‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 113 sur 121 · AOT · texte numérisé non relu

AOT

de faire huit fois tout ce chemin, ce qui formait un total de 256 milles.

La graisse des ours que nous avions tués fut une addition assez importante à nos combustibles, et leurs peaux avaient leur prix. Cinq gélinottes avaient été Luées, mais on n'avait pas encore vu un seul ortolan de neige. Nous n'avions pris qu'un renard.

Nos hommes étaient en meilleure santé, à l'exception d’un de ceux qui étaient attaqués du scorbut , John Wood, dont la situation semblait désespérée. Le soleil avait produit un effet visible sur la neige, qui disparaissait du haut des montagnes.

Un ouragan, qui commenca le 1°" mai, mit obstacle au transport de nos provisions. Il continua sans interruption jusqu'au 7, et nous vetint prisonniers tout ce temps. Le thermomètre varia de 3° au-dessous de zéro à 10° audessus. Deux ours furent blessés.

Le temps était presque calme ; et tous nos préparatifs étant faits, nous partimes à onze heures du soir, profitant de la nuit, qui était alors le

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85 mai.

meilleur temps pour voyager. Le lendemain, à 9 mai.

trois heures du matin, nous arrivàmes au premier

dépôt ; nous avions fait huit milles. Après nous

être reposés jusqu'à huit heures du soir, nous

partimes avec les traîineaux chargés chacun de

six tonneaux de pain; nous avions laissé à la

maison trois hommes qui étaient malades, et il. 32

qui devaient être transportés dans un autre voyage.

Nous arrivämes le 10, à midi, à la seconde station dans la baie des deux Rivières, à dix milles de distance, et nous retournâmes ensuite sur nos pas pour aller prendre une autre cargaison. La glace était si mauvaise, que nous fûmes obligés de côtoyer les montagnes. Dans la soirée, nous retournâmes au même endro., et nous en revinmes avec un second fardeau à trois heures du matin. À huit heures, nous allâmes chercher une troisième charge que nous y transportâmes le 12 un peu après minuit; et le transport de la quatrième eut lieu dans la journée du 135.

lau2i Pour ne pas avoir à répéter ces détails jour par jour, je dirai en généralque, pour transporter nos provisions d’une station à l’autre, il nous fallait quatre voyages ; ce n'était pas tant les moyens de transport que les bras qui nous manquaient ; et il nous fallait en outre conduire sur des traîneaux les hommes qui étaient trop malades pour marcher. Ce ne fut donc que le 24, que nous arrivâmes avec notre premier convoi à l'endroit où nous avions laissé les barques, et nous ne les trouvâmes qu'avec quelque dificulté, tant la neige qui couvrait la terre avait d'épaisseur. Nous passämes la plus grande partie de la journée à les en retirer, ainsi que les provisions que nous avions laissées l’année précé-

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dente en cet endroit. Ce travail fut interrompu par une forte brise qui chassait beaucoup de neige. Le temps avait été variable et il avait souvent neigé pendant ces dix jours, ce quiavait beaucoup ajouté aux difficultés de ces voyages aussi fatigans qu'ennuyeux. Le thermomètre avait varié de 2° au-dessous de zéro à 18° audessus , de sorte qu'il faisait encore très-froid. Le temps fut calme et doux les deux jours suivans, et nous pümes continuer le transport des provisions. Le 26, je restai avec les barques à la baie de Batty, tandis que nos hommes allaient chercher ce qui restait encore à y apporter. Je rentrai très-fatigué dans la hutte que j'occupai seul. Vers minuit, un ours dérangea les pierres qui soutenaient le toit de toile, et il tomba à côté de moi. Je criai : qui est la? et l'animal se retirant entra dans la seconde hutte. Tandis qu'il examinait une bouilloire du cuisinier, je lui tirai un coup de fusil ; mais, blessé ou non, il s'enfuit, et fut bientôt hors de vue. Les derniers jours de ces voyages furent les plus pénibles , car il tomba beaucoup de neige , et le temps fut très-froid. La route devint enfin si mauvaise que, si cette quantité de neige fût tombée plus tôt, nos travaux auraient été interrompus. Le 29, toutes nos provisions étant réunies à la baie de Batty, nous nous mimes en route pour retourner à la pointe de la Furie. Pendant ces derniers jours , je tuai un ours et

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mai,

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deux renards. Nous avions pris douze de cesderniers animaux pendant le cours de ce mois. Nous vimes deux fois quelques mouettes, et cette vue nous fut tres-agréable.

