua bataiflon de^^ssmi^^ levé dans le départ»nent de flo^. Hauké se trouvant: ^iosi à la tête de deux bataiUons, f^^iÂ^ ia Vi^tule le 25 mm, ^ s'avais^ sur Soc^ficaew, nAfk de lia: «es GfKératioQd à celles du général. Kosî^i» qui s^éiait por4ié s«ir Lowici et'avaii occupé cette ville h Si mai. |>oiEit>rowski ïj suivit, et f atHy^ h ^^ j^. Le ntt^e four^ Kosiaieikâ aceupt Bob-
iSO campàgnb ra 1809
moW , et le major ^minski , à la tétc de deux encadrons de -cavalerie entf a à Honië. Le général Dombrowski se trouvait alors à la tête d'une division composée
Du 3r bat du 10* d'infant.
3«bat. dult* id. . . . , i En évaluant chaque
De 2 bat. du 1" id. formé à Posen . f bac. à 700 hommes,
2 bat. du 2* id« • id. . ^ ces forces s*4te-
D*aD bat. de chasseurs , de Posen i vaient à
id. bat. id. deKalitz 1 5,000 hommes.
En total 8 baUillons d'inCanterie. /
Du !•' régim. de caval., de nouv. form. . j ^^ . .
id. . . ]
2» sji tA îj ■ ^600 hommes.
De 6 pièces servies par l'artillerie à pied ' ^ .
environ 2)) hi.n.
Train et ambulance lOOT
Total 1 ' 7,500 hom. '
' Les Autrichiens tentèrent, dans la nuit du 27 au 28 , de franchir la Vistule , près de Modlin : ils employèrent à cette expédition 3,000 honi^ mes; mais ils furent repoussés avec perte par le troisième bataillon du 3* régiment, aux ordres du major Krukowiecki, qui de Modlin avait été détaché sur ce point. Enhardi par ce succès, le général Zaionczek ordonna au colonel INenmann de se mettre à la tête de quelques nouveHès levées et' de chasser l'ennemi de l'fle d'Obory, située à deux milles au-dessus de Varsovie. Neumaûn attah qua, le 31 mai, à deux heures du matin, et cul* buta les Autrichiens, leur mit 200 honmies lidrs
de combat» hur fit 88 prisiimiiers , et prit posseanoa de ce point important.
^'archiduc , qui uvait son quartiar gén^l à Mokotow y près de la capitale , reçut successivement la nouvelle de la levée du siège de Czenstochowa , des progrès du n^iiéral Dombrowski, de réchec de Schaurdth devant Sandomir, et de Foocppation de File d'Obory . Menacé de toutes parts » il se décida à évacuer Varsovie, et à abandonner le dni^hé. Voulant lïiunir ses force»^ eautre la Piliça et la haute Vistule, afin d'agir de cette position centrale contre les divisions de Farmée polonaise, qui , disséminées depuis Lowicz jusqu'à Sandomir , décrivaient un demi-cercle autour de son armée. En ralliant les détadi^ments d'Egermann et de Grammont , qui étaient postés près de Krakoyie, en complétant ses régiments avec lés recruea <piî , se trouvaient dans les dépôts de la Nojivdlje Galicie, il pouvait réunir aicore. 30,000 l)c»nmes et continuer la guerre avec succès ; mais pour obtenir ce résultat, il fallait concentrer ses fbrice^ et. non les disséminer comme il le fit. Quoi qu'il en soit, il quitta les environs de Varsovie, le 30 f pour se i^i^ndre de sa personne devant Sando-^ mir, où le généfii'Geriiiger l'avait précédé avec une division de 6^000 hommes, et devait rallier Schauwth devant cette place. Mondet , à la tête de 13,000 honunes , resta dm» le duché pour s^'opposer aux progrès de Zaicmczek et de Dômbfowski. t 'armée deFarchiduç se trouva dé la sorte partagée e» deux
SM gamvaMi mt 1609
twpêf doflt l 'un devait opérer êifr Semêomir etf l'autre se replier sur la froiitiève de Gaficle. . Conforménent à ses instructions^ Mondet éfaeaa YarsoYie dans la nnit du 1~ au 2 juin, et se porta sur la Piliça en deux colonnes ; la première, qui était la plus consicUrable, se dirigea sur Nowemiastô^ et la deuxième sur Bialobrzegi.
