‹ Relation des opérations de l'armée aux ordres du prince Joseph Poniatowski pendant la campagne de 1809 en Pologne contre les Autrichiens;Chapitre 20 sur 37 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

Ferdinand réanit près de Sandoliiir la brigade Geringer et la division Mondet ; préparatifl» pour l*assaut. — Forces de la garnison dé Sandomir , ses moyens de défense. — Ferdinand fait sommer la garnison de se rendre. ^ Il fait attaquer la place dans la nuit du 15 au 16. — L'assaut est repoussé avec perte.

— Capitulation de Sandomir. — La garnison polonaise évacue la place et se porte à-Mniszov^ sur ta Pillça. *- Poniatowski se rend le 15 à Lublin.— Conférence avec Galylzine. — Plan d'opérations concerté entre les deux chefs. — Les Russes doivent agir sur la rive droite, les Polonais sur la rive gauche. — Inaction de Fisher. — Retraite de Zaionczek , par Pulawy , sur le San, où il rejoint le prince. — Poniatowski apprend Tissue de Tassant et la capitulation de Sandomir. — Lettre de ce dernier h Sokolniçki. —Rapport de Poniatowsld au mafor général» du 21 mai. — Poniatowski réorganise son corps d*armée. — Il est divisé en une division de cavalerie et une d'infanterie.— Galylzine vient relever Poniatowski sur le San. — Poniatowski veut faire marcher le l«'régiment de cavalerie sur Léopol afin d'appuyer les nouvelles formations.— Les Russes s'y opposent.— Lenteurs de Galytzine. — 11 passe enûn le San. — Egermann évacue Léopol et se retire sur Stanislawow. — Les Busses occupent Czeszow, Léopol et Sendziszow. — Us rétablissent partout les autorités autrichiennes. — Persécutions des patriotes polonais*— Galytzine ne vent pas reconnaître le noui de Pologne. — L'archiduc Ferdinand réunit ses forces autour de Sandomir et commence, le 22 juin, son mouvement sur la haute Piliça. — Il est achevé le 30. — Voniatowskt se met en mouvement le 22, et arrive le 24 à Pulawy.

— Il jette un pont sur la Vistule et porte sa cavalerie en avant. —Rapport de Poniatowski au major général, du 27 juin. — Evénements qui se passent en mai et- juin en /VUemagne, en Hongrie

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et en Italie. — Les communications de la grande armée sont menacées. — Séjour de Ponialowski à Pulawy. <- Temple de la Sybille.— Ordre du jour de Poniatowski à l'armée. — Nouveaux , régiments franco 'galiciens.— Poniatowski se met en mouvement sur Radom et se réunit à Sokolniçkiet Dombrowski — Son armée est forte de 23,000 hommes. — 11 établit son quartier général à Radom , et y institue un nouveau gouvernement. — Patriotisme des habitants. — Us forment des partisans. — Ordre du jour de Poniatowski.

Ferdinand avait rejeté Iç corps d'armée de Poniatowski derrière le San ; il se hâta de profiter de cet avantage pour investir Sandomir et tenter une attaque de vive force. Mondet , accourant à marches forcées , s'était présenté, le 15, devant la place et avait rallié Geringer. Sandomir était serré au nord et au midi. L'archiduc se rendit

sur la rive gauche et fit tout disposer pour Tassaut. L'élite de ses troupes était chargée de ce coup de main.

Sokolniçki , de son cété , s'était préparé à une vigoureuse défense. Les brèches qui se trouvaient dans le mur d'enceinte, lors de la prise de Sandomir, avaient été réparées; les ouvrages avancés, construits par les Autrichiens, perfectionnés, munis de palissades , et un nouveau retranchement avait été élevé. La place était armée de trente-neuf pièces , dont vingt et une de siège, et la garnison formée des 3", 6* et 12'' régiments d'infanterie, du 6"* de cavalerie et de trois compagnies d artillerie. On peut évaluer sa force à 5,000 hommes présents somis les armes.

EU FOLOGNB. S8T

Le 15, à dix heures du soir, le général Gerioger se présenta au nom de rarcfaiduc, demandant que la place ouvrit immédiatement ses portes et que la garnison mît bas les armes. Sokolniçki ne put contenir son indignation; il se tourna vers. les chefe de corps qui se trouvaient à son quartier général, et leur demanda ce qu'ils pensaient de semblables conditions. Elles sont inouïes, répondit le colonel Sierawski, commandant le 6' d'infanterie ; quand même la* garnison consentirait à les subir, mon régiment les repousserait et saurait se faire jour à la baïonnette. Il sortit aussitôt, et alla rejoindre les siens pour les préparer au combat. Les autres cbefe de corps manifestèrent les mêmes intentions. Sokolniçki répondit à Geringer de manière à lui ôter tout espoir d'arrangement, et le fit reconduire aux avant-postes.

