‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 103 sur 121 · CHAPITRE L · texte numérisé non relu

CHAPITRE L

Juin. — Voyage avec les traineaux et les barques.—Arrivée à la Pointe-dela-Furie, — Événemens de juillet,

À huit heures du soir, nous partimes avec trois traîneaux , et nous trouvâmes la neige durcie. Nous fümes obligés d'en faire fondre pour boire, car il n'y avait d'eau nulle part. A sept heures du matin, nous arrivâmes à la troisième station, ayant fait huit milles de plus; et suivant l'usage, le reste du jour fut donné au repos.

Le 3, nous gagnâmes les autres huttes avec le reste de nos provisions. Nos hommes paraissaient alors très-fatigués, et l'enseigne Blanky, qu'ils me députèrent, m'intima leur désir de laisser en cet endroit les barques et une partie des provisions , et de marcher en droite ligne vers la Pointe-de-la-Furie. J'avais déjà soupconné qu'il se tramait quelque chose de semblable ; mais comme nous ne pouvions laisser nos ressources

ointe-de-

C trois lurcie.

boire, heures ation, usage,

vec le ssaient qu'ils sser en proviers la é qu'il ; mais ources

dans uu endroit où il nous serait impossible de revenir, non-seulement je répondis par un refus formel, mais j’ordonnai qu'onse mit en marche, d’un ton auquel on ne pouvait se méprendre, après avoir réprimandé l'ambassadeur de l’extrême inconvenance de sa démarche. C'était le premier symptôme de mutinerie qui se füt jamais manifesté.

Je ne veux pas aujourd’hui en dire davantage sur des choses auxquelles je crus alors que le micux était de ne faire attention qu'autant qu'il le fallait pour la sûreté de tout l'équipage , et dont je n'avais pas voulu parler lors de mon retour en Angleterre. J'ai toujours plus aimé à louer qu’à blâmer; et ayant donné d'amples éloges à tout ce qu'il y a eu de bien dans la conduite de mesofliciers et des hommes de mon équipage, je dois maintenant oublier, autant qu'il m'est possible, ce que j'ai pu avoir occasion de blâmer avec un peu plus de sévérité que je ne l'aurais voulu , comme pouvant leur être nuisible à eux-mêmes. Il doit me suflired'avoirsurmonté ces difficultés, et d’avoir ramené mon équipage sain et sauf en Angleterre. Si je n'ai pas éprouvé la reconnaissance que je méritais, tant pour ce service que pour d'autres, j'ai trop d'expérience des hommes pour en être surpris, ou pour conserver un sentiment d'animosité contre ceux qui n'ont agi ainsi que par suite de la corruption de la nature humaine.

4 juin.

ÿ juin.

6 juin.

7 juin.

Bet 9 juin.

Nous vimes qu'il s'était formé quelques mares d'eau près des hauteurs du havre de l’Eclipse ; mais elles étaient déjà recouvertes d'une glace de trois pouces d’épaisseur. À huit heures, nous arrivâmes à nos huttes. Cependant nous nous servimes de nos tentes , et quoique la température füt au point de congélation , nous nous y trouvämes assez bien. Ayant amené en cet endroit tout le reste de nos effets, chaque transport nécessitant deux voyages , nous partimes dans la soirée avec un traineau et une barque, et à minuit nous passâmes la chaîne de montagnes qui bordent le havre d'Élisabeth du côté du sud.

Le 6 juin, nous arrivâmes à l'extrémité du havre; et, y laissant ce que nous y avions apporté, nous retournèmes aux tentes pour aller chercher le surplus. Pendant les deux derniers jours, nous avions tué deux lièvres, qui furent une addition agréable à nos modiques rations. Le lendemain, nous traversâmes la chaîne de montagnes, et nous arrivâmes aux tentes à huit heures, très-fatigués à cause de l'épaisseur de la neige sur laquelle nous avions eu à marcher.

Pendant cette journée nousvimes quelques traces de rennes, et les lièvres portaient encore leur fourrure blanche d'hiver.

Un ouragan nous emprisonna le 8, et le jour suivant tout se trouva transporté au dépôt établi sur le havre d'Élisabeth, Nous gravimes unc montagne pour examiner la glace, et nous re-

connümes quelle était si mauvaise, qu'il serait

die impossible de transporter nos barques plus loin. . hipse ; Mais comme elles se trouvaient alors à notre ace de portée, dans le cas où nous serions obligés de ) nous revenir sur nos pas, je résolus d'avancer avec > nous tout l'équipage et des provisions pour trois se- 1péra- maines , jusqu'à une distance de vingt à trente “huit milles ; de laisser tout le reste en réserve en cet et en- endroit , et d'envoyer ensuite un détachement à trans- la Pointe-de-la-Furie, pour voir quelles ressources rtimes nous pouvions encore y trouver.

