‹ Relation du second voyage fait à la recherche d'un passage au nord-ouest [microforme]Chapitre 13 sur 121 · LUE · texte numérisé non relu

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nous quittérent à une heure du matin pour retourner au valssEau.

Pour ne pas interrompre la relation de ce voyage, je donnerai ici le résumé du mois de mai.

L'inquiétude que nous avait naturellement donnée l'absence prolongée du commandant Ross pendant sa troisième expédition, se termina par les félicitations que nous lui adressâmes sur son heureux retour et sur le succès qu'il avait obtenu. Son guide lavait mené jusqu'au canal étroit conduisant entre les deux mers, «* il en avait déterminé la latitude, qui donnait quarante-cinq milles au nord de notre 0$ition ; c'était un de ces bras de mer que les glaces nous avaient empéchés de reconnaître, un peu au nord du havre d'Élisabeth. Ainsi il était probable que le cap Manson se trouverait être la pointe nord-est de l'Amérique, en supposant que la mer continuât jusqu’au cap Turnagain.

La reconnaissance de la côte au nord et à l'ouest de la baie de Pad-le-ak , avait été l’ouvrage de cet officier, comm celle du lac de Neitchillee. On a trouvé dans son journal tout ce qui a rapport à cette expédition et aux obstacles qu’il rencontra en ja commencant, Il est donc inutile d'en parier ici , et il n’est pas plus nécessaire de faire le résumé de nos relations avec les naturels, puisqu'il n’ajouterait rien d’important aux détails déjà donnés.

La température de mai fut fort au-dessus de

la moyenne de celle des expéditions précédentes, avec laquelle j'ai déjà plusieurs fois comparé la nôtre. La moyenne de la température du mois de mai ne fut que de 15° au-dessus de zéro, tandis qu’à Port-Bowen elle avait été de 17° 65", et celle des quatre différentes places, de 16°. Cette circonstance ne semblait pas nous promettre une prompte délivrance ; mais nous nous flattions de l'espoir qu'ayant pris beaucoup de soin de notre thermomètre , il n'avait marqué une température plus basse que parce que les autres avaient apporté moins d'attention à se procurer un résultat véritable.

Nous avions construit des semelles de dérive pour le vaisseau, afin de le rendre meilleur boulinier; et nos travaux, pour en préparer tous les agrès, étaient déjà avancés. Nous avions fait beaucoup d'observations de différente nature.

Jusqu'à ce moment, le scorbut ne s'était pas encore montré. Cependant deux ou trois de nos hommes en offraient des symptômes assez alarmans pour nous faire craindre qu'ils n’en fussent pas long-temps exempis, à moins que nous ne pussions, l'été suivant, nous procurer une plus grande quantité de provisions fraiches. Les maux d'yeux, causés par la neige, n'étaient pas plus communs parmi nous que parmi les naturels. Nous n'avions pas réussi à nous procurer beaucoup de gibier ; et dans le fait nous

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GS étions trop constamment occupés pour donner beaucoup de temps à la chasse.

Je ne dois pas oublier de dire que ce mois terminait la première année de notre absence d'Angleterre. Cette année avait été remplie par bien des événemens, mais elle ne s'était pas écoulée sans succès. Nous avions obtenu sur mer de grands résultats; et il faut considérer que toute une année passée en mer dans ces climats, ne peut guère compter que pour un mois deservice actif, et que c'est d’après cette donnée qu'il faut apprécier ce qui a été fait. Les personnes qui habitent constamment notre chère Angleterre ne peuvent comprendre comment une ou même plusieurs années peuvent se passer sans produire des avantages plus positifs que ceux qu'on a receuillis de tous les voyages de découvertes au nord. S'ils voulaient substituer le mot mois à celui d'année, ils pourraient se faireune plus juste idéedu temps véritable qu'on a employé pour arriver aux résultats déjà obtenus.

Mais nous avions aussi fait quelque chose sur terre, et nous avions la perspective de pousser nos découvertes de ce côté, si la mer trompait notre espoir ; de sorte que nous avions tout lieu d’être contensde notre situation et de la perspective qui se présentait à nous. Cette année s'était passée au milieu d'occupations constantes, et avec aussi peu de désagrémens que possible.

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GG ; Nous avions couru des dangers, mais ils n’avaient été ni fréquens, ni très-alarmans, et grace à de constantes occupations, dont il n'était pas probable que nous manquerions davantage à l’avenir, nous n'avions eu ni temps à tuer , ni perte de temps à regretter. Les gens de notre équipage continuaient à se bien porter ; malgré les petites indispositions dont je viens de parler, personne n'avait été attaqué d'aucune maladie sérieuse pendant une si longue navigation et par un hiver si rigoureux, et ce n’était pas un de nos moindres sujets de satisfaction.

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