‹ Relation des réjouissances à RouenChapitre 2 sur 7 · XI · texte numérisé non relu

XI

Aussi bien, le Dauphin ne devait pas régner, il mourut jeune» le 20 décembre 1765, à trente-six ans. Sa mort survenue inopinément, à la suite d*un rhume mal soigné qu'il avait pris au camp de Gompiègne, réveilla nombre de traits, d'anecdotes où apparaissent en môme temps que sa piété ardente et sa dévotion un peu étroite, son souci du bien public. On citait de lui des maximes de gouvernement qui prouvent un esprit avisé, a II faut, disait-il, qu'un Dauphin paraisse inutile et qu'un Roi s'efforce d'être universel », ou encore : « Pour le bien du royaume de France, il faudrait deux règnes : l'un pour extirper les abus ; le second pour les empêcher de renattre ». Que de fois aussi, aux approches de la Révolution, on entendit répéter dans le peuple : « Ahl si le Dauphin avait vécu I » Très vraisemblablement, en dépit de ses bonnes intentions, il n'aurait pu détourner les orages qui devaient emporter le trône. Des hommes comme La Vauguyon, comme d'Aiguillon, eussent été pour lui de fâcheux conseillers et il aurait peut-être subi trop complètement l'influence de Rome et du clergé. N'est-ce pas lui qui disait : « Si j'étais appelé au trône et que l'Eglise m'ordonnât d'en descendre J'en descendrais immédiatement » ? De ses deux mariages, le Dauphin avait eu deux filles : la reine Clotilde de Sardaigne et M"* Elisabeth, et six garçons, dont trois morts en bas-âge et trois qui régnèrent sur la France : Louis XVI, Louis XVIII et Charles X.

La mort du Dauphin fut célébrée dans de nombreux éloges funèbres dont les principaux sont dus à Loménie

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de BrienDe, archevêque de Toulouse ; à l'abbé de Boisemont, de l'Académie française; à Champion de Gicé, évéque d'Auxerre ; à l'abbé Maury ; à Martin y Guzman, chanoine de Cadix, où avait eu lieu un service funèbre.

On trouve la liste de ces ouvrages, ainsi que plusieurs autres pièces et éloges concernant le Dauphin, dans La Bibliothèque historique de la France de Lelong.

Le Dauphin ne fut pas enterré dans l'abbaye de Saint- Denis, mais dans l'église Saint-Etienne de Sens, où lui fut élevé un magnifique tombeau ainsi qu'à sa femme, morte quelques années après lui. Le choix de la ville de Sens pour y placer les cendres du Dauphin était certainement dû à ce que Louis de France était mort dans le diocèse, à Fontainebleau, mais aussi à l'influence de l'archevêque Paul d'Albert, cardinal de Luynes, qui avait été son précepteur.

Ce tombeau est l'œuvre de Guillaume Coustou le ûls, neveu de Nicolas Coustou. D'après la correspondance échangée entre Cochin, le marquis de Marigny et Guillaume Coustou, les travaux durèrent de 1769 à 1777, et coûtèrent 150,000 livres. Le marbre en fut offert au sculpteur, en même temps qu'un groupe de 90 milliers était donnée Michel-Ange Slodtz, pour son Trophée de la Paix de 4747 et qu'un autre était concédé à Pigalle pour son Education de rAmour.

Pendant tout le xviii* siècle et sous la Restauration, le tombeau du Dauphin demeura au milieu de la Cathédrale

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de Sens, em «mt dm iflir iwlf i de *"iinadMl Ptai ttfd, U fnt placé àam mm tkmfMt ooOiiénie àm choev, à droite de eelle de le Vierge. GEa^re aD^geriqae et Mitlaeetale, ee UMBbeu est déeeré d*n GéBîe de le Mort, tenst me torehe r e a T crsée et fegerdiBt m eofeot i ses pieds. Près de loi. ose roboste figue de rieillerd, aJlégorieaDi le ffaips. pose un niOe sor éemx omee qui reposent sur on massif carré a« centre dn eénotapbe, tandis qn*à ses pieds sont jetés diilérents accessoires, jarelots, carqnois, toiwmm^ àAris d'arciiitectore. A l'extrémité da tombeau, on groape de iemnies allégorise la Religion, tenant la croix et tendant nne main vers ie ciel et CHymen, portant la couronne et tenant une branche de laurier. A leurs pieds, jouent des enfants nos, qui prennent avec on compas mesure sur une sphère se dressant au milieo d'attributs et d'emblèmes Jetés à terre : équerre, trompette, plans, palette et pinceaux, symboles des arts.

Toot cet ensemble est en marbre blanc très par et très beao, avec quelques applications de marbre de couleor et ornements, dauphins, goirlandes, armoiries en bronze, mais qoi ont dû être dorées. L'exécution est charmante et délicate, peut-être même un peu molle. Rien de plus simple, de plus doux et de plus gracieux, écrit Anatole de Montaiglon, dans son étude sur Les Antiquités et Curioêitéê de la Ville de Sens (GazetU des Beaux-Arts, t. 22), que les carnations et le visage du groupe des deux femmes, qoi possède tout le charme alangui de la sculpture du xvijf* siècle.

Le tombeau est signé : Guillaume Coustou, de Paris. 4777. On pense que les deux figures d'hommes seraient de Pierre Julien, élève et collaborateur de Goustou, avant et après son voyage de Rome, de 1768 à 1772, et après avoir eu son grand prix en 1765. Un autre monument rappelle aussi le souvenir du Dauphin à Sens : c'est un arc de triomphe, appelé Porte Dauphine^ au bout de la rue d'Alsace, œuvre de Charles Axel Guillaumet, qui fut directeur des Gobelins à la fin du xvni* siècle. 11 devait être orné de bas-reliefs, dont les modèles sont restés à l'Hôtel -de -Ville : L'Education militaire du Da%^phin instruit par Mars ; le Mariage célébré par l'Hymen ; le Dauphin sur son lit de mort et la Dauphine sur son lit de mort, avec l'inscription tenue par un Génie : a In ortu et occasu illuont ».

Le programme des fêtes qui furent célébrées à Rouen, depuis le 5 jusqu'au 25 septembre 1729, ne difière pas beaucoup des autres réjouissances organisées dans les principales villes du royaume, à Lyon, à Marseille, à Toulouse, à Dijon, à Poitiers, à Lille, à Grenoble, à Sedan, à Vannes, à Soissons, à Troyes, à Caen, à Arles, à Béziers, à Pézenas, à Nantes, à Montpellier et à l'étranger, à Rome, à Constantinople et à Soleure.

Pour Rouen, en dehors de la relation qui fait l'objet de cette publication, il existe aussi, ainsi que nous l'avons indiqué déjà, une relation dans l'ouvrage du Chevalier Daudet, Histoire de Vau{iuste Naissance de Monseigneur le Dauphin ditrisée en trois parties, à Paris, de l'Imprimerie

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