QUE ; Nous partimes à une heure et demie du matin 10 juin. lagnes avec trois traineaux très-chargés, puisque indéps sud. pendamment de vivres pour trois semaines, nous ité du devions emporter des armes, des munitions, op des outils, des instrumens, des vêtemens, etc. r aller Quelques objets précieux, dont nous ne pümes rn1Ers nous charger , furent placés sous une des barfurent ques, que nousrenversâämes, afin delesretrouver ations. en bon état si nous revenions en cet endroit.

ne de Nous fimes halte au sud de la pointe qui forme à huit la baie dont il a déjà été parlé si souvent; nous

de la remettant ensuite en marche, nous la doublämes rcher. à minuit, après beaucoup de fatigue, causée par traces le mauvais état de la glace.

e leur La nature du chemin nous obligea à nous 41 juin. Ve diriger vers la pointe septentrionale, où nous Sid dressâmes nos tentes pour nous reposer huit

v éta- heures. Le 12, nous atteignimes une autre !2 juin. *s unc

. \ \ on pointe, où nous campâmes. Là, nous fimes les bus r'e-

Al à FL 4 1r$ \d n è | :

415 juin,

tt juin.

préparatifs pour le départ du commandant Ross, qui nous quitta à dix heures avec l'enseigne Abernethy et un de nos hommes , nommé Park, pour se diriger vers la Pointe-de-la-Furie, emmenant avec eux un traineau chargé de provisions pour quinze jours , d’une tente, et d’autres objets qui leur étaient indispensables. Ilsreçurent ordre de laisser une note à chaque endroit où ils coucheraient, et nous calculâmes qu'avec nos traîincaux lourdement chargés il nous faudrait pour y arriver le double du temps qu'ils mettraient à s’y rendre. Ils avaient à faire cent cinquante milles; nous serions donc environ à 70 milles quand ils seraient au terme de leur voyage. C'était supposer qu'ils feraient quinze milles par jour, et que nous en ferions de sept à huit, et c'était tout ce que nous pouvions espérer, après avoir perdu l’aide de trois des plus vigoureux de nos compagnons.

Nous les eùmes bientôt perdus de vue; mais nous avancâmes très-lentement, étant obligés de faire des circuits dans des endroits qu'ils avaient pu traverser en ligne droite. Après neuf heures de marche, nous nous arrêtâmes sur une pointe, où nous ne pümes trouver une goutte d’eau.

Nous y laissâmes un dépôt de provisions, et nous partimes à quatre heures du matin; mais nous fûmes bientôt obligés de nous arrêter, le chirurgien s'étant trouvé malade. Il faisait beaucoup de vent, il tombait de la neige, et sous

Ross, seigne Park, , emM- | roviautres urent oit où 1’avec s fauqu'ils e cent Iron à > leur quinze sept à pérer, igou-

mais gés de aient eures ointe, l’eau.

nous

nous chibeau-

sous

Lous ces rapports nous étions fort mal à l'aise.

La même cause nous rendit stationnaires toute 15 juin. la journée du 15; mais nous nous remimes en marche le lendemain à sept heures du soir, quoi- 16 juin. qu'il tombât encore de la neige, et nous eùmes à passer sur une glace tellement couverte de neige , et si plrre de crevasses, que plusieurs de nous y firent des chutes sérieuses. À minuit, nous trouvâmes le premier monticule de pierres élevé par le commandant Ross, et sous lequel était la note qu’il y avait laissée. Nous terminâmes en cet endroit une marche de neuf milles.

Le 17, nous traversâmes plusieurs petites baies 17 juin. et quelques pointes de terre, et nous vimes à l’ouest les montagnes bleues à environ dix milles de distance. Nous nous arrêtämes à quatre heures du matin après avoir fait onze milles. Nous laissâämes en cet endroit un autre dépôt de provisions et nous repartimes à huit heures du soir.

Le lendemain matin nous trouvâmes de l’eau 18 juin. pour la première fois, et nous fimes halte près du second monticule, sous lequel était une note du commandant Ross, qui me disait qu’ilsavaient été retardés par la fatigue et l’inflammation des yeux.

Nous n'avions fait cette nuit que huit milles.

Nous nous remimes en chemin à huit heures 19 juin. du soir, et nous vimes partout la terre aussi couverte de neige que si nous eussions encore été dans le cœur de l'hiver. Le thermomètre était descendu à 24° au-dessus de zéro , de sorte que

Sp R rinssuires

20 juin.

21 juin.

