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colonel du 100" faisaient former le$ carrés , re-> poussaient les attaques, se reformaient en colonne, et marchèrent ainsi pendant deux lieues sans que l'ennemi, fnalgré sa supériorité numérique, pût jamais ejat9mer cette ppignée dé braves; exemple frappait de ce que peut h bpnnis infanteiie contre la cavalerie.
Bien que le maréchal Mortier eût été informé de l'apparition des Anglo*Portugais, et 4e l'évacuation subite de C^mpo-Mayori il ignorait pourtant l'échauffourée qui venait d'avoir lieu; il en fnt informé par le bruit du c^non et par le commandant du génie de Badajoz, qu'il avait en* voyé à Campp-Mayor, pour £ûre accélérer la démolition des fortificatipiis; cet pffîcier avait à peine fait une lieue sur la i:oute, loi^qu'il rencontra un grand nombre de fuyards e|t de soldats du train bleiisés, poursuivis par une nuée de cav^iers, ce qui l'obligea de rétrograder an galop; poussé vivement par vn peloton de dragons-légers, jusque sur les glacis de la t^e de pont de Badajoz^ il n'eut que le temps de fermer la barrière du chemin couvert, d'appeler le poste et àe faire tirer à bput portant sur ce peloton; le fort SanrChristQva}, averti par le feu de la tête de pont ^ tira en même tepps cinq àsi^ coups de canon ,^ et Iç peloton s'éloigna avepune perte de quelques hommes. Àpi^è^ avo^r mk pet ouvrage
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en sûreté, le commandant du génie se rendit en toute hâte près du duc de Trévise pour Tavertir dé ce qui se passait; aussitôt la générale fui battue et le maréchal sortit de la ville à la tête de deux régimens d'infanterie et d'un régiment de cavalerie, il alla au devant du ioo% qui venait de se couvrir de gloire , et rallia la cavalerie du général Latour-Maubourg; ensuite il entama quelques charges . qui fii*ent replier les Anglo- Portugais, délivra nos prisonniers et dégagea le convoi d'artillerie , qui rentra dans Badajoz , sans autre perte que celle d'une bouche à feu et de quelques chariots.
L'ennemi déconcerté regagna Campo - May or en toute diligence, après avoir perdu plus de lOb hommes tués, et 77 prisonniers; notre perte en blessés fut aussi très-considérable, la cavalerie ennemie ayant eu beau jeu avec des soldats du irain; Nous eûmes surtout à regretter le colonel Chamorin , officier de la plus grande distinction.
La prise de Campo -May or termina les opérations offeilsives de l'armée du midi, en Estramadure, pendant l'hiver de 181 1. Ainsi en 80 jours le général en chef, avec un corps de i3 à i4 mille hommes, traversa la Sierra Morêna, passa un large et rapide fleuve, et après avoir pénétré jusque dans la Haute - Estramadure, prit trois places de guerre et un fcM^t, et défit Tarmée espa-
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gnole à h bataille de la Gévora. Le résultat de cette belle campagne, pendant laquelle on prit nB drapeaux, 200 pièces de canon et 1 7,000 prisonniers, fut d'opérer une puissante diversion en £iveur de l'armée de Portugal qui était alors eh retraité sur Almeida et Guidad-Rodrigo.
Le projet de lord Wellington^ dé secourir Ba« dajo2^, ayant éôhoué, le inàrééhal Soult était parti après la reddition de cette place avec son étatmajor; deiix régimens d'infanterie et deux de cavalerie pour retourner en Andalousie, où son absence avait paru favorable à la junte de Cadix , pour diriger de nouvelles attaqués contre l'armée du midi; à la première nouvelle de son retour, les partis espagnols qui se trouvaient sur divers points, s'éloignèrent, et la rentrée victorieuse du général en chef dans cette capitale, après les succès delà campagne d'£stramadure,fiit des plus brillantes.
Le maréchal Mortier, qui avait été chargé des dernières opérations, se retira après l'affaire du a5 sur la rive gauche de la Guadiana; il remit le commandement du 5** corps au général Latour- Maubourg 9 se dirigea également sur Séville , et partit ensuite pour la France, où il était rappelé par des ordres supérieurs.
Le 5* corps ayant pris position sur la rive gauche de 1 1 Guadiana , les alKés, parfaitement instniits
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de son effectif, qui ne se composait plus que d'une brigade de cavalerie et deux petites divisions de 7 à 8 mille hommes d'infanterie, résolurent de passer le fleuve, de faire une incursion dans la Basse-Estramadure, e( de bloquer Olivençà et Badajoz, avant que ces deux places pussent être mises en état de défense; mais les deux seuls ponts existans (de Mérida et de Badajoz) étant en notre possession , lés alliés durent songer à eti construire un sur bateaux^ et ils trouvèrent dans l'arsenal d'Ëlvas tous les matériaux nécessaires pour cette construction.
