‹ Relation du Détroit et de la baie d'HudsonChapitre 3 sur 5 · CR · texte numérisé non relu

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\ ne tee . LA SOCIÉTÉ HISTORIQUE DE SAaINT-BONIFACE 11

e M. de Groseilles, citoyen du Canada, homme entreprenant et nù voyageur, étant avec nos Sauvages du Oanada dans Îe pays des, Outaotias, poussa si loin, qu’il eut connäissance de la Baie, d'Hudson. Etint de retour à Québec, il se joignit à quelques Bourgeois, arma . ung barque, et entreprit de la découvrir par mer. Il y réussit, et alla aboïder à une rivière que les Sauvaces romment Penasiotetchieotien qui vèut dire, rivière rapide, qui n’est distante que d'une lieue de celle doût je viens dé parler. Il ft son établissemeutdn côté sud, dans des Idles qui sont à trois lieues dans la rivière. Pendant J'hiver, les rivières étant glacées, les Canadiens que M. de Groseilles avait aveo lai, gens fort alertes et agiles-dans les bois, étant à la chasse le long de la mer à l’embouchure de la rivière de Nelson, que nôus nommons présentement de ; Bourbon, trouvèrent un établissement d'Éuropéens, ce qui les surprit fort. Ils retournèrent promptement sans se faire découvrir, pour en donner avis à leur commandant, qui ne manqua ‘pas aussitôt de faire armer tous ses gene, et de-se mettre à leur tête, pour savoir ce que c'était. Lis firent ler approches, et ne voyant qu'une petite mauvaise chaumière, couverte de gazovs, et trouvant Îa porte ouverte, ils y entrèrent les armes à la main, et y trouvérent 6 matelots Anglais qui mouraient de faim et de froid. 1ls nese mirent- point en défense, au contraire, ils s'estimaient fort heureux de se voir prisonniers des Françäis, puisque par ce moyen ils ayaient leur vie en sûreté. Ces 6 mätelots avaient été dégradés par un navire qui avait armé à Boston, dans la Nouvelle-Anwléterre, et qui n'avait aucune connaissance des premiers qui avaient armé à Londres. Voici la manière dont ils furent dégradés. Ils étaient arrivés fort tard, et ayant mouillé lancre à l'embouchure de la rivièré Bourbon. le capitaine envoya sa cha-

loupe à terre avec cinq hotumes pour chercher un lieu d’hivernement,

La nuit il ft'un si grand froid, que les glaces qui descendäient de aëtte rivière, entraînérent le navire, dont ôn n'a jamais oui parler.

.__ Pendant le vours de l’hiver, il vint quelques Sauvages chez M, de Groseilles, qui lui‘dirent qu’il y avait un autre ‘établissement d'Anglais à sept lieues dans la rivière Bourbon. Aussitôt il se disposa à Lesaller attaquer. mâis, comme ils étaient fortifiés, il prit ses mesures, et chuisit un jour qu’ils pourraient être en réjouissanre. En -effet, il les: attaqua le jour des Rois, et l£s surprit dans une telle ivresse. qu'il les prit sans qu'ilé pussent se défendre, quoiqu'ils fussent 80 Anglais. et que nos Français ne fussent que 14. Aïnsi M. de Groseilles resta mai-. tre de tout le pays. L ‘ .

L'été suivant, lorsqu'il voulut retourner ea Canada, rendre comp te de ses exploits et de sa découverte, il laissa son fils nommé Chouart avec cinq hommes, pour garder le poste qu’il avait. conquis. et repassa en Canada avec son beau-frère nommé Ratisson, bien chargés de pelleteries et d’autres marchandises anglaises, Mais quoique, -selon les.