22 juin.

toutes les mares d’eau étaient couvertes de glace, et nous fûmes encore une fois obligés de faire fondre de la neige. Nous repartimes à neuf heures du soir, en dépit d’une neige qui tomba toute la nuit ; à deux heures du matin , nous trouvâmes le troisième monticule ; et à cinq, nous dressaämes nos tentes sur une pointe où nous vimes des restes d'habitations des naturels. Nous ne trouvâmes pas d’eau, et nous fûmes obligés de nous en passer, ayant trop peu de combustibles pour en employer à fondre la glace.

Le lendemain , à deux heures du matin, nous arrivâmes au quatrième monticule élevé par ceux qui nous précédaient ; mais il s'était écroulé, et nous ne pümes trouver le billet. Quelques pierres placées de distance en distance nous indiquaient le chemin qu'ils avaient pris, mais la glace

était trop mauvaise pour que nous pussions le

suivre. Il nous fallut faire un détour, et après douze heures de fatigue, nous fimes halte à huit heures.

Pendant que nos hommes se reposaient, j'allai examiner la terre, attendu que nous n'avions pas encore pu reconnaître cette partie du pays. Nous partimes , suivant notre usage , dans la soirée , et nous arrivâämes au sud des îles de Grimble, où je trouvai un autre monticule élevé par le commandant Ross. Suivant ses observations, nous étions à douze milles, et suivant les miennes à huit, de l'endroit où nous

glace, avions pris possession du pays le 10 août 1829. ère Comme il nous restait huit milles à faire avant éures | d’avoir traversé le bras de mer , nous préférâmes ute la coucher sur la glace où nous étions; et à six vâmes heures du matin, laissant nos hommes se repo- 23 juin. dres- ser, j'allai faire l'examen de ce bras de mer. vimes Après avoir pris les mesures et fait les obser-us ne vations nécessaires pour en reconnaître la forme gés de et l’étendue, je m'assurai qu'il recevait à son tibles extrémité les eaux d’une grande rivière, et que, par conséquent, il ne s’y trouvait ni ouverture , nous ai passage qui püt conduire à l'Océan occidental, be ce qui aurait pu faire le sujet d’un doute sans lé, et cetexamen. Il était également évident que l’eau levres y avait peu de profondeur.

haïent Nous étant remis en route à neuf heures, glace | nous passâmes devant deux grandes rivières sur ne le la côte septentrionale du bras de mer, et nous après vimes plusieurs îles. En arrivant à une pointe, , huit nous y trouvâmes encore un monticule de notre détachement avancé. Nous campâmes sur la côte j'allai au sud-est, et j'y achevai la reconnaissance de tions cette baie.

pays. A trois heures du matin, nous arrivâmes à un 24 juin. ne la autre monticule de pierres, et comme la note a cle qui s’y trouvait nous informait que nos compautile gnons étaient en bonne santé, je calculai qu'ils sb | devaient alors être arrivés à la Pointe-de-la-Furie ERA | depuis deux jours, et que par conséquent nous ous ne tarderions pas à les voir venir au-devant de

ll. 28

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3 Pre. 7

nous. Je laissai donc une note en cet endroit pour les avertir que nous y avions passé, et qu'ils eussent à suivre la côte aussi près que possible : car il pouvait arriver qu'ils prissent une route différente de la nôtre.

Nous continuâmes à «marcher le long de la côte; et après avoir tourné une pointe, nous rencontrâmes le commandant Ross et ses compagnons. Les informations qu'ils nous rapportaient de la Pointe-de-la-Furie, étaient que la mer s'était élevée tres-haut et avait poussé plus loin au nord trois des barques de ce vaisseau, dont une était fort endommagée. Tout le reste était dans le même état qu’à notre premier passage. Le pain et les autres provisions étaient en abondance et en excellent état. Nous fimes halte pour le reste de la journée , et nous trouvâmes qu'avec les vivres qu'ils avaient apportés , et les dépôts qu'ils en avaient faits sur la route, nous pouvions avoir ration entière Jusqu'à notre arrivée en cet endroit.

Partis à huit heures du soir, nous marchâmes, malgré la neige et un froid très-piquant, jusqu’à cinq heures du matin, et nous nous arrétâmes après avoir passé un autre monticule de pierres. Le 27, à deux heures du matin, nous arrivâmes au cap Garry, où nous trouvâmes les provisions qui y avaient été laissées. Nous campâmes pendant une forte brise accompagnée de neige. Elle se termina par un ouragan, qui dura