Dès que Zalonczek apprit l'évacuation de Yar^ sovie, il ordonna au colonei Neumann, qu(, comme nous venons de le dire , occupait File d'Obor^^ dépasser la Yistule et de déboucher sur YYilanow; Gelui-ci exécuta ce mouvement, le 2 juin, dsAS li'apirè^midi, et eut auï environs de Yarsôvie {dtt* lieurâ. escarmouches avec les Autrichiens. Zalonaàn le suivit bientôt lui-même et fit son entrée dans la capitale, où il trouva de» approvisionne^ ments considérables et 1000 biaises, qui avatent été laissés dans l'hôpital militaire d'VyûMdtSfw . "Sf* coureurs ramassèrent qudques centaines de trai* iieurs dans la ville et les environs. La population de la capitale du duché «^abandonna à la joie la (dus vive à la vue des troupes nationales. Soldats et citoyens s'embrassaient et se fêlicitai^it d'un si lieureux résultat. La ville ftit spontanéihent illu^ minée. L'enthousiasme était au comble. Le 3^ ^aionczek adressa une prodamation aiiic Vêmùtkxày dans laquelle il s'exprimait ainsi : « La main de Dieu nous a vengés ; on agiesSeur ingrat^ bubliâikt les bimfeits de nos valenreux âfeux^ Mai content de la doidlle dépouille qu'il a déjà ^s^
le^ée à ht Polegné, voulait «iio6re nons Wfir ootti paràe de notre tenîtoire que le grand Napolédn nous a restituée. L'heure à^ la vengeance a scmiié. • • Il fuit devant nos troupes et a évacué ia capitak pendant la nuit: »>
Les places de la rive droite de la Yistule n'è* tant plus menacées, Zaionczek n'y laissa qu'un vé* giment dHnftnterie de nouvelle formation , quelques dépôts' d'infenterie , avec des détA^ieme&ta d'artillerie * et réunit toutes ses forées dispottifaied à Varsovie. Elles connstaient :
2 comp. du S* bat. du 6* id. ** < chaque bat à 700 1 bat. de chasseurs de Luwza. . \ hommesi
Total approximatif de rinfanterie. ^,740 hommes.
Iréglm. de^val. denouv. fiMriD. ' iSO lioiiimsi» ^2 oomp. d'art tirées des places et
servant 12 pièces 28ft hommes.
^rala et «nbulance ^
Total. .... 4,900 honMaes.
Denabrewdû apprit Téva^aticMi de Yarsovis
*< le général Pioirourskt, qui eomoiaoïlait à |lo4l)i^» (iisposaît à celte époque d^une garnison si peu nombreuse , qu'il craignait une révolte «ites prisonniers de guerre autrichien», chaque fois q^*'û «^ an^it «m fort détaehçment dans la place. Il Hnaginfi #
êe leur faire bander les yeux, au moment où ils entraient dans lodlin,iusqu'à l'instant où ils étaient enfermés sous verrons dànS
'^'^.QlQll^^^tres QOfiiPtpaignies du paêrne bataillon s'étaient en m^che de Sieroçk pour rejoindre le corps d'armée du princfi
Mt GÀMSMn M 1809
dam la journée du 2 juin , et , k S , ,i\ polta sur cette capitale^ le général Kosinski, qui en fut nommé gouvemeur. Ce général ne remplit ces fonctions que pœdant qtlelques jours, et fut remplacèpar le eolo-' nel Koseçkiy chef d'état-major de Zaionczek. Le conseil des ministres rentra à Yarsovie, le 6 juin, et repiit les rên«s du gouvernement.
Pendant que ces événements se passaient au nord^ le prince Poniatowski rappelait les diffèrent détabkements qu'il avast portés dans la Vieille Galicie et s'apprêtait à défçndre vigeureusement^ Sandomir. Le 31 mai il reçut du major général une lettre datée du 1^ du même mois, qui lui ^ut apportée par le capitaine Malczêwski , et qui était ainsi conçue : « S. M. est satisfaite des opérations de l'armée et du bon esprit qui anime le duché. Elle présume cfae vous êtes rentré dans Varsovie, abandonnée, par l'archiduc Ferdinand.' Vous êtes le maître de vous approcher d'Olmutz ou de vous jeter en Sflésie. Le principal but de vos opéna^ lions doit être de tenir en échec un corps égal au vôtre, et de vous rapprocher de rempereur. S. M. fera vraisemblablement passer demain le Danube à son armée, pour tomber sur les dêhris de l'armée ennemie qui se sont sauvés par la rive gauche du Danube. Il est à présumer i|ue quand vous aurez reçu cette lettre, nous serons plus près de vous. Excitez l'insurrection de la Galicie, cela formera des bataillons utiles ; recrutez, augmentez votre armée par tojis les moyens possibles, cela etf
H 9ÙL0MB. Itftil
de la dernière importance. Quaait à l'arQiée rUBse,^ Tempereup a reçu des lettres de St-Pét^rsbourg du 28 i^vril, et ce même jour l'ordre a été donné à Farmée russe d'entrer en Galicie. Nous fiaisons cause commune a^bec les Russes, ainsi n'ayez aucune crainte de ce côté. »
Après les victoires de Ratisbonne, Napoléon^ avait marché sur Vienne et était entré, le 10 mai, dans cette capitale. L^ ponts du Danube étaient détruits, il fut obligé d'employer quelques jours à disposer d«s moytns de passage. A la da^ de la lettre du major général, ses préparatife étaient faits ; il allait se porter ^ur la rive droite du fleuve avec 100,000 hommes, et pouvait compter sur un succès^ assuré contre l'armée de l'archiduc, . qui était découragée par les défaites qu'elle venait d'essuyer. En Italie, Eugène avait poussé l'armée autrichienne sur les Alpes. Le 16 mai , il était à la Pontebba, et le 18, à Tarvis, suivant son adversaire qui se retirait sur Gratz. Dans le Tyrol , le ma-, réchal Lefebvre avait battu les insurgés ; le 19, la^ pacification de ce pays était complète.