À peine le refus de Sokolniçki fut-il connu de Farchiduc, que ce prince fit ouvrir le feu. Il était dix heures trois quarts ; six obusiers et six pièces de douze , en batterie sur remplacement même de la tête de pont de la rive droite , se démasquèrent; trois autres batteries étaient disposée» sur les hauteurs de la rive gauche ; elles tirèrent aussitôt et couvrirent Sandomir de projectiles. Les tirailleurs , de leur côté , se logèrent dans les maisons des faubourgs et commencèrent une vive fusillade contre les remparts. Ce feu dura jusqu'à minuit ; l'obscurité était profonde. L'artillerie de la place , faute de pouvoir pointer , ne

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Tépcmdit que C^iblement. 10 à 11,000 honinies tiré» des meiUeuins régiments de Tannée de Tarchidac ^ étaient répartis en neuf colonnes d'attaque ; à leur tête étaient des officiers dû génie qui contiBi^saient parfaitement les localités et servaient de guides. Ces colonnes étaient munies de fasoi* nés, de gabions et d'échelles^ en un mot, de tout ce qui est nécessaire pour Tescalade.

Peu à peu le feu de la place était devenu plus vif La première colonne, qui se dirigeait contre la batterie n** 12, fiit repoussée. Cette batterie, vaillamment défendue par le brave capitaine du 3** régiment, Zawadzki, était importante ; car elle commandait toute la rive droite de la Vistule, audessus de Sandomir. Le colonel Bontems, directeur du matériel de l'artillerie polonaise, contribua puissamment à la sauver. La deuxième colonne tourna le village de Strachayce, qui était défendu par trois compagnies du 6* régiment d'infanterie, aux ordres du lieutenant-colonel Blumer. Celui-ci, jMÎs à dos , et au moment d'être coupé , se replia en bon ordre sur les batteries n° 2 et 3, commandées par le capitaine Rybinski , et qui bientôt assaillies elles-mêmes , restèrent cependant aii pouvoir des Polonais. Le colonel Sierawski défendit avec opiniâtreté le retranchement nouvellement' construit. Les troisième et quatrième colonnes attaquèrent l'église Saint-Paul, et notamment la batterie n" 4; mais tous leurs efforts échouèrent contre la ténacité du chef de bataillon Bialkowski,

qui, à la tête de 130 hommes du 12* d'infanterie, défendit ce poste avec une vigueur, dont l'ennemi ne put triompher. Cerné de toutes parts, il fut dégagé par le colonel Weissenhoff, qui, à la tête de deux compagnies de grenadiers, chargea les Autrichiens et les dissipa.

La cinquième colonne^ qui s'avançait du côté de Loiowice, fut repoussée par le capitaine Plonczynski du 12* régiment , qui , soutenu par Fartillerie , lui fît essuyer des pertes considérables. Les canQnniers furent presque tous mis hors .de combat; les officiers du 12" régjiment prirent leur place, et manœuvrèrent les pièces : ces officiers furent blessés pour la plupart ; le colonel Weisseinhoff eut le visage brûlé par la poudre.

Les cinquième, sixième et septième colonnes s'avancèrent sur les batteries n** 6 et 7, et les attaquèrent à trois reprises. Les canonniers furent presque tous tués. La garnison de la batterie n** 6, commandée par le capitaine Pogorzelski du 1^* régiment d'infanterie, évacua alors cette batterie, après avoir renversé les pièces. Le lieutenant-co« lonel du 12% Morawski, forcé d'abandonner lï batterie n** 7 qu'il commandait, voulut la reprendre ; mais, tourné par une dès colonnes ennemies qui s'avançait du côté du village de Chwalki, il fut assailli par une force décuple, et fait prisonnier avec son détachement.

Les Autrichiens dirigèrent alors leurs principaux e^rts contre la batterie n** 1 1 , où se trouvait So-

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kolniçki en personne. Ils s'établirent dans une auberge, et s'y maintinrent, malgré le feu rédoublé dé l'artillerie qui cherchait a les en déloger. Le général Sokolniçki néanmoins ne se rebuta pas; il ordonna une sortie; le capitaine Czeykoski, du 3"* d'infanterie , fondit sur les assaillants avec sa compagnie , leur mit bon nombre d'hommes hors de combat et fit 80 prisonniers. Le capitaine lerzmanowski, aide de camp du général Bieganski, sortit en même temps de la place, à la tête d'un détachement d'infanterie ; il repoussa l'ennemi et ramena aussi des prisonniers. Les tirailleurs autrichiens tenaient cependant encore dans Féglise d'un couvent où ils s'étaient établis ; le capitaine Jordan, aide de camp de Sokolniçki, entreprit de les en chasser. îl les attaqua, à la tête d'une compagnie de grenadiers du 3® et de 100 voltigeurs de ce régiment ; il les força et leur fit 200 prisonniers. Ce fut sur ce point que le combat fut le plus acharné ; le terrain qui se trouvait devant les batteries n*** 10 et il fut jonché de morts.