droit toute la journée. Le thermomètre était à 32° auqu'ils dessus de zéro. ible : Le 28 nous gagnâmes la terre presque au fond 9s juin. route de la baie, qui semblait être le débouché d’une grande rivière ; et quoique je ne pusse en faire de la une reconnaissance complète , non-seulement nous j'en trouvai l’eau peu profonde, mais je vis la com- terre tout autour assez distinctement pour être )por- assuré qu il n'y existait aucun passage à l’ouest. ue la Le lendemain nous eûmes à traverser une glace 29 juin. plus couverte d’eau , et nous en avions quelquefois seau, par-dessus les genoux. C'était une nouveauté, reste quoiqu'elle ne füt pas très-agréable. Nous l'atpas- tribuâmes aux eaux de plusieurs petites rivières nt en qui coulent sur cette partie de la côte. halte Nous nous remîmes en marche à l’heure or- 50 juin. âmes dinaire , et nous fümes alors obligés de mettre et les notre boiteux sur un des traîneaux, indépennous damment du poids dont ils étaient déjà chargés. e ar- Le soleil produisait un grand effet sur la neige, et l’aspect du pays changeait à chaque instant ; mar- | mais, sur la mer, la glace paraissait aussi ferme aant, | etaussi compacte que jamais. À midi le thermo- 1s ar- mètre était à 47°, mais il retomba à 32° à mile de | nuit. Nous avions tué quelques canards depuis nous plusieurs jours, et c'était pour nous quelque es les chose de mieux qu’un objet de luxe. Enfin nous cam- terminâmes ce mois en vue de la Pointe-de-laée de Furie.

dura L'eau commencait alors à couler dans les lar- ;° juil.

TE

ges crevasses de la glace, et chaque heure opérail un changement dans l'aspect des choses. Les ravins que nous passions portaient à la mer leurs torrens; et au pied de l’un d’eux nous trouvâmes un baril de farine que la mer y avait jeté. La dernière partie de ce voyage fut rendue extraordinairement pénible par les énormes masses de glace accumulées les unes sur les autres de manière à prouver avec quelle force elles avaient été poussées sur la côte. Nous surmontâmes enfin toutes ces difficultés , et nous arrivâmes à dix heures à la Pointe-de-la-Furie.

Nousavions donc encore une fois un domicile, quel qu'il fût, et quel que dût ètre le temps que nous aurions à y rester. Il nous semblait que nous rentrions chez nous. C'était quelque chose que d’éprouver ce sentiment; nos hommes s’y livraient avec abandon, et les réflexions sur l’avenir ne troublaient guère leur plaisir présent.

La première mesure que je pris, fut de les envoyer tous se coucher, afin de ramener la régularité dans la distribution de la journée, après quoi nous allâmes examiner les provisions. Comme elles étaient déposées de différens côtés, il était difficile d’empécher des hommes à demi affamés d'y porter la main; et en dépit de nos ordres et de nos conseils, plusieurs commirent des imprudences dont ils eurent à souffrir. À l'exception du dommage fait aux barques par la grande crue des eaux de la mer, la seule perte

que nous découvrimes, fut que les renards avaient brisé quelques caisses de chandelles et en avaient dévoré le contenu.

Dès que nos hommes se furent reposés, nous distribuâmes à chacun sa tâche. La première chose dont on s’occupa fut de construire une maison à laquelle nous donnâmes trente et un pieds de longueur, seize de largeur, et sept d'élévation, et élle devait être couverte en toile à voile. Dans la même soirée, la carcasse en fut achevée. Nous term'nâmes cette journée mémorable par un souper som::'ueux.

Il y avait eu du brouillard la veille, et le thermomètre était descendu au point de congélation, quoiqu il eut été auparavant à 5°. Dans la matinée du 3, un vent tres-fort venant de l’est, et les suites de l'intempérance de quelques-uns de nos hornmes, apportèrent quelque retard à nos travaux; mais les autres furent employés à transporter les barques de /a Furie dans un endroit convenable pour les réparer.

La première pluie de cette saisom tomba le 4 juillet, ce qui était trois semaines plus tard que dans aucune des années précédentes. La maison étant finie, nous lui donnâmes le nom de Somerset-house ; ce district ayant déjà recu le nom de Somerset du Nord. Il neigea le lendemain, et le vent du nord fut si froid, que la pluie qui était tombée se gela ; le plus baut point du thermomètre n'étant que de 30°, et le plus

2 juil.

5 juill

4 juil.

5 juill.

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bas de 27°. Comme la neige dura toute la nuit, la terre en était aussi complétement couverte le lendemain matin, qu’elle l’avait été pendant l'hiver.

Les charpentiers commencèrent à réparer les barques, et il fut résolu qu'on les fortifierait par le moyen de deux cloisons placées en travers, et de deux fortes poutres. J'avais dessein de gréer chacune d'elles de voiles auriques, les regardant comme les meilleures et les plus sûres; mais le commandant Ross préférant une voile de civadière, je lui permis d’en gréer une comme bon lui semblerait. La maison que nous occupions était divisée en deux chambres: l’une pour les hommes de l'équipage; l’autre, contenant quatre petites cabanes, pour les officiers. La cuisine fut établie provisoirement sous une tente. M. Thom s'occupa à dresser un état régulier des provisions.