En conséquence de la lettre de l'Empereur, lej^ncePoniatowski adressa à ses troupes, de Trzeii^ nia, la i[»x)clamation suivante :
i< SoiiDATS,-
« A peine vos premiers succès en Galicie et h ma^ aîère dont vous y avez été reçus, sont-ils parvenus à la
i66 CAMPÂSitlB DB 1809
connaisteBce de FEnipereur, que é^k^ au mlMed de ses victoires, il me témoigne qu'il est centent de vous et de T esprit qui vous anime tous. La prise de Sandomir, celle de Zamosc, la conquête de la Galicie presque entière, nous assurent de nouveaux titres à sa bienveillance, et là prise de Lé<)pol achèvera de lui prouver que vous n'avcE point oublié que vous fûtes organisés à l'ombre de «es lauriers. Cette ville vient de nous ouvrir ses portes ; vos camarades y ont été accueillis avec le sentiment qui fait que chacun dé nos pas, sur cette terre hospitalière de nos frères, est une récompense ou un encouragement pour voler à de nouveaux succès. Déjà ceux que vous avez obtenus ont dontié à vos frères la facilité de prendre placé dans ^tos rangs et de se joindre à vous pour mériter la protection qui vous a rendu l'existence, et vous a placés à côté de ces invincibles cohortes qui étott-^ nent l'uhîvers. Déjà des preuves incontestables me donnent la certitude que vos frérés galiciens sont dignes de notre commune patrie.
« Dans peu de temps , leurs nombreux bataii^ Ions, en augmentant nos forces, en partageant nos fatigues et notre gloire, contribueront à amenelT les destinées que leur préparent votre coura^ et la protection du héros victorieux. »
Le gouvernement galicien, présiéépar Eamoyski, s'occupait avec activité de la formation des nouvelles troupes, qui s'opérait aux frais deè hlâ^tants de cette province. H ordonna i'o^jg^isalÉe»! 4î!A
inlllicei dans les vîllèé, et demanda à chaque village ùa cavalier armé, ce qui devait produire 4 à 5,006 cbevaux. Un nouveau régiment d'infenterie s'dssemblait à Lublin ; un autre se réunissait à Pulâwy Sous le commandement du prince Constantin Czartoryski. Un troisième, composé en grande partie des gardes-chasses du majorât de Zamosc, s'organisait datis la place de ce nom. Zamoyski annonçait le dessein de se mettre à la tête de ce corps et de quitter la présidence pour prendre part aux opérations de Tarînée polonaise ; mais Poniatowski n'y voulut pas consentir et le pria de continuer à remplir ses fonctions administratives *. Comme nous venons de le dire , Adam Potoçki forrnait tin régiment de cavalerie à Léopol ; quatre atitres régiments de la même arme furent levés dans la Podôlie autrichienne. Des citoyens notables de la Podolie russe ItfM. îlyszczewski , Tarnowski , Rozwadowski et Trzecieski se mirent à leur tête , contribuèrent aui fixais de leur formation et les recrutèrent, non-seulement avec des volontaires galiciens , mais avec des patriotes de la Podolie et de la Wolhynie, qui passèrent la frontière russe, armés et montés, au nombre de plus de 1000, voulant servir la commune patrie **.
Poiiiatowskî reçut à la même époque une dépêche
* V, pièces justificatives, X.
'"^^L'étiiigratioii parmi là )euA)esse Podolîenne était si grande à e^leiÈpoqoe, ifoe les teréaux même cln g#uvemecir «iyil ie Kaplenieç riireql déseftés par les eifiployés du gouveraemeiiti et qiié lamàrchè^e Tàdmîtiislration en fut interrompue.
fM CAMPAQlfB DB 1B09
de Gaïytzme qurlui fut apportée par rofficier d'opdonnance de l'Empereur, Lépine, et par laquelle le général rmse annonçait qu'il allait im^essamment entrer dans le duché. Le prince connaissait ses in^ tentions secrètes, il était persuadé qu'au lieu de favoriser l'insurrection galicienne , il chercherait à l'entraver; il ordonna au gouvernement . central qui siégeait à Lublin d'administrer le pays au nom de Napoléon, afin de couvrir de l'égide de ce souverain les nouvelles formations galiciennes. Cette mesure fut, plus tard, approuvée par l'Emr pereur, et confirmée par des ordres qu'il envoya de Vienne à ce sujet.