AÆpparences, ils eussent assez bien fait leur devoir pour être bien re. + . . 5,

çus, on les chagrina cependant beaucoup sur quelque prétendu pillage dont ils n'avaient pas donné connaissance aux armateurs; ee qui obligea M. de Groseilles de faire passer son beau-frère Ratisson en France, pour se plaindre de l'injustice qu'on leur faisait. Mais il fut encore plus mal reçu qu’en Canada; ce qui le mit dans un tel désespoir, qu'il projetta de passer en Angieterre, pour y proposer un armementet aller'retirer son nevêu Chouart, qu’il venait de laisser à la Baie d'Hudson, ce qu’il fit. Il fournit des mémoires si positifs, qu'on lui donna un navire bien armé, avec lequel il alla reprendre le lieu que’ l'on nommait pour lors Port Nelson. : Fr.

Les Anglais sont restés possesseurs de ces postes, jusqu’en 1694, que M, d’Iberville arma deux navires, le Poli et la Uharante, qui étaient commandés par M. de Sérigni, sun frère. Il passa par le Canada pourse fortifier de cent Canadiens, afin d’aller reprendre la Baie d'Hudson, ms ce projet ne réussit pas.

Nous partimes de Québec le 10 août, jour de St-Laurent, et nous acrivâmes à la rade du Port Nelson le 24 septembre, Aussitôt M. d’Iberville fit descendre tout son monde à terre, avec les canons de campagne. mortiers et autres munitions de guerre..Nous commençames par faire de bonnes batteries et platefurmes, où nous plaçames nos canons et nos mortiers, à environ 500 bas des palissades du fort. Ce fort était composé de quatre bastions qui formaient un quarré de 30 pieds, où était un grand magasin haut.et bas. Dans l’un de ces bastions, était le magasin de la traite, un autre servait de magasin aux vivres, et les deux autres servaient de corps de. garde pour loger la garnison; le tout bâti de bois, En ligne de la première pallissade, il y: avait deux autres bastions. dans l’un desquels logeaient les Officiers, et l’autre servait de cuisine et de forge pour la garnison. Entre ces deux bastions était une espèce de demie lune, où il y avait S canons de 8 livres de balles, qui défendaient.du. côté de la rivière et au bas de cette

| demie lune une plateforme à ras-d'eau, défendue par 6 pièces de gros

. fut nommée riv

canons, Il n'y avait point de batterie rangée du côté du bois; tous. les Caaons et pierriers étaient sur les bastions. On comptait dans tout ce fort, qui n'était que deux palissades de pieux debout, 32 cauons et T4 pierriers. Ils étaïent 53 hommes dedans. Nous lee harcelâmes depuis le

25 septembre que nous mîmes pied À terre, juéqu’au 14 octobre, que

se voyant assiégés de toutes parts. ils ne pouvaient plus résister 4 n08 bombes, joint à ce

siliers QU tiraient aus auest continuellement chagrints par nos fuobligés de se endrs css ans Jeurs meurtrières. Ils furent enfin S | »et ne demandèrent que d’avoir la vie sauve; ce de eur accorda facilement. M. d’Iberville fit son entrée le 15. Le ort fut nommé le Fort Bourbon, et la rivière sur laquellé il est situé:

l'obéinsanes à ière Sainte Thérèse, à cause que le Fort fut réduit sous

A S Français le jour de Sainte Thérèse, 14 octobre. Nous perdîmes dans cet o6casion up frèrede M, d'Iberville, Le Foit était

assez bien fourni de toutes sortes de tuarchandises et de 2unitions” tant de guerre que de bouche. Nos navires hivernèrent lä, paNg que la saison était trop avagcée pour repasser en Europe. . |

En 1695, le 20 juillet, M. d’'Iberviile partit avec ses deux viXsseaux, et nous laissa au nombre de 67 hommés, sous le commandemen d’us nommé M. de la Forest; M. de Maitignÿ était Lieutenant, et moi Enseigne et interprète des/langues des Säuvages, et directeur du commerce. .