La neige s'était fondue pendant la nuit, mais aucun changement ne s'était opéré dans la glace sur la mer. La nuit suivante, il neigea de nouveau, et la température fut à 2° au-dessous du point de congélation. Le 8 étant un dimanche, le service divin fut célébré, après une interruption qui avait été inévitable.

yat5 Rien de remarquable ne se passa la semaine juillet. suivante, si ce n'est que la température monta une fois à 5o°, quoiqu'elle fùt presque toutes les nuits au point de congélation, c'est-à-dire ,

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à 32°. Le vent fut tres-fort le 12, mais il se modéra le lendemain. On continua à travailler à la réparation des barques.

miers jours, et il tomba un peu de pluie le

Le temps fut variable pendant les trois pre- 15 si dy jui let.

jeudi. La neige disparaissait peu à peu, mais la température de la nuit ne s'élevait jamais audessus du point de congélation. Un des jours de cette semaine, je montai sur la plus haute montagne, qui pouvait avoir environ mille pieds d’élévation, et je vis que la mer n’était qu'une masse de glace solide, aussi loin que la vue pouvait s'étendre. Quelques ravins profonds dans lesquels coulait une eau qui n'était que de la neige fondue, formaient, pour ce pays, une vuc presque pittoresque.

Il est inutile de rendre un compte détaillé du »5,,, 1

reste de ce mois. Le temps continua à être aussi inconstant. Nous eûmes tour à tour du vent et du calme, un ciel couvert et serein , de la pluic et du beau temps. Le thermomètre peu à peu monta pendant la nuit à 4o°. Nos travaux étaient toujours les mêmes : on continuait les réparations aux barques , et l’on préparait les provisions pour notre voyage. Nous tuàmes quelques guillemots et d’autres oiseaux de mer, ce qui ne jeta que bien peu de variété dans la monotonie de

notre existence. Je ne dois pourtant pas oublier

une légère rupture de la glace, qui eut lieu le

29, et qui augimenta les juurs suivans.

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La température moyenne de ce mois fut de 35° au-dessus de zéro , et les deux points extrêmes 50° et 22°. Il n'avait plu que six fois, et fort tard dans le mois ; mais il était tombé beaucoup de neige. La végétation était fort en retard. Nos hommes ayant été remis à ration entière , avaient recouvré une meilleure santé.

de ex- 1S , 1bé en

ion CHAPITRE LI.

té.

Août. — Départ de la Pointe-de-la-Furie, sur des barques. — Obstacles et difficultés le long de la côte. — Résumé d'août,

Le dernier jour du mois précédent, les glaces 4e août. s'étaient inopinément séparées , de manière à laisser quelque espace d’eau navigable; et comme nos barques étaient prêtes, nous nous préparâmes à partir, dans l’espoir de pouvoir quitter ce détroit et gagner la baie de Baflin avant le départ des bâtimens baleiniers. Nous primes la quantité de vivres suflisante jusqu'au 1‘ octobre , indépendamment des autres objets qui nous étaient nécessaires, et chacune des trois barques fut montée par trois hommes et un oflicier. Le commandant Ross et moi nous échangeâmes des copies de nos cartes et de nos journaux , en cas de séparation. Enfin nous enterrâmes dans la maison une bouteille contenant le récit abrégé de tout ce que nous avions fait.

Nous partimes à quatre heures après midi ; mais nous trouvâmes les canaux formés dans la glace très-tortueux, etencombrés d’une quantité de glaces flottantes, qui faisaient que nous pouvions à peine nous servir de nos rames. Nous ne fimes donc que des progrès fort lents. Ayant passé devant deux rivières à la hauteur desquelles il y avait beaucoup de grosses glaces, nous fûmes arrétés à neuf heures du soir sous le rocher même où la Furie avait échoué. La marée étant basse, et le mouvement des glaces vers le nord ayant cessé à onze heures, il était évident qu'elles reviendraient bientôt sur nous. Nous déchargeâmes donc les barques à la hâte, et nous les tirâmes sur le rivage.

Nous ne nous y étions pas pris une minute trop tôt. À peine étions-nous en sûreté, que les glaces arrivèrent avec impétuosité ; deux champs de glace qui étaient à peu de distance, furent brisés avec fracas, et leurs débris formérent une chaîne de monticules qui s’accumulérent le long de la côte. Nous avions fait ainsi huit milles, et c'était une coïncidence singulière que nous eussions échappé à ce danger imminent, non-seulement à l'endroit même où /a Furie avait échoué, mais le jour même où ce malheur était arrivé huit ans auparavant.

er Nous espérions que la marée forcerait les glaces à s'ouvrir, et les entraînerait pendant la nuil; mais nous vimes le matin qu'elles étaient

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plus serrées que jamais, et nous fûmes obligés de couper un bassin pour nos barques dans un énorme glaçcon, ce qui donna aux charpentiers le temps de faire quelques orvrages qui étaient restés imparfaits. La pluie qui tomba dans le cours de la journée détacha des pierres du haut d’une montagne, etil en tomba une sur le mât d’une de nos barques. Nous vimes par la grosseur des fragmens de rocher qui étaient au pied, combien le voisinage de cette montagne , qui avait quatre cent soixante-dix pieds de hauteur, était dangereux.