Les deux dernières colonnes autrichiennes, la huitième et la neuvième, dont l'une s'avançait de 2Iawichost et l'autre remontait la Viètule, se portèrent sur la batterie n** 9, et furent au moment de la surprendre. Leurs chefs parlant polonais , firent passer leurs troupes pour des voltigeurs des 3* et 6* d'infanterie polonaise. A la feveur de ce stratagème, ils arrivèrent à une portée de fUail

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de !a batterie , et Fabordèrent si brusquement , qu'ils n'essuyèrent que deux décharges à mitraille. Us voulurent alors gravir le parapet, mais furent rejpoussés à coups de baïonnette par la garnisoii formée de détachements des 3* et 6* d'infanterie. Cependant deux escadrons du 6* de cavalerie, qui étaient en position au delà de l'enceinte, se trouvaient coupés ; le colonel Dziéwanowski lés sauva. Cet intrépide officier sut se faire jour-, il paSJsa «ur le tîorjps* des Autrichien* et rentra dans la place. Un des escadrons, commandé par le lieutenantcolonel Brzechwa, mit pied à terre; renouvelant ce qu'il avait ' fait à l'assaut de Zamosc, iï se mêla à l'infanterie, et concourut à repoilsser les assaillants à coups de lance.

Ainsi, neuf bataillons autrichiens, faisant partie des régiments de Dawidowich, Wèissenffelds > Strauch et Schekler , combattant soiis lès yeut de l'archiduc *; échouèrent contre la valeur polonaise. Au jour, le combat avait cessé et les assaillants s'étaient retirés , laissant sur le terrain 689 morts, dont 6 officiers supérieurs, ^0 officiers subalternes, et 986 blessés; 315 prisonniers, dont 6 officiers , étaient aussi tombés daiis les mains des assiégés. La perte de ceux-cîi en tués, blessés et prisonniers fut d'environ 1,000 homm^.

La journée du 16 se passa à enterrer les morts et à relever les blessés. Le 17 fut employé aux ap-

^ * Les soldats autrichiens avaient reçu avant TaisailHti'^beiH dantes distributions d'eau-de-vie.

SOS CAMPAQlfB DE 1809

prét8 d'un nouvel assaut. Sokolniçki ne comptait plus que 4,000 hommes sous les armes; presque dépourvu de munitions, séparé du corps d'armée de Poniatowski par la Yistule, bloqué sur les deux rives, il ne pouvait s'attendre à être secouru. Dans cette position critique, il devait pourvoir au salut de son intrépide garnison. Il négocia et conclut une capitulation qui fut ratifiée le 1 8 , . à neuf heures du matin*

La garnison avait douze heures pour évacuer* la place. EHe devait se retirer avec armes et bagages et emmener Fartillerie, à l'exception des quinze pièces qui se trouvaient sur les remparts , lors de la prise de Sandomir. Les bateaux du pont, les magasins, le matériel, devaient être remis aux Autrichiens, et les troupes polonaises se rendre par Zawichost , Solec et Kozienice , à Mniszew ,

au delà de I9 Pihça, sous l'escorte d'un escadron

de hussards. Les prisonniers de guerre, faits de part et d'autre pendant l'assaut, devaient être échan|^ par masses. Les soldats que les Âutridiiens reputaient avoir été forcés de prendre du jaervice étaient assi^iilés aux prisonniers. Les convalescents polonais transportables devaient être menés à la suite de la garnison sur des chariots fournis par les assiégeants ; ceux qui ne l'étaient pas , devaient être traités dans les hôpitaux de Sandomir et être libres après leur guérison de rejoindre leurs corps. Enfin, l'armistice devait se prolonger quarante-huit heures après le passage de la Piliça, Un article addi-

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tionnel stipulait' que, yu l'obséurité de la nuit, la dernière colonne polonaise pouvait retarder son départ jusqu'au 19 au matin. Quant aux prisonniers de guerre que les Autrichiens supposaient avoir été enrôlés de forcé dans les rangs polonais, ils acceptaient k parole d'honneur du général Sokolniçki et s'interdisaient toute recherche à cet égard*. Ils prirent immédiatement possession de la porte de Krakovie et du château , et occupèrent là ville le 19, dms la matinée.

Les lenteurs- de l'armée russe, le refus de coopération de Lewis, la mauvaise volonté de Souvaroff et de Sievers , annonçaient assez ce que l'armée polonaise devait attendre de ces allié». Poniatowski, néanmoins, voulut faire une nou-^ vdle tentative. Le 15, dans la matinée, il se rendit à LubUn, afin de s'entendre avec Galytzine, de pénétrer ses véritables intentions et de l'engager à faire quelques efforts pour sauver Sandomir. H représenta à ce général le danger dans lequel se trouvait la place, et l'engagea à porter ses forces sur la rive gauche de la Vistule, afin d'agir contre Mondet. Galytzine allégua desr ordres qu'il avait reçus d'Alexandre, et refusa formellement de passer le fleuve. Poniatowski insista vainement; tout ce qu'il put obtenir fut que les Russes agiraient sur la rbire droite et les Polonais sur la rive gauche. Le prince regagna son quartier général ; il entendit chemin faisant la canonnade de Sandomir, et pressa

• K. Pièces justiQcalives,xn.

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sa piarche. Au jour il arriya à Pniow, au moment ou Faction unissait.

