ATTAQUE DE DROITE
A la même heure, le capitaine Lemut monta la tranchée à cette attaque : comme il ne lui fut fourni que très- peu de travailleurs y il se borna à faire rétablir les dégradations occasionnées aux deux batteries B, C, par les pluies erle canon de la place.
A quatre heures du soir, le capitaine Martin monta la tranchée avec 5o travailleurs seulement ; il fit ouvrir, pendant la nuit, 70 mètres de boyau à la gauche de la batterie Cazin (£}, afin d'assurer les derrières de'^ette batterie contre les sorties: ensuite , il fit réparer la partie de droite, qui avait été endommagée par les pluies et le feu de la place.
On commença un retranchement en avant du camp du 4.™^ de dragons, et une batterie sur la droite, pour le défendre contre \es sorties.
Le coounandement de la tranchée fut confié le 5 au général Maransin , qui avait soûs ses ordres le colonel Hulot , le chef de bataillon Bonnet , le lieutenant d'état-màjor Brzozowiski , et deux bataillons de garde. Le feu de la place fut très- vif
pendant cette journée , et particulièrement dirigé sur les batteries B , G , de l'attaque de droite , où une de nos pièces de canon fut démontée et son affût rtiis hors de service. Ges deux batteries ré-
pondirent par 76 coups de canon : celle des Grenadiers, à l'attaque du centre, tira 235 coups. La batterie de mortiers continua le bombardement, et lança 26 bombes de 10 et 12. pouces , et 24 obus de 8.
Sixième nuit y du 5 au 6/èmer.
ATTA.QnB DB Gi^UCHE.
Le capitaine Bagnac, de tranchée à cinq heures du w>îr avec I o sapeurs et i oo travailleurs d'infanterie, fit prolonger de 200 mètres la communication de droite de la batterie Cazin i E ) :
ce travail eut toujours pour but de défendre cette batterie contre les sorties. ^
Le capitaine Lefaivre continua le retranchement et la batterie en avant du 4 .™*^ de dragons.
ATTAQUE DU CBVTRB.
Le capitaine Andouau monta la tranchée à cette attaque, à )a même heure,' avec 3o sapeurs et 200 travailleurs, et fit continuer la batterie H, commencée la veille, et travailler au perfectionnement de la parallèle. Les terres étant très-raouillées , offrirent beaucoup de difficultés : de manière qu'au jour le travail était peu a-
ATTAQUB DE DROITE.
Le capitaine Lamortelle était de service à cette attaque, avec 10 sapeurs et 60 travailleurs ; il fit comillencer des fossés aux gorges des bateries B , G , et les fit palissader de manière à en faire des redoutes. Le chef de battaillon Lamare traça une troisième batte* rie , cotée I, près de la route de Talavera , afin d'appuyer la ligne de contrevallation que l'on devait foire ultérieurement.
Le capitaine Lemut , avec 5o travailleurs, fit aussitôt entreprendre cette troisième batterie.
Depuis les premières opérations du siège, la cavalerie de réserve, aux ordres du général Latour-Maubourg, faisait des incursions en Portugal ) et se présentait alternativement devant les places d'Elvas et de Campo-Major : dans les différentes rencontres qu'elle eut avec l'ennemi, elle lui occasionna des pertes et lui fit des prisonniers. Cependant lord Wellington, informé que le duc de Dalmatie «'avançait avec les troupes disponibles de l'armée du midi, prévit qu'il ne se bornerait pas à menacer vainement la frontière du Portugal : il détacha un corps espagnol de son armée sur ce point , pour s'opposer à la marche du maréchal ; mais ces mouvemens tardifs n'empêchèrent pas la prise d'Olivença et le siège de Badajoz. Ce ne fut que le 6 , à la pointe du jour, que ce corps parut sur les hauteurs en avant du fort San Cristoval, et qu'il se mit en communication avec les assiégés. Le général Mendizabal avait remplacé le marquis de la Romana dans le commandement des troupe^.
A l'arrivée de Mendizabal , la cavalerie de réserve, qui formait l'investissement de la place sur la rive droite du fleuve, fut obligée desere- » tirer deixière la Gevora. Toutefois le général Latour-Maubourg eut ordre de faire quelques tentatives pour rétablir l'investissement; il se présenta vers les trois heures après midi devant la
cavalerie portugaise, qui était venue se former sur la rive gauche de cette rivière , la chargea , et la culbuta sur l'autre rive, en lui faisant éprouver une perte assez considérable d'hommes et de chevaux. Malgré cet avantage, il ne put reprendre sa position en avant de San Cristoval, les Espagnols étant trop forts sur ce point. Dans cet engagement, le 14."*' régiment de dragons acquit beaucoup de gloire en forç.ant le passage du pont W de la Gevora sous le feu de la mitraille; les 26"^ de dragons , 4-"'' et 21."'' de chasseurs à cheval, a.""^ et lo.™'' de hussards, qui étaient commandés par les généraux Bouviers-des-Eclats et Briche, se distinguèrent aussi particulièrement.