La température moyenne de mai avait été plus basse de 7° qu’à Port-Bowen en 1824. Elle fut de 11° au-dessus de zéro, et les points extrêmes furent 25° au-dessus de zéro et 3° audessous. Il n’y avait eu aucune apparence de dégel ; la glace qui couvrait la mer était aussi solide que jamais ; et deux ou trois mouettes, avec quelques ortolans de neige que nousavions vus, sans une seule gélinotte, étaient de bien faibles indices de l'approche de l'été.

Les fatigues de tout l'équipage , en y comprenant les ofliciers, car personne n’était exempt de ce travail , avaieni été très-grandes pendant les vingt derniers jours de ce mois, qui furent constamment employés à voyager; et quoique la santé de personne n'en eût souffert , les malades n'allaient pas mieux.

Nos rations avaient continué à être réduites, et la distribution s’en était faite de la même maniére. Pendant tout ce temps, nous avions fait de la nuit le jour. La quantité de provisions que nous avions portées à l'endroit qui devait être le point de notre délivrance, suflisait pour nous assurer deux tiers de ration jusqu'au 1° octobre.

Ayant ainsi réuni près des barques tout ce qui ne nous était pas indispensablement néces-

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saire à Somerset-House, afin que rien ne retat dât notre départ dès que la mer serait libre, nous eûmes à nous occuper de notre mieux dans notre maison, et à tâcher de nous contenter de notre situation, jusqu’à ceque le moment arrivât de nous remettre en marche. Cette mesure prise d'avance , et qui peut paraître prématurée, étaitabsolument nécessaire ; parce que plustard, quand il serait temps de partir sur les barques, et de faire une tentative pour naviguer sur ce détroit, maintenant couvert de glace, la route de Somerset-House à la baie de Batty non-seulement deviendrait plus mauvaise, mais pourrait rendre impossible le transport de nos provisions avec le peu de bras que nous avions à notre disposition. D'après les arrangemens que nous avions pris, il ne nous resterait que peu de chose à emporter lors de notre départ, et il ne nous faudrait que peu de temps pour arriver aux barques et être prêts à mettre à la voile. Si au contraire nous avions différé le travail que nous venions de faire , les glaces auraient pu souvrir, et se fermer pour tout l'hiver, avant que nous eussions pu profiter du moment favoable. Ce mois fut donc pour nous monotone et sans intérêt; mon journal le sera probablement aussi pour le lecteur.

Le dimanche 2, nous recommencâmes à célébrer l'office divin. Les trois jours suivans, le temps fut très-mauvais; il y eut de la neige et

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juin.

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un vent impétueux du nord qui la chassait avec force. Il devint pourtant meilleur vers la fin de la semaine, le thermomètre s'étant élevé à 30° au-dessus de zéro; et quoique ce füt encore audessous du point de congélation , le soleil fit fondre une grande partie de la neige nouvellement tombée, etdécouvrit une partie des rochers. Nous tuâmes quelques oiseaux.

9 au’5 Le temps continua à s'améliorer. Le lundi on Ji. tua un ours qui s'était approché de la maison, et qui commençait à dévorer quelques peaux et à ronger la carcasse de celui qui avait été précédemment tué. En l’écorchant, on vit que c'était undeceuxquiavaientété blessésantérieurement.

Le 11, il tomba, pour la premiere fois, un peu de pluie , qui se changea bientôt en neige. Cependant, le lendemain, nous vimes l’eau couler en plusieurs endroits, et ilse forma des mares sur la glace. Jusqu'au samedi, le temps fut variable ; la glace continuait peu à peu à se dissoudre. Le thermomètre , pendant le jour, monta jusqu’à 52°, et il descendit rarement pendant la nuit au point de congélation.

j5u> L'histoire de la semaine suivante n'est qu'une juin. répétition de la même température, dont le taux moyen ne fut que de deux ou trois degrés plus élevé. La fonte de la glace continua, et chacun convint qu'elle s’opérait beaucoup plus rapidement que l’année précédente à la même époque.

Le nombre des animaux d'été augmentait aussi,

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et en un seul jour nous tuâmes environ deux douzaines de canards et une oïe, et quelques autres oiseaux à diverses époques. Onfitquelques réparations aux traineaux pour notre voyage, dont le moment approchait.

