‹ Relation des siéges et défenses d'Olivença, de Badajoz, et de Campo-Mayor, en 1811 et 1812, par les troupes françaises de l'Armée du midi en EspagneChapitre 26 sur 31 · PREMIÈRE DÉFENSE DE BADAJOZ · texte numérisé non relu

PREMIÈRE DÉFENSE DE BADAJOZ

'ÀVàhi de quitter les rives de la Guadiahà, lé pj y général èti chef avait nommé le général Philippon gôuverheur de Bàdajôz, et donné des ordres pour mettre cette placé promptemeht en état de défense. Ôri a déjà vu que son départ avait été précipité par cfes mouvemens hostiles, que son absence prolongée de Séville et Fisoïement de cette grande cité , avaient faioiisés ; mais F^ctivité imprimée à toutes les opérations de la campagne , et Tenthousiasme qu^il avait inspiré aux troupes , s^étaient maintenus danscellesdelagarnison. Tous les corps contribuèrent donc avec un dévouement et une persévérance héroïques aux travaux qui devaient donner à la place les propriétés nécessaires pour soutenir ùh siège ; l'artillériè et le génie plus particulièrement chargés de tous tes prépâràtifià , donnërént dans cette nbiiv elle circonstance Feienip\e d'une fermeté inéDrànla{)!e pour surmonter tous lés ob'étâcïés, et cohcîuire à terme une défend que fout aildonçalt devoir èti'e longue et péhibTe.

Tandis qtie ta majeure partie des forcés du géttétàiÉêcf^btt suivait lés tracés cîfu S^ côrjis et ffiisait le siège d'Olivènça, quelques détachèmeris ohsertaîeilt Éâdàjôz : sahs pourtarit éntriçprehdre

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rinvestissement de la place, ils la cernaient au loin assez sévèrement pour l'empêcher de communiquer avec les armées, et pour lui ôter l'avantage de se procurer des vivres des villages voisins. Le gouverneur voyait avec anxiété l'état de blocus indéfini dont on le menaçait; il ne lui restait point de ressources pour se procurer des subsistances : d'un autre côté les travaux que la garnison était obligée d'exécuter, et le service extraordinaire auquel elle était forcée, pour se garantir des surprises , ne permettaient guère de diminuer les distributions de vivres; cependant il se trouva contraint, le lo avril, de réduire d'un quart la ration de pain, et malgré cette économie, les magasins , qui n'étaient approvisionnés que pour trois mois , allaient bientôt s'épuiser.

Depuis le 12 mars on. avait travaillé à raser les ouvrages d'attaque et à relever les maçonneries de la courtine 3^ ^}}^itneeu brèche par les Français. Divers autres travaux de fortifications, et particulièrement ceux entrepris au fort Pardaleras , qui n'était plus qu'un amas de. décombres quand nous prîmes possession de Radajoz , avaient él;é. poussés avec une égale promptitude, non sans de grandes difficultés, les matériaux étant devenus très-rares et Je npipbre de maçops. insuffisant.

. L'artillerie, de son côté, s'était occupée del'ar-

mement de la place; son matériel avait été aug* nienté de celui de Campo-Mayor, et comptait assez de munitions de guerre ; mais le personnel n'était point proportionné aux besoins.

Le gouverneur^ qui ne négligeait rien de ce qui éltait nécessaire au bien du service, dvait fait la répartition des troupes sur les remparts, pour les mettre à Fabri d'une attaque de vive force , et , de concert avec le commandant du génie, il avait pourvu également aux moyens de mettre les ouvrages extérieurs à couvert d'insultes. Instruit par ses émissaires et par les proclamations répandues dans les campagnes, des tentatives de l'ennemi pour tâcher de séduire la population , il n'avait pas donné moins de soins aux arrangemens de sûreté intérieure, en établissant une police sévère; quelques personnes suspectées d'avoir des intelligences avec les alliés furent éloignées., et des mesures rigoureuses furent prifiies pour empêcher de nuire à la tranquillité publique*

Les employés- des administrations du 5" corps, qui n'avaient pu suivre le quartier-général., fur rent réunis à ceux de Badajoz et organisé^ çn compagnies; le gouverneur en donna le c<pmmandement au lieutenant de gendarmerie Beaucourt, retenu dans la place pour la guérison d'une blessure, et qui néanmoins avait voulu se rendre utile. Ces compagnies montrèrent une noble

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éniul^^tioil.étQbÈicbùrtirëntaitisi que led troupes de l%nëà kl dèfenâe: enfin les excellente^ disfjosïtidns qui furent prises pour assurer toutes les parties du service ^ eurent par la suite une très -heureuse ififluenee sûr la durée du siège.

