SIEGE DE CAMPO-MA;YOR
viron 800 chevaux, et une demi batterie d'artillerie légère; mais les ordres donnés à cet effet ' s'exécutèrent avec lenteur , et trois jours s'étant écoulés dans l'inactivité, on fut forcé d'abandonner précipitamment la placé; les fortifications res* tèrent debout, et la brusque retraite qui eut lieu sur Badajoz s'effectua avec une grande confusion. Cependant le général Béresfort, l'un des lieutenans de lord Wellington , avait été détaché de l'armée Anglo-Portugaise , après l'affaire de Pombal, avec trois divisions d'infanterie % le i3* régiment de dragons-légers, une division de grosse cavalerie et l'artillerie nécessaire pour s'opposer aux opérations offensives de l'armée du midi en Estramadure. Ce général passa le Tage à Taucos le 1 7 mars , arriva le 20 à Portalègre, et se porta le 2 5 sur Campo-Mayor, où ses coureurs psirurent dès le matin *; vers 10 heures une forte colonne de cavalerie fit replier nos avant-postes; déjà toute l'artillerie qui provenait de la place était en mar-
* Uinfanterie était composée des se et 4e diyisîoiis anglaises et de la division portugaise du général Hamilton. Durant cette campagne les divisions d*infanterie de Tarmée des alliés étaient de SfOOo hommes.
' Le capitaine Chenu avait été envoyé en reconnaissance , et rapporta la nouvelle qu'une colonne de trois mille hommes de cavalerie avec de Tartillerie arrivait en hâte, et qu'il la croyait snivio d'infanterie : on prétendit d'ahord à Tétat-major que cet offîcier grossissait les objets; mais on reconnut malheureusement trop tard que son rapport était exact.
iîi8 SIÈGE DE CAMPO-MAYOR.
che à une grande demi-Ueue sur la route de Badajoz, escortée par le loo* régiment commandé par le colonel Quiot : le général Latour-Maubourg^ qui couvrait la retraite avec 800 chevaux et une demi'batterie d'artillerie légère, fut attaqué vivement par un corps quatre à cinq fois plus nombreux que le sien y et fut contraint, après de vains efforts pour le contenir, d'abandonner la queue du convoi, qui fut aussitôt mise ea désordre; chargée ensuite dans tous les sens, la cavalerie du général Latour-Maubourg fut jetée dans une affreuse déroute et sa demi-batterie légère enlevée ; mais abandonnée par Tennemi, pour suivre' les fuyards, elle fut reprise par les canonniers à cheval qui se réunirent à leurs pièces et parvinrent à rejoindre le 100" qui s'était formé en carré'par bataillons, sur la grande route. Dans ce moment critique le général Latour-Maubourg, après avoir fait tout ce qui dépendait de lui pour arrêter les efforts de l'ennemi, n'eut que le temps de se jeter au milieu d'un carré : le colonel Chamorin , du aô" de dragons, ne put y arriver; il .reçut la mort à la vue de nos grenadiers ; plus de 20 escadrons ennemis qui couvraient la plaine se rabattirent ensuite avec de l'artillerie sur le loo' régiment, qui soutint plusieurs charges; cette situation périlleuse n'ébranla point le courage des vétérans de la grande armée ; le général et le