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Les tempêtes de ce mois, en rompant la glace qui couvrait le détroit du Prince-Régent , et en la poussant dans la baie de Baflin, auraient dû nous rendre service , mais la température était contre nous. Taylor, Laughy et J. Wood, formaient notre liste de malades. Nous commencämes à établir nos quarts régulièrement et à enregistrer les variations du thermomètre toutes les deux heures.
Un ouragan vint du nord , et il dura jusqu'au samedi soir. Quoique le ciel fût serein, le vent chassait tant de neige qu'on ne pouvait rien voir , et personne de nous ne se hasarda à sortir. Nous vimes beaucoup d’eau libre après cet ouragan, et le thermomètre descendit à 18° audessous de zéro. Le dimanche fut un peu moin: froid, et le temps devint calme aux approches de la nuit.
Nous finimes le mur de neige. Un vent d’ouet poussa les glaces sur la côte. En jetant de l’eau sur le mur, et en remplissant les joints avec de la neige mouillée, il devint impénétrable au froid. Le 7 le termomètre romba à 35°. Il s'éleva une forte brise qui devint un ouragan et qui dura les deux jours suivans. Les glaces étaient chassées vers le sud et laissaient au nord beau-
coup d'eau libre.
Le temps fut calme et froid le dimanche. Le
lundi il fit un grand vent qui chassa beaucoup de neige. Le temps ne changea pas le lende-
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main , et le thermomètre tomba à 37°. Le soleil se montra à l'horizon le 14, et nous le vimes pour la dernière fois le 15. Le temps resta le même, si ce n’est que le thermomètre remonta inopinément jusqu à 10°.
6e Un ouragan plus fort que jamais nous fit voir “v. Ja mer libre, aussi loin que la vue pouvait s'étendre au nord-est ; et pourtant, dès le lendemain , elle était entièrement gelée et couverte de neige. Pendant ces jours de détention , nous n’avions pas manqué d'ouvrage dans l’intérieur ; car nous avions construit un ventilateur pour emporter les vapeurs qui s'accumulaient dans les endroits où nous couchions, et il remplit parfaitement notre attente.
sausy Le dimanche le vent se modéra. Il y eut du
“v. brouillard le lundi, et le temps fut calme le lendemain. Il survint pourtant bientôt un vent d'est, mais il ne fut pas assez fort pour empécher nos hommes de continuer à construire un passage en neige pour entrer dans la maison. Le 22 on vit un loup, sur lequel on tira mais sans le tuer; et quoique blessé, il put encore s'échapper. Nous fümes en prison jusqu’au samedi soir : le thermomètre était alors à 13°.
hs Il ne fut pas possible de sortir le dimanche us. après le service divin. Pendant tout le reste de ce mois un vent d'ouest modéré continua à tenir les glaces en mouvement. L'ouverture du pas-
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sage fut terminée, et la fin du mois vit le thermomeétre à 32°.
La première partie du résumé que je donnerai de ce mois, aura rapport à la température. Le plus haut point fut 8° au-dessous de zéro ; le plus bas, 37°, et la moyenne 20 1f2°. C'était 15 1[2° plus bas que la température de Port-Bowen dans le même mois de 1824.
Ce mois avait été encore plus remarquable que le précédent à cause d'une suite continuelle d'ouragans, et parce que c'était le seul mois de novembre observé dans ces contrées, pendant lequel le thermomètre ne se füt jamais élevé au-dessus de zéro. Le maximum était de 4° audessous de zéro, et la température moyenne plus basse de 19° 1/2 que celle de novembre de l'année précédente, et de 15° 1p2 que celle de Port- Bowen en novembre 1824. Elle fut pourtant plus haute qu'à l’île Melville en 1819 , quoiqu il faille remarquer que cette île est à 2° 172 de latitude plus au nord.
Pendant lesouragans, nous avions vu de grands espaces de mer libres. Ce ne fut qu'avec beaucoup de difficulté que nous réussimes à mettre la dernière main à notre habitation.