Le général Fisher, qui commandait en Fabfence du prince, aurait dû, dès le commencement de l'attaque, tenter quelque mouvement, sinon pour franchir la Yistule, du moins pouy opérer une diversion ; il aurait dû passer le San au gué qui se trouve au-dessus du Wrzawy, et menacer les Autrichiens sur la ?*ive droite de la Vistule; mais ce général , peu entreprenant , resta daps une inaction totale ; le prince, indécis sur le sort de la place, avec laquelle il n'ayait aucune conmiunicalion, crut sans doute qu'il était trop tard et n'essaya pas de la secourir.

Nous avons laissé le génçral Zaionczek acculé à la Vistule et craignant d'être attaqué d'un moment à l'autre du. côté de Zwolen, par le corps de Mondet. Le général Lewis étant peu éloigné, il gagna ses quartiers, et eut avec lui une entrevue dont il rendit compte au prinqe le 17. « De Gora , dit- « il , je . me rendis de ma personne à Pulawy <( pour m' aboucher avec le général russe Lewis, i< qui s'y trouvait avec sa division; je l'^ga- « geai à me porter secours, eji détachant 2 à « 3,000 hommes de cavalerie sur la rive gauche « de la Viçtule ; je motivai ma demande sur le « danger que courait ma division, n'ayant pas « de pont sur le fleuve pour se retirer en cas d'é- « chec. Je lui dis que les Autrichiens étaient en fc force à Zwolen. Mais le général russe me refusa

? sa coopération, en alléguât qu'un si faible dé- « tachem^ n.e saurait être suffisant si les Autri- « chiais étaient en force ; et que s'il? étaient peu « nombreux, mes troupes suffiraient pour les i* combattre. Je déclarai alors au général Lewis, « que je passerais moi-même sur la rive droite de «c la.,Vistule, pour joindre votre corps d'armée, ce « que j'exécutai sans délai dans la journée du 15, « sur des embarcations pj^parées par la princesse « C^aitoryska * qui mit un grand zèle pour ac- « tiver le passage. Tous ses domestiques furent u Q^nployés à ramer. »

Le général Zaionczek, après ayoir feit reposer ses troupes à Pulawy , se remit au marche le 47, et rejoignit le 19, la prince sur le San.

Cependant, Poniatowski était comme ^icbatiné dans sa position d& Pniow. Les iH^isses n'agissaient pas; il avait devant lui la division Sdiauroth et se trouvait séparé de Sandomir par la Vi^tule. H était dans une grande perplexité sur le sort, de la place, n'ayant aucun rapport officiel sur sa situation. Enfin le 19 il apprit les détails de Fassaut et les conditions de la capitulation qu'avait conclue Sokolniçki.

Quelque pénible que fût la perte de Sandomir, il dut se trouver heureux qu'elle n'eût pas entraîné celle delà garnison. Néanmoin8,il crut devoir témoi-

* Epouse du priiK^C^rtoryakiiStarostefi^ géqéral éfis terres ^e Podolie, propriétaire de Pulawy.

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gner au général le mécontentement que cette transaction lui causait. Le 20, il lui adressa la lettre suivante : « J'ai reçu votre rapport, avec la capitulation' « que vous avez conclue, huit heures après qu'elle « m'a été communiquée par le colonel Neipperg *. « Autant j'ai de plaisir à louer la brave défense « que vous et votre garnison avez faite , autant « je trouve votre résolution précipitée. Les raisons « que vous avez mises en avant , dans votre f ap- « port, sont des motifs plausibles; mais lies avis « que je vous avais donnés, la bravoure même de « la garnison, tout devait vous engager à tenir « plus longtemps. Continuez votre marche, comme u vous êtes convenu ; plus tard, je vous enverrai « des ordres plus circoiistaliciés. »

Poniatovvski avait montré au défenseur de Sandomir, une sévérité que commandait sa qualité de général en chef; mais plus juste da!BS son rapport au major général, il rendit justice à la conduite honorable de la garnison, et justifia la capitulation de Sokolniçki. « La troupe, dit-il, n avait plus ni cartouches d'infanterie, ni charges pour les pièces de 3 et de 6, et se trouvait exposée à un nouvel assaut. » Poniatowski se plaint à juste titre de l'inaction de l'armée russe, dont deux divisions , à portée de secourir Sai]idomir, n'ont voulu faire aucun mouvement, malgré ses pressantes sollicitations. Il ajoute que dans ces circonstances, il croit n'avoir rien de mieux à faire

* Chef (Tétat-maîor de rarmée de rarchiduCf

BN POLoems. 897

que d'agir sur la rive gauche de la Vistule, se mettant par là à même de couvrir le duché contre le» entreprises de Ferdinand, ou de suivre Farchidjic s'il se repliait sur Krakovie. Le prince termine sa lettre par l'observation suivante : « Si « je suis seul à soutenir les efforts de l'ennemi, « je ne serai du moins pas trompé dans mes res- « sources, je saurai toujours sur quoi compter, et « pourrai poursuivre le cours de mes opérations, « sans être arrêté par les I^iteurs et la mauvaise H volonté des Russes *. »

