‹ Relation du Détroit et de la baie d'HudsonChapitre 2 sur 5 · PAR MONSIEUR JEREMIE · texte numérisé non relu

PAR MONSIEUR JEREMIE

Pour prendre les choses dans leur origine, et pour mieux donner l'intelligence de ma Relation, je dirai que les Danois naviguërent dans ces pays, il ÿ a quatre-vingt dix à cent ans.

Le Détroit que nous nommons d'Hudson, a pris ce nom de‘Henri Hudson; anglais, qui le découvrit l’an 1612. [1 a 120 lieues de long et 16 ou 18 de large. Il est bordé des deax côtés de rochers escarpés d’une hauteur prodigieuse, tous entrecoupés de collines sombres où le soleil ne communique jamais la Jumière, La neige et les glaces s'y voient toute l’année, pe qui cause des fraîcheurs terribles: et si l’on ne profitait pas des temps où. elles sont moins fortes qu’en d’autres, il serait impossible d'y naviguer. On ne peut y passer que depuis le 15 de juillet jusqu’au 15 d’octobre. | k

Encore dans ces saisons-là on est quelquefois obligé de donner dans des bancs de glaces, et il n’est pas aisé de s’imaginer comment. un navire péut s’y faire passage: car elles sont quelquefois si pressées les unes contre les autres, qu’autant que la vue-peut s'étendre, on ne voit pas une goutte d’eau. On se grapine, c’est-à-dire, on saisit les na- ‘vires contre ces glaces comme contre une muraille, et lorsque par la ‘force des vents ét des courants qui sont très violents dans ces endroitslà, il sv fait quelque ouverture au travers des gluces, alors on met les. voiles au vent, lorsqu'il est favorable, pour se fuire passage ‘avec de longs bâtons ferrés. Pour cet effet, oa pousse ou l'on écarte ces glaces; mais malgré tous ces efforts, on y est quelquefeis plus d’un mois embarrassé sans pouvoir avancer. C'est ce qui cause la difflculté de ges voyages: car d’ailleurs, avec certaines précautions, on ne court pas plus de risque que dans les autres mers. ot

Quoique ce Détroit soit un pays tout à fait incalte, et le plus in-. grat de tous les pays du moade, il y a cependant des Sauvages que nous nommons Esquimaux, qui habitent dans ces malbeureux déserts. Is ont cela de commun avac le pays qu'ils occupent, qu’ils sont si farouches et si intraïtables, que l’on n’a pas pu jusqu'à présent les. attirer À aucun commerce. Ils font la guerre À tous leurs voisins, et Jorsqu’ils tuent où prennent quelques-uns de leurs ennemis, ils les man- Sent.tout-orûs, et en-boivent le sang. Ils en font même boire ‘à leurs.

enfants qui sont à la mamnelle, afin dé leur insinuer la barbarie et l’ardeur de la guerre, dès leur plus tendre jeunesse. . r

Ils sont presque toujours sans feu, à cause de la rareté du bois. Le froid y est cependant extraordinaire en quelque saison que ce soit, Is logent pendant l'hiver dans les creux des rochers, où ils se renferment avec leurs familles, et couchent tous ensemble sans distinction de sexe vt de parenté. Îls y restent plus de huit mois; sans voir ni l'air, ni rien qui approche de la lumière. Ils ont la précaution pendant Îes

. trois où quatre mois d’été, d'amasser des viandes de baleines. de va-

ches-marines et de Joups-marins, dont il £e trouve beaucoup dans tous ces pays-li. Jls font toutes leurs chasses et tuent toutes vortes d’ani-

‘maux avec ès flèches, 4 quoi ils sont fort adroits, Ï]s n’ont jamais eu

l'usage d'aucunes armés à feu ni d'aucun ferrement, à moins qu'ils ne surprennent quelques-unes de ros chaloupes pêcheuses. Aprés qu'ils ont déchiré et mangé nos pauvres matelots, ils se servent de ces petits bâtiments pour aller d'un lieu à l’autre; et lorsque ces chaloupes sort hors de service, ils les brisent afin de profiter des clous qu'ils forgent entre deux eailioux pour leur usage. Ïls font des espéces de biscayennes, qu'ils couvrent de peaux de loups-marins, au lieu de bordage, J'ai vu des biscayennes assez yrandes pour porter plus de cinquante personnes, [s font aussi de la même manière des petits canots, où ils ne lisent qu’une petite ouverture au milieu pour la place d’un homme dis; cette ouverture est entourée d'une bourse, qnise fie au travers au corps, de manière que les vagues leur passent par-dessus Ja tête, san- que le canot s’emplissé d’eau. Ils ont de grandes pagaies, ou 2virons plats par les deux bouts; ce qui leur serf“comme de balancier, ins l'quel ils auraient peine à se tenir dedans,tant ces canots sont petits, : . . ‘ (xs peuples différent des autres Sauvages, en ce que communénent les autres Sauvages n'ont point de barbe, et que ceux-ci au contaire &n ont jusqu'aux peux: ce qui a fait dire à" quelques personnes ui ont voulu pénétrer leur origine, qu’il faut que ce soit quelque na: vire basque qui. étant à la pêche, ait fait naufrage dans ces endroits- Ba. et dont les gens s’r sont multipliées depuis ce temps, Leur langa-* Be. quoique rés corrompu, a cependant quelque rapport avee la lan- £ue biscavenne, ce qui donne lieu à cette conjecture. Cette graide re qu'ils ne coupent jamais, les rend si affreux et si hideux, qu'ils Ont plutôt la figure da quelque bête farouche que celle d'homme; car