Le colonel Prœflie prit le commandement de la tranchée dans l'après-midi du 6, ayant près de lui le colonel Després, le chef de bata^lon Marquet, et le lieutenant d'état-major Fabreguette. Deux bataillons formaient les gardes comme de coutume.
Pendant la nuit qui suivit, le mauvais temps et le petit nombre de travailleurs dont il était possible de disposer, lie permirent pas de pousser plus loin les attaques : le général Léry ordonna seulement la réparation des parties dégradées par le feu de l'ennemi, et le perfectionnement de ceux entrepris la veille. Une nouvelle batterie (cotée K) fut tracée sur les bords de la Guadiana.
Les assiégés parurent occupés de quelques naouTemens intérieurs : leur feu, pendant ces vingt-quatre heures, fut moins vif, et nous n'eûmes que deux blessés.
Le 7 à midi, le colonel Quiot^vait le commandement de la tranchée : le chef de bataillon Brun, le capitaine Ricard, aide-de-camp, le chef de bataillon Redouai , et le lieutenant Bochini, étaient de service sous ses ordres.
Huitième nuit^ du 7 au ^février.
ATTAQ1JS DB GA17CHS. ATTAQUB DU GSlTTaE.
Le capitaine Martin, avec i5o trayaillenrSy prit le service de cette, attaque à quatre heures du soir, et fit ouyrîr une deuxième commani-~ cation en arrière de la batterie Cazin (E) , pour en faciliter rapproche, deyenue trèspérîUeuse par le -feu continuel des assiégés , dirigé contre cette batterie. Labat< terie K fut conimen< cée par le capitaine LefaiyreaTec 100 trayailleurs, et reçut le nom de batterie des Fusiliers.
Le capitaine Lemut monta la tranchée à la même heure, au centre, avec 3 5 sapeurs et 200 trayailleurs d'infanterie. Cet officier fut blessé dans la tranchée d'uneballe qui lui trayersa la jambe. Un instant après , les assiégés firent une sortie : les trayailleurs > furent dérangés pour prendre les armes et combattre ayec les autres troupes : les travaux en souffrirent, et ia* rent très - retardés pendant cette nuit.
▲TTAQtTB DE DROITZ.
Le lieutenant Bruchon, de tranchée à cette attaque, continua le travail des batteries B, C, I, qu'on espérait achever sans la sortie survenue.
Cet officier fut blessé mortellement.
Pendant la nuit l'artillerie jeta dans (^ ville des batteries F, G, 18 bombes de I a pouces, a a de lo, et 48 obus de 8.
Divers mouvemens qu'on avait remarqués sur 6* sortie les hauteurs en avant de San Cristoval et sur la - ^
route d'Elvas , firent croire , dans la matinée, qae l'ennemi se préparait à une attaque vigoureuse. En effet la garnison, renforcée des troupes espagnoles venues du Portugal sous le commandement de MendizîAal, sortit de la place vers trois heures de l'après-midi, au nombre de 6 à 7 mille combattans, dont environ 3oo de cavalerie. Les premières démonstrations, protégées, par une canonnade des plus vives, eurent lieu sur nos ouvrages de gauche. La division Gazan, qui était sous les armes, appuyée par le 4.™* régiment de dragons , se porta jusque sous le canon de la place : à la vue de cette division , les assiégés rentrèrent précipitamment dans les chemins couverts. Le maréchal duc de Trévise, pénétrant les desseins de l'ennemi, dont les efforts antérieurs sur ces points avaient été infructueux, portait son attention vers la droite, où l'ennemi ne tarda pas à diriger toutes ses forces. Le 2."* bataillon du 28."* léger, et le i.'''^ du 100."'*' de ligne, envoyés d'avance sur la route d'Albuhera pour renforcer la partie droite, étaient déjà en position, lorsque les assiégés, après avoir disposé leurs colonnes derrière les lunettes i3 et i4 , ainsi que dans les chemins couverts qui lient ces deux ouvrages, attaquèrent les batteries B , G , I , faiblement armées, avec une telle vivacité que les troupes qui les défendaient furent contraintes de les abandonner.