Le i5 avril ou entendît Une très-forte canonnade dans la direction d'Olivença ; le lendemain oti apprit que cette place était tombée au pouvoir de rentiemi; cet événement fit penser que Badajoz né tarderait pas à être assiégé à son tour, et excita uiîé nouvelle afctivité dans tous les* genres de travaux; Déjà Pa^daleras commençait à sortir de ses mines et à reprendre ses anciennes formes ; le palbsadement dé la gorge de ce fort fut aussi commencé.

Du i6 au lOj on continua de perfectionner les ouvrages entrepris ; des habitans qu'on avait requis et des travailleurs d'infanterie aidèrent les trôttpes du génie et de Tartiilerie à faire les rembkis et à construire des traverses sur les rempàirts; les oùtriers du pays devenaient de jour en joûf plus ratfès: la crainte d'un nouveau siège et leÈ insîhûatloiïS de l'ennemi les faisaient farr dé la tille-

Le a I on àèheia' de feri^er la bj*èéhe de là coiirtiiie 3, 4? à laquelle on if avait pais éè^^é de travailler depuis rentrée dés' Français dans la place, on termina aussi pendant cette journée le palis-

sadenijent de la gorge de P^rdaleras^ aiosi que quelque^ réparation^ qui avaient été comiBeqcées à la luQette Picyrina.

Les conséquences qui pouvaient résulter d une brèche a^\x porps de place ayai^nt été pour le gouverneur et ppur la garnison un véritable spjet d'inquiétude; car, si au lieu de perdre huit jours à faire le siège d'OÎivença, le général Cole, avep S à 6 mille hommes, s'était présenté, dès la fin de mars, devant Badajoz, il n'est point douteux que cette place, qui était alors loin d'être en étAt d^ défense, et qui n'avait qu'une très-faible garnison , n'eût succombé en très-peu dç tORips ; comment se p^ut-il que legénéral Wellington, qui était parfaitement instruit de notPe situation, ait négligé une opération aussi essentielle aus^ intérêts des alliés. On serait tenté dç croire qu'il a vpulu exercer ses troupes à une espèce de simvi^çre 4e si^e devj^n^t pHve^ça, afin de les instruire; ou peutrétr^ n'agissait-il dans cette circonstance d'après auçuu plaq arrêté.

Le siège sou^wu par 1^ Espagnols, et le§ 4^^niers préparati& dçdéfens/e, avaient épuisé tp^t^ les, ressQUfc^ c^ Badajoz et de ses euvirouiis : qn manquait particuUèremept dé bois ^ çonstructipu, ^t il n'y ayajt 4'autrç woyçn de s'en procurer qu^en lais^nt une irruption soudaine dans, 1^ foret I9 pb^ voisine : m^S; les dangers ^u^quels 09

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s'exposait en s'éloignant de la place avaient suspendu toute détermination à cet égard : ce ne fut que d'après les pressantes sollicitations du commandant du génie que le gouverneur se détermina à organiser une expédition militaire pour 4* Sortie, remplir cet objet. Ije 22, trente voitures d'artillerie bien attelées et escortées par quatre compagnies de voltigeurs et trois compagnies des troupes du génie, munis de haches , sortirent de la place à quatre heures du matin, sous les ordres du chef de bataillon Marquet, du 88*, et du capitaine du génie Gillet, et se rendirent avec la plus grande célérité dans la forêt de Fuentes-Équilla , à deux lieues de Badajoz, pour couper et enlever des bois propres auxdifférens ouvrages de défense. Déjà les bois étaient abattus, le chargement des voitures terminé, et le convoi était en route pour revenir, lorsque vers une heure après midi le guet de la ville signala l'ennemi sur la route de Jurumenha : en effet un corps d'environ i,5oo hommes d'infanterie, précédé de 4oo de cavalerie, prit position sur les ceros del viento, et de Lebralos, enveloppant ainsi la place au sud, entre la Guadiana et la Rivillas. Cet événement fortuit causa d'abord les plus vives inquiétudes sur les risques que couraient les troupes de l'expédition ; les Anglo-Portugais venaient-ils dans l'intention de reconnaître la place, ou se présentaient-ils pour

en faire le siège ?atàient41s connaissance de l'expédition entreprisé le matin, et venaient-ils pour barrer lé cheniin au convoi et s'en emparer?