L'aïrivée de .Zaionczek avait porté le coqps d'armée à 12,000 hommes; Poniatowski s'occupa de lui donner une nouvelle organisation. Les troisièmes bataillon» rejoignirent leurs riment» respectifs. L'infanterie forma une division soiie les ordres du général Zaionczek, et la cavalerie en composa une seconde sous le commandement du général Rozniecki. Le 21 mai, l'armée de Galytzine vint enfin relever Poniatowski sur le Sa», et s'étendit vers Léopol. Le prince voulait faire mar^ lier le 1*' régiment.de cavalerie sur cette ville, afin d'appuyer les nouvelles formations de troupes |[alicien|ies en Podolie ; les Russes s'y opposèrent formellement, et une seule compagnie de ce régiment put rejoindre le chef d'escadron Strzyzewfki, qui opérait de ce côté. '

, Après avoir employé plusieurs jours à marcher sur le San et à s'y établir, Gaiytzine s'était 4é-

* K Pièces justiOcatives , XlU.

S9^ GAMPACtlVB DB 1S09

ddé à porter ses troupes en avant« Le g[éiiéral Muller occupa, le 22 juin, Léopol qulligérmann évacua pour se retirer sur Stanislawow, derrière le Dniester. Une division russe prit possession de Rzeszow le 23. Le niême jour, Galytzihe établit son quartier général dans cette vîDe et y séjourna jusqu'au 30 ; son avant-garde était à Sendzîszow, et le gros de ses troupes se trouvait échelonné sur la grande route de Krakovie à Léopol. Partout* les autorités autrichiennes reprirent la direction des affaires ; partout les aigles françaises furent remplacées par les armes d'Autriche. Russes et Autrichiens s'entendaient à merveiUé : les patriotes polonais qui avaient si noblement embrassé la cause nationale , continuèrent d'être en butte aux persécutions. PoniàtoWski n'obtint qu'à gfand'peine le maintien des autorités qui avaient pris l'administration dans les cercles de la nouvelle Galicie , sur la rive droite de la Vistuie, et à'Zamosc qui faisait partie de l'ancienne. Lorsque dans ses communications avec Galytzine, le prince prenait le titre de commandant en chef de l'armée polonaise, le général russe ne manquait pas de protester contre cette dénomination, disant que la Pologne n'était plus, qu'il n'y avait pas de troupes polonaises, mais des troupes du duché de Varsovie. ' ''

Cependant Ferdinand avait occupé Sandômîr dans la matinée du 19, et s'^étaît empressé de rétablir le pont de la Vistuie. Il fit ensuite évacuer ses blessés et le 'matériel de la place sur Kxakovtè,

Bif POLoems. 299

et 8*occiipa sans délai de détruire les fortificatioi^ç qui venaient de coûter tant de sang à soij armée. Cette opération étant achevée, il se mit en marche, le 22 juin, et se porta par Kielce, Malagoszcz, sur Przedborz. Son avE^nt-garde, aux ordres de Moh^*, occupa Piotrkow, le 30. Il voulait ainsi se rapprocher de rAUem^gne et de l'armée de l'archiduc Charles, qui se trouvait dans le Marchfeld, Il ne laissa sur la rive droite de la Vistule q\ie de fa^- |>lç8 détachen^ents qui avaient ordre de se replier devant Galytzine et de n'opposer aucune Résistance.

De son côté, Poniatowski quitta Pniow le même jour. Il arriva le 24 à Pulawy jj y jeta un pont le 26 et fit passer immédiatement sa cavalerie qui occupa Radqpi et Opatow. En annonçant ces divers événements et les motifs de sa conduite au prince de Neufchâtel, dans une dépêche en date du 27 jui^^. il rend compte du retard qu'a mis Galytzine à passer le San , ainsi que de la co^nai8sance qu'avait l'archiduc du refiis que feisait ce prince de passer ifi Vistule; il attribue à ces deux motifs, la facili^ qu'ont eue les Autrichiens de se retirer tranquiljeyxeqt sur la rive gauche du fleuve, et de menacer ^e duché. C'est cette circonstance qui l'a décidé t mprchef sur Pulawy, d'où il peut observer, dit-il, les mouvements ultérieurs de l'ennemi, se porter sur la rive gauche du fleuve et lier ses opéfationa avec celles. des généraux Dombrowski et Sokblniçki. Il finit en annonçant qu'il ne négh-

30d GAMPAGICB DB 1809

géra aucune occasion d'obtenir de nouveaux succès ; qu'il ne perdra pas de vue l'archiduc et remplira les intentions de sa majesté l'Empereur, en occupant un corps de troupes autrichiennes ]Aus fort que celui dont il dispose. H ne dissimule pas que l'arrivée des Russes a raHenti les nouvelles formations galiciennes; mais il espère que le zèle à toute épreuve des habitants saura vaincre cette nouvelle entrave, et que son armée ne sera pas frustrée des moyens qu'offre le pays*.