Cette remarque peut paraître faite avec trop de sang-froid , dans un instant où nous avions un rocher de cette hauteur suspendu sur nos têtes, et quand nous savions que l’effet du dégel est de faire tomber les parties de roc qui ont été fendues par la gelée. Dans le fait , notre situation nous mettait dans le plus grand péril. En une demi-minuteet sans avertissement préalable, nous pouvions tous être écrasés en même temps par la chute d’un de ces énormes fragmens que nous voyions autour de nous; mais nous étions alors tellement familiers avec le danger, que nous n’y faisions plusattention. Et cependant un peu de réflexion nous apprit bientôt que nous ne devions pas ajouter le danger inutile de l'imprévoyance à tous ceux que nous avions déjà

courus et à ceux qui pourraient encore nous être réservés.

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4 août.

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août.

6 août.

Î août,

Le 3 fut un jour de pluie et de grésil ; et pendant la nuit, le thermomètre descendit au point de congélation. Le ciel ne se découvrit que le lendemain soir, et nous étions constamment exposés aux picrres qui continuaient à se détacher de la montagne. Le vent resta au nord-est le jour suivant, maïs la glace devint encore une fois immobile, surtout du côté du nord, et la tempérure baissa d’un degré.

Le temps s'étant remis enfin, je m'avançai du côté du nord, et je vis qu’il était probable que nous pourrions gagner un parage plus sûr à deux où trois milles plus loin, près de l'embouchure d'une rivière ; car nous n'’étions pas un instant sans craindre que la chute d’une pierre ne tuât quelqu'un de nous , par suite du dégel qui se déclara complétement le matin de ce jour. Ce ne fut pourtant qu'avec beaucoupde difficulté que nous y arrivâmes à midi. Les glaces s'étantensuite nn peu ouvertes, nous passämes devant plusieurs rochers, et nousréussimes à faire quelques milles le long de la côte. Nous vimes alors que l'eau vers le nord n’était qu’une masse solidede glace, et nous fûmes encore une fois obligés de tirer nos barques sur le rivage, où nous étions presque aussi exposés à la chute des pierres qui tombaient d’une montagne voisine, que dans notre première position.

Le thermomètre descendit pendant la nuit à 30°, et ne s'éleva pas au-dessus de {0° pendant

et penu point que le ent exétacher d-est le une fois tempé-

nçai du ble que à deux uchure instant ne tuât qui se . Cene té que ensuite sieurs milles e l'eau glace, rer nos esque baient e pre-

nuit à ndant

le jour. Un fort vent d'est imprima quelque mouvement aux glaces sur la mer, cependant sans aucunrésultat avantageux pour nous. Nous vimes un grand nombre de renards, de mouettes et de guillemots , mais nous n'osions tirer, de crainte que l’explosion ne détachât des pierres du rocher; et quand nous en aurions tué, nous n’aurions pu les faire cuire, obligés que nous étions de ménager scrupuleusement nos combustibles. Le 8, les glaces nous menacèrent, même sur le rivage, tant était forte la pression qu'elles éprouvaient, et qui produisit du moins l’effet de nous teniren prison. En se portant vers le nord, elles nous ouvrirent enfin le long de la côte un canal qui nous permit de nous remettre en mer à ‘leux heures : mais nous ne pümes y rester bien long-temps ; et, au bout de deux heures, il nous fallut encore mettre nos barques sur le rivage, car nousavions en face, du côté du nord, une masse solide de glace. Le thermomètre ne monta pas plus haut que 34° dans la journée , et il tomba à 31° pendant la nuit. C'était encoreun véritable hiver. Le temps étant beau le lendemain , nous allégeâmes les barques, et nous réussimes à les haler le long du rivage jusqu'à un demi-mille plus loin , où nous primes une meilleure position au pied d'une cascade ; après quoi nous allâmes chercher des objets que nous avions laissés en arrière. Le jour suivant, nous fimes une nouvelle tentative pour avancer, mais nous füûmes

& août.

A 9 août.

19 août

11 août.

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12 août.

