‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 115 sur 121 · P RS = ; PR · texte numérisé non relu

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43 juill.

44 ou 19 juil.

lui fut aussi agréable qu'il lui était nécessaire ; car nous étions presque tous fort maigris, et pourtant il nous fallait endurer un travail constant. Dans l’apres-midi, la route sur le rivage étant meilleure, nous pümes transporter en même temps une grande partie de nos bagages et nos malades. Nous éprouvâmes pourtant beaucoup de difficultés, tantôt pour éviter des glaces dangereuses, tantôt pour les traverser, et ce ne fut que le 13, à huit heures du matin, que nous arrivâmes à nos barques dans Ja baie de Batty.

Les ours et les renards avaient commis quelques dégâts dans nos provisions. Ils avaient dévoré un baril de pain, du sucre, de l'huile, et toutes les bottes et tous les souliers de cuir qu'ils avaient pu trouver. Le temps était fort beau. Nous vimes beaucoup de guillemots, et nous en tuâmes plusieurs. Même à minuit, le thermomètre était à 48°. C'était une révolution dans le temps; elle était subite et imprévue; ce n’était pourtant que ce que nous devions attendre de la saison. Nous envoyâmes deux légers traineaux à la Cascade pour aller chercher les objets que nous avions été obligés d'y laisser, et ils nous en rapportèrent aussi de l'oseille pour

les malades. Pendant ce temps, nous tuâmes trente guillemots.

Le dimanche fut un jour de repos. Ceux qui allérent se promener, n'aperçurent ancun signe

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de végétation sur la terre, et virent une grande rivière qui jetait ses eaux dans la baie à son extrémité. Le lendemain, nous examinâmes la glace du haut des montagnes; elle couvrait encore toute la surface de la mer. Le temps était calme et beau, quoiqu'il fit de temps en temps du brouillard. Nos hommes s’occupèrent à réparer les barques, et à faire tous les préparatifs nécessaires pour nous embarquer. Les glaces se mirent en mouvement le 16; mais elles remplissaient encore la baie, et il était impossible de les traverser. Les deux jours suivans, il plut presque continuellement, et nous fûmes prisonniers dans nos tentes. Nous tuâmes une centaine de guillemots, de sorte que nous eûmes des alimens frais, sinon en abondance, du moins raisonnablement.

Le 20 , le temps se remit au beau. Le mouve- 20 au 30

ment des glaces continua , et nous achevâmes de calfater les barques. Un vent d'est fit descendre le thermomètre à 38°. Le dimanche, on vit que la glace était rompue en pleine mer; mais au bout de trois jours, qui n'offrent rien de remarquable , si ce n'est que nous tuâmes une cinquantaine de guillemots, elle continuait encore à assiéger la côte, de sorte qu'il nous était impossible de partir. Le temps fut ensuite variable jusqu’au 30, et nous eùmes tour à tour de la pluie, du vent et du brouillard. La seule remarque à faire fut que la santé de nos ma-

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