Alors le général Çéresfort se dirigea vers Juruméfîha , qu'il considéra comme le meilleur point pour jeter un pont , attendu qu'il serait protégé par le canon du fort de cette rille; ce pont fut achevé le 3 avril; mais dans la nuit une crue subite fit élever le fleuve de plus d'un mètre , et Iç pont fut mis hors de service ; les eaux ayant encore augmenté le 4 1 l'armée alliée ne commença à passer sur des bateaux que le 5 , pt continua le 6 et le 7. Dès qu'on eut la nouvelle de ce passage, le général Latour-Maubourg envoya une reconnaissance vers Jurumenha, qu'il confia au général Veiland ; celui-ci rencentra l'ennemi près de ce poste , et sans calculer le nombre , il l'attaqua brtisquement et le culbuta en lui faisant plusieurs prisonniers; mais le générai s' étant aperçu qu'un
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fort détachement avait passé le fleuve , dans le dessein de porter du secours aux troupes repoussées, et même de lui couper sa retraite , évita prudemment de s'engager trop avant , çt se replia sur Olivença; on apprit ensuite que Tennemî avait construit une tête de pont à Jururaehhd pbtir défendre le passage du fleuve. Daiïs cet état de choses lé général Latour - Maiibourg fte douta plus que les alliés déjà en force sur la Guadiana, û'envahiséent bientôt FEstramàdure ; il se hâia de poturvoir aux besoins les plus pressans de Badàjoa et d'Olivença : et, le service étant à peu près organise dains ces deux places, il dut les abandonner à lèuris propres ré^ources, n'ayant psls de temps à |>erdre potar se dégager avec soiî petit corps d'a^tnée, prendre une préinièpe position défensive du coté dé Llerêna, et âssùrei-ses cothmuipcations avec Séville et C(wdoue.
Pendant que le général Béresfort suivait le S* corps avec la majeure partie de ses forces, le général Cole, ^yeç une division d'infanterie, investissait la place d'Olivença dans laquelle le général Latour - Maubourg n'avait laissé que 4op honinies, sous le commandement du colonel î^ibo3'eL
L'ennçmi se présenta, le 8 avril devant la place , le 9 elle fut entièrement cernée, et le gouverneur ^t sommé de la rendre; on lui offrit deJbonnes conditions qu'il rejeta, répondant avec fermeté : Je suis ici pour défendre la place et non pour la IjLyrer ; si vous voulez,* P avoir ^ prenez d'autres moyens pour vous en rendre, maître. .
L'ennemi fit alors la démonstration de vouloir enlever la place par escalade ; mais la bonne contenance de la garnison , qui était tout entière sur les remparts, lui fit craindre d'échouer dans une pareille entreprise, et il se décida en conséquence à en faire le siège.
Dans la nuit du 1 1 au la les Anglais commencèrent, dans le terre -plein de la lunette i*3 (Pi. r*. ), que la faiblesse numérique de la garnison avait forcé d'abandonner, une batterie pour
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quatre pièces de ^4 destinées à battre la coqrtiiie, du front 1, 9. • ' t
Le 1 5, à la pointe du jour, la batterie é.ta\t prête à jouer : des obusiers étaient mis en posi-; tion pour enfiler et prendre de revers les flancs de la courtine ; mais avant de commencer 1^ feu ^. le général Cole fit une seconde sommation au gouverneur, qui ne fut pas mieux accueillie que la première ; une demi - heure après les batteries tirèrent avec la plus grande vivacité ; les assiégés dépourvus d'artillerie, n'ayant que il mauvais canons de fer, montés sur des charrettes de paysans et cinq pièces de 4 en mauvais état ^ servies en grande partie par des soldats d'infanterie, ne purent répondre que très- faiblement : d'un autre côté la garnison n'étant point assez nombreuse pour tenter la moindre sortie , elle dut donc se borner àrester sur les remparts, et à y attendre le résultat d'une lutte très-inégale.
Le revêtement de la courtine i , 9 étant trèsmauvais , fut bientôt renversé dans le fossé, et vers midi la brèche était rendue rigoureusement praticable. Bans cet état de choses le gouverneur fit tisser un pavillon blanc et manifesta l'intention d'accepter les conditions offertes avant l'ouverture de la brèche ; mais dloxs le général Cole refusa toute es* pèce d'accommodement , il exigea que la garnison se rendit à discrétion , et fit continuer le feu; à
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deux heures la brèche était tout-à-fait praticable ; le gouverneur se voyant sans ressouï^ce, et craignant avec raison d'être enlevé d'assaut , céda à la force des circonstances, etserëiidit sans condition. Au surplus ce brave tnilitaire ne pouvait faire des miracles; il fit humainement tout ce qu'il était possible de faire pour l'honneur et la gloirQ de nos armes. En lui payant ce tribut d'éloges, nous ne pouVons nous empêcher dç faire remarquer combien les Anglais durent être étonnés en voyant sortir , de cette mauvaise place , une garnison de 370 hommes, officiers compris, auxquels Us firent lés honneurs d'une attaque en règle. Telle fut l'issue du siège d'Olivença. Si les Français commirent la faute de conserver cette plaç^ et d'y renfermer une faible garnison , les Anglais en firent une plus grande encore, en s'arrêtant pendant huit jours devant une bicoque qui n'avait plus d'importance, et qui serait tombée d'ellemême après la prise de Badajoz, qu'ils auraient pu attaquer avec succès dès le commencement d'avril, s'ils avaient eu plus d'audace et de péné^ tration.