Voilà les questions qu'on se faisait et qu'il était impossible de résoudi'e; il était urgent toutefois de faire avertir le Commandant Marquet du danger qui le menaçait, afin qu'il prît de suite les précautions nécessaires pour se mettre en garde, et ne pas se laisser prendre au dépourvu ; l'expédient lé plus sûr et le plus prompt était de faire plusieurs décharges de canon : l'artillerie reçut donc l'ordre de tirer; alors le commandant Màrqùet eut la sagacité de juger que l'ennemi s'était montré devant Badajoz, et quoique le convoi fut arrivé à une lieue de la ville , néanmoins il prit la résolution de l'abandonner, de réunir les chevaux du train, de former sa troupe en masse , de marcher avec diligence , et de faire une trouée pour nous rejoindre; présumant bien qu'aussitôt qu'il se montrerait, la garnison lui donnerait la main pour l'aider à rentrer : enfin vers deUx heures après midi on aperçut au loin un tourbillon de poussière qui s'élevait jusqu'aux nues. Peu d'instans après on vit paraître la colonne surlePosito-alto; alors le gouverneur, qui avait fait mettre la garnison sous les armes, fit sortir un bataillon d'infanterie, deux pièces de canon et 5o hommes de cavalerie, qui attaquèrent

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Tennemi avec vivacité $w te cerodel-viento , en même temps qi^e les troupes dw convoi avanç^ent avec une rapidité incroyable pay Iç chepaip de Valverdp, et ipepaçaient ses derrières. §e trouvant ainsi afitaq^é de frpnt par la garnison et k do^ p^ des troupes dont il ignorajt la force, il abandonna précipitamment \e cerq-del-viento, laissant I officier et 4 ^old^ts tuésf, plusiçiirs blessés, e^ 4 officiers et 38 soid^ts prisonniers^ L'attaque fut si impétueuse que Tennemi n'eut pas le tçnjps de prendre 1^ détermination de se défendre; il se replia de toutes parts et nou^ abandonna en toute h4te les positions qu'il venait d'occuper *• Notre perte fut de deux soldats tués et sept blessés; au nombre des derniers étfiient un officier du iQo^ et nn du train des équipages» militairp^. Vennemi s'étanf ensuite éloigné, on renvoya les chevaux escortés par 4^s troiipes qui s'échelon*^ nèrent de distance ^ distance; on attela de nouveau cps chevaux ^\i^ voitures qui épient demeurées intac|;es ; enfin à quatre lieures après midi le cçmvoi ét^iiî rentré en ville. No^ trpupes montrèrent beaugço4;p de résolution; le commandant Marquejt: s$ dif ting^a par 1^ sagesse et la prompr

' Nous apprîmes par un officier anglais, prisonnier, que cette subite apparition de l'ennemi avait eu pour objet de protéger VAe ï€co^|)iii9Piuic^ q^ lor4 IVellii^on aTâit déairé faire en pardonne.

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titude de ses mouvemens, dans une circonstance des plus difficiles , il fut parfaitement secondé" par le capitaine Gillet et par le lieutenant d'artillerie Tortel.

Le a3 au matin, on aperçut encore sur les hauteurs âoigqées difiS^ens détachemens de cat-^ Valérie et quelques feux de bivouac.

Les 24, ^5, a6 et a 7 se passèrentsans événèmens. Les eaux de la Guadiana s'étant-élevées dé plus de deux mètres, on apprit que le pont de bateaux de Jurumenha avait été. emporté dans k nuit du a3 , et que le maréchal Beresfort s'était trçuvé pendant plusieurs jours sans communication avec le Portugal.