N R'ont que les bras et lesumbes qui Jsur donnent quelque ressemaBCe avec les autres hommés.

edne :

” A1 extrémité de ce Détroit du côté du Nord, il y a une baie que ; x a! « , , . :

Fous nommons Baie de l'Assompiion, de Faquelle on n’a pas encoré de COnnalssines certainé Quel " ; nee ; dés insensil - Wuelques-uns de nos navigateurs s'étant enga

#8 Inselsiblement dans cette baie, environ 30 ou 40 lieues, ils s’aper-

eurent . : “ :

que leurs compas n'avaient plus leurs mouvements ordinaires; “ . : sd

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cette baie; qui attire l’äimant ds tous côtés. On croit qu'ilya comm-. nication du fond de cette baie au Détroit de Davis, C’est de cette baie d'où sortent presque toutes les glaces qui se déchargent par le Détroit d'Hudson, ° | On ne sait pas encore comment ces. glaces se formé [1 y en a

* de si grosses, que leur superficie au-dessus de l’eau gurpaèse l’extrémité des mâts des plus gros navires. Nous avons eu uhe foi la curiosité de sonder au pied d’une glace qui était échouée, où on fila cent brastes de ligre sans trouver le fond. ‘

Plus avant du côté de l'ouest, il y a une grande Isle que nous nommons Phelipeaux, où il y a quantité de vaches-marines, et sans doute que si Ja suison permettait d’y faire descente, on pourrait y ra-' masser beaucoup d'ivoire: ce qui ne laisserait peut-être pas d'êtrerassez lucratif, Les dents de ces vaches-warines ont une . coudé# de long, et sont grosses comme le bras, d’une ‘ivoire presque aussi belle que celle de l’éléphant, Cette Isle n’est point élevée comme le reste du Détroit: au contraire, elle est fort plate. et son rivage sablonneux caase un aspect tout à fait agréable. À l'opposite de cette Isle, il y a uve terre fort plate que nous appelons Cap de l’Assonption;, duquel je ne dirai aucunes particularités, parce qu'on ne l'approche pas d’assez près pour y faire aucune remarque. . -

I] faut présentement revenir À notre, premier dessein, et dire que les Danois après avoir passé tout le Détroit dent ja viers de faire la description, continuant toujours leur route vers le nord, abordèrent enfin la terre ferme à une rivière que l’on a nommée Rivière Danoise, et que les Sauvages nomment Manoteousibi, qui sigoifie tee E- -

ce qui fait préjuger. qu'il ya infailliblement quelque mine le long de

trangers. La ils mirent leura vaisseaux en hivernement; ët £e logérent aussi du miéux qu'ils purent, comme geos qui n’avaient nullè expérience delce pays, et qui ne se défiaient pas du grand froid gu’ils avaient à combattre. Enfin ils essuÿérent tant de misères, que la maladie s'étant mise entre eux, ils moururent tous pendant l'hiver, sans’ qu'aucun Sauvage en eût connaissance. - Le printemps venu, les glaces débordèrent avec leur impétuosité Ordinaire, et empurtèrent leur vaisseau aveé tout ce qui était dedans, à la réserve d’un canon de fonte d'environ huit livres de balle qui y tes. ta, et qui y est encore tout entier, excepté Île tourillon de la culasse que les Sauvages ont cassé à coups de pierres. | i Les Sauvages furent bien étonnés l'été suivant, lorsqu'ils arrivèrent dans'ce lieu. de - voir tant de corps morts, et des gens dont ils . n’en avaient jamais vu de semblables. La terreur s'empara d'eux et les obligea de prendre la fuite, ne sachant que s’imagiver en voyant un tel spectacle. Maïé, lorsque la peur eut fait place 4 la curiosité, ils -retournêrent dans Je lieu où ils auraient fait, selon eux, le plusgféhe Pillage qui jamais ait été fait. Mais malheureusement il y avait de la

à poudre, ils y mirent imprudemment le feu qui les fit tous sauter, brûlæ la maison et tout ce qui était dedans; de manière que les autres qui vinrent après eux, ne profitèrent que des clous et autres ferrements qu'ils ramassaient dans les cendres de cette incendie.