Le 2 septembre de l’année 1696, les Anglais arrivèrent au nombre de quatre vaisseaux de guerre et une galiotie à bombes. M. de Sérigny, qui était parti de ja Rochelle avec deux petits navires, 8avoir je Hardi et le Dragon, arriva deux heures après les Anglais; mais comme ils occupaient la rade, il neput nous donner du secours; il fut obligé de retourner en France, où il arriva heureusement, et le Hardi, commandé par M. la Motte-Égron, fit naufrage en allant en Canada. Les Anglais commencèrent à nous attaquer le 5 du mois, avec Jeur galiotte qu'ils avaient fait avancer à üne portée du canon du Fort,

.avec deux navires pour la soutenir. d. °

Le 6 nous nous apperçümes qu'ils faisaient quelque mouvement pour y faire descente, M. de la Forest m'envoya avec quatorze hommes à dessein de m’y opposer: ils étaient 400 bommes prépusés pour cette entreprise. Ils firent plusieurs tentatives; mais, comme nous étions embusqués dans des buissons épais, et que j'avais le soin de faire tirer à propos les uns après les autres, sitôt . que je voyais paraître

“quelque chalqupe armée, les Anglais retournaient promtement à leur bord, n’osant risquer de nous forcer, parce qu'ils ne savaient pas le nombre que nous étions dans notre embuscade. Cependrnt-ils-tiraisnt — continuellement des bombes. dont il en tomba 22? dans le Fort, qui manquèrent plusieurs fois à y mettre le feu. A la fjh n'ayant presque plus de vivres et de munitions de guerre, et voyant que nous ne pouvions "plus espérer de secours de France, nous fûümes abligés de capituler. Ils nous accordèrent tout ce que noyta leur demandâmes; les articles de la capitulation étaient des plus avantageux. Mais ils: faussèrent leurs promesses, car, au lieu de nous misftre sur les terres françaises aveo tous nos effets, comme ils nous lavaient promis, ils nous emmenérent en Angleterre, et nous j«térenten prison, pendant que ños pelleteries et autres’ effets furent mis au pillage. Quatre mois après, nous repaseâmes en France, où 6n faisait un armement de. quatre vaisseaux de guerre, pour aller-reprendre Îc poste que nous venions de perdre. On nous fit tous embarquer dessus, et nous ailâmes joindre M. d’Iberville qui était pour lors à Plaisance, et qui y prit le

. commandement des quatre vaisseaux pour retourner 1 la Baie d'Hndson. Î1 s’embarqua surde Pélican . de 50 canons. M. de Sérigni son . frère commandait le Palmier de 40 canons, le Profond était commandé par M, Duguay, et M. Chartrié commandait le Vespe.

Lorsque nous fûmes entrés dans le détroit d'Hudson, les glaces nous contraignirent de nous séparer. M. d'Iberville prit le devaut, et M. Duguay fut poussé par les courants, tout à fair du côté nord, où il rencontra trois navires Anglais contre lesquels il se battit depuis huit heures du matin jusqu’à onze heures du soir, sans que les Anglais le pussent prendre, quoiqu’ils fussent supérieurs en forces, mais non pas en courage. *

J'ai déjà dit que M. d’Iberville avait pris. le devant, il arriva à la Rade du Fort Bourbon le 5 septembre. Aussitôt il envoya la chaloupe : à terre avec 25 hommes de l'élite de son équipage. .

Le 6 les navires Angiais arrivèrent. M. d'Iberville &e disposa à les recevoir. If leva les ancres et fut au-devant d'eux. Il 8e flattait de l'enlever. l3 voyant seul contre trois; mais ils furent bien étonnés, lorsqu'ils virent l'intrépidité avec laquelle il alla les attaquer. Dès la première volée. il en vit arriver un quise rendit sans oser plus remuer. Ensuite il prêta le côté à l’ Amiral qui était de 50 canons, contre lequel il fit tirer sa volée si à pronos et avec tant de succès, qu'avant qu'ils eussent le temps de changer de bord, ils virent l’amoitié des voilures de l'Anglais dans l’eau, et couler à fond devant son autre compatriote, qui ne pensa plus qu'à se sauver, voyant un tel débris, M. d’Iberville lui donna Ja chasse, mais il-se sauva à la faveur de la nuit. M. d'Iberville retourna prendre possession de sa prise, que l'on dit en terme marin. amariner sa prise.