15 août,

44 août,

16 août,

bientôt arrêtés par les glaces, et nous nous trouvâmes heureux de pouvoir retourner à l'endroit que nous venions de quitter, et où nous avions un emplacement favorable pour nos tentes et un excellent havre pour nos barques. Le 12, le vent , la neige et les glaces se réunirent pour nous tenir prisonniers.

Le temps n'ayant pas changé, M. Thom fut envoyé avec une barque à la Pointe-de-la-Furie, pour en rapporter des provisions pour trois semaines; car l’eau était libre dans cette direction, quoiqu' elle ne le füt pas du côté du nord. Un vent très-fort vint du nord le lendemain, et il forma une mare d’eau près de nous, mais il n ouvrit pas un passage dans la glace. Les coups de vent étaient si violens qu'ils menaçaient de renverser nos tentes, et ils dispersaient en vapeurs l’eau qui tombait de la cascade. La température de la nuit fut encore de 31° à 32°. Celle du jour avait été de 40.

M. Thom m'envoya un messager pour m'apprendre qu’il était arrivé à la Pointe-de-la-Furie en trois heures de temps, et qu’en revenant, il avait été obligé, à environ deux milles de nous, de tirer la barque sur le rivage. 1 espérait être de retour avec la marée suivante. Je lui envoyai deux hommes pour l'aider; mais ils ne purent réussir à faire avancer la barque, et ils revinrent à pied, rapportant une partie des provisions. Le lendemain, j'allai moi-même

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examiner la situation des choses, et je vis que l'état des glaces ne permettait pas de ramener la barque le long du rivage sans la décharger. Nous employämes donc cette journée et la sui- 17 avût. vante à transporter tout ce qu'elle contenait à l'endroit que nous occupions alors; après quoi

la barque fut de nouveau tirée sur le rivage

pour y rester jusqu'à ce que nous fussions tous réunis.

Le temps fut encore plus froid le 18. Le ther- 18 au 21 momeètre avait été à 30° pendant la nuit, et la en neige qui était tombée ne disparut qu’à midi.

Les deux jours suivans il fit un vent froid; il neigea beaucoup, et le temps fut couvert; mais il s’éclaircit le lendemain. Le thermomètre tomba à 29°, et le havre fut couvert de nouvelle glace. Il en fut de même le 22; et le jour suivant cette glace avait deux pouces d'épaisseur. Mais dans la soirée le temps devint calme, et il ne gela point pendant la nuit. On entendit une baleine, mais onne la vit pas. Il n’y eut aucun changement le 24 ; et nulle part la glace n’était rompue.

Il s’éleva un vent du nord tres-froid, et la 25 août. marée monta de huit pieds, mais sans produire aucun effet sur la glace. Il tomba encore de la neige dans la soirée, la température étant à 29°.

Le lendemain elle tomba à 25°, et la brise prit 26 aie. encore plus de force. C'était à nous à deviner si ce froid appartenait à l'hiver précédent, ou s'il était le commencement du nouveau. Le vent

28 août,

poussait les glaces vers le sud, et les comprimait tellement sur la côte, que d'énormes masses de glace furent jetées près de nos barques, ce qui n’était encore arrivé par aucun vent, ni par aucune marée.

La marée du 27 monta de neuf pieds, et comme le vent venait encore avec force du nord, les glaces prirent un cours rapide vers le sud; mais la brise ayant passé au nord-ouest, elles commencèrent à quitter le rivage, et au bout de deux heures il y avait de l’eau libre le long de la côte, aussi loin que la vue pouvait s'étendre. A minuit il fit un ouragan, et les coups de vent étaient si violens que nos barques pouvaient à peine y résister. Malheureusement la cascade était gelée, et nous ne pümes plus nous procurer d’eau sans faire fondre de la glace. Le thermomètre marqua 26° pendant la nuit.

Le vent se modéra à midi; nous nous embarquâmes donc, et fimes voile le long du rivage, exposés à des coups de vent descendant des montagnes, qui nous obligeaient à prendre les plus grandes précautions. Ayant passé la baie de Batty, nous arrivâmes à celle d’'Elwin à minuit. A un mille plus loin vers le nord, nous nous approchâmes de la côte, et comme il faisait alors un ouragan complet, nous dressâmes nos tentes au milieu d’un déluge de neige, qui couvrit toute la terre pendant la nuit.

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Le vent paraissant se calmer vers le matin, 99 su

nous nous remîmes en mer à quatre heures, et nous fimes voile vers le bord d’un champ de glaces dans la direction du cap d’York. Nous le suivimes dans l'espoir d’y trouver quelque passage, mais il continua à nous conduire hors de notre route; et se joignant ensuite à l'ile du Léopard, il fut sur le point de nous cerner entièrement. Comme le vent augmentait de nouveau, ce fut avec beaucoup de difficulté que nous doublâmes cette île, de manière à nous rapprocher de la côte à environ un mille au nord du cap Seppings; mais sans pouvoir aborder au rivage, qui était partout bloqué par de grosses glaces. Il tomba de la neige, et le thermomètre, pendant ces vingt-quatre heures, va-

ria de 30° à 36°.