Conformément à la capitulation, Sokolni^' s'était porté à Mniszew. Sa brigade passait à la hauteur de Pulawy au moment où le prince y arrivait. Le général alla de sa personne prendre les ordres dé son chef, qui lui enjoignit Ae prdiser sa marche et de rejoindre le général Dombrowski , à qui il avait donné l'ordre de se porter sur là basse Piliça et de couvrir Varsovie. Dombrowski après avoir séjourné jusqu'au 19 , à Piotrkow et avoir porté l'alarme jusqu'aux portes de Krakovîe', se mit en marche par Inowlodz sur Nowe-Mîasto , où son avant-garde eut , le 24 , un engagement contre un parti autrichien. II se poita ensuite par Mogielniça sur Czersk, et se trouva en communication avec le général Sokolniçki qui débouchait dfe son côté dé Mniszew.

Le prince avait ainsi 12,000 homm^ à Pulawy, et 11,000 sur la rivé gauche de la Pihça. Il

♦ F. Pièces justiûcaves, XIV.

BN POLOGIIB. SOI

pouvait en deux marches les réunir sur Radom.

Ferdinand avait complètement échoué dans son expédition ; il se trouvait , désormais , sous Finfluence des manoeuvres de son adversaire. H était réduit à se tenir sur. la défensive et à couvrir les derrières de Tarmée de Farchiduc Charles, qui se préparait à livrer une bataille décisive sur le Danube.

Pour mieux apprécier la position de ce prince, nous allons rapporter d'une manière succincte, les événements qui eurent lieu sur tous les points du théâtre de la guerre , après l'occupation de Vienne par Napoléon.

On était au 21 mai ; la grande armée commençait à passer le Danube , lorsqu'une crue subite vint grossir le fleuve et accroître aicore sa rapidité. L'archiduc Charles, -qui était accouru de Bohénie, mit la circonstance à proHt ; il réunit des bateaux, les chargea de pierres et les abaQdonnant au courant » il rompit le pont qui unissait l'tle de Lobau à la rive droite. La moitié de l'armée française, qui était vivement engagée en avant d'Âspem, se trouva tout à coup cruellement compromise. Elle était séparée de Vienne, de ses réserves ; eUe se replia. en défendant le terrain pied à pied* Attaquée de nouveiau le 22 , elle déploya la même constance et la même énergie. Les Autrichiens ne purent la rompre, mais lui firent essuyer de grandes pertes ; .elle se retira lentement, avec ordre, et le 23, à la pointe du jour, elle gagna l'île de Lobau.

à02 CAMPAGNE PS 1809

Le prince Charles satisfait de Tavôir contrainte de rétrograder, ne poussa pas son succès plus loin, et s^établi't à un mille du champ de bataille.

L'archiduc Jean , de son côté , était en pleine retraite ; le 26 mai , il arriva à Komorn, suivi par le prince Eugène qui le joignit à Kaab, le 14 juin. Battu dans cette journée mémorable , Jean se repha sur Presbouig, où il passa le Danube. La forteresse de Raab capitula le 23.

Napoléon s'apprêtait à prendre sa revanche. On était aux premiers jours de juillet ; Marmont avait amené de Balmatie deux belles divisions ; Bernadotte s'était avancé de Lintz à Vienne ; le vice-roi ' avait rallié la^grande armée avec ses troupes victorieuses. L'Empereur, à là tête de ses forces réunies, se disposait à franchir le Danube. Le prince Charles résolu de le combattre au passage, prescrivit à , l'archiduc Ferdinadd de se rapprocher deKrâkovie, afin de couvrir les derrières de l'armée autrichienne qui pouvait être menacée par Poniatôwski, pendant qu'elle livrerait bataille.

L'échec essuyé à Essling par l'armée française , aVait ranimé les espérances des ennemis de Napoléon, dans le nord de l'Allemagne. Schill s'était emparé de âtralsund, et attendait dans cette ville que la mer lui apportât des secoîirs, que les Anglais lui fournissent des armes et des munitions. Ses espérances furent déçues ; quand la flotte britannique parut , le général Gratien avait pénétré daùs Stralsund, et^avait, a|M:è8 un cond)at assez vif, fait

m POLOGNE. 3Ô3

lâettrè bas les armes aux troupes de ce partisan, qui ^perdit la vie dans cette rencontre.

Cependant , les Autrichiens avaient réuni en Bohême une armée de 60,000 honmies, dont 20^000 étaient prêts à entrer en campagne ; ils débouchèrent de cette province sur plusieurs colonnes , pour insurger lé nord et le centre de F Allemagne.

Le général autrichien Amande s'empara de Dresde ; le duc de Brunswick, (jui avait pénétré une seconde fois en Luzace a la tête de sa légion, le joignit le 12 juin dans cette capitale. Ces deux çhe& réunis se portèrent sur Leipzig, et forcèrent le roi de Saxe à quitter cette ville pour se retirer à Francfort-sùr-le-Mein. Le duc se porta ensuite sur ses États héréditaires et s'empara, le 29, de Halberstadt.