Ferdinand arriva devant Sandomir le 4 au soir, et passa la revue de ses troupes, qui s'élevaient à 1^,000 hommes. Voulant se convaincre de la force de l'ennemi et reconnaître sa position, Pon^a*towski ordonna au général Sokolniçki de sortir de la piace et de se porter au-devant des Autrichiens. Ce général , qui venait d'être renforcé par quelques escadrons ,de cavalerie, disposait alors de plus de 5,000 hommes ; il se mit en mouvement le 5, à trois heures du matin. Les 2^ et 5* régiments de cavalerie ouvraient la marche ^ avaient l'ordre de s'avancer jusqu'à Lipmki , afin d'attirer l'ennemi hors de sa position. Le gén^r^I suivit leur mouvement et se porta sur Roszki avec les 3* et 12** régiments d'infanterie, un escadron des 1^ et 6^ de cavalerie et douze pièces d'èrtilr lerie ; il s'y arrêta, reconnut la position de l'ar-
cbkiuc , et se replia ensuite lentement sur Sandomîr. Les Autrichiens se mirent sur ses traces, et, profitant» de la supériorité de leurs forces, principalement en artillerie et cavalerie, essayèrent à plusieurs reprises de déborder ses ailes, pendant qu'ils le chargeaient de front ; mais les troupes de Sokelniçki ne se laissèrent pas entamer et rentrèrent sans pertes dans la place. Un escadron du 5* de cavalerie et un" peloton du T' de la même arme, exécutèrent une charge brillante contre l'infanterie autrichienne, et parvinrent même à enfoncer un bataillon du régiment de Davidowicz, qui était regardé comme le meilleur de l'armée de Tarchidnc. Cette rencontre coûta aux Autrichiens 500 homtaies tués, blessés, ou prisonniers.
Li^ matinée du 6 se passa tranquillement ; mais, dans la soirée, les ouvrages avancés et les faubourgs furent vivement attaquée. L'archiduc dirigeait seîi troupes et les stimulait par sa présence ; elles furent néanmoins repoussées sur tous les poihts avec une perte considérable. Les Polonais leur firent 60 prisonniers ; ils n'eurent de leur côté que 3 morts el^ 8 blessés; mais ils eurent à déplorer la perte du brave chef de bataillon du 3* d'ihfentèrie, Gâyzenbach, qui fut tué.
L'archidue, convaincu de rinutiMté de ses efforts pour enlever Sandomir de vive force, forma le projet de passer la Vistule et dé manœuvrer sur le Satf, afin de forcer Poniatowski de quitter la positiop qu^îl avait prise, et de repasser la rivière, ce qui per-
Hietti^t à rarmée^utrichiemiis 4'ii^ve9tir San49|3W Mir }e8 deux rives du fleuve. Il commepça %on mou* vement le 8 juin. Le géQéral Schauroth «e porta, à 1% iêtéi d'euviron 9,000 hojfx^me», sur Pplanîeç ^ où || franchit 1§ Yistule, pui3 il ç'^v^ça j»ur )a Wislok^i en étendant sa droite jusqu'à Pembijca. Le géiféral Egermann^ qui venait de rallier le détachement 4e Grammont et occupait la ligne du Dunayeç i inarcha avec 4,000 hommes wr cette plape. Le giènéral Geringer , avec 3,000 autres, prit portion /e^tre Bogorya et Szy dlow , sur la riye|;auche de la Yist^e, afin de couvrir le m^uvea^oiit de rarahîduc. La Wisloka, derrière laquelle était établie Tai^éed^ P<miatow&ki^ guéal^ danspr^squ? toute 4c» étendue, n'était pas capable d'arréjter le» Autrichiens ; le jprince ne jygeâ donc j^conv^ia^e de ieu^ en dis-
|>ut^ le passage. Il comptait s^ l'arrivée prochaÛK des Russes, et espérait se maintenir à l'aide de leiur ^ap^ui. Il resl^ avec le gros de ses forces djem^ sa fio^ tion de Trzesnia , où ilvenait d'é;^^ rallié par un bar taillon du 2"" d'in&nterie et par tp>^ ^wppHgai^F du 8% qui avaient été relevés fur J^es n0uvell^ levées galiciennes à Lutblin et jZamosc^ et il jse fscmr tenta de «porter une avaB;t<garde au-devajf^ 4ç l'ennemi. Cette avant-gard^, .aux ordres du|^ér ral^zniecki, était composée des 2^ et 5^ r^iments de <;avalerie, de quatre compagnies .d'io^nterie du 3% et de quatre pièces d'artillerie. Elle s'a^auigfi j>ap Baranow sur Tuszyn, où eUe ]Ma»CK;#tim,4e<9 juin, la cavalerie de SieliaurQAb , cmi }^ -q]
itif fOMiHni» «71
à flBtfléttii éqprîiei H la força éè ie mettre en retfaite% C'est deni une de ces charges que le dief d'escadron Kuraatowski fut .feit prisonaier. Le {teîncêi infordaé fx fiozniecld des progrès des Au« trichien», et appreaaht qu'ils s'avançaient en force ^ er»t devoir abLdeim Jla position et en pmidi^ une autre plus eotiicentrée ea avant du San, i Wrzawj. Gétte Ixmtian était couverte par dses digues, des baies et des fossés, qui pouvaient jêtre £ftdil«ifeent déSendua ^ et l'armée pcdonaise y serait à même de Inreiver ia cavalerie ennemie. Mais, en texéeutsnt ee me«vement rétrograde, Poniatôwdd fol; foreè de leveï* ie pont de Sandomir^ il en fit deseendre les ba^UK à l'embouchure du San^ et m tjrouva mnsi «ans ^ communications avec la fdaee. Si^ eomme nous l'avons dit plus haut, la télé de poat eàt été r^aldie, il se fà^ mis sous la fmt&Bùan de ces retrandhiements, et restant à dbeval snr le fleuve, il eut pu manœuvrer sur les deux rivas, attai^uer suecèssivement les daix fractions de iWmée autanidiîiniDeséfârées parla Yistule, et ten^ tm^ de las battre l'unie apràs l'autre. Dans l'état neÈiâd^ la chose élail impossible ; la position cœtralè n'étant pas fortifiée, d ne put que chercher à se nmi^tenir en nvÀt du San.