Pendant ce mois rigoureux , nos hommes, n'ayant pas de vêtemens suflisans pour résister au froid, purent rarement travailler en plein air; mais nous réussimes enfin à rendre notre demeure habitable, et à y entretenir une tempé-
rature d'environ 45° au-dessus de zéro, si ce n'est près des murs, où elle était au point de congélation , c'est-à-dire à 32° au-dessus de zéro, et il en était de même dans nos cabanes.
Nous ne pouvions rien changer à notre nourriture ; mais personne ne paraissait en souffrir , et nous n'avions sur la liste des malades que l'enseigne Taylor , le boiteux, et Thomas, le charpentier. Notre perspective ne s’était certainement pas embellie, mais notre courage se soutenait , et nous savions encore remercier le ciel des avantages dont nous jouissions.
Il y a peu de chose à remarquer sur les premiers jours de décembre. Le 2, il y eut encore un ouragan. Le 4, le mercure se gela ; c'était quatre jours plus tard que l’année précédente. Du 4 jusqu'au 8, nous eùmes une suite d’ouragans, accompagnés de neige; le vent était fort variable, et les glaces avancaient et reculaient dans le détroit de manière à montrer souvent des espaces d’eau libre. Le thermomètre remonta peu à peu de 40° à 29°.
9 su 18 Le temps ne fut pas meilleur le dimanche 9 ; il y eut un ouragan le lendemain, et il ne se calma que le 12, mais ce fut pour recommencer aussitôt. Il produisit un plus'grand espace d'eau
libre que nous n'en avions encore vu, quoique
cet espace füt couvert de glaces flottantes qu’une
glace de nouvelle formation ne tarda point à réunir. Le vent se modéra le 13, et le ciel fut
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serein. Nous eùmes un nouveau coup de vent le 14, et la semaine se termina par un temps calme, le thermometre étant à 24°.
Nos hommes purent aller se promener le dimanche après l'office divin. Le ciel fut pur et le vent modéré pendant tout le reste de la semaine. Le thermomètre descendit à 43° : c'était le plus grand froid que nous eussions encore eu. Trois ou quatre renards avaient été pris dans les trappes à différentes fois.
Le dimanche et le lundi, une brise tresfraiche nous empécha de sortir. Un renard pris dans une trappe fournit le festin du jour de Noël, et l'on distribua ration entière à tout l’équipage, quoique, pour nous comme pour les autres, il n’y eût autre chose à boire que de l’eau de neige. Pendant le reste de ce mois, il n’y eut pas de changement remarquable dans le temps, et il n'arriva rien qui püt faire distinguer un jour d’un autre, ou diminuer l'ennui de la vie uniforme à laquelle nous étions condamnés. Le mois et l’année se terminerent assez froidement, la température étant au point de congélation du mercure.
Dans le cours de ce mois, il y eut de grands vents, et toujours venant du nord ou du nordouest, ce qui maintint la glace en mouvement. La mer offrit à plusieurs reprises des espaces libres; et le dernier jour de l'année, il y en
ll, 31
16 au 22 déc,
93 au 95
déc.
26 au 51 déc,
avait aussi loin que la vue pouvait s'étendre au nord-nord-est.
La température moyenne de ce mois avait été d’un degré plus basse que toutes celles connues jusqu'ici pour le même mois, et nous sentimes vivement le froid dans notre habitation glaciale. Mais en augmentant encore la masse de neige à l'extérieur, et en couvrant à l’intérieur le sol d’un plancher, nous la rendimes plus supportable. Nous primes une demi-douzaine de renards, qui nous fournirent d’excellens diners les dimanches et le jour de Noël, le premier que nous eussions passé sans boire ni vin, ni liqueurs spiritueuses. Ces objets de luxe étaient alors complétement épuisés; et depuis longtemps ils avaient été réservés pour ces jours de gala auxquels un marin ne renonce pas aisément, et qu'on ne doit pas lui laisser oublier. Thomas, le charpentier, était alors le seul malade; et je regrettais beaucoup, tant pour lui que par intérêt pour nous tous, et pour l'honneur de la médecine, que le scorbut dont il était enfin attaqué, ne cédât point à notre grand spécifique, le jus de citron, qui semblait réellement avoir perdu sa vertu antiscorbutique, quoique la faute dût probablement en être attribuée à l'accroissement des causes de cette maladie.
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