De son côté, le général Radieovich déboucha, le 14 juin, par Egra, appela la population aux armes, et menaça le royaume de Wurtemberg. Le Tyrol, qui avait été pacifié par Lefebvre, s'insurgea de nouveau. Les Bavarois furent obligés d'évacuer Inspriick, le 25 mai. L'insurrection ne fit dès lors que s'étendre; elle poussa des partis, d'un côté dans la vallée du Danube, de l'autre dans celle

Le midi de l'Italie était daiis la plus grande èfférVescence ; Napoléon, paf un décret daté de Vienne, le 17 mai, avait réuni les États romains a l'empire français. Cette mesure avait exaspéré les êsprizs. Dès que le$ habitants dés États d«

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TEçlise eurent appris Tissue de la bataille d'Essling, ils coururent aux armes, attaquèrent les garnisons françaises et les forcèrent de se replier sur Rome, où ils lès bloquèrent. Le saint-père, quoique placé au milieu des ^troupes impériales, ne craignit pas de lancer une bulle d'excommunication contre leur souverain. Une escadre anglaise, qui parut devant Naples, le 25 juin, s'empara de l'île d'Ischia. Stuart tenta aussi quelques débarquements sur la côte de^labre et sur celle de la Romagne, mais fut repoussé. La fermeté de Joachim déjoua tous les projets de Tennemi. Le pape fut arrêté et en^ voyé prisonnier à Savone. Ce coup de vigueur termina la levée de boucliers de la Rbmagne.

On voit par cet exposé, que vers la fin de juin les communications de la grande armée étaient menacées de toutes parts, et que des insurrections formidables avaient éclaté sur ses derrières. Mais Napoléon comptait sur une victoire prochaine, qui, remportée sur le point décisif de la lutte, , devait, en décidant du sort de la guerre, rompre les tramçs de ses ennemis et mettre fin à leurs succès partiels.

Revenons à ce qui se passait en Pologne. Le prince Poniatowski avait établi son quartier général à Pulawy, dans le château même de la princesse Czartory ska . Les troupes bivouaquaient dans le parc. Ces heux charmants, qui ont inspiré les vers harmonieux deDelille, étaient pour. la première fois troublés par un appareil de guerre.

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Les bivouacs étaient établis sur les pelouses de verdure et au milieu des parterres de fleurs. La joie et une amitié cordiale régnaient partout ; le patriotisme allégeait tous les sacrifices. Les matinées étaient consacrées à des revues et les soirées à des fêtes brillantes, embellies par les charmes des dames qui entouraient la princesse Czartoryska *.

Il se trouvait à Pulawy un édifice nommé le Temple de la Sybille, où la princesse avait réuni, pendant de longues années, les souvenirs de l'ancienne Pologne ; on y remarquait les armes des héros qui avaient illustré la nation, et les trophées des victoires remportées par les Polonais à différentes époques. Les jeunes guerriers de Poniatowski visitèrent ce sanctuaire de la gloire nationale avec un intérêt religieux, et y puisèrent une nouvelle énergie.

Poniatowski partageait son temps entre les plaisirs et les travaux que commandait sa haute position. Il reçut à Pulawy un nouveau témoignage de' la satisfaction de l'empereur des Français. Il en fit part à ses soldats par un ordre du jour en date du 2 juillet **. Il leur annonça aussi qu'il avait reçu Tordre d'occuper le pays, de faire rendre la- justice au nom de S. M. l'Empereur et Roi, d'exiger que les autorités prétassent à ce prince le

* La princesse Czartoryska n« s*en tint pas à cette réception amicale, elle voulut encore être utile à Tarmée polonaise, en organisant à Pulawy un hôpital militaire, où les blessés et les malades reçurent les soins les plus efficaces.

* r. Pièce» iustiflcaliVes, XV.

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germent de fidélité. L'armée galicienne devait passer à la solde de France, et porter la cocarde tricolore. Des armes et des subsides étaient en route pour compléter son organisation. Ces troupes, ainsi que les régiments de nouvelles levées formés dans le duché, prirent désormais le titre de troupes franco-galiciennes, mais restèrent sous les ordres immédiats de Poniatowski. Nous croyons devoir ajouter ici un état dés nouveaux corps, avec une notice sui: leur formation primitive.

INFAm'ERIË.

l**" régiment Formation galicienne. Aux lirais du cercle de

Lublin, de Siedtee et de Biala.

2^ id. Formation du duché de Aux frais des départe-

la rive droite delà Vistule, ments de LoûQza et du par Zaionczek. Ploçk.

S* id* FcMmation du duché sur Aux frais des départe-

la rive gauche de la Vis- ments de la Grande-Potule, par Dombrowski. logne.

¥ id. id. id.

: 6* id. Formation galicienne. Auk frais du. prince

Constantin Czartoryski.

6* id. id. Aux frais du président

. Zamoysld.

CAVALERIE

l«r régiment Formationduduchésur Aux frais des départe* de lanciers, lâ^rive droite de lafVistule ments de LoiÉaa et de parZaioncz^. Ptoiçk. .*

2* id. Formation galicienneen Aux fraià dé Rozwa*

Podolie. dowski et dés lilfl^itwEs

dupays. .

fiN POLOGIfE. d07

P régiâéDC Fdrmationdliduchéftur Auxirais des déparlede lanciers, la rive gauche de la Vis- ments de la Grande-Potule » par Dombrowski . logne.