Pendutt qne ce» événemcstits «e passaient au midi ^ Zaionczek poursuivait vigoureusement les troupes dfeèiondet, qui se retirMètit sur laPiliça, Hauké le joignit, le V, à Warka, où il l'avait devancé et forma 90tt av9M>|(8arde«i(^9l(»^ de 1 iûê hommes , Zâlon-
879 CAMPieUtB DE 4809
casek firanchit la Pihça et s'aVança sur la Radômka, à travers des forêts immenses qui couvraient l'intervalle des deux rivières et s'étendaient jusqu'à un demi-mille deledlinsko. S'il n'eût pas débouché, qù*il ae fût arrêté à la lisière des bois, il n'avait rien à craindre de Mondet qui passait ,en ce moment même, la Piliça à Bialobrzegi et à Nowieniasto; mais il s'avança imprudemment dans les plaines de ledlinsko et prit position, le 9^ occupant les digues qui se dirigent de cette ville sur'Radom , en menaçant cette ville, qui n'était occupée que par 2,000 Autrichiens. Le 10 il porta son avant-garde jusqu'à lankovsrice , sur la route de Przytyk ; Mondet avait réuni 11,000 hommes, sur ce point et se trouvait à même d'attaquer avec succès les Polonais qui n'eii comptaient que 6 , 3 00 . Domhrowski , .quise trouvait à Lowicz où il était observé par un corps volant, avait reçu de Poniatowski l'ordre de combiner ses mouvements avec Zaionczek ; il s'avaEnça, le 10 , sur Skierniewice , et le 1 1 sur Rawa , chassant devant lui les Autrichiens ; son avant-garde, aux ordres du inajor Uminski , avait occupé Nowemiasto, le même jour, et y avait enlevé 500 blessés. Le pont dé la Piliça était coupé, Uminski né put pousser plus avant. Zaionczek se trouva abandonné à lûi-iïiéine. Mondet put attaquer ce général et l'écraser par la wpériorité de ses forces.
Le 11 juin, dès la pointe du jour, la brigade Hauké fut attaquée par l'avant-garde de Mondet, conduite par Gartëmbourg. Un de ses bataillons,
bN lK)LOGNfi» 279
sous les* ordres dn major Swiderski, fut ehassé du village de laukowice. Hfauké, vivement pressé, se retira en désordre sur ledlinsko. A la nouvelle de det échec, Zaionczek accourut avec sa division, ne laissant qu'un bataillon du 3** dHnfahterie et deux pièces de canon , aux ordres du major Kruko* Nviecki , pour garder les digues. L'infanterie polonaise s'avançait en colonne , Fartillerie en tête ; le régiment de cavalerie de nouvelle levée tenait la gauche de l'ordre de bataille. Hauké , ralliant ses trouves derrière celles qqi arrivaient à son aide^ se plaça en réserve. Gartemburg fat repoussé à son toiir et larikowice occupé de nouveau par les Polonais. Cette position était commandée par des collines derrière lesquelles étaient déployées toutes les forces de Mondèt. Zaionczek avançait toujours ; il se trouva, inopinément, en présence de ces masses qui reprirent l'offensive avec vigueur. La cavalerie polonaise fat ramenée, poussée au loin. En vain le major Rostworowski s'efforça de la rallier, il ne put y réussir. Mondet tourna la gauche que cet échec venait de découvrir ; sa cavalerie prit à dos l'infanterie polonaise déjà attaquée de front. Le général Zaionczek néanmoins ne perdit pas courage ; il parcourut lès rangs, harangua et aninia les soldats de sa parole et de son exemple. Les Autrichiens eurent beau redoubler de valeur et d'audace , ils ne purent l'enfoncer. Son infanterie formée en carré, se retira lentement et en bon ordre sur Jedlinsko. Xe 3^ bataillon du 12* se distingua particu-
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lièreinent dans cette occasion ; il accueillit la cava* lerie ennemie par un feu de file à bout portant » et lui fit essuyer de grandes pertes. Elle conservait encore deux pièces polonaises qu'elle avait prises. Les chasseurs de Lomza soutenus par quelques pe* lotons du 3* bataillon du 8% se jetèrent sur elle et la forcèrent de lâcher prise. Zaionczek rentra, à la nuit tombante , dans sa position de ledUnsko.