Le a8^ on commença le palissadement du chemin couvert de Pardaleras, et Ton continua les ouvrées entrepris sur plusieurs autres points.

Depuis long-tems le commandant du génie avait eu l'intention de faire des dispositions de défense souterraine en avant des ^onts i, a et 3, persuadé qu'elles contribueraient à rendre la résistance très-longue et très-meurtrière, si l'ennemi ^ en cas de siège, choisissait l'un de ces fronts pour effectuer une principale attaque; mais il fut forcé d'employer les mineurs à des travaux plus mrgens; son premier dessein avait été de Êdre construire une. lunette en avant du bastion N^ a, et un^^té dans une île de la Guadiana,

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ep aval du pout; mais, outr^ que le tema et les matériaux auraient manqué pour donner à ces deux ouvrages les propriétés désirables^ ils n'auraient guère été supérieurs à UD simple système de mine, dont le véritable état pouvait être dérobé à l'ennemi, et qui, par cela roême^ serait pour lui un sujet continuel d'inquiétud|^; epfii^, l'espoir d'amener les assiégeans à une guerre souterraine si rare dans les annales ,i|[|iÛtaires, et le désir d'utiliser les mineurs qui é(aiwt dians ^la place, le détermina à employer ce puissant moyen de défense , de préférence à •font aujtre : ainsi le 29 avril , après avoir fait faire un approvisionnement suffisant de boié pour . châssis et planches de coffrage, il chargea le capitaine Gillet de faire pousser trois galeries principales, de la. contrescarpe sous les glacis, en capitales du bastion :», et des deux demi -lunes latérales, au bout desquelles galeries il serait .pratiqué des rameaux pour préparer une disposition fAe fourneaux , et arrêter l'ennemi à cette distance, soit qu'il suivit la marche ordinaire des attaques^ soit qu'il s'en écartât. Ces travaux produisirent l'effet moral qu'on devait en espérer : on ne tanla pas à s'entretenir en ville des mines défensives ^ on exagéra même si fort la perfection et l'étendue du système adopté , que les Anglo4^drtugais qui en furent instruits, n'o-

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sèrent point (ils en. $oqt convenus après.) attaquer la place de ce côté*

Cependant l'incertitude çù nom étions de ce qui devmt arriver, i^t la crainte de ne pa&étre secourus à tems, c'est-à-dire ayant d'avoir cchqk sommé les vivres^ nous suggéra l'idée de miner aussi les bastions i, a. et 3, pour les £aire sauter, si toute&>is^ à la suite d'un long blocus , la garnison venait k être forcée d'abandonner )a place, et de se faire jour au milieu des ennemis pour rejoindre nos armées, et ne pas être réduite à ca** pituler. Après avoir arrêté ce projet , de concert avec .le gouverneur, on entreprit encore troi^ puits démines en AB C (planche 3); ces nouveaux travaux s'exécutèncnl; en même tems cpie ceuj; des mines défensives commencées en avant de ces mêmes bastions '.

Le 3o, on ^t reparaître quelques détachemens de cavalerie auxqueb on donna promptement U x^basse.

Les trois premiers jours de mai se passèrent ^ns événement remarquable; la parfaite tranquil-

Le général Brenier airait fait préparer de semblables moyens de destmcdon aux fortifications de la place d*Almeida ; son projet fut exécuté avec unç grande habileté dan» la soirée du lo mai par le chef de bataillon MorUt; )e résultat en (oi prodigieux, il causa des transports d'admiration et de joie à Tarmée française, et un ▼rai dqpit à Ig^d Wellington, «i^ud la gapPAison d'Aimeida échappa comme par enchanteiqentt

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lité dans laquelle les alliés laissaient la garnison était trèsrfavorable aux ouvrages de défense , et on en entreprit encore de nouveaux. Cent cinquante travailleurs furent employés à rapporter des terres dans la demi-lune du front a , 3 , pour la mettre en état d'être armée.