La rivière Danoise dans son embouchure n’à pas plus de 500 pas de largeur, et est fort profonde; ce qui forme un grand courant, lorsque la mer entre et &ort à toutes les marées avec beaucoup de rapidité. Ce Détroit n’a pas plus d’un quart de lieue de long, ensuite de quoi cette rivière s’élargit et continue son cours, étarfpendant l’espace de 150 lieves fort naviguable. Tout ce pays est prefque sans bois, hors les îles dont cette rivière est entrecoupée. Au bout des 150 lieues, il ya nüne chaîne deihautes montagnes qui rendent cette rivière impratiquable, à cause de chôûtes d’eau et des ravines continuelles qui Sy rencontrent; après quoi, elle reprend son cours ordinaire et tranquille, et a communication avec une aûtre rivière que l’on nomme rivière du Oerf, dont je parlerai par la suite. . , .

‘Pour revenir à notre bat. et ouf donner toutes les connaissances

possibles de tous ces pays-la, il faut redescendre à la mer et continuer notre route vers le nord, ‘

À 15 lieues de Ja rivière Danoise se trouve la rivière du Loup- Marin, parce qu'effectivement il y en a beaucoup dans cet endroit. Entre ces deux rivières, il y a un espéce de bœuf que nous nommons bœufs musqués ; À cause qu’ils sentent si fort le musc, que dans certaines saisons de l'année il est impossible d'en manger. Ces abimaux ont: de très belle laine; elle est plus longue que celle des moutons de Barbarie. J'en avais emporté en France er 1708, dont je m'étais | fait fairo des Las qui étaient plus beaux que dés bas de soie. J’ai même encore ici un petit reste de cette laîne, que j'aurais l'honneur dé vous EnVOYer, si je croyais que cela vous fît plaisir, pour en faire faire l'essai par d'habiles ouvriers. se |

Ces Lbœufs, quoique plus petits que Jes nôtres, ont cependant les Coräes beaucoup plus grosses et plus Jongues. Leurs racines se joirent sur le haut de la tête, forment commeun gros bourlet, et descen- ‘lent 4 chté des yeux presque aussi bas que la gueule. Ensuite le bout Fmonte'en haut, qui forme comme un croissant. Il y en a de si gros- SES, Que J'en ai vu, étant séparées du crâne, qui pesaient les denx en-

prnble fl livres. 1ls ont les jambes fort. courtes, de manière que cette ° ds, Irälne toujours par terre lorsqu'ils marchent; ce quiles rend si ilorimes, É Ë

que l'on a ünt la tête, Tj n° ferait que les S faire lai'ehas on es tue | Duissent fu - tivn que le

peine à distinguer d'un peu loin de quel côté ils ÿ 2 pas une grande quantité de ces animaux: ce qui auvag:s les aüraient bientôt détruits, si on en faisait - Se: Joint à ce que, comme ils ont les jambes très. courtes, . orqu'il y a bien de la neige, à coups de lance, sans qu'ils ir. Cette rivière du Loup-Marin va jusqu’au paÿs d’une na- . 7 nomme Platscôtés de chiens, lesquels . ont guerre contre

Le

LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SAINT-BONIFACE 9 nos Savanais, c'est-à-dire, ceux avec qui nous traitons. Et com. me ils n’ont aucun usage d'armes ‘feu; non plus que les Esquimaux, lorsqu'ils entendent quelques coups de fusils, ils prennent. tous la fuite, abandonnant leurs.femmes et leurs enfants, que nos Sauvages emmènent prisonniers et. les font servir . d'esclaves. Ils prennent trés peu d’hommes, parce qu’ils ont la jambe plus fine que les nôtres. Ils ont dans leur pays une mine de-vuivre rouge, si abondante et si pure, que, sans le passer par la forge, tel qu'ils le raniassent à la mine, ils ne fout que le frapper entre deux pierres, et en font tout ce qu’ils veulenk,,J’en ai vu fort souvent.-parce’ qué nos Sauvages en apportaient toutes les fois qu’ils allaient en guerre de cer côtés-là. :

Toute cette nation est d’une physionomie fort douce et . fort humaine, :e qui me fait croire que si l’on pouvait les attirer à quelque commerce, on aurait de l'agrément avec éux. Leur pays est fort ingrat, 11 n°y a point de castor ni d’autres pelleteries; ils ne vivent que de poissons et d’une espèce de cerf: que nous sommon& cariboux,

qu'ils tuent avec des colliers. 1} y a des lièvres qui sont beaucoup plus :

grands que ceux de France. Lis sont blancs l'hiver, et gris l'été. Ils

ont de fort grandes oreilles toujours noires. La peau en hiver est fort .