Le 23, nous eùmes la possibilité de donner à 25:1

tout l'équipage une ration entière de canards. C'était le premier repas passable qui lui eût été servi depuis long-temps, car en général, ces mets délicats étaient réservés pour les malades. Le 25, quelques hommes partirent avec un traineau chargé de combustibles et d’autres provisions. À leur retour, ils nous dirent que la routc était couverte d’eau , et que la neige cédait sous les pieds. Étant parti moi-même le lendemain avec un autre traîneau, je ne trouvai pas le chemin si mauvais qu'ils me l'avaient représenté. De la première station, je retournai à la maison, etd'autres hommes partirent pour faire un transport à la station suivante. Le samedi soir, la réparation des traîineaux fut terminée. Le temps fut aussi variable cette semaine que la précédente, et la température ne s’adoucit que fort

peu. On vit plusieurs veaux marins et quelques traces de rennes, et nous tuûmes un assez bon nombre d'oiseaux, notamment quarante guillemots.

Tous ceux qui étaient partisavec les traîineaux 5 juin. revinrent en bonne santé , et le rapport qu'ils uous firent de l’état de la route fut plus favo-

juin.

rable. La température varia de 32° à 42°.

Le commencement de juin nous avait offert une perspective extrémement fâcheuse ; car il faisait très-froid , et la température était plus basse qu'à la même époque des années précédentes. Cependant le temps s'adoucit, quoiqu'il y eût peu de pluie et beaucoup de neige. La moyenne de la température fut de 35 174° audessus de zéro , et les deux points extrêmes 45° et 16°.

Nous avions transporté les tentes et quelques autres approvisionnemens jusqu'à la seconde station, et quoique ce ne füt qu'à trente milles, il avait fallu en faire plus de cent, à cause de la nécessité de retourner sur ses pas pour aller chercher ce qu'on ne pouyaittransporter en une seule fois. Nous étions en outre retardés par les malades, qui ne pouvaient marcher, et malheureusement c’étaient les trois hommes de tout l'équipage qui pesaient le plus. D'autres pouvaient bien marcher; mais c'était tout ce qu'ils pouvaient faire , et 1ls étaient hors d'état d'aider à tirer les traîneaux.

Parmi le grand nombre de personnes avec lesquelles j'ai causé, depuis mon retour de notre voyage, plusieurs m'ont suggéré à cet égard une remarque que je n'ai certainement pas faite à cette époque , et que je n'aurais pas faite à présent. Jamais il ne m'a paru , et je suis sûr qu'il n'est jamais entré dans l'idée d’un de mes offi-

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ciers, que nous fissions ou que nous eussions fait pour nos malades plus que nous ne devions et quenous nedésirions faire. Sans contredit, c'était un travail très-pénible que d’avoir à transporter ces malades , chargés comme nous l’étions , surtout si l'on réfléchit que la vie des hommes bien portans pouvait être compromise pour accomplir ce devoir ; puisque ainsi c'était diminuer nos moyens de transport des provisions et autres objets nécessaires pour conserver notre propre existence, et, ce qui était encore plus, pour réaliser nos dernières espérances de retourner en Angleterre. C'était aussi, m'a-t-on dit, une grande abnégation de nous-mêmes que de réserver la meilleure nourriture pour les malades, et de prendre ainsi les soins les plus attentifs de gens qui ne nous étaient plus qu'à charge, et dont nous savions que quelques-uns ne pouvaient guérir. Tout cela peut être vrai : je crois qu'en ce qui nous concerne personnellement nous avons eu tort; ilest possible que de pareilles idées se soient présentées à mon esprit une minute ou deux depuis mon retour, quand l'ingratitude et les calomnies de ces mêmes individus m'ont causé quelque dépit; et je crois que lorsque l’histoire du naufrage de /a Meduse m'a été racontée par les mêmes amis, J'ai quelquefois été surpris que notre conduite ait été si

différente, quoique je ne sois disposé à me rappeler rien de ce qui peut placer la nature hu-

au À

juill,

maine sous un mauvais jour , et ajouter au sentiment d’amertume que l'Angleterre nourrit trop souvent contre ses voisins. Mais en dépit de tout ce qui put se présenter alors à notre esprit, quoique je ne me rappelle pas qu'une telle idée me soit venue une seule fois, malgré les inconvéniens réels que nous souffrions et les risques que nous courions, et malgré l’ingratitude dont je crois avoir été payé sans l'avoir mérité, je persiste à penser que je n'ai fait que ce que Je devais faire, et ce que je ferais encore dans les mêmes circonstances, Je ne parle pas ainsi pour me vanter ; je suis sûr que tout oflicier anglais en ferait autant, comme tout chrétien devrait le faire dans toutes les situations possibles. S'il est vrai que la France ait besoin d'une telle lecon , j'en suis très-fâché ; mais je crains qu'aucune lecon ne puisse influer sur la conduite de ceux qui n'ont pas au fond du cœur l’inclination de bien faire, et qui ne sont pas gouvernés par un molif plus élevé que le désir d'obtenir les éloges des hommes; pauvre récompense, et qui, en juste punition du mobile qui les à fait agir, peut même leur être refusée.