Le major Krukowiecki, attaqué sur les digues de ledlinsko, n'avait pas feit moins bonne contenance. Le général Mohr à la tête de fortes colonnes autrichiennes ^ avait fait de vains efforts pour forcer le passage de la Radomka. Accueilli par la mitraille , chaque ' fois qu'il s'était présenté, il n'avait pu enlever le pont et avait été contraint de s'éloigner en désordre. La journée , néanmoins, avait été cruelle ; 600 Polonais couvraient le champ de bataille , et 400 étaient prisonniers ; la perte des Autrichiens fut beaucoup moindre, elle ne dépassa pas 500 hommes. Le général Zaionczek se replia dans la nuit sur Kozienice qu'il atteignit le 12. Le 13, il marcha sur Gniewoszow, et le 14, il prit position à Gora, vis-à-vis Pulawy; sans pont , adossé à la Yistule , il courait risque d'être enlevé; mais, Pulawy était occupé par les Russes, il crut pouvoir compter sur leur appui. Il n'en fit pas moins une faute grave ; au lieu de longer la Vistule, il aurait dû se repher vers la Piliça ; il aurait trouvé sûreté dans les forêts de ledlonka , et aurait en même temps couvert Varsovie.
Si les Autridiiiens Favaient saivi wr Pukwy » ik auraient pu laçculer à la Yi8tule et détruire d'autant (dus sûrement «a division^ que de ledKnsko ils n'avaient que deux marches à £aire, par Radom et Zwolen, pour Fattaquer au passage du fleuve.
Heureusement Mondet, qui avait réuni ses forces à Radom , reçat Fordre de se porter de suite sur Sandomir, pour Finvestir du côté du nord.
Pendant que Zaionczek se retirait sur Pulawy, Dombrowski marcha sur Lubochnia, qu'il occupa le 12; il séjourna deux jours dans cette ville» chassa lés Autrichiens d'Uïazd et de Wolborz. Il s'avança ensuite sur Piotrkow, où il entra le 16. Son avant-^arde, composée d'un escadron du 1*' régiment de nouvelles levées et d'une compagnie de chasseurs, se présenta le même jour devant Suleiow. Ce poste était occupé par de la cavalerie : Fescadron du 1^' régiment la chargea à travers la ville , il la poussa en désordre sur un couvent qui se trouvait à une portée de canon , et reçut le feu des chasseurs valaques qui lui mirent 20 hommes hors de combat. Mais les chasseurs polonais accoururent à son aide : il reprit la charge; infanterie, cavalerie se jetèrent sur les Autrichiens et les menèrent battant jusqu'à Konskié.
L'échec éprouvé par Zaioiiczek donna lieu à une critique sévère : on l'attribua à une rivalité facheuse, à une rivalité qui allait au point de ne pas reculer devant un désastre. Mais un tel sentiment est trop
peu digne du chef d^ légions d'Italie, pour valoii' qu'on Tadmette; le calcul des distances pendant que Zaionczek était aux prises en démontre Tinjustice* Dombrowski eût dû peut-être marcher sur Radom dans la journée du 13 ; mais d'abord il n'eût pas prévenu un revers qui avait déjà eu lieu , ensuite il devait craindre de s'aventurer dans un pays de plaines, où il pouvait être accablé. Il devait d'ailleurs penser que Zaionczek trouverait un refuge assuré dans les bois qui s'étendent vers la Piliça.
Le prince Pdniatowski que nous avons laissé en position à Wrzawy, comptait sur l'arrivée prochaine des Russes, et ne cessait de presser Galytzine de le soutenir.
Malgré la répugnance que les Russes ressentaient pour l'alliance française , Alexandre persistait dans ses engagements envers Napoléon. Il n'avait aucune sympathie pour la cause de l'empereur François, et voyait sans peine réduire la puissance autrichienne ; mais il craignait l'agrandissement du dudié de Varsovie, qtii pouvait s'accroître des conquêtes de Poniatowski : il craignait que ce ne fût un acheminement au rétabhssément d'une Pologne indépendante. La levée de boucliers des Galiciens, qui trouvaient tant de sympathie dans les provinces du midi de la Pologne , lui était odieuse. Il résolut de foire marcher ses troupes pour coopérer en apparence avec Poniatowski, mais en réalité pour comprimer l'élan des Galiciens , et entraver leur armement.
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Pour atteindre plus sûrement ce but , il proposa mémede doubler la force de Tarmée de Galytzine ; mais Napoléon pénétra ses secrètes intentions , et refiisa une offre qui pouvait devenir lâcheuse.
Galytzine se disposaà entrer en Galicie. Iladressa, le l" juin, aux habitants du pays, une procla* mation où Ton remarquait cette phrase : « La « guerre de FAutriche avec la France ne peut être i« indifférente à la Russie , intimement liée pa^ M des traités avec l'empereur des Français* La « Russie s'est efforcée d'empêcher cette guerre; « mais, puisque ses représentatioîis et ses conseils a n'ont produit aucun effet, elle rompt toute re- « lation avec l'Autriche. » L'armée russe occupait les positions suivantes : La division de SouvarofF, cantonnait à Wlodawa, et s'étendait vers Dubno; ladivision Lambert (ci-devantGortschakoff) occupait Wlodawa et Brzesc ; la division Lewis, ei^ntonnait de Bialystok à Brzesc ; et enfin , celle de Doctorofif occupait Bialystok et Grodno. Cette armée pouvait être évaluée à un effectif de 35,000
hommes.