SIÈGE D£ BADAXOZ. 49
En ce moment le capitaine d'artillerie Cazeaux • et le capitaine Lemu, du 34."% sont tués, le lieu*tenant des sapeurs Bruchon blessé à niort , et les batteries tombent au pouvoir des assiégés. Ce*pendant. le duc de Trévise donne l'ordre au général Girard d'attaquer l'ennemi de front avec le bataillon du 28."% deux bataillons du*34."'% et deux bataillons du 40."*'' , tandis que deux bataillons des 64.""' et 88."% à la tête desquels étaient les colonels Veiland et Chasserauxy le prennent en flanc, et menacent de lui couper la retraite. Le<:omJ)at s'engage avec le plus grand acharne* ment, nos troupes abordent les Espagnols à là baïonnette, les culbutent hors des batteries, et les rejettent en arrière. Leur réserve fait alors mi mouvement en avant pour soutenir lé choc, maïs elle est bientôt entraînée à son tour par la fuite dés premières colonnes. Chargés sur tous les points , et près d'être coupés par les 61^""^ et 88.""% les assiégés ne trouvent de sûreté que dans leurs ouvrages, où ils se retirent en désordre. Telle fut Hissue d'une sortie dont les alliés attendaient les plus heureux résultats , mais qui fut hasardée de' trop loin pour ne pas être repoussée avec de grandes perles. Nos troupes se conduisirent avec leur valeur accoutumée : la 2.°* compagnie du 3.°* régiment d^artillerie à cheval contribua, par un fendes plus vifs, au succès de dette journée,
Ho SIEGE DE BADAJOZ.
€t augmenta beaucoup les pertes de rennemi. Le duc de Trévise cita honorablement les généraux Gazan et Girard, qui marchaient à la tét^des colonnes et leur montraient l'exemple ; il cita aussi les généraux de brigade Brayer et Philippon; les colonels Quiot , Veiland , Vigent ( blessé ): les chefs de bataillon Pichard, Camus, Vagten, Bonnet , Voirol , Hudry , chef de Tétat-major de la i." divisioh,et le chef de bataillon d'Arnaud , aidede-camp ( blpssé ); les capitaines Gfitte, Pinel, Hurtaut, du S^""" : Lamare, Lalande, Bobert, du 40."""; Chevaillot, Gui, Mouillaud, du 64.°"'; d'Arras, Neveu et Brassot, du 88."*. Notre perte fut considérable : le colonel Vigent mourut de ses blessures; 6 officiers furent tués, a 5 blessés ; 48 soldats tues, et 337 l>l^ssés.. La perte des assiégés fut beaucoup plus grande ; d'après la quantité de morts restés sur Iç champ de bataille, on présuma qu'elle était de 6 à 700 hommes : le br^adier de Zamora et plusieurs officiers furent tués près des batteries. Les Espagnols montrèrent beaucoup de résolution, et ne rentrèrent dans la place qu'après avoir fait les plus grands efforts pour'^epousser les assiégeans.
Il est difficile de concevoir qu'avec des forces aussi considérables que celles dont pouvait disposer le général Mendizabal , il ait laissé au duc de Daimatie le loisir de faire le siège de Badajoz,
SIÈGE DE BADAJOZ. 5i
et de lattaquer même dans son camp, comme on le verra plus loin. Cette conduite tenait sans doute au faux système trop souvent suivi de s'opposer seulement de front à la^ marche d'une armée d'invasion. Mendizabal aurait dû ne laisser dans la place qu'une garnison de 6000 hommes, tenir ensuite la campagne avec ses autres troupes sur la rive gauche de la Guadiana , occuper les défilés de la Sierra, et agir sur nos derrières, de manière à couper notre ligne d'opérations avec Séville. Cette manœuvre eût été d'autant plus sûre, que la supériorité numérique de ses forces, et les secours qu'il pouvait attendre du patriotisme des habitans , lui donnaient toutes les garanties possibles de succès. Dans cette hypothèse, le duc de Dalmatie eût été obligé de diviser sa petite armée, d'envoyer un fort détachement pour le contenir; et peut-être aurait-il été forcé , non-seulement de ralentir le siège de Badajoz , mais encore de renoncer tout-à-fait à cette entreprise. Le général espagnol n'était point à la hauteur des conceptions et de la tactique militaire de son adversaire; et, par une maladresse inconcevable, au lieu de manœuvrer , Mendizabal s'obstina à défendre Badajoz sous ses murs : il fut vaincu , et devait l'être.
Le 8, le colonel Veiland monta la tranchée; le chef de bataillon Vagten, les capitaines Petiet et
5i SIÈGE DE BADAJOZ,
Flatterie, étaient de service près de lui. Un ordre du jour an général en chef décida que les batteries cotées B, C, Importeraient les noms de Cazeaux, Bruchon, et Lemu, en mémoire de ces officiers morts glorieusement pendant la sortie du 7; celle cotée H reçut le nom de batterie des Carabiniers. Notre perte à la tranchée fut de 2 hommes tués et 8 blessés.
JSeuvième nuit^ du 8 au ^février.