Nous fûmes obligés de passer la nuit dans nos 59 août.

barques, dans une position qui n'était nullement commode; et comme la place n'était pas tenable, nous cherchâmes à avancer à six heures du matin, le vent étant au sud. Nous trouvâmes bientôt le champ de glaces, et nous le suivimes dans le détroit de Barrow, mais inutilement, car il ne nous offrit aucun passage. Nous cherchâmes donc à regagner la côte, et nous y trouvàmes une bonne position pour y dresser nos tentes. C'était près d'une montagne d'où nous espérions avoir une vue étendue ; car le champ de glaces s'élevait tellement au-dessus

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51 août.

du plat-bord de nos barques, que nous ne pouvions rien apercevoir au delà.

Il neigea toute la matinée, et nous plaçcämes les barques sur la glace de terre, afin de pouvoir les lancer à la mer plus facilement. Nous trouvâmes en cet endroit le reste de plusieurs huttes d'Esquimaux et quelques trappes à renards; et comme nous vimes beaucoup de veaux marins,

nous ne pûmes douter de la raison qui y attirait les naturels. La montagne formait une péninsule jointe au continent par une langue de terre d'environ deux milles de largeur. De chaque

côté était une baie; et comme la glace n’était encore rompue ni dans l’une ni dans l’autre, c'était une preuve suffisante de la rigueur de la saison. Du haut de cette montagne nous vimes toute la mer, du côté du nord, couverte d’une glace solide, quoiqu’elle se composât de pièces mobiles le long des côtes, par suite de l'influence des marées qui les mettaient quelquefois en mouvement.

Août avait été pour nous un mois fécond en inquiétudes ; et une succession continuelle d’espérances et de désappointemens avait mis cruellement notre patience à l'épreuve. Quand nous avions quitté la pointe de la Furie, les apparences étaient si favorables, que la vue de chaque baie, de chaque pointe , de chaque cap, le long de la côte, nous bercait de l'espoir d’atteindre bientôt l’extrémité septentrionale des

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glaces, et de surmonter ensuite la plus grande difficulté du chemin , en traversant le détroit du Prince-Régent. Mais après avoir atteint le 53° de latitude, nous fûmes malheureusement retenus si long-temps par l’état des glaces, qu'il était devenu douteux que nous pussions réussir dans nos projets pendant la saison actuelle.

C'était là une des plus grandes épreuves de notre patience ; et une espèce de guérite, construite par nos hommes sur les rochers, devint le théâtre de leur principal amusement, qui était d’épier les changemens qui pouvaient arriver dans l’état de la glace; changemens qui, après tout, n’arriverentpas .Cettedétentionfitque ceux qui avaient regardé comme un surcroît de travail inutile la mesure que j'avais prise d'envoyer chercher un supplément de provisions , en reconnurent la prudence. La ration qu'on distribuait alors consistait en une demi-livre de viande , une livre de pain et une pinte de cacao; elle se divisait en deux repas, et se servait à telles heures que le permettaient nos occupations. Tout gibier était considéré comme un supplément de ration ; mais ce fut fort peu de chose, car nous ne tuâmes que trois renards, trois lièvres et deux canards. Tous les oiseaux de mer avaient disparu vers la fin du mois.

Les barquesmarchaïent à peu prèsl’unecomme l’autre; mais comme elles étaient construites en bois d’acajou, elles étaient fort lourdes. Nous

avions beaucoup de peine à les tirer sur le rivage ; il fallait employer tous nos bras pour chacune d'elles, et souvent même avoir recours à des cordes. Ce travail était quelquefois une source de grands dangers aussi bien que d’inconvéniens ; car , dans bien des occasions, les glaces étaient poussées sur la côte avec tant de rapidité que les barques couraient le risque imminent d’être brisées avant que nous eussions pu les placer en lieu de sûreté.

La côte que nous avions suivie était entièrement composée de pierre à chaux, et, pendant un espace de cinq à six milles, elle était fréquemment hérissée de rochers de cinq cents pieds de hauteur. Dans chaque vallée on voyait des marques qui indiquaient le lit d’une rivière, mais elles paraïissaient ne se remplir jamais que de l'eau provenant de la fonte des neiges. À peine voyait-on le moindre signe de végétation.

La température moyenne de ce mois fut 31° au-dessus de zéro, et les deux extrêmes 40° et 20°. En la comparant à celle du même mois des deux années précédentes, on a le résultat ciaprés :

Pius haut point. Plus bis. T'uux moyen.

1830, 58° 53 109 87° au-dessus de zéro

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