Les inondations autour d'une place devant toujours procurer des avantages par leur étendue ou leur profondeur y surtout lorsqu'elles peuvent être alimentées par quelque courant, on profita du ruisseau de la Rivillas pour en former une en avant des fronts 6, 7, et 8. Un nivellement préalable avait déterminé ' cette entreprise, et, dès le 1®^ avril, le commandant du génie avait fait jeter les fondemens d'un batardeau en maçonnerie sous l'arche du pont H , devant le front 7, 8, pour retenir l'inondation à une hauteur de 3 à 4 mètres '. Les eaux s'étant élevées jusque dans les fossés de la lunette 149 un second batardeau fut exécuté à l'extrémité de celui de gauche de cette lunette, avec un déversoir par le-^ quel s'écoulait le trop plein de l'inondation , après avoir baigné le pied des glacis et rempli le fossé du front 7, 8; ce travail important fut confié au capitaine de sapeurs Martin qui s'en acquitta avec beaucoup d'intelligence et d'activité.

' On laissa une ouverture an milieu de ce batardeau pour j placer une vanne et faciliter Técoulement en tems ordinaire.

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Plus de 4o jours s'étaieiit déjà paisses sans que l'ennemi eut fait le moindre pas qui pût

nous amener à un dénouement, et cet état passif causait un sentiment dlmpatience général dans toute la garnison ; enfin le 4 9 aux premiers rayons du jour, on vit paraître, sur la route.de Talavera, une colonne de 5 à 6 mille hommes d'infanterie, suivie d'artillerie, de chevaux et de chariots; à 9 heures, les positions de Lebralos et del-Viento furent occupées , et l'ennemi , 'pendant le reste de la journée, opéra l'investissement de la place sur la rive gauche de la Guadiana; son apparition causa une grande agitation daiis la ville; le bruit du canon, et l'appareil d'un siège, alarmèrent les habitans; les plus timides s'éloignèrent en Portugal, pour éviter l'orage qui allait fondre de nouveau sur leur malheureuse cité.

Un esprit bien différent animait nos soldats ;, sans s'inquiéter du nombredes ennemis, ils demandaient tous qu'on fît une sortie pour les chasser des positions dont ils s'étaient emparés; malheureusement la garnison avait été trop faible pour défendre ces positions et il eût été plus difficile encore de les reprendre. L'ennemi avança donc à, portée de canon sans opposition , et s'empara d'un, terrain qui aurait pu lui être disputé pendant plu*sieurs jours , si nous^ en avions eu les moyens ; cependant le gouverneur envoya des petits déta-

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ohemens en avant des ouvrages ext^rieurd, pour tâcher d<ç retardet rouvérture de la tranchée, et faire quelques prisonniers desquels on pût tirer des reillseignemens.

Le 5 au matin, plusieurs officiers anglais s'approchèrent de la place pour en faire la reconnaissance , mais ils furent éloignés par les avantpostes et par le canon ; le reste de la journée fut employé à l'inves.tissement et à la formation des camps; quelques paysans qui étaient rentrés en ville par le chemin d*Elvas, nous apprirent qu'un nouveau pont avait été construit sur la Guadiana, immédiatement au-dessous de l'embouchure de la Caya.

La journée du 6 îiit également employée, par Pehnemi, à diverses reconnaissances et à rétablissement des camps. Vers midi un parlementaire se présenta par la route d'Albuhera avec une lettre adressée au gouverneur , dont copie est ci-après :

a Monsieur le général , les troupes alliées sous^ « tues ordres ayant entièrementinvesti la place de tf. Badajoz, stir la rive gauche de la Ouadiana , j'ai « l'honneur de vous annoncer que je ne saurais «permettre à tel individu que ce soit, sans dîs- « tinction de sexe, d'âge ni de profession, de sortir « de la susdite place pour approcher ou pour « passer mes avant-postes à moins que ce ne soit

DEBADAJOZ. ï5i

a un parlementaire selon les règles dé la guerre ; « en tout autre cas , mes avant-postes résisteront* « à l'approche des susdits individus, d'après les « ordres que je viens de leur doiiner ce jour-ci. « Vous voudrez bien , monsieur le général , c faire part aux kabitans de la ville de Badàjbz « que tels sont mes ordres aux postes avancés des ff alliés ; des événemens fâcheux qui, sans cette « précaution, pourraient arriver aux individus non « guerriei^ , seront par ce moyen évités.

a Tai Fhonneur de vous saluer avec une contf sidération distinguée.

a Signé Stewart, Major-Général.

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