La nuit du 7 au 8. il s'éleva une tempête de vent de nord si furieuse. que M. d’fberville et ta prise furent jetrés à la côte, sans pouvoir l'éviter. Les deux navires furent perdus avec 28 hommes qui se poyérent. Tous les autres se sanvèrent à terre, lorsque Îa marée fut

1ss2, : ,

. Quand tous nos navires furent arrivés, nous commeaçames à assiéger le Fort. Ils ne firent pas grande résistance. Ils se rendirent sans capituler lorsqu'ils eurent par leurs gens mêmes qu’ils ne pouvaient espérer da sucours de l'Europe, et la manière dot leurs navires 2- \alent été traités. N +

Après que M. d'Ibarville eut fait son’ entrée dans le Fort et qu’il ent mis ordre à toutes choses, il ne songea plus qu’à repasser en Eu- Tope, I S'embarqua sur le Profond, et mit à la voile le 24 septembre, äcéompagné du Vespe. Il laissa le commandementidu Fort à M. de

igni son frère, parce que le Palmier qu'il commandait, avait cassé gouvernail en touchant sur'une barre.

Ea 1688. il vint un autre na que dans tout ver. des bois en France

Sc:

son

ant vire apporter un gouvernail, parce Ce pays qui n est que de eapinage, on ne pouvait trou- Propres pour cela, Pour lors les déux navires repassèrent de Vitres ML de Sérigni donne le commandement du-Fort à M.

nul à ÿ Son parent: Pour moi je suis resté Lieutenant avec ma qualité interprète, [1 y eut trois commundants alternativement. leg

ds

une après les autres, sous lesquels il ne se passa rien qui soit digne

de récit. . -

Ba 1707 «près avoir demandé plusieurs fois mon congé à Messieurs de la Compagnie pour passer en France, ils me l’accordéèrent

enfin. Arrivé ä la Rochelle, je fus proposé à la cour pour

aller relever :

oelui qui commandait au Fort Bourbou. qui était un nommé M. Delis-

le, frère de M. de’St-Michel qui était autrefuis capitai Rochefort. ES Û à ‘

ne de Port Ê

En 1708, nous partîmes de la Rochelle, où j'avais levé une nouvelle-gérnison; mais, lorsque nous fûmes à l'entrée du détroit d'Hudsur, les vents nous contratièrent si longtemps, que nous fûmiés obligés de relñcher à Plaisance, où j’eus l’honneur de vous écrire, pour vous

demander la permission de tirer des vivres du Canada, et la bonté d'y donner votre consentement.

vous eûtes

Æn 1709, nous nous rendîmes au lieu destiné, où jai trouvé M. Delisle et toute la garnison fort en peine, parce qu'ils étaient à la veille de manquer de vivres et de munitions. Comme nous y étions ar-

rivés fort tard, joint à ce que le navire s'était beaucoup

endommagé .

dans les glaces, il fallut faire un second hivernement; ce qui causa une grosse perte À Messieurs de la Compagnie, en ce qu'ils avaient

tout à la fois deux garnisons et un gros équipäge à payer

et à nourrir.

Pendant l'hiver M. Delisle fut attaqué de l’arthme dont il mourut. Je suis resté commandant pendant.six années dane le Fort Bourbon; où j'xi eu l’honneur d'être établi par ordre précis du Roi, dont je garde . encore les commissions. Aucun de ceux qui m'avaient précédé, n’en

avaient su de semblables, :

En 1714, je reçu des ordres de la Cour avec des lettres de M. Je Comte de Pontehartrdin, pour remettre le poste aux Anglais, ainsi

qu'il était porté-par le :traité 4Utrecht.