Le 2 juin , les troupes russes se mirent en mouvement, et franchirent la frontière sur quatre' points. Souvaroff entra exi Galicie, par Uscilug , et se porta par Krasnystaw, sur Ulanow; le 1 1 juin, un de ses détachenients occupait Zaklikow* La division Lambert, après avoir franchi le Bug à Terespol , marcha sur Koçk qu'elle occupa le 1 , et se porta ensuite sur Lublin. Ladivision Lewis passa le
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Bug à Drc^iczyn^ traversa Siedlce^ Garwolin et s'avança sur Bobrowniki^ où elle franchit le Wieprz, sur un pont que les Polonais lui avaient préparé ; elle poussa sur Pulawy. Enfin , la division Doctorow se féunit à Bialystok^ traversa le Bug à Brzesc et se porta sur Lublin. Galytzine suivait cette division.
En rendant compte à l'Empereur de la marche de Farmée russe , le prince s'exprime ainsi * : M La lettre ci-jointe, que je me suis trouvé dans, le cas d'écrire au prince Galytzine, fera connaître à Y. M. I. les dispositicms personnelles de ce gé^ néral, ainsi que les délais que, sous tous les rapports, on cherche à mettre à une coopération active, tantôt en raccourcissant les marches^ en doublant lès séjours, tantôt en donnant aux colonnes une direction entièrement opposée à celle qu'il était naturel de leur £aire prendre. Les représentations contenues dans cette lettre oat paru &ipe quelque impression sur l'esprit du prince, et il vient de m^infonner, à la suite de fe connaissance que je lui ai donnée de notre po^ siticm, qu'une de ses divisions se porte sur Pufewy et qu'une autre se joindra incessamment à mon corps. »
Rassuré par les promesses de Galytzine, le fwinoe se flattant encore de la coopération inimédiate d'une partie de l'armée russe s'apprêta à com^ battre l'archiduc. Celui-ci s'était avancé le long
* V. Pièces justificatives, XI.
de la Yistule, par Baranow, avec la division Schauroth, qui comptait 6,000 hommes d'infanterie et 2,500 chevaux , tandis qu'il dirigeait Egermann directement sur Léopol. Le 11 , Roznieçki avait rejoint, à Wrzawy, Farmée polonaise qui était ainsi ^disposée : Le 1'' régiment d'infanterie, appuyé de deux pièces d'artillerie à cheval, était placé dans l'encoignure du San et de la Yistule, le long des digues construites contre les inondations du fleuve ; cette position était couverte par Fancien lit du San, qui était tout à fait à sec, mais qui formait une espèce de fossé difficile à franchir pour la cavalerie. Un détachement de ce régiment occupait le village de Wrzawy, auquel s'appuyait sa gauche ; enfin quatre compagnies du 1*' régiment étaient placées dans un bois qui couvre un gué du San, situé à un demi-mille au-dessus. Le 2* régiment d'infanterie était rangé en colonnes par bataillons, derrière la gauche du 1", avec quatre pièces d'artillerie en tête. Les 2' et 5" régiments de cavalerie, avec deux pièces, qui faisaient partie de Favant-garde de Roznieçki , étaient en réserve en avant du pont. Le 8« régiment d'infanterie, quatre compagnies du 6*, deux escadrons du 3* de cavalerie et le F" régiment de cette arme, occupaient, avec six pièces de canon, la position de Pniow, village situé sur la rive droite du San et assis sur une éminence qui domine les environs. Les forces totales du prince se montaient à six bataillons et quatre compagnies d'infanterie, onze
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escadrcms de cavalerie et quatorze, pièces^, ou à environ 7,300 hommes , qui , partagés en deux corps et séparés par le San, communiquaient par un j^nt de bateaux qui avait été jeté à Czekay. Cette disposition parait étrange, mais la division Souvaroff occupait , dès le 1 1 au soir, sur la rive gauche de la position des Polonais Radomysl et Dombrowa; Poniatowski espérait être incessamment à même de prendre Toffensive. Sans cela il eût sans doute attendu les Autrichiens derrière le San, et n'eût pa» exposé les deux tiers de ses forces à être acculées à la rivière , dans le cas où sa position eût été forcée^ Tout semblait annoncer que les Russes Tappuie-^ raient enfin. Un détachement de 150Kosaks s'était montré le 1 1 dans le camp polonais et s'était porté sur la route de Baranow. Des communications Êré« quentes eurent lieu entre Poniatowski et Souvaroff.
