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+ à 14 iodn ro * Ana parmi nous, qui négligèrent de rendre grâce au
Ciel de nous avoir protégés si long-temps au milieu de tant de dangers et de privations, et de lui adresser une prière pour lui demander son aide dans la nouvelle entreprise dont l'issue, heureuse ou funeste devait décider de notre vie ou de notre mort.
Le lundi, tout était prêt, et nous étions em- 8 juill.
pressés de quitter cette misérable place; mais quelque espoir que nous eussions que c'était pour tou-
jours, cette espérance n’était pas sans mélange de crainte, Nous ne pouvions être sûrs que nous ne serions pas forcés d'y revenir encore, d'y revenir pour nous livrer au désespoir, et peut-être pour y mourir. Avoir pu dire avec une entière conliance : «adieu pour toujours!» aurait rendu notre départ délicieux ; car l'abri que nous ;
avions trouvé ne suflisait pas pour contrebalancer tous les maux que nous y avions soufferts ; maux bien capables de faire disparaître tout sentiment du regret que nous aurions pu éprouver en prononçant ces trois mots, qui, dit-on, n’ont jamais élé prononcés sans peine dans quelque circonstance que ce soit. Cela peut être vrai; je crois même que, quoique, en quittant notre misérable habitation de bois, de toile et de neige, nous n'eussions à Jaisser derrière nous que mi-
sère et souvenir de misère, cela aurait pu étre
vrai à notre égard; puisque, en comparaison de ce qui aurait pu nous arriver, nous lui avions dù d’être préservés de maux encore plus grands et même de la mort. Mais quelque véritable que puisse être la peine qu'on éprouve en disant un adieu éternel, quelque pénible que soit l’idée de quitter pour toujours l'endroit où l’on a eu son domicile; quelque délicieux que puisse être, en sens inverse, le plaisir de quitter le lieu de nos misères passées pour ne plus le revoir, nous u'éprouvions ni cette peine ni ce plaisir. Nos adieux firent à peine naître dans chacun de nous un sentiment d'espoir ou de regret, de plaisir ou de peine, quand nous partimes le soir avec nos trois traineaux pour marcher au destin qu’il plairait à la Providence de nous réserver.
Les malades, qui formaient notre grand embarras, supportèrent bien la première partie
du voyage, et nous arrivâmes avant midi :
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notre première station. C'était un beau jour, et le plus chaud que nous eussions encore eu de la saison , le thermometre étant à 48°. A trois heures après-midi, nous nous remîmes en marche, avec une fatigue infinie, par un chemin presque impraticable, et rendu encore plus diflicile par les précautions qu'exigeaient nos malades. Notre peine était telle que , même dans ce climat, et pendant la nuit, nous fûmes obligés de quitter nos habits. Nous n'avions fait que deux milles quand nous nous arrétâmes à minuit.
Nous recommencâmes à marcher avec tout notre bagage, par un chemin aussi mauvais, sinon pire, que la veille, sous un soleil dont les rayons étaient parfois brülans; et à neuf heures nous arrivâmes à notre troisième station, à la Cascade, dont les eaux tombaient alors abondamment dans un étang où nous vimes beaucoup de mouettes, et où nous trouyâmes de l'oseille. Les ours avaient renversé une caisse pleine de peaux que nous y avions laissée, mais ils n’avaient pu l'ouvrir.
Le lendemain, nous fimes le transport des 11 juin.
malades que nous n'avions pu amener avec les bagages, ce qui nous obligea à un second voyage très-fatigant de douze milles pour aller, et d’autant pour revenir. Nous avions tué un assez bon nombre de guillemots, ce qui nous permit de donner à tout l'équipage un bon déjeuner qui
10 juill.
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