Je m'apperçois que c’est abuser de votre bonté, Monsieur, de vous | parler si longtemps de choses inntiles; il faut revenir à hotre premier dessein. qui est de. vous donner toutes les connaissances possibles de la situation en général du Fort Bourbon, et des avantages qu’on peut

tirer Ex. son commerce,

uoique. te: Fort soit bâti sur la rivière Sainte Thérèse, c’est par

la rivière Bourbon que descendent tous les Sauvages qui

viennent en

traite, Cette:rivière est d’une si grande étendue, qu'elle passe par plusieurs grands lacs. dont :le premier, distant de Ja mer d'environ 150 . Beues. a environ 100 lieues de. circonférence. Les Sauvages le nomme Tatusquoyaon secahigan. qui veut dire, Lac des Forts, danse lequel

lac du côté du nord il se décharge une rivière que l’on nomme Quisisquatchiôuen, autrement grand :courant, Cette rivière prend ‘sa sourcé

NN

d’un lac distant du‘lerde plus de 800 lieues, qui se nomme Michinipi,: ou -grande eau,.parce qu’en effet il est le plus grand et le plus profgäd Charge -

dé tou®les lacs. Île plus de 600 lieues de tour, et reçoit”

nn.

de plusieurs rivières, -dont les unes ont correspondance avec la rivière Danoise, et les autres dans le pays du Platcôtés de chiéns. Autour de ce lac et le‘long de toutes ces rivières, il y a quantité de Sauvages “dont les uns se nomment. gens de la grands sau, et les autrés sont les Assiniboines. IL faut remarquer qu'autant - que les Esquimaux sont fa-. rouches et barbares, autant ceux-ci soût-ils, humains et affables, aussi bien que tous ceux avec lesquels nous avons commerce dans toute la Baie d'Hudson; ne traitant Jamaisles Français que de leurs Pères et de leurs patrons. [ls h’ont pas la même attache pour les Anglais, parce qu’ils disent qu'ils sont trop dissimulés et ne disent jamais la vérité, ce qu'ils n'aiment pas. Quoique Sauvages, ils sont.tout à fait. ennemis du ruensonge; ce qui est assez extraordinaire pour des nations qui vivent sans subordination ni discipline. On-ne peut leur imputer aucun” vice, si ce n'est qu'ils sont un peu médisants. Ils ne jurent jamais, et n'ont pas même de terme dans leur langue qui approche du jurément.

A l'extrémité du lac des Forts, la rivière Bourbon réprend son cours, qui procède d'un autre lac nommé Amÿynaouigamou, qui’ veut dire jonction des deux mers; parce que dans son milieu les. terres se J0ignent presque toutes. La partie du côté de l’est de ce lac qui est

‘ situé en long, à peu près nord et sud,.est un pays de foteste épaisses

où il y a Seaucoup de castors.et d’origneaux: C’est où commence le

pays des Christinaux. Le climat éommence à ÿ être, beaucoup. plus

tempéré qu'au Fort Bourbon. Le côté dëJ’ouest de ce.lac est rempli

de fort belles prairies, dans lesquelles il y-a-quañtité de ces gros

bœufs dont j'ai parlé. Ce sont des Assiniboines qui-occupent tout ce

pays. Ce lac a environ 400 lieues, et.est distant du premier de 200 -

lieues. D

A cent lieues plus loin, dans l'ouest:sud-ouest, toujours le long .

de cette rivière, il y a ungautre:lac qu'ils vomment Ouenipigouéhib,.—.

où la petite rivière. C’est ä'peu-près le mêmé pays que de- précédent.: -

Ce sont des, Assiniboines, dés Christinaux -et des Sauteurs qui occupent

les environs de ce lac. Il a environ 300 lieues-de-tour. A.son extrémi-

té. dy à Une rivigre quisé décharge dans un autre lac que l’on nom-

me Tacamiouen#l n’est pas si grand que Îes antres. C’est dans ce lac

que se décharge:lx rivière du Oerf. qui est d’une si grände étendue,

que nos Sauvages n’ont encore pu aller. jusqu’à sa-source: Pur cette ”

Tvière. on pet aller joindre une autre rivière. qui-porté son courant —

du côté de | oubst; au lieu que toutes celles’ dont je viens. de parler,

ont leur décharge, où dans la Baïe d'Hudson, ou bien dans la rivière

du Cunada, ‘ : . — : . no °

Nyse . . : : ‘

Boul Fit tout mon possible pendant . que | je suis resté au Fort.

rait point Ï del envoy cr des Sauvages de ce côté-Ilà, savoir 8 il n’y au-

ils où Lane que mer ans laquelle se déchargeat cette rivière; mais rogé 1 re contre une nation qui eur Larre ce passage. l'ai inter- 8° Ces prisonniers de cette nation, que.nos Sauvagés avaient amenés

‘l:-mence à être entrecoupée d’Isle.