Le 12, dans l'après-midi^ l'avant-garde de l'archiduc occupa la position de Gorzyce , village situé sur une éminence et qui n'est éloi^ié que d'une portée de canon de celui de Wrzawy- Les tirailleura autrichiens se portèrent en avant et le combat s'engagea ; six pièces d'artillerie furent mises en batterie sur les plateaux de ce village et ouvrirent le feu, les deux pièces qui soutaoïaient le 1" régiment d'infanterie polonaise ripostèrent. A deux
* LeÉ autres régiments du cerps d*ai mée de Poniatowski forroaîent la garnison de SaAdomir, et un escadron du 3* de ca» yalerie était détaché en Podolie avec StrzyzewskL
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heures, le corps d'armée de Farchiduc vint prendre position à la hauteur de Gorzyce, et se déploya à droite et à gauche de ce village ; des colonnes d'infanterie autrichienne s'avancèrent, précédées de nombreux tirailleurs, pour attaquer les digues et le village de Wrzawy, occupé par le 1*' régiment d'iufenterie polonaise. Le régiment tint ferme et força les assaillants à la retraite. Ceux-ci ne se découragèrent pas,. ils revinrent à la charge; malgré le feu de mitraille des deux pièces ; une com-^ pagnie de grenadiers hongrois réussit même à firainchir la digue à gauche du village. Le colonel Malachowski , qui commandait le !•' régiment, fit avancer la réserve de grenadiers : celleci joignit Tennemi à la baïonnette et le força de repasser la digiie ; mais , emportée par Tardeur qui animait alors les troupes polonaises, elle poussa trop loin et fat chargée par un escadron de chevau-I^ers qui était embusqué derrière lès maisons du village de Gorzyce. 20 hommes farent sabrés; avec leur capitaine, Siemionkowski, et 50 feits pâsonniers ; le reste parvint à regagner Wrzawy. Il était quatre heures de l'après-midi. Les Autrichiens déployèrent quelques escadrons, appuyés d'une batterie, sur la gauche de ce village, et menacèrent de déborder la hgne. Le prince , était venu dès le ccrnimencemeiit du combat se placer en tête du 2* régiment *; un bataillon de ce corps se
* Pendant le combat Ponialowskî envoya roncier d'ordott-
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porta par ses ordres à leur rencontre , et , soutenu par le feu de quatre pièces d'artillerie , les empêcha d'exçcuter leur mouvement. Si Poniatowski avait eu quelque cavalerie disponible , il aurait pu alors les faire charger avec succès ; mais la brigade qui se trouvait en avant du pont , venait d'être dirigée sur le gué qui couvrait les quatre compagnies du 1" régiment d'infanterie, vers lequel il était à craindre que la cavalerie autrichienne ne se dirigeât, et, après avoir franchi le San, ne vînt prendre les troupes polonaises à dos.
Sur les six heures du soir l'archiduc , voyant l'inutilité de ses efforts pour forcer la position de Poniatowski, fit doubler le nombre de pièces qui se trouvaient en batterie à Gorzyce. La cannonade devint plus vive, l'engagement dura jusqu'à neuf heures et demie. Les Autrichiens eurent dans cette journée quelques centaines d'hommes hors de combat et perdirent 100 prisonnier»; la perte des Polonais fut de 30 hommes tués, 50 blessés et 50 prisonniers. Les deux partis se maintinrent le lendemain dans leurs positions respectives. Poniatowski envoya, la nuit suivante, le général Pelletier auprès de Souvaroff, pour le presser de passer le San. La brigade Siwers reçut l'ordre ostensible de le franchir. Un pont fut jeté sur la rivière, près de Radomysl; mais quand il fadlut marcher, Siewers sut trouver des prétextes pour ajourner encore une opération .
nance Siodotkovicz à Souvaroffpour le prier de venir à son secours : celui-ci promit, et ne bougea pas.
qui lui déplaisait. On était au lundi; il allégua d'abord que c'était un jour malheureux, un jour où les Russes s'abstiennent de combattre. Le lendemain, il se trouva avoir perdu sa croix de St-Georges, et tint cette perte à mauvais présage. Poniatowski, qui, jusque-là, avait flotté entre la crainte et l'espérance que lui donnaient ces dangereux alliés, et dont les dispositions, dominées par ces deux sentiments contraires, avaient été tour à tour audacieuses et timides, comprit enfin tout ce qu'il avait à craindre, et se mit en retraite. Dans la nuit du 13 au 14, il fit repasser le San à ses troupes et leva le pont. L'archiduc jeta le long de la rivière un bataillon de chasseurs, qui tiraillèrent, pendant la journée du 14, avec l'infenterie polonaise. Une brigade de cavalerie autrichienne se porta sur Ulanow, et somma un détachement russe qui occupait cette ville, de la laisser pas^r. Le détachement n'osa le permettre , et répondit par un refus.
Pendant que ces événements se passaient sur le San , Egermann gagna Rzeszow, puislaraslow, chassant devant lui les détachement de nouvelles levées galiciennes qui se trouvaient sur son passage. Le 18, il arriva devant Léopol, qu'il occupa le 1 9,et nomma Wurmser gouverneur de cette ville ; chemin faisant , il avait partout abattu les aigles françaises, rétabli les autorités autrichiennes et arrêté les patriotes polonais qui avaient été adjoints, par Rozniecki, aux administrateurs autrichiens ; il les me-
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naça de la vengeance de l'empereur d'Autriche et en emmena plusieurs enchaînés. L'armée russe ne fit aucun mouvement pour empêcher les progrès de l'ennemi. Elle voyait av6c plaisir les cercles de Galicie rentrer sous la domination autrichienne.
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