‹ Relation des réjouissances à RouenChapitre 3 sur 7 · XVJ · texte numérisé non relu

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P.-G. Le Mercier fils, rue Saint- Jacques, 1731 ; dans le Flambeau astronomique ou Caletuirier royal de l'année 1730, à Rouen, chez Ph. P. Cabut, rue du Bec, et dans Le Mercure de France de 1729, pages 2438 et 2439, sans compter la relation manuscrite extraite des Délibérations de la Ville de Rouen, 1726 1732. Registre Â, n* 32, que nous publions pour la première lois.

Ces diverses relations se répètent dans leur ensemble. Elles ne se différencient que par quelques détails particuliers qui sont à noter en passant. On y voit, par exemple, que M' de Beuvron, lieutenant du Gouverneur de Normandie, était au château de La Mailleraye, lors de Tarrivée du courrier annonçant la naissance du Dauphin, et que Ton attendit les lettres de la Poste confirmant la nouvelle avant d'organiser la moindre manifestation. On trouvera aussi que la Ck)ur des Comptes, le jour où elle lit chanter un Te Deum solennel dans sa chapelle, avait organisé devant sa porte « deux fontaines de vin, la face tendue do tapisseries sur laquelle était le portrait du Roi ». Le 11 septembre, lors du Te Deum chanté dans la chapelle du Palais ({ui se trouvait à l'extrémité sud du Palais, on verra que le Président du Parlement reçut à souper tous ses collègues. C'était alors M' de Colmoulins, demeurant rue des Rons-Knfants.

Pondant le cours de cette semaine de réjouissances, il faut noter encore la grande fête de nuit, le repas à la lumière, le feu d'artifice et le concert donnés a par un particulier proche les Révérends Pères de Grammont ». Ou peut MO demander s'il ne s'agit point là du jardin du

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a Jeu de Mail x), ancienne propriété des Jésuites et qui avait même fait partie du Prieuré de Grammont, surtout si on rapproctie cette illumination de celle que les Jésuites firent à leur maison du Mont-Fortin. Déjà, du reste, lors delà canonisation de leur fondateur Ignace de Loyola, ils avaient illuminé cette maison qui, située sur une hauteur, devait produire un très bel effet .

Le dimanche 18 septembre, semble avoir été le véritable jour des fêtes populaires. Te Deum solennel à la Cathédrale et grand gala offert par les Echevins à l'Hôtel-de- Ville ; concert et repas servi à six grandes tables auxquelles président TArchevèque, M' le marquis de Beuvron, le Maire qui était alors J. -Etienne de la Rué, le duc d'Harcourt, gouverneur de Normandie, l'Intendant. Dans la salle principale, figuraient, suivant la tradition, les portraits du Roi et de la Reine sous des dais de velours violet et de drap d'or. Mais l'attrait principal de cette journée était le feu d'artifice et l'illumination de la Grosse- Horloge. Sur ce point, la relation que nous publions présente des détails intéressants. Tout d*abord on se demandera comment, dans une ville où existaient encore à cette époque tant de logis en bois, on pouvait tirer un feu d'artifice du haut de la Tour du Beffroi sans crainte de provoquer des incendies. C'était pourtant lÀ une tradition presque constante que l'on retrouve à l'occasion de plusieurs réjouissances. Il nous semble que ces a feux » ne devaient consister que dans quelques pétards ou

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bombes, « des boettes », suivant le terme consacré, et en quelques fusées volantes.

La description si minutieuse et si complète de Tillumination de Tarcade de la Grosse-Horloge mérite aussi d*ètre signalée. On voit qu'à cette époque, Tillumination ne consistait point, comme aujourd'hui, à souligner par des cordons lumineux les lignes principales des monuments, en y ajoutant seulement quelques emblèmes ou chiflres. C'était à proprement parler un motif décoratif spécial, un véritable a corps d'architecture », comme dit la relation, superposé ou plutôt adossé au monument qui, lui, ne jouait aucun rôle dans l'ornementation générale.

Toute cette ordonnance de pilastres, de statues, de portraits décrits dans nos relations, n'était pas à proprement parler illuminée. Elle était simplement vue par a transparence » , éclairée par derrière, et formait un grand tableau lumineux, disposé sur plusieurs plans, comme un décor de théâtre, en se conformant aux lois de la perspective.

C'est ce qui nous semble résulter de ces quelques lignes : a Tous les pilastres étaient illuminez par derrière, a aussi bien que leurs voûtes, en sorte que ceux de devant éclairaient ceux de derrière, ce qui formait une « lumière d'autant plus agréable qu'on ne voyait point les a lampions qui la produisoient. » Cet usage des a transparents » dans les fêtes populaires se conserva longtemps, puisque, lors de la venue de Bonaparte à Rouen, on signale un tableau lumineux représentant le Premier Consul, placé sur la façade du Théfttre-des-Ârts.

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