, LL : | TA SOCIÉTÉ HISTORIQUE. DE SAINT-BONIFACE 17 exprès pour me les faire voir. Ils m'ont dit avoir guerre avec ure antre nation beaucoup plus éloignée-qu'eux dans l'ouest, Ceux-là disent. avoir pour voisin des hommes barbus qui se fortifient avec de Ja pierre et se logent de même; usage que les Sauvages n’ont point: Ilsdisent que ces hommes portant barbe, ne sont point habiilés comme eux, et

qu'ils se servent de chaudières blanches. Je leur montrai une tasse. .

d'argent, et ils me dirent que c'était de cela même que les autres leuravait parlé. Ils disent aussi que ces gens-là cultivent la terre avec des. outils de ce métal blanc. De la manière qu'ils dépeignent le grain queces gens cultivent, il faut que ce soit du Maïs. ! ‘

Pendant que j'étais. à Québec. il y a 4 on 5 mdg M. Begon, In-.

tendant du Canada, me fit l'honneur de m'envoyer @uérir, pour que je- Jui donnasse les connaissances que j'avais de ce pays-là, pour faire en-

treprenûre cette découverte par le Canada. Muis je crois, qu’il serait,

beaucoup plus facile par les rontes que je viens de marquer, si nous possédions encore le Fort Bourbon, en ce que le chemin serait beaucoup plus court, et que ce sont presque toujours de beaux pays, où l’on ne manquerait point de chasse, par la quantité d'animaux et de gibiers qu’il y a dans tontes ces contrées, outre les fruits qui y viennent sans les cultiver, comme des prunes, des pommes, des raisins, et quantité d’autres petits fruits que je ne nomme pas.

Au bout du Éd -ouest de ce lac Tamaniouen, il ya une rivière qui se décharge dans un autre lac appelé lac des chiens, qui n’est pas

fort éloigné du.lac Supérieur, et où nos voyageurs vont tous les jours -

par la rivière de Montréal. .

Je vais présentement parler de la rivière Sainte Thérèse, dont. j'aurai bientôt fait le détail. Cette. rivière n’est pas d’une grande étendue à son embouchure, où est situé le Fort Bourbon: elle n'a pas plus d’une demie-lieüe de large. : |

Ea 1700, à deux lieues du Fort du côté du sud,-on.a fait bâtir un

fort nommé le Fort Phelipeaux, et un grand magasin pour servir de- .

retraite, en cas d'attaque des ennemis. C'est IA où cette rivière com-- A. vingt lieues dn Fort, la rivière se partage en deux, et le bras-

qui vient du côté du nord, que les Sauvages appellent Apitsibi, ou la

‘rivière du Battefeux, a communication avec la rivière Bourbon, et c’est par là que la plupart des Sauvages qui viennent en ‘traite, des-

cendent pat le moyen d'un portage qu'ils font du lac des Foreste à cette

rivière. À vingt lieues au-dessus de -cette première fourche. il y en a

une autre qui vient du sud, que les Sauvages nomment .Guiché-Ma-

— -" taouang, qui veut.dire grande fourche. Celle-la a ‘communication avec:

la tivière des Stes-Huiles, dont je-parlerai. dans [a suite, Le bras qui vient de Pouest, quoiqu'il porte toujours le nom de Sainte Thérèse, -n’8 pas cependant grande étendue. Elle se disperse en plusieurs pe-

tits ruisseaux d'où elle prend sa source, et : dans tous lesquels il y 2

. nu

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