belle et d’un poil fort long, qui‘he tombe pas comme aux autrés liévres de l’Europe, de manière que l'on en ‘ferait de très beaux manchons. - | : L - *

Je ne dirai rien de positif des remarques que Fon peut faire, en continüant l+ long de-la mer vers le nord, sinon que nos Sagvages rapportent que dans Îe. fond de cette baie, il y a un détroit où l’on découvre les terres facilement d’un bord 4 l’autre. Ils n’obt pas encore pénétré juspu’au bout de ce détroit. JIs disent qu’il y a dés glaces toute l’année, que les courants ‘transportent tantôt d’un côté, tantôt de l’autre. Suivant toutes les apparences, il est à croire que ce bras de mere communication avec la mer de l’ouest: et ce qui donne lieu à cette conjecture. c’est que lorsque les vents dépendent du nord, la mer dégore par ce détroit en si grande abondance, que l’eau augmente dans toute la Baie d'Hudson, quelquefois de dix pieds à pic plus que son

cours ordinaire. Aussi remarque-t-on que lorsque Pon voit la mers’en; .

fler, on cherche hâvre pour se mettre À l’abri au vent du nord.

Les Sauvages disent, qu'après avoir marché p furs mois à ” l'ouest-sud-ouest, ils ontétrouvé la mer eur laquelle ils ont vu de grande canots (ce sont des navires } avec des hommes, qui ont de Ja barbe et des bonnets, qui ramassent, de J’or sur le bord de la mer (c’est-à-dire à l'embouchure des rivières ) T4

Les Platecôtés de chiens, dont je viens de parler, n’ont point: d’autres ferrements que ceux-qu'ils vivnnent ramasser dans les débris de l'incendie des Dapois. Ils ne plaignent pas leurs peines lorsqu'ils Péuvent trouver trois ou quatre petitæclous longs comme le düigt tout rouillés. ‘Ils viennent cependant quelquefois à pied de plus de 400

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tout cet espace, sinon que, pendant tout l'été, il y a des quantités prodigieuses de cariboux, qui étant chassés des bois par.la grande multi. tude de ca que nous appelons maringouins 'et tons, viennent se rafrafchir au bord de la mer, On en voit des troupeaux de plus de dix mille, et cela continuellement pendant l'espace de 40 ou 50 lieues. Si les peaux de ces animaux étaient propres À quelque chose, on en ferait amasser par les Säuvages'«utant que l’on voudrait; mais, n0S chamoi- $eurs de Niort disent qu’elles sont trop faibles pour souffrir l'apprêt. 11 y a aussi de toutes sortes de gibiers, comme cignes. outardes, oies, grues, canards, enfin toutes sortes d’autres menus gibiers, en si grand pare: que lorsque toute cette volatille s'élève, elle fait tant de bräit, qu'il est impossible de s'entendre parler, et'incontinent l’air en devient si obscur, qu’à peire peut-on voir le ciel au travers. Ueci pa- \raîtra peut-être fabuleux, aussi bien que quelque autre circonstance que je ne puis me dispenser de marquer, pour ne rien omettre de ce qui doit satisfaire la curiosité; mais Je puis protester que je ne mar- ‘que rien, qu'après l'avoir vu et examiné par moi-même: et afinde ne, rien risquer sur le rapport d’autrui, je me suis transporté presque dans tous les lieux dont je pafle. ‘ : oo . Là rivière Bourbon! que les Sauvages nomment Paouiriniouagaou, * qui signifie Descente des Etrangers, fut découverte quelques années après la rivière Danoise. Ce fut anAnglais nommé Nelson, dont cette nviére porte le nom. I] y arriva en automne fort tard, et fit. descente dans cette rivière du côté du-nord; mais comme pour lors tous les Sauvages s'étaient retirés dans la profondeur d£és bois. que Nelso ñe Yoÿalt personne qui lui donnât connaissance du pays, et qu'il appréhendait qu'il ne lui arrivât le ‘même accident qu'aux "Danois, il se contenta de planter un poteau auquel il arbora les armes d'Angleterre pour titre de possession, avez un grand carton sur lequel était dessiné un navire; et il pendit A une branche d'arbre. une grande chaudière œpilrine de menues marchandises, dont les Sauvages profitèrent au printemps, lorsqu ils. revinrent au bord de la mer. Comrce ils avaient déjà ques indices de Les sortes de marchandises, par l'aventure qui sonnèes qui leur rat Mpes ils ne doutèrent pas que les mêmes persuivante, Lie are Çassé un si riche dépôt. ne revivssent 1 année . arriveront, dan ren jusqu à la dernière saison, En effet les Anglais les conduisirent nue [ss Sauvages, qui les reçurent aimablement, et dans la riviere eur navire dæns les Isles qui sont à sept lieues êre, où les Anglais frent.leur premier établissement. : :. f : - à

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