Le vent et le temps furent variables pendant les quatre premiers jours de juillet; mais en général il fit froid, il tomba de la neige, et pendant la nuit le thermomètre s’éleva à peine audessus du point de congélation. Nous n'avions plus, dans la maison, de viande conservée, et

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notre seule nourriture animale était ce que nos fusils pouvaient nous procurer, quelques canards et quelques guillemots. Nous plaçämes

dans la maison deux poëles de rechange, et nous

en réparâmes et fortifiâmes le toit, dans le cas

où nous serions forcés d'y revenir passer un au-

tre hiver, quoique nous ne sussions de quoi nous pourrions subsister , si ce malheureux événement arrivait.

Nous distribuâmes de la flanelle à nos hommes 5 «1 6 pour raccommoder leurs habits avant de com- Lu mencer le voyage à la baie de Batty. Une avalanche de glace mêlée d’eau et de quartiers de rochers et tombant du haut d’une montagne, était un nouveau spectacle ; et dans cette disette d’événemens, il aurait été intéressant, quand même il eût été moins splendide. Cette masse énorme tomba dans la mer , brisant jusqu'à une grande distance la glace qui la couvrait, et nous montrant , si cela eût été nécessaire , de quelle manière il arrive qu’on trouve souvent des montagnes de glace jonchées de fragmens de rochers et de couches de terre.

S’ilexiste un grand nombre de mes concitoyens qui ont vu les avalanches des Alpes, il en est encore davantage qui en ont Ju la description en vers ou en prose; et il y en a qui n’oublieront jamais le superbe tableau de Loutherbourg sur ce sujet. La description que je ferais serait donc aussi superflue qu'insuffisante. Cependant il se

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trouvait dans cette avalanche, une variété qui, si Je pouvais la décrire convenablement, même dans la prose la plus simple , ou la retracer dans la plus misérable croûte , ne pourrait manquer de frapper même ceux qui ont vu tout ce que la Suisse peut présenter de semblable. Ce n'était pas la boule de neige, toute gigantesque qu'elle peut être, se détachant du haut de la montagne; en descendant avecuneaugmentation progressive de grosseur et de rapidité; glissant, bondissant, brisant tout ce qu’elle rencontre, avec un bruit semblable à celui du tonnerre; et arrivant enfin dans la vallée qu’elle surplombait, ou dans le lit d'un torrent, soit pour obstruer le cours d’une rivière, soit même pour renverser une chaumière, et restant ensuite en repos sur le licu où s’est terminée sa chute. Ici, tout était inattendu et instantané. La montagne de glace qui avait été si long-temps suspendue sur nos têtes , était tombée avant que nous pussions dire : « prenez garde. » L’instant de son départ avait été celui de sa chute. Avant qu'elle semblât en mouvement, eile était tombée dans la mer ; non dans une mer d’eau, mais dans une mer de glace , rompant ce champ de cristal épais qui nous avait si Jlong-temps tenus prisonniers, comme si c'eût été un miroir fragile; en dispersant les fragmens bien au loin avec un bruit plus terrible que celui du tonnerre, et des réverbé-

rations plus prolongées ; rentrant enfin dans un

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silence de mort au milieu d'un repos glacial, et laissant dans les vagues une nouvelle montagne en souvenir de cette catastrophe, souvenir qui n'aurait de durée que jusqu'à ce que le soleil

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püt fondre la montagne , ou les vents l'entrainer dans d'autres régions.

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Cinquante guillemots qu'on avait tués la veille 7 juitt. fournirent à l’équipage un bon diner pour le % dimanche, et nous célébrâmes l'office divin, pour la derniere fois, comme nous l’espérions, à Somerset-House. C'était le commencement de nos adieux, et nous nous flattions tous qu'ils seraient éternels. 11 y erï eut bien peu, je crois,

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