4* id. Formation Galicienne à Aux frais d'Adam Po-

Léopol.

' toçki et des habitants M pays.

id.

Fordiation en Podolie.

galicienne Aux frais de Ryszczewski et des citoyens de la Podolie autrichienne et russe.

id.

id.

id. Trzeciedâ, id.

id.

id.

id. TamovsU, id.

de

régiment hussards.

Formation galicienne. Aux frais du cercle de

Lublin, Zamosc^ Biala et Stanlslawow.

id.

Formatîoù du duché Aux frais deadéf^artepar Dombrowski. ments de la Grande-Pologne.

l^i* régiment Formation galicienne à Aux frais de Stanislas de cuirassiers. Konskié. MalachOTVski, formé plus

tard.

La formation de ces régiments d'infanterie et de cavalerie ne dbargea point letrésor public. Tous &nr^it équipés aux frais d^ habitants.

Le ï^ôi de Saxe, grand-dutî de Varsovie, transhiit aussi au prince une proclamation diLlàe de Francfort-sur-le-Mein, le 24 juin. H s'y exprime ainsi : « Nous nous feisons un devoir d'employer les preniiers moments du rétablissement de notre ^ùverircinént ^ à vous exprimer les sentiments qu'excitent en nous le patriotisme tst l'attacheifient 4 notfe piersoriùe qiie la nation à déjdoyés d'une fe&îè«€ si éclatante daiis de haotaeîit de dètî^sé,

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« L'ennemi était entré dans le pays arec une nombreuse armée; à peine paraissâit-il possible de lui résister; mais il apprit bientôt a connaître quelle est la valeur de nos troupes, conduites par un chef aussi brave, aussi habile que notre ministre de la guerre, le parince Poiiiatowski.

« De son côté, la nation a fait voir que l'esprit valeureux et le patriotisme des anciens Polonais s'étaient conservés chez elle. L'agression d'un ennemi nombreux, bien loin de l'intimider, n'a fait que la porter à des offres volontaire^, au sacrifice même des fortunes individuelles ; elle a tout donné pour la défense de la patrie. Les départements se sont surpassés dans cette généreuse émulation ; c'était à qui augmenterait l'armée de hgne, à qui fournirait les subsistances nécessaires, à qui amènerait une plus forte levée pour s'opposer à l'ennemi.

« Notre conseil d'Etat a fait preuve de fidélité et de zèle ; ses sages mesures et le soin qu'il a pris de se conserver en activité, au moyen de ses différents déplacements, et l'aide des autres autorités constitutionnelles, ont assuré la jmarche du gouvernement, autant que les circonstances ont pu le permettre.

« Nation polonaise! la tranquillité vous est rendue, et avec elle le gouvernement constitutionnel. Notre soin le plus cher sera de tâcher de guérir les plaies occasionnées par la guerre. »

Ainsi s'exprimait ce bon roi, ce fidèle ami de NapoléoD; qui, expulsé de ses États , mais pl^in

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de ebnfiance dans la fortune de son puissant allié, s'oubliait lui-même pour ne penser qu'au bonheur des Polonais. Après tin séjour de huit jours à Pula wy, Poniatowski se mit en devoir de suivre l'armée de Ferdinand, et résolut de réunir ses forces à Radom. Sa cavalerie, aux ordres du général Rozniecki, s'avança dans l'intérieur du pays et occupa Opatow, Kielce et Konskié ; elle fit dans cette marche quelques centaines de prisonniers et s'empara de 500 fusils et de 500 sabres, abandonnés par les Autrichiens. Le général Sokolniçki passa la Piliça, et prit position, le 2 juillet, à Zwolen. Le général Dombrowski , débouchant par Nowe-Miasto , occupa Radom le 4. Le corps du prince, qui avait quitté Pulawy le 2, raUia Sokolniçki à Zwolen, le 3, et le général Dombrowski, le 4; le prince établit son quartier général le même jour à Radom. Dès son arrivée, il institua dans cette ville un nouveau gouvernement pour le département de Radom, dont la présidence fut déférée à Stanislas Soltyk *, que désignait le vœu général des habitants. La population de la rive gauche de la Vistule était animée d'un enthousiasme plus vif encore que celle de la rive droite ; de toutes parts on courut aux armes, des partisans se formèrent spontanément, des détachements autrichiens furent coupés et faits prisonniers par les insurgés.

Le prince Poniatowski passa ses troupes en revue à Radom , et, frappé de la belle tenue du corps du

* Père de Tauleur de cet ouvrage.

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général Dombrowski , il lui témoigna sa s^tis&ctioa dans un ordre du jour ainsi conçu : « Je me plais à reconnaître que les troupes sous les ordres du général Dombrowski, formées, en si peu de temps, ont non-seulement une belle tenue, mais qu'elles ont déjà prouvé en plusieurs rencontra leur esprit ^)selliqueux et se sont montrées dignes d'égaler las autres troupes polonaises. Cet heureux résultat est dû au zèle infatigable du général Dombrowski et des officiers